Présidentielle : ce que propose le candidat du PS Benoît Hamon
Dans son programme pour le numérique et la technologie

Le , par Coriolan

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On connait désormais le candidat socialiste à la présidentielle 2017, Benoît Hamon, l’ex-ministre de l’Éducation a remporté le second tour de la primaire face au Premier ministre Manuel Valls, avec 58,71 % des voix contre 41,29 %. Le programme économique du candidat tranche sérieusement à gauche, notamment dans les thématiques liées au numérique et à la technologie.


Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle 2017

La « taxe robot » et lutte contre l’uberisation

Benoit Hamon veut taxer les robots, une idée soutenue également par la commission des affaires juridiques du Parlement européen. Selon le candidat du PS, cette proposition est essentielle « Pour financer le revenu universel d’existence, on pourrait imaginer demain un salaire fictif, virtuel, pour un robot et la manière dont on fait contribuer ce robot au financement de notre protection sociale ». Toutefois, on ne sait pas quel serait le montant de cette taxe ni à quel type de machines elle s’appliquerait. Taxer les robots permettrait aussi de sortir d’une situation inacceptable. « Lorsqu’un travailleur est remplacé par une machine, la richesse créée bénéficie essentiellement aux actionnaires », s'insurge Benoît Hamon.

Concrètement, il prévoit d’ajuster les cotisations des entreprises qui sont actuellement fixées sur le nombre de salariés : « Demain, asseoir les cotisations patronales sur la valeur ajoutée et non plus sur le travail est une manière directe de faire payer les robots, les machines, les algorithmes, c’est-à-dire tout ce qui contribue à la création de richesses. »

Benoît Hamon s’est montré très critique vis-à-vis de l’uberisation de l’économie et des nouveaux modèles d’entreprises comme celui d’Uber. Pour cette raison, il prévoit de lutter contre « le salariat déguisé des entreprises uberisées » et de requalifier leurs collaborateurs en salariés afin que les employeurs s’acquittent des cotisations sociales.

Plus de contrôle sur les géants de la tech

Le candidat du PS veut asseoir plus de contrôle sur les actions des grands groupes et que les géants de la technologie américains paient leurs impôts en France, par le biais d’une fiscalité plus exigeante tant au niveau national qu’au niveau européen. Il compte « mettre en place un reporting public pays par pays pour toutes les entreprises afin d’identifier les activités de leurs filiales et de repérer les sociétés ‘boites aux lettres’. »

Benoit Hamon veut aussi que l’État exerce plus de contrôle en matière de propriété et d'exploitation des données. Il vise notamment à ce que les données conservées par les administrations publiques sur la population ne tombent pas aux mains des géants high-tech. Dans cette optique, Benoît Hamon envisage « plusieurs avancées pour permettre l’oubli et le droit au déréférencement, garantir le droit au consentement pour le traitement des données personnelles de chacun, le droit à la portabilité des données personnelles », mais aussi l’élaboration « d’algorithmes loyaux — non discriminatoires, fidèles, transparents — à l’inverse des recommandations présentées comme issues de statistiques alors qu’il s’agit de promotions commerciales. » Il compte également créer une « commission permanente sur les enjeux éthiques et sociaux liés aux avancées scientifiques et à la révolution numérique. »

Réseau et fracture numérique

Benoit Hamon veut que les géants issus du numérique contribuent davantage au financement des infrastructures de télécommunication qui permettent de véhiculer leurs services. Il ajoute « qu’en matière de lutte contre les zones blanches, il faudra s’assurer qu’aucun Français ne soit coupé du monde, en travaillant avec les opérateurs au plus près de la réalité du terrain et en allant si nécessaire jusqu’à la mutualisation des réseaux de téléphonie dans les territoires isolés et la création d’opérateurs publics ou semi-publics discutée avec l’Europe pour des cas spécifiques ».

Pour réduire la fracture numérique, il vise à créer treize agences régionales de développement de nouveaux modèles de production et de consommation. Il espère ainsi « mobiliser les leviers de la digitalisation et de la dématérialisation pour relier directement producteurs et consommateurs ».

Les lanceurs d’alerte

Le candidat du PS s’affiche comme le protecteur des lanceurs d’alerte et estime que le statut créé par la loi Sapin II « va dans le bon sens, mais qu'il reste insuffisant ». Il veut donc un « soutien financier réel et une prise en charge des frais de procédure des lanceurs d’alerte, supprimer le ‘parcours par étapes’ » et à terme faire émerger une législation protectrice au niveau européen.

Une démocratie participative

Benoît Hamon veut impliquer les citoyens et leur permettre « de décider de l’utilisation d’une partie du budget de l’État (jusqu’à 5 milliards d’euros) pour de grands projets. » Grâce à cette approche participative, ils pourront émettre des propositions de projets dans une période de huit mois, ensuite, l’administration se chargera d’évaluer le coût de ces propositions. Au terme d’une campagne d’information, « les projets sont soumis à un vote en ligne et dans chaque mairie. » L’enveloppe est enfin dépensée sur les 3 à 5 projets ayant remporté le plus de votes.

Le candidat de gauche souhaite également donner la possibilité aux citoyens « d’écrire la loi de manière collaborative par l’écriture d’amendements citoyens sur le modèle du projet de loi pour une République numérique. »

Source : Benoît Hamon (propositions par thématique) - Benoît Hamon (Vidéo)

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Voir aussi :

Primaire de la droite et du centre : ce que proposent Alain Juppé et François Fillon pour le numérique, l'informatique et la cybersécurité

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Avatar de SushiGreGs
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 15:55
C'est bien, mais c'est pas assez, les gens ont en marre, il faut y aller plus fort, à la manière d'un Donald Trump un peu, en une semaine il a plus fait que l'autre en 8 ans
Avatar de Zirak
Inactif https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 16:03
Citation Envoyé par SushiGreGs Voir le message
en une semaine il a plus fait que l'autre en 8 ans
J'avoue qu'il a fait un sacré nombre de conneries en seulement une semaine...

Il vaut mieux faire moins mais intelligemment pour une fois, que faire de la merde en quantité astronomique. ^^

Alors oui, on peut trouver que cela n'est pas suffisant, mais au moins, il a le mérite de plutôt aller dans le bon sens, c'est déjà un début.
Avatar de Exentius
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 16:14
Encore un beau gloubiboulga communiste de règles inutiles qui vont être payées avec nos impôts pour un résultat nul et une tiers-mondisation de la nation.

La taxe robot..... Sur quels infrastructures industrielles ? Les PME-PMI qui se font déjà traire ?
L'Uberisation ? Alors que les chauffeurs uber et les taxis vont bientôt tous être logés à la même enseigne (Pole chômage) ?
Le contrôle de société multinationales incontrôlables ?
Pour les réseaux, il veut aller contre les traités Européens et les GOPE qui interdisent tout monopole d'État ? Ok, on qu'il paye l'amende de quelques millions de sa poche.
Le reste c'est du marketing et de la poudre de perlimpinpin.

Que des promesses intenables ou qui ne rapporteront rien. Et des règles en plus pour inciter d'avantage à la délocalisation.
Avatar de RyzenOC
Inactif https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 16:35
avant les années 2000, qu'on habitait à la campagne (comme moi) ou en centre ville de paris on avais tous des modem 56Ko/s. J'étais égal avec un parisien.

Aujourd'hui après la privatisation on as les centre ville tres bien fibré à 1Gbit/s et les campagnes avec du 2mb au mieu voir encore du 56ko/s dans certaisn patelin....
Je sais de quoi je parle, ma connexion et à 1mb et 3km plus loin les gens n'ont rien !!! seul les vieux modem ou le satellite passe.

Cette situation est inacceptable pour un pays comme la France ! La population en France occupe pourtant 100% du territoire, on est loin d'avoir des déserts de sable ou de glace avec 0 habitants.

Cette situation contribue à la désertification des campagnes : aucune entreprise ne s'installe sans haut débit et peu de particulier aussi d’ailleurs...
J'ai un pc gaming de 2000€ bridé par ma connexion internet. Et le pire c'est qu'un parisien paye le même prix voir moins cher pour une meilleur qualité de service.

Il est temps de lancer un plan national, de raser les forets et abattre les montagnes si il le faut et de déployer la fibre pour tous avec des débits stable montant et descendant à 1Gbit/s.
L'avenir c'est le père qui regarde un film en streaming en 8K, pareil pour la mere et le fils qui joue en ligne et télécharge (légalement) pleins de gros fichiers et remplie son ssd de 10To et l'ado qui matte du porn en 16K à 360° avec son casque VR/AR. Faut du réseau pour assurer l'avenir, c'est le nerf de la guerre.
Avatar de steflinux
Membre actif https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 16:44
les médias n'ont d'yeux que pour Macron (...) Ca commence à se voir d'ailleurs.
Tout à fait d'accord. Déjà, entre Patrick Drahi et Xavier Niel, ça fait une sacrée collection de médias,
et ne parlons pas des autres. Benoît Hamon ne pourra probablement même pas compter
sur Libé, qui, horreur, appartient aussi à Patrick Drahi.
De là, avoir un programme fort est effectivement la seule option face aux forces de l'argent.
Je rappelle que M. Macron, au 30 janvier 2017, n'a toujours pas finalisé son programme (...)

Taxe robot et contrôle renforcé (voire transferts de technologies contraints) sur les Google, Facebook & Co,
cela est très bien, parfait même.

Protéger les lanceurs d'alertes, encore heureux (mais ce n'est pas évident pour beaucoup de candidats).

Il manque un volet sur le renforcement de l'attractivité des métiers du numérique : de vraies propositions, pas
la propagande habituelle, bien sûr. Là, je m'explique : tous ces métiers tant propagandés atteignent un tel niveau de déclassement
(précarité SSII, salaire horaire bas, burnouts, faillites, évolution permanente, lieu d'exercice dans les villes les plus chères,
poubelle dès 35 ans avec la retraite à zéro euro du Syntec, etc), que, globalement, les gens intelligents s'investissent ailleurs.
C'est un point clé pour les années à venir.
Je pense que la solution politique et patronale sera la même que depuis la crise : propagande et re-propagande, ce qui aura rapidement des limites...

J'attends aussi un volet sur la liberté de la presse, le classement de la France étant piteux (45è).
Aucun candidat ne propose quoi que ce soit, c'est sidérant.
Avatar de Mingolito
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 16:50
Déjà qu'avec les charges URSAFF de plus de 50% plus les autres impôts on à plus d'ouvriers en France... mais il nous reste les robots ! Et donc les ingénieurs pour les concevoir et les techniciens pour les faire marcher donc il reste encore quelques emplois en France...

Mais non c'est trop beau, maintenant avec la taxe robot, il y aura aussi plus aucune usine automatisée en France, et les techniciens et ingénieurs devront quitter la France et s'expatrier pour avoir un job ou rester en France et être au chômage comme tous le monde.

La France deviendra une espèce de désert économique juste bon à amuser les touristes et les français devrons de reconvertir dans la prostitution comme en Grèce.

Les présidentielles de 2017 à gauche c'est qui aura les idées les plus catastrophiques, à part Valls et Macron qui sont pas devenus totalement débiles et qui ont gardé un minimum de compréhension de base des rouages économiques, pour les autres on se croirais sans un asile

Le pouvoir bientôt aux fous : Montebourg, Hamon , Mélanchon, ca sera pas la première fois c'est du déjà vu avec Pol Pot, Mao et Kim Jong-il entres autres.
Avatar de Exentius
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 17:06
Citation Envoyé par Mingolito Voir le message
Déjà qu'avec les charges URSAFF de plus de 50% plus les autres impôts on à plus d'ouvriers en France... mais il nous reste les robots ! Et donc les ingénieurs pour les concevoir et les techniciens pour les faire marcher donc il reste encore quelques emplois en France...

Mais non c'est trop beau, maintenant avec la taxe robot, il y aura aussi plus aucune usine automatisée en France, et les techniciens et ingénieurs devront quitter la France et s'expatrier pour avoir un job ou rester en France et être au chômage comme tous le monde.

La France deviendra une espèce de désert économique juste bon à amuser les touristes et les français devrons de reconvertir dans la prostitution comme en Grèce.

Les présidentielles de 2017 à gauche c'est qui aura les idées les plus catastrophiques, à part Valls et Macron qui sont pas devenus totalement débiles et qui ont gardé un minimum de compréhension de base des rouages économiques, pour les autres on se croirais sans un asile

Le pouvoir bientôt aux fous : Montebourg, Hamon , Mélanchon, ca sera pas la première fois c'est du déjà vu avec Pol Pot, Mao et Kim Jong-il entres autres.
ValSS et Macaron ne sont pas mieux, l'un des deux est un franquiste refoulé, l'autre doit tourner à la coke.
Aucun des deux n'a de compréhension des mécanismes économiques, et aucun politique en France ne peut honnêtement faire de proposition tenable ni allant dans le bon sens. AUCUN. Ils proposent tous du Keynésianisme alors que c'est justement le mal.
Toutes les lois viennent des GOPE. Toute tentative d'inverser la vapeur va à l'encontre des directives Européennes. Et toute infraction à ces règles implique une grosse amende, payée soit par la dette soit par nos impôts.
Si vous attendez une solution venant des hommes politiques je ne peux rien pour vous.
Avatar de ideeaugram
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 17:22
Taxer les robots me semble une chimère, comme de vouloir taxer les métiers à tisser à l'époque des Canuts de Lyon.
Souvent d'ailleurs 1 robot arrive et 10 personnes sortent (usine d'un équipementier automobile). Comment alors calculer cette taxe quand les machines évoluent constamment.
L'IA qui vous répond doit-elle être taxée ? Dans quelques années nous savons que beaucoup de métiers ou savoir-faire seront pris en charge par les IA (beaucoup le sont déjà).
Un datacenter ou une automobile autonome sont-ils à classer comme robots ?

Toutes ces propositions me semblent un combat d'arrière-garde de gens complètement déconnectés de la technologie.
Avatar de Conan Lord
Membre expert https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 17:28
Citation Envoyé par ideeaugram Voir le message
Taxer les robots me semble une chimère, comme de vouloir taxer les métiers à tisser à l'époque des Canuts de Lyon.
Souvent d'ailleurs 1 robot arrive et 10 personnes sortent (usine d'un équipementier automobile). Comment alors calculer cette taxe quand les machines évoluent constamment.
L'IA qui vous répond doit-elle être taxée ? Dans quelques années nous savons que beaucoup de métiers ou savoir-faire seront pris en charge par les IA (beaucoup le sont déjà).
Un datacenter ou une automobile autonome sont-ils à classer comme robots ?

Toutes ces propositions me semblent un combat d'arrière-garde de gens complètement déconnectés de la technologie.
Mais alors la question est : comment contre-balancer les effets négatifs (chômage) de l'automatisation, qui est à la base une bonne chose (on aime tous nos machines à laver) ? En taxant quoi ? Le bénéfice directement ?
Avatar de Grogro
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 30/01/2017 à 17:28
Citation Envoyé par Exentius Voir le message
ValSS et Macaron ne sont pas mieux, l'un des deux est un franquiste refoulé, l'autre doit tourner à la coke.
Aucun des deux n'a de compréhension des mécanismes économiques, et aucun politique en France ne peut honnêtement faire de proposition tenable ni allant dans le bon sens. AUCUN. Ils proposent tous du Keynésianisme alors que c'est justement le mal.
Faudrait songer à arrêter la fumette hein.

Il y a eu UNE relance keynésienne en France depuis le début des années 80. Une seule. Et c'est le duo Fillon/Sarko qui s'en est chargé en 2007-2008 avec leur grand emprunt et la relance des infrastructures. Entre temps on a fait exclusivement et à 100% de la politique de l'offre mal comprise. Et les socialistes se sont montrés systématiquement les pires zélateurs du marchés. Et Valls, Macron ne proposent rien d'autre que d’aggraver cette bouillie pseudo-libérale. Fillon lui, propose une nouvelle véritable relance keynésienne couplée à une vraie politique de l'offre. C'est quasi le seul bon point dans son programme (avec le contrôle de l'immigration, et ses propositions sont bancales et contraires aux traités européens), si ce n'est qu'il entretient un violent flou artistique.
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