À l'instar de Benoît Hamon, Bill Gates propose l'instauration d'une taxe sur les robots
Et estime qu'il ne faut pas renoncer à cet impôt

Le , par Stéphane le calme

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Si des travailleurs humains viennent à être remplacés par des machines, cela signifie qu’il y aura une diminution du nombre de salariés et par conséquent du volume des impôts prélevés sur les salaires. Ce qui représente un problème pour l’État étant donné que l'impôt peut servir à financer des biens (routes, écoles, etc.) et des services (pompiers, police, etc.).

Aussi, dans son programme pour le numérique et la technologie, Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle 2017, a proposé une « taxe sur les robots ». Selon le candidat du PS, cette proposition est essentielle « pour financer le revenu universel d’existence, on pourrait imaginer demain un salaire fictif, virtuel, pour un robot et la manière dont on fait contribuer ce robot au financement de notre protection sociale ».

Concrètement, il prévoit d’ajuster les cotisations des entreprises qui sont actuellement fixées sur le nombre de salariés : « demain, asseoir les cotisations patronales sur la valeur ajoutée et non plus sur le travail est une manière directe de faire payer les robots, les machines, les algorithmes, c’est-à-dire tout ce qui contribue à la création de richesses ».

Cette idée, qui a été soutenue par la commission des affaires juridiques du Parlement européen, est également défendue par le fondateur de Microsoft. Dans un entretien accordé à Quartz, Bill Gates a indiqué que « nous franchissons le seuil de la destruction d'emplois dans certaines activités presque d'un seul coup. Le travail en entrepôt, les chauffeurs, le nettoyage... Il y a tout un tas de secteurs laborieux très significatifs pour lesquels, d'ici 20 ans, il faut réfléchir à la manière dont ils seront impactés. Il est important d'avoir des politiques pour accompagner ce phénomène ».

Une logique qui rappelle celle sur laquelle s’est appuyé Benoît Hamon lors de son passage dans l'émission politique de France 2 lorsqu’il assurait qu'il ne croyait pas à l'application stricte de la théorie de la « destruction créatrice » de Joseph Aloïs Schumpeter. Pour rappel, celle-ci prévoit que chaque révolution industrielle entraîne la destruction d'activités économiques et donc d'emplois, mais que celle-ci est compensée par la création de nouvelles activités économiques et donc de nouveaux emplois.

Benoît Hamon avait alors avancé que « selon toutes les études sérieuses, ce sont des centaines de milliers d'emplois peu ou pas qualifiés qui ont commencé à être détruits dans les économies occidentales. Il faut maîtriser cette transition et tirer le meilleur parti de cette formidable opportunité que nous offre la révolution numérique de moins travailler et de vivre mieux ».


Bill Gates a tenté d’illustrer sa perspective de la manière la plus simple et directe : « à l'heure actuelle, si un travailleur humain fait, disons, 50 000 dollars de travail dans une usine, ce revenu est imposé.et vous obtenez l'impôt sur le revenu, la sécurité sociale, toutes ces choses. Si un robot arrive à faire la même chose, on pourrait penser que nous imposerions le robot à un niveau similaire ».

Et de continuer en assurant que « ce que le monde veut, c’est saisir cette opportunité de continuer à produire les biens et services que nous avons aujourd’hui et libérer une force de travail, améliorer la manière dont nous tendons la main aux personnes âgées, d’avoir des classes avec moins d’élèves, d’aider les enfants avec des besoins spécifiques. Toutes ces choses comme l’empathie et la compréhension sont toujours inimitables [par les robots] et nous devons par ailleurs composer avec une pénurie immense de gens pour aider les autres ».

« Mais vous ne pouvez pas simplement renoncer à cet impôt, parce que cela fait partie de la façon dont vous avez financé ce niveau de travailleurs humains », a insisté Bill Gates.

Alors que propose Bill Gates en matière de taxe sur les robots ? Pour lui, il y a plusieurs pistes à explorer : estimant que c’est au tour des législateurs de lancer le débat, il avance « qu’une partie peut provenir des profits qui sont générés par les gains d’économie de main-d’œuvre. Une partie peut venir directement d’un certain type de taxe pour les robots ». Et d’ajouter qu’il ne pense pas que les constructeurs de robots vont se montrer outrés du fait qu’une taxe sur les robots est envisagée.

Le milliardaire y a également vu une façon de rassurer ceux qui se montrent effrayés par la propension des entreprises à remplacer la main-d’oeuvre par les robots : « c’est vraiment dommage si les gens dans l'ensemble ont plus de crainte que d’enthousiasme sur ce que l'innovation va apporter. Cela signifie qu'ils ne seront pas en mesure d’y voir des choses positives que cela apporte. Et, vous savez, la fiscalité est certainement une meilleure façon de la gérer que d'en arriver à interdire certains éléments. Mais [l'innovation] apparaît sous de nombreuses formes, comme les autocommandes dans un restaurant, comment appelez-vous cela ? Il y a une machine de Silicon Valley qui peut faire des hamburgers sans mains humaines, sérieusement ! Aucune main humaine ne touche à quelque chose ».

Il n’a pas manqué d’insister sur l'importance du rôle de l'État pour gérer cette transition: « Si vous voulez faire quelque chose à propos des inégalités, une grande partie de la main-d'œuvre libérée va devoir aller aider une partie de la population qui n'en a pas les moyens. Pour résoudre les inégalités, le gouvernement a un rôle majeur à jouer ».

Source : Quartz

Et vous ?

Partagez-vous son point de vue ? Selon vous, comment pourrait s'implémenter cette taxe sur les robots ?

Toute machine automatisée devrait-elle y être soumise ?

Voir aussi :

Présidentielle : ce que propose le candidat du PS Benoît Hamon dans son programme pour le numérique et la technologie

UE : la Commission juridique du Parlement adopte un rapport suggérant de taxer les robots, la balle désormais dans le camp des eurodéputés

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Avatar de maelstrom
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 20/02/2017 à 12:07
D'abord soutenue directement par Edward Snowden sur twitter lors de la primaire. Maintenant Bill Gates qui indirectement (car je pense pas qu'il se préoccupe de la campagne présidentiel française ni même qu'il ne connaisse Hamon) dit la même chose que lui. Petit à petit ça commence à faire pas mal d'élément. Faudrait peut-être arrêter de tourner en dérision tout ce qu'il propose juste pour le principe et écouter un peu ce qu'il a dire, peut-être que c'est pas si con que ça ? ^^

PS: Je propose juste d'écouter hein, j'ai pas vraiment d'orientation politique et je souhaite pas vraiment en faire surtout sur ce forum. C'est plus une réaction face au nombreux commentaire sans argumentation que je peux voir à chaque fois qu'un politique (de n'importe quel partie) propose quelque chose pour le numérique.
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Avatar de eclesia
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 20/02/2017 à 13:21
On s'en fou de Benoit Hamon ! Benoit Hamon par ci, Benoit Hamon par la, Benoit Hamon comparé à truc, ca commence a bien faire.

Pourquoi est ce qu'on parle de promesses de politiciens véreux alors que l'on sait deja statistiquement qu'ils n'en feront rien ou qu'ils retourneront le sujet contre nous d'une facon où d'une autre ?
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Avatar de Orionos
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 20/02/2017 à 12:09
Soit je suis débile soit c'est Bill et Benoit, mais je me pose la question ... C'est quoi un robot ?

Une moissonneuse batteuse industrielle, ça a les mêmes effets qu'un robots, néanmoins on ne la taxe pas de cette manière.
Un autre exemple, une caisse auto dans un supermarché c'est un robot ? Faut des bras et des jambes articulés pour être un robot et être taxé ? J'ai du mal à voir ou on va mettre la limite entre automatisation (qui est un procédé en place depuis bien longtemps) et robotisation.
Je suppose :
Un robot = une machine qui prends la place de quelqu’un.
Une machine/un programme = Un outil qui réduit le temps de travail de quelqu’un.

Je vois pas de différence entre les deux sincèrement, il s'agit juste d'outils remplaçant0 du travail.
Taxons plus les profits et redistribuons mieux, c'est ça le nerf de la guerre. Pas une taxe supplémentaire ...
Mais on comprends mieux le point de vue de Mr Crosoft ... Plus facile de proposer une taxe pour se dédouaner de toute responsabilité sur la diminution du travail, plutôt que de remettre en cause le système en place.
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Avatar de TallyHo
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 20/02/2017 à 22:26
Citation Envoyé par JackJnr Voir le message
Pour moi les robots/IA sont la machine à vapeur 2.0 : ça nous apporte une révolution considérable qu'on redoute parce qu'on ne sait pas dans quoi on met les pieds. Mais dans l'ensemble ça va nous permettre de progresser de manière fulgurante et les grands alarmistes ne font qu'énoncer leurs craintes, tout englués qu'ils sont dans le passé. Même quand on s'appelle Bill Gates ou Elon Musk.
Réfléchir à l'évolution et à ses conséquences est une nécessité et pas forcément un signe d'engluement. D'une façon générale, la vie est un curseur, si tu le mets à droite, la gauche sera défavorisée et vice-versa. Par exemple : vivre plus vieux ou avoir une surpopulation ? Produire un composé chimique lambda ou avoir un fleuve sain ? Etc etc etc... Ce n'est pas parce que c'est nouveau ou un "progrès" que c'est forcément mieux ou que le bénéfice à terme soit si évident, on a tendance à confondre trop souvent ces 2 notions.
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Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 20/02/2017 à 12:25
Cool. Commençons par ce qui rapporte le plus : les robots traders. Comme ceux de Goldman Sachs où il reste en tout et pour tout 2 traders après 10 ans de migration vers l'IA. Alors qu'il y en avait près de 2000 remplacés par 400 ingés en info. Le N°2 de GS n'est autre que le DSI,
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Avatar de Zirak
Inactif https://www.developpez.com
Le 21/02/2017 à 15:02
Citation Envoyé par AoCannaille Voir le message

Si cette nouvelle révolution industrielle arrive, la "base" sera juste plus élevé, et il faut adapter le système éducatif pour laisser le moins de personne possible sur le coté pour atteindre cette nouvelle base.

Enfin bon, je sais bien, plus facile à dire qu'à faire ^^
Sans même parler de la difficulté, c'est surtout que cette solution peut "fonctionner" pour les prochaines générations (qui font déjà de plus hautes études que les précédentes de toutes façons), mais que fais-ton pour les gens déjà "actif" qui perdent leur travail ?

Il faut également faire un gros travail sur tout ce qui est reconversion, et même là cela ne suffira pas, car il y aura des gens, sans vouloir être péjoratif, trop "limité intellectuellement" pour se reconvertir (c'est difficile de caser quelqu'un qui a arrêté ses études après la 3ème sur un poste de bac+5) ou trop proche de la retraite pour que cela vaille le coup, etc. etc.
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Avatar de melka one
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 21/02/2017 à 23:06
Maintenant j'aimerais voir une vision plus optimiste, mais réaliste aussi, d'un monde où l'IA serait utile au quotidien. Je ne parle évidemment pas de foncer tête la première, c'est évidemment stupide, mais d'éviter les discours alarmistes et d'envisager le progrès de manière optimiste, et surtout faire l'expérience de pensée de s'y projeter, chose qu'on a vraisemblablement du chose à faire en France.
je ne pense pas qu'il s'agisse de discourt alarmiste il s'agit juste de préparer le futur.
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Avatar de NSKis
En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
Le 23/02/2017 à 18:42
Citation Envoyé par AoCannaille Voir le message
Le problème doit être pris dans l'autre sens, car à la révolution industrielle précédente, le niveau d'étude global était bien plus bas. Aujourd'hui la base est connu de 99.99% de la population : Lire, écrire, compter, avoir des bases d'une seconde langue.

99.99% de la population????????? Et bien que voilà un grand optimiste mais un peu ignard des réalités!!!

Pour info, il y a environ 30% des élèves en fin de scolarité obligatoire en France qui sont considérés comme illettrés parce qu'ils ne dominent pas l'écriture, la lecture de leur langue maternelle et le calcul!!!

Un peu de lecture: https://www.contrepoints.org/2012/08...tres-en-france
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Avatar de JackJnr
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 20/02/2017 à 13:50
Citation Envoyé par Orionos Voir le message
Soit je suis débile soit c'est Bill et Benoit, mais je me pose la question ... C'est quoi un robot ?

Une moissonneuse batteuse industrielle, ça a les mêmes effets qu'un robots, néanmoins on ne la taxe pas de cette manière.
Un autre exemple, une caisse auto dans un supermarché c'est un robot ? Faut des bras et des jambes articulés pour être un robot et être taxé ? J'ai du mal à voir ou on va mettre la limite entre automatisation (qui est un procédé en place depuis bien longtemps) et robotisation.
Un débat intéressant sur la question par ici, en gros le robot serait une machine capable de prendre des décisions de manière autonome, alors qu'une simple machine aurait besoin d'une intervention humaine pour fonctionner correctement.
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Avatar de berceker united
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 20/02/2017 à 21:50
- C'est pas grave, je délocalise les usines restantes dans un pays ou il y a pas de taxe sur les robots.



Comment empêcher un pays de se développer. Y t'il eu un taxe pour les cochés quand les véhicules sont arrivé. Y t-il une taxe pour les divers postes supprimé quand les ordinateurs ont commencé à entrer dans les entreprises ? Bref il y a un tas d'exemple.
D'un coté, je me pose la question si Bill ne sort pas ça pour justement pour torpiller l'Europe. Vu que beaucoup de gens l'écoute comme le Messie.
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