SHA-1 : Microsoft suit l'exemple de Mozilla et opte pour une fin de support en juin 2016
Au lieu de janvier 2017 sur son navigateur

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Cela fait déjà plusieurs mois que SHA-1, la fonction de hachage qui avait été publiée comme un standard fédéral de traitement de l’information par le NIST (National Institute of Standards and Technology), est sur la sellette. Pour rappel, SHA-1 se compose d’un ensemble de fonctions de hachage cryptographique dont le but est d’assurer la fiabilité des certificats SSL. Au fil du temps et avec l’évolution de l’industrie de l’IT, SHA-1 a commencé à montrer des faiblesses. Le NIST avait averti en 2005 que SHA-1 n’était pas assez sûr et avait adopté son successeur.

Microsoft, sans doute conscient du fait que les vulnérabilités SHA-1 seront de plus en plus accessibles notamment avec des paramètres comme la baisse du coût des attaques par force brute ainsi que la montée en gamme des services de calcul dans le cloud, a revu son programme.

« Dans une mise à jour précédente de TechNet, nous avons annoncé que Windows va bloquer les certificats TLS signés en SHA-1 à compter du 1er janvier 2017. À la lumière des récentes attaques sur l’algorithme SHA-1, nous envisageons d’accélérer le planning de dépréciation des certificats TLS signés en SHA-1 si possible dès juin 2016 », a annoncé dans un billet Kyle Pflug, Program Manager de l’équipe responsable du navigateur Microsoft Edge.

Les éditeurs des navigateurs les plus populaires que sont Google, Mozilla et Microsoft, avaient déjà annoncé cette décision applicable sur Chrome, Firefox et Internet Explorer.

Il faut dire que des chercheurs avaient prouvé qu’il était possible de créer un certificat numérique qui a le même hash SHA-1 qu’un certificat légitime et que les utilisateurs pouvaient alors être trompés lors d’une interaction avec un site dans une collision de hachage.

En octobre, une équipe de cryptanalystes a insisté sur le fait que le standard SHA-1 devait être retiré plus tôt que les éditeurs ne le proposaient étant donné que le coût pour casser un chiffrement a chuté plus rapidement que prévu en utilisant librement les facilités du Cloud computing, rendant les collisions SHA-1 à la portée de groupes criminels en ligne.

Mozilla aura été parmi les premiers à réagir : si la date de fin de support de SHA-1 était prévue pour le 1er janvier 2017, elle a finalement été avancée au 1er juillet 2016. « Mozilla a annoncé une intention similaire sur le blog de Sécurité Mozilla. Nous allons continuer à nous coordonner avec les autres fournisseurs de navigateur web pour évaluer l’impact de ce calendrier basé sur la télémétrie et sur les projections actuelles de faisabilité de collisions sur SHA-1 », a rajouté Kyle Pflug. Google de son côté n’a pas encore modifié la date du 1er janvier 2017 prévue pour la fin du support de SHA-1 dans Chrome.

Une étude menée par Netcraft a montré qu'à l'heure actuelle, près de 1 million de sites Web déploient encore des certificats signés SHA-1 sur leur infrastructure. Une enquête ultérieure menée par Netcraft a révélé que bon nombre de sites gouvernementaux et militaires américains utilisent encore des certificats signés SHA-1 obsolètes, exposant ainsi leurs utilisateurs et les données à des risques.

Source : blog Windows, netcraft

Utilisez-vous encore SHA-1 sur vos sites ? Que pensez-vous de cette décision de Microsoft ?

Voir Aussi :

Google annonce la fin du support de SHA-1 dans Chrome, la firme accélère la mort de l'algorithme de hachage cryptographique


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Avatar de Olivier Famien Olivier Famien - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 12/12/2015 à 17:22
Facebook et Cloudflare proposent des solutions pour continuer à utiliser SHA-1 après l’abandon de ce standard
pour ne pas léser certains internautes

À compter du 1er janvier prochain, les certificats utilisant l’algorithme de hachage SHA-1 (Secure Hash Algorithm 1) ne seront plus émis par la plupart des autorités de délivrance de certificats. Pour donner déjà le ton, Google Chrome a commencé à émettre des avertissements pour les certificats basés sur SHA-1 qui expirent après l’année 2015.

Et à partir du 1er janvier 2017, le navigateur de Google ne supportera plus cet algorithme de hachage. Microsoft a fixé sa date de fin du support à juin 2016 et Mozilla a rapproché la sienne à juin 2016 alors qu’elle avait été initialement fixée au 1er janvier 2017.

Ces différentes décisions sont motivées par le fait que l’algorithme de hachage SHA-1 ne présente plus le même taux de sécurité élevé que par le passé. Des chercheurs ont pu démontrer qu’il est possible de créer une collision en générant une signature possédant un certificat numérique similaire à une signature émise avec un certificat légitime SHA-1.

Cela pourrait permettre à un attaquant d’intercepter des données chiffrées sur un site donné. Pour cela, il est recommandé de passer à des algorithmes plus sûrs tels que ceux de la famille SHA-2 qui comprend l’algorithme SHA-256, SHA-384 et SHA-512.

Il faut savoir, en outre, que ce n’est pas la première fois que l’industrie IT se défait d’un algorithme de hachage à risque. En 1991, l’algorithme MD5 a été créé afin d’offrir une sécurisation des signatures numériques. Les risques de collisions détectés dans cette fonction de hachage ont obligé les experts à suggérer l’abandon de cette dernière pour SHA-1 jugé plus sûr.

Les mêmes risques étant perçus avec SHA-1, il est dorénavant recommandé de passer à l’algorithme SHA-2 pour les signatures numériques. Dans le premier scénario impliquant MD5, le passage de MD5 à SHA-1 s’est fait plutôt aisément, car les premières versions Mozilla et Internet Explorer supportaient SHA-1. Toutefois, les données ne sont pas les mêmes cette fois-ci.

Par exemple, les versions antérieures de Windows XP Service Pack 3 ne disposent pas de support pour SHA-2. De même, plusieurs téléphones datant de moins de cinq ans et tournant avec des versions d’Android inférieures à la version 2.3 ainsi que les applications utilisant les outils openSSL 0.9.8 sont dans le même cas.

Aussi, pour avoir une idée claire des plateformes supportant SHA-2 et celles ne le supportant pas, l’entreprise Cloudflare a mené une étude sur quelques semaines en testant les connexions de navigateurs sur son réseau. Comme résultat, il ressort de cela que SHA-2 est supporté par 98,31 % des navigateurs. Les autres 1,69 % estimé à 37 millions d’utilisateurs n’ont pas d’équipements compatibles avec SHA-2.

De manière plus détaillée, Cloudflare a produit une liste contenant les pays avec les pourcentages de navigateurs qui ne supportent pas SHA-2. En tête de liste, nous avons la Chine 6.08 % suivie du Cameroun 5.39 % puis du Yémen 5.25 %, le Soudan 4.69 %, l’Égypte 4.85 %, la Libye 4.83 %, la Côte d’Ivoire 4.67 %, le Népal 4.52 %, le Ghana 4.42 %, le Nigéria 4.32 %, l’Éthiopie 3.82 %, l’Iran 3.78 %, la Tanzanie 3.72 %, la Syrie 3.63 %, etc.

« En d’autres termes, après le 31 décembre la majorité du Web chiffré sera coupé des populations les plus vulnérables d’utilisateurs d’Internet qui ont besoin le plus de chiffrement », a déclaré CloudFlare.
Facebook de son côté a fait également le point de ses statistiques et est parvenu à la conclusion : « 3-7 % des navigateurs actuellement utilisés ne sont pas en mesure d’utiliser la norme SHA-256 plus récente, ce qui signifie que des dizaines de millions de personnes ne pourront pas utiliser Internet en toute sécurité après le 31 décembre ».

« Un nombre disproportionné de ces personnes vivent dans les pays en voie de développement et le résultat probable dans ces contrées sera un grave retour en arrière dans le déploiement des protocoles HTTPS par les gouvernements, les entreprises et les ONG qui souhaitent atteindre leurs populations cibles ».

Pour ne pas laisser cette population pour compte, Cloudflare et Facebook préconisent aux sites web de continuer à supporter la norme SHA-1. Facebook pour sa part a mis en œuvre un mécanisme permettant de vérifier la compatibilité du navigateur à la norme SHA-2. Si le navigateur est uniquement compatible avec SHA-1, un basculement automatique sur ce standard est effectué afin de ne pas priver ces internautes de l’accès à Internet.

Et pour les navigateurs plus récents supportant la norme SHA-2, Facebook continuera à proposer sur sa plateforme la norme SHA-2. Aussi, afin d’inciter les développeurs à prendre en compte ce segment d’utilisateurs n’ayant pas de support pour SHA-2, Facebook a rendu open source le code utilisé pour basculer automatiquement entre les deux certificats.

Cloudflare également propose le support automatique de retour au SHA-1 pour ses clients prémium. Et pour aller encore plus loin, elle entend mettre sous licence open source dès l’année prochaine l’algorithme qu’elle utilise pour supporter le retour vers SHA-1.

En plus de ces deux entreprises, il faut ajouter Alibaba qui supporte également la norme SHA-1 ainsi que plusieurs milliers de sites référencés par Cloudflare.

Pour terminer, Facebook et Cloudflare proposent aux autorités de délivrance de certificats la mise en œuvre d’une nouvelle classe de certificats appelée Legacy Validated (LV) certificates prenant en compte les certificats SHA-1.

Ces certificats pourraient être utilisés après les dates de fin de support émises par les différents éditeurs de navigateurs de sorte que les vieux navigateurs puissent continuer à accéder aux sites sécurisés sur la toile.

Source : Blog Cloudflare, Facebook

Et vous ?

Que pensez-vous des propositions de Cloudflare et Facebook afin de continuer à utiliser SHA-1 ?

Êtes-vous favorables à ces propositions ou plutôt souhaitez-vous voir ce standard abandonné ?

Voir aussi

Forum Internet
Avatar de TiranusKBX TiranusKBX - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 12/12/2015 à 18:24
Je ne verrais pas pourquoi il faudrait brader la sécurité pour 3% des utilisateur d'internet(sachant que seulement 1/3 de la population mondiale y a accès).
c'est pour moi un problème de sensibilisation du public et rien d'autre.
Pour la plupart des terminaux problématique il suffit de leur faire installer un navigateur récent non ?
Si ils utilisent encore XP il faut les faire passer à linux si ils ne veulent pas payer.
Avatar de Iradrille Iradrille - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 12/12/2015 à 19:36
Du foutage de gueule. Perdre jusqu’à 7% de clients est hors de question, alors on trouve une solution.

Mais puisqu'ils ont l'air de défendre les minorités, ça serait cool qu'ils s'intéressent aux 2.4% de personnes qui n'ont pas (ou ne veulent pas) de support de JS.
Avatar de Thorna Thorna - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 13/12/2015 à 0:11
Pour "ne pas" léser, ou pour léser les utilisateurs devenus piratables et non sécurisés, ce qui, entre parenthèses, mettra en danger aussi tous ceux qui sont en contact avec eux, etc. Allez zou, -> tribunal !
Avatar de RyzenOC RyzenOC - Inactif https://www.developpez.com
le 13/12/2015 à 8:56
Mais puisqu'ils ont l'air de défendre les minorités, ça serait cool qu'ils s'intéressent aux 2.4% de personnes qui n'ont pas (ou ne veulent pas) de support de JS.
Un site web (comme Facebook) sans js en 2015... mais bien sur
Je vois pas comment tu peut introduire des fonctionnalités "évolué" dans ton site sans avoir recours à l'ajax et au js.

Enfin si, en flash... mais troquer le js à flash sa me parait pas être une bonne solution.
Avatar de atha2 atha2 - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 13/12/2015 à 14:57
Je suis pas sur que continuer le support du SHA-1 soit une bonne idée. L'utilisateur a la fausse impression d'être sur une connexion sécurisée (qui ne l'est plus vu que SHA-1 est obsolète), ce qui a mon avis est pire que d'utiliser une connexion non sécurisée.
Le seul avantage est pour les entreprises comme facebook, alibaba... qui vont garder ces 5% d'utilisateur en tant que client, celui-ci étant mis en confiance par le cadenas indiquant un site sécurisé.
Avatar de RyzenOC RyzenOC - Inactif https://www.developpez.com
le 13/12/2015 à 18:57
Le seul avantage est pour les entreprises comme facebook, alibaba... qui vont garder ces 5% d'utilisateur en tant que client, celui-ci étant mis en confiance par le cadenas indiquant un site sécurisé.
Ces 5% sont à mon avis des néophytes de l'info (utiliser Windows xp pour naviguer sur internet avec IE6/7 et en plus sur des sites sensible...), alors cadenas vert ou pas je crois qu'il ne s'en apercevrons pas.

Les autres sont des salariés dans une entreprise qui n'a pas renouvelé leur parc info, mais au boulot ils n'ont rien à faire sur facebook normalement
Avatar de Fagus Fagus - Membre habitué https://www.developpez.com
le 17/12/2015 à 13:29
Ces projections ne sont pas sérieuses.
Si on arrête SHA1, et que les gens reçoivent un gros popup "mettez à jour votre navigateur sinon, plus de facebook", il vont le faire... (enfin, si on leur file au passage en drive-by-download un installer "one clic" )
Avatar de Iradrille Iradrille - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 17/12/2015 à 14:04
Citation Envoyé par Fagus Voir le message
Ces projections ne sont pas sérieuses.
Si on arrête SHA1, et que les gens reçoivent un gros popup "mettez à jour votre navigateur sinon, plus de facebook", il vont le faire... (enfin, si on leur file au passage en drive-by-download un installer "one clic" )
Exactement, comme pour IE6.
Avatar de Logan Mauzaize Logan Mauzaize - Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
le 18/12/2015 à 11:58
Citation Envoyé par TiranusKBX Voir le message
Je ne verrais pas pourquoi il faudrait brader la sécurité pour 3% des utilisateur d'internet(sachant que seulement 1/3 de la population mondiale y a accès).
Seuls ces 3% auront accès moins sécurisé. Le reste de la population profitera du meilleur niveau.

Citation Envoyé par TiranusKBX Voir le message
c'est pour moi un problème de sensibilisation du public et rien d'autre.
C'est également un problème financier, législatif, organisationnel et technique. Sans rien connaître de leurs contraintes, on ne peut pas faire de conclusion.

Citation Envoyé par TiranusKBX Voir le message
Pour la plupart des terminaux problématique il suffit de leur faire installer un navigateur récent non ?
Si ils utilisent encore XP il faut les faire passer à linux si ils ne veulent pas payer.
A condition que ceux-ci soient disponibles sur leurs plateformes. Et qu'ils n'y aient pas de contraintes techniques à supprimer le navigateur en défaut. Sans compter le côté legislatif : qui va forcer la migration ? pour quel logiciel ? obliger à passer à Linux c'est un peu la création d'un "monopole". Quand on voit le bazar causé par l'utilisation par défaut d'Internet Explorer sous Windows (mais Safari sous les OS Apple ...)

Et les autres problèmes : qui va prendre en charge le support (installation, test, formation, etc.) ? qui va prendre en charge les migrations des outils non supportés (ex : ActiveX) ?

Après je pense que des pop-up d'avertissement sur les sites qui indiquent à l'utilisateur qu'il utilise un navigateur obsolète d'un point de vue de sécurité et la redirection vers une page explicative sur les procédures, outils et/ou organisations qui proposent la prise en charge me semble être une idée raisonnable.

L'obsolescence technologique en matière de sécurité est un réel problème et on sait depuis longtemps que la question se pose régulièrement. Il serait peut-être temps que les géants d'Internet, les législateurs et autres acteurs se mettent autour d'une table pour faire des propositions sur le long termes.
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