La NSA aurait découvert l'identité réelle de Satoshi Nakamoto
Le mystérieux créateur du Bitcoin

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Satoshi Nakamoto, qui se cache derrière le pseudonyme utilisé par le créateur du Bitcoin ? Ce personnage est resté très mystérieux jusque l’année dernière, quand un Australien du nom de Craig Wright a revendiqué la paternité de la célèbre cryptomonnaie. Expert en cryptomonnaie, Craig Wright était déjà fortement soupçonné d’être le père du Bitcoin fin 2015 ; un statut qu’il a voulu prouver l’an dernier à travers la signature numérique de ses messages : la clé associée au Bloc 9, la seule clé définitivement connue comme étant associée au pseudonyme Satoshi et qui a servi à envoyer des bitcoins à Hal Finney, l’un des pionniers et le premier développeur identifié après Satoshi Nakamoto en 2009.

Les preuves apportées ont convaincu de nombreux experts, y compris ceux de la Bitcoin Foundation, pour qui Craig Wright est bel et bien le père du Bitcoin. Il y avait toutefois des développeurs et experts en cryptographie qui sont restés sceptiques, estimant que les informations qu’il a fournies sont difficilement vérifiables. Craig Wright a donc décidé d’apporter une « preuve extraordinaire » qui convaincrait les sceptiques qu’il est bien le créateur du Bitcoin avant de se rétracter, expliquant qu’il n’en avait pas le courage.

Des doutes continuent donc de planer sur l’identité réelle de Satoshi Nakamoto. Mais il semble que ce n’est pas le cas pour le département américain de la sécurité intérieure (DHS), d’après Alexander Muse, un entrepreneur américain qui a fondé plusieurs entreprises d'Internet, y compris LayerOne, ShopSavvy, Architel et ViewMarket (entre autres). Son entreprise la plus récente, Sumo Ventures, investit dans des start-ups en démarrage.

D’après une source de Muse au DHS, la NSA a pu déterminer l’identité réelle de Satoshi Nakamoto en utilisant la stylométrie, qui est souvent utilisée pour attribuer la paternité à des documents anonymes ou contestés. « Satoshi a pris grand soin de garder son identité secrète en utilisant les dernières méthodes de chiffrement et d'obfuscation dans ses communications. Malgré ces efforts (selon ma source au DHS), Satoshi Nakamoto a donné aux enquêteurs le seul outil dont ils avaient besoin pour le trouver - ses propres mots », explique Alexander Muse. « Ce n'était pas la première fois que des efforts avaient été faits pour déterrer l'identité de Satoshi en utilisant la stylométrie. Plusieurs journalistes et membres de la communauté de Bitcoin ont utilisé divers outils de stylométrie open source pour tenter de découvrir la véritable identité du créateur de Bitcoin », dit-il. Mais ils étaient limités, simplement parce qu’ils n’avaient pas le potentiel de la NSA : une énorme capacité de collecte d'emails et des supercalculateurs.


Comment la NSA a-t-elle identifié celui qui se cache derrière le pseudonyme Satoshi Nakamoto ?

« En utilisant la stylométrie, on peut comparer les textes pour déterminer la paternité d'un travail particulier. Tout au long des années, Satoshi a écrit des milliers de messages et emails dont la plupart sont publiquement disponibles », explique l’entrepreneur américain. D’après sa source, la NSA a pu utiliser la méthode de stylométrie de l'invariance de l’auteur pour comparer les écrits « connus » de Satoshi à des trillions d'échantillons de texte de personnes à travers le monde. La NSA aurait d’abord identifié les 50 mots les plus courants dans les textes de Satoshi, puis décomposé son texte en 5000 morceaux de mots pour analyser chacun afin de trouver la fréquence de ces 50 mots.

Ce premier travail a permis de créer un identifiant unique de 50 chiffres pour chaque morceau de texte écrit par le créateur de Bitcoin. La NSA a ensuite placé chacun de ces identifiants dans un espace de dimension 50 et les a projetés dans un plan en utilisant une analyse en composantes principales (ACP). « Le résultat est une empreinte digitale de tout ce qui a été écrit par Satoshi qui pourrait être facilement comparée à tout autre texte », raconte Alexander Muse. Mais ce n’est que la première partie du boulot.

« La NSA a ensuite pris des emails et des textes recueillis dans le cadre de ses efforts de surveillance de masse », poursuit-il. D'abord par le biais de son programme PRISM (un programme américain de surveillance électronique par la collecte de renseignements à partir d'Internet et d'autres fournisseurs de services électroniques) et ensuite à travers MUSCULAR, un autre programme de surveillance électronique des services de renseignements britannique (GCHQ) et américain (NSA), révélé par Edward Snowden. MUSCULAR a permis au GCHQ d'intercepter les flux de données qui transitent dans les câbles en fibre optique qui relient les différents centres de traitement de données des entreprises comme Google, Yahoo et Amazon. Le volume traité – des dizaines de gigaoctets par jour – était ensuite mis à disposition de la NSA.

À partir de là, pour trouver la véritable identité de Satoshi, la NSA a placé des trillions de textes de plus d'un milliard de personnes dans le même plan que les écrits du créateur de Bitcoin. D’après la source de l’entrepreneur américain, ce travail a pris moins d'un mois et ils ont effectivement pu découvrir l’identité réelle de Satoshi.


Tes mots sont ton empreinte digitale

Mais pourquoi se donner tant de peine juste pour identifier Satoshi ? D’après la source, c’est parce que l'administration Obama était préoccupée par le fait que Satoshi puisse être un agent de la Russie ou de la Chine et que Bitcoin puisse être un jour utilisé contre les États-Unis. Cela dit, qui est donc Satoshi Nakamoto ? Toujours pas de réponse : « Pour autant que je puisse le dire, Satoshi n'a pas violé les lois et je ne sais pas si la NSA a déterminé qu'il était un agent de la Russie ou de la Chine ou simplement un crypto-hacker japonais », explique Alexander Muse.

Source : Alexander Muse

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Voir aussi :

Satoshi Nakamoto, le créateur du Bitcoin, serait-il un Australien du nom de Craig Wright ? La preuve dans la signature numérique des messages
Craig Wright craque et se rétracte, expliquant qu'il n'a pas le courage d'apporter la « preuve extraordinaire » qu'il est le créateur du Bitcoin
Le prétendu inventeur du Bitcoin chercherait à breveter les composants fondamentaux de toute blockchain, cryptomonnaie ou base de données distribuée


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse

Avatar de AoCannaille AoCannaille - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 29/08/2017 à 15:22
Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
« La NSA a ensuite pris des emails et des textes recueillis dans le cadre de ses efforts de surveillance de masse », poursuit-il. D'abord par le biais de son programme PRISM (un programme américain de surveillance électronique par la collecte de renseignements à partir d'Internet et d'autres fournisseurs de services électroniques) et ensuite à travers MUSCULAR, un autre programme de surveillance électronique des services de renseignements britannique (GCHQ) et américain (NSA)
Pour autant que je puisse le dire, Satoshi n'a pas violé les lois
C'est pour les terroristes qu'ils disaient... Et les pédophiles qu'ils disaient...
Avatar de emixam16 emixam16 - Membre averti https://www.developpez.com
le 29/08/2017 à 15:40
C'est pour les terroristes qu'ils disaient... Et les pédophiles qu'ils disaient...
Tout à fait d'accord... C'est d'ailleurs un scandale que nos politiques ne s'investissent pas plus que ça pour le respect de notre vie privée. Être espionné par son pays c'est déjà moyen, mais alors par les USA, c'est tout simplement à vomir.

Comme dit dans l'article, le créateur du Bitcoin n'a commis aucune infraction à la loi. Donc pourquoi vouloir à tout prix son identité ?

Après, d'un point de vue technique c'est très fort. Cette approche est redoutablement simple mais très puissante.

Article à prendre tout de même avec des pincettes car l'article source n'a (pour l'instant) pas été confirmé.

Affaire à suivre...
Avatar de joublie joublie - Membre averti https://www.developpez.com
le 29/08/2017 à 15:44
Des milliers milliards de textes passés à la moulinette pour identifier quelqu'un qui n'a rien fait de mal... Morale de cette histoire : don't mess with the NSA.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 29/08/2017 à 15:58
Rien que le fait que toutes les conversations numériques soient stocké quelque part aux USA c'est flippant.
Je ne comprend pas pourquoi on tolère ça, ça ne devrait pas être jugé acceptable.

La vie des autres c'est rien à côté.
Avatar de Namica Namica - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 29/08/2017 à 15:59
"... des trillions de textes de plus d'un milliard de personnes ..."
De la population mondiale, enlève les mioches, les trop vieux, une grosse partie des habitants des pays en voie de développement, que reste-t-il ? ...
C'est certain que nos utilisations de Google, Yahoo, Amazon e.a. ont été interceptées.
Et la recherche de cette identité est-elle la véritable motivation à ce jeu (plausible deniability), ou bien n'était-ce qu'un prétexte à quelque chose de moins avouable !
Avatar de Namica Namica - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 29/08/2017 à 16:12
Anonymouth est un projet sur github pour vous aider à anonymiser vos documents écrits.
Avatar de AoCannaille AoCannaille - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 29/08/2017 à 16:12
Citation Envoyé par Namica Voir le message
Et la recherche de cette identité est-elle la véritable motivation à ce jeu (plausible deniability), ou bien n'était-ce qu'un prétexte à quelque chose de moins avouable !
Pour peu que lors de cette comparaison massive de la "clef" de satoshi ils en aient profité pour faire la "clef" de chaque personne comparée...
Avatar de Namica Namica - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 30/08/2017 à 1:36
Citation Envoyé par AoCannaille Voir le message
Pour peu que lors de cette comparaison massive de la "clef" de satoshi ils en aient profité pour faire la "clef" de chaque personne comparée...
Comparée à qui ? Là est la question.
A toi ? A moi ? à Mme Michu ? au nouveau président (euh, aux textes qui lui sont dictés par son staff) ?
Si c'est comparé à des criminels suspectés (sur demande d'un juge d’instruction ?) pas de problème.
Ben oui, mais, nos données sont traitées à l'étranger (Hors U.E.) hors de tout contrôle national ou U.E. puisque le cadre de contrôle a volé en éclat et que son remplacement est tout sauf satisfaisant.
Avatar de Maybeking Maybeking - Futur Membre du Club https://www.developpez.com
le 30/08/2017 à 7:41
Citation Envoyé par joublie Voir le message
Des milliers milliards de textes passés à la moulinette pour identifier quelqu'un qui n'a rien fait de mal... Morale de cette histoire : don't mess with the NSA.
Haha peut être qu'il n'a rien fait de mal à tes yeux mais aux yeux des grosses banques américaines c'est peut être le type qui va les ruiner déjà qu'il les a mit dans le mal. Moi aussi si quelqu'un me volait mon gagne-pain j'aimerais bien le retrouver
Avatar de Greg-dev Greg-dev - Membre régulier https://www.developpez.com
le 30/08/2017 à 11:25
La fibre optique c'est bien aussi pour les services secrets, pour intercepter les infos ya plus besoin de se brancher sur des câbles ... et en plus ça va + vite lol
Contacter le responsable de la rubrique Accueil