France : le Conseil d'État demande l'avis de la CJUE sur la portée géographique du droit à l'oubli
Afin de statuer sur le recours engagé par Google

Le , par Olivier Famien, Chroniqueur Actualités
En 2014, la Cour européenne de justice avait rendu sa décision portant sur le « droit à l’oubli » en déclarant que les internautes résidant dans l'Union européenne ont le droit d’exiger des moteurs de recherche le déréférencement des liens non pertinents ou obsolètes qui pourraient porter atteinte à leur vie privée. Google qui est de loin le moteur de recherche le plus utilisé au monde a appliqué cette décision, tout en limitant les informations déréférencées aux domaines contenus dans l’Union européenne.

Ainsi, si un internaute en France obtenait une réponse favorable auprès de Google pour une information qu’il souhaite voir déréférencée, cette information ne serait pas accessible en France ainsi que dans les pays de l’Union européenne, mais serait visible à partir des noms de domaines rattachés aux pays hors Union européenne comme Google.com par exemple.

Selon la CNIL (La Commission nationale de l’informatique et des libertés), en procédant ainsi, Google ne se conformerait pas la décision de justice rendue par la Cour de justice de l’Union européenne. Aussi, pour la CNIL, le géant américain devrait plutôt appliquer le déréférencement à tous ses domaines dans le monde, peu importe l’espace géographique auquel ce domaine est rattaché, comme cela a été requis par directive de la Cour de justice européenne. La Commission de protection des données personnelles en France a donc sommé Google d’appliquer le déréférencement des requêtes validées sur toutes ses extensions.

Mais la firme de Mountain View qui estime que le droit à l’oubli est un concept purement européen n’a jusque-là pas donné une suite favorable l’injonction de la CNIL. Comme arguments, la firme de Mountain View estime que « chaque pays devrait déterminer seul, pour lui-même, où se trouve l’équilibre entre liberté d’expression et vie privée, sans qu’un autre pays puisse lui imposer sa conception. Nous défendons cette idée parce nous voulons être certains que les gens puissent continuer d’accéder à un contenu qui serait tout à fait légal dans leur pays ».

Autrement dit, pour Google, en supprimant sur tous ses domaines les liens pointant vers ces informations obsolètes ou non pertinentes préjudiciables à des tiers, cela porterait atteinte au droit pour chaque pays de décider des informations auxquelles il souhaite accéder ou non.

Aussi, vu que Google ne s’est pas pliée à ses exigences jusqu’à la fin des délais impartis, la CNIL lui a donc imposé une amende de 100 000 dollars en guise de pénalité pour les manquements cités. Google a à son tour déposé un recours devant le Conseil d’État contre l’injonction de la CNIL afin de se faire entendre également. Le Conseil d’État vient de se prononcer en renvoyant le litige devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Selon l'établissement français, « la portée de ce droit au déréférencement pose plusieurs difficultés sérieuses d’interprétation du droit de l’Union européenne. Il sursoit donc à statuer sur la requête de la société Google et renvoie plusieurs questions préjudicielles à la Cour de justice de l’Union européenne. »

En d’autres termes, le Conseil d’État souhaite d’abord avoir des éclaircissements auprès de la Cour de justice européenne sur certains points afin de savoir si le déréférencement doit s’opérer « sur l’ensemble des extensions nationales du moteur de recherche, de telle sorte que les liens litigieux n’apparaissent plus, quel que soit le lieu à partir duquel cette recherche est lancée, y compris hors du champ d’application territorial du droit de l’Union européenne ». En cas de réponse négative, le Conseil souhaite également savoir si « le déréférencement doit être appliqué seulement sur les résultats affichés à partir d’une recherche sur le nom de domaine correspondant à l’État où la demande est réputée avoir été effectuée ou s’il doit l’être également sur l’ensemble des extensions nationales des États membres de l’Union européenne de ce moteur de recherche ». Et dans l’hypothèse d’une réponse négative, le Conseil d’État français souhaite également savoir si le « géoblocage des liens litigieux affichés à la suite d’une recherche » doit s’appliquer dans toute l’Union européenne ou seulement dans le pays où la demande a été faite.

Ce n’est qu’après avoir eu ces éclaircissements que le Conseil d’État statuera sur la requête de Google portée devant cette institution.

Source : Conseil d’État, Reuters

Et vous ?

Quel est votre avis sur la question du déréférencement opposant Google et la CNIL ?

Google doit-elle déréférencer les liens sur tous ses domaines ? Ou plutôt sur le domaine du pays du demandeur et ceux de l’UE ?

Voir aussi

Google refuse de se plier aux exigences de la CNIL qui souhaite que le déréférencement s'applique à l'ensemble des domaines de la firme


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Avatar de Guiliguili Guiliguili - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 21/07/2017 à 3:56
Bonjour,

Le débat est très complexe à plusieurs égards.

D'une part, oui, les données personnelles à mon sens devraient être supprimées, déréférencées dans tous les pays. D'ailleurs, le Canada la aussi imposé.

Mais cette internationalisation devrait être d'abord bien encadré. Sinon on risque de donner raison indirectement au FBI qui demande à Microsoft de fournir des copie de fichier, mail sur des serveur hors US et dont Microsoft a à ce jour toujours refusé de répondre.

Il reste la solution de se cacher (vivons heureux, vivons caché), de bannir google tant en terme de stat, d'accès aux PC, site WEB etc...

J'avoue, c'est utopique

Google n'est pas le seul a collecter les informations, tout GAFA le fait et d'autres encore...

Il serait peut-être temps puisque nous avons de jeunes députés de légiférer fermement sur ces intrusions.

Pour ma part, j'ai bannis google et autres réseaux sociaux qui n'est pas indispensable; je n'ai pas envie que untel ou untel sache que j'ai un RDV à tel endroit à tel heure avec les cloud pseudo respectueux de la vie privée.

C'est un choix, qui suppose des contrainte, mais qui me permet de ne pas exister du moins publiquement là où je ne veux pas être...

Voilou

Très simplistement

Edite : Si nous commencions par condamner les journalistes qui au nom de la liberté de l'information dévoile la vie privée des gens... pour ensuite s'attaquer et ses acteurs de l'information surexplétée au nom de l'argent et non au nom du droit à l'information...

Parce que l'utilisation dans les algorythme des ses informations personnelles n'est pas officiellement clairement dit
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