Un rapport publié le 11 janvier par Dongbi Data révèle que la Chine a désormais dépassé les États-Unis en nombre de scientifiques de haut niveau, marquant ainsi un tournant dans la dynamique mondiale de la recherche scientifique et technologique. Ce changement se produit alors que les États-Unis, autrefois à la pointe de l’innovation, enregistrent un déclin de leur vivier de talents scientifiques, souvent attribué à un manque d'investissement dans l'éducation et à une certaine méfiance envers la science dans certaines couches de la société. À l’inverse, la Chine, en mettant l’accent sur la formation et la recherche, récolte les fruits d’une politique de renforcement de son écosystème scientifique. Ce contraste met en lumière les défis auxquels les États-Unis sont confrontés pour maintenir leur rôle de leader mondial dans les domaines de l'éducation et de l’innovation scientifique.La rivalité entre la Chine et les États-Unis s'est intensifiée ces dernières années, notamment dans le domaine technologique. Alors que les États-Unis ont longtemps dominé ce secteur, il semble que cette tendance ait changé au cours des trois dernières années. Pour la première fois, la Chine aurait surpassé les États-Unis en tant que leader mondial dans la quantité et la qualité des articles scientifiques publiés, ces derniers étant considérés comme plus qualitatifs lorsqu'ils sont largement cités par d'autres chercheurs.
Un rapport publié par l’Institut national japonais de la politique scientifique et technologique (NISTP) révèle que, sur cette période, la Chine a produit 27,2 % des 1 % des articles les plus cités dans le monde, soit 4 744 articles, devançant les États-Unis (24,9 % et 4 330 articles). Le Royaume-Uni suit avec 5,5 % et 963 articles. Ce leadership chinois ne se limite pas uniquement à la quantité de publications.
Le rapport indique que la Chine se positionne désormais comme le premier pays en termes de nombre d’articles scientifiques publiés et d'articles les plus cités, un fait qui devrait renforcer sa compétitivité économique et industrielle. En moyenne, la Chine a publié 407 181 articles scientifiques par an entre 2018 et 2020, contre 293 434 pour les États-Unis, représentant ainsi 23,4 % de la production mondiale de recherche. "La Chine est désormais l'un des leaders mondiaux en quantité et qualité de publications scientifiques. Pour devenir le véritable leader mondial, elle doit continuer à produire des recherches reconnues à l'échelle internationale", a souligné Shinichi Kuroki, directeur général adjoint du Centre de recherche Asie-Pacifique de l'Agence japonaise pour la science et la technologie. L'Allemagne se classe quatrième.
Le rapport note également que la Chine est particulièrement forte dans les domaines de la science des matériaux, de la chimie, de l’ingénierie et des mathématiques, tandis que les chercheurs américains se distinguent davantage dans les domaines de la médecine clinique, des sciences de la vie et de la physique. Le Japon, quant à lui, prend du retard, se classant cinquième pour le nombre total de publications et dixième pour les articles les plus cités, après avoir été surpassé par l'Inde. Dans le classement des 10 % des articles les plus cités, le Japon est désormais en douzième position, derrière l'Espagne et la Corée du Sud.
La situation devient de plus en plus critique pour les États-Unis, alors que la Chine, en investissant de manière significative dans l'éducation et la recherche, commence à en récolter les bénéfices. L'approche pragmatique de la Chine, qui privilégie la formation et le développement d'un écosystème scientifique solide, lui permet de progresser rapidement dans les domaines de la science et de la technologie. En revanche, les États-Unis connaissent un déclin préoccupant de l'investissement dans l'éducation scientifique, ce qui fragilise leur position dominante. Ce renversement met en évidence les difficultés croissantes pour les États-Unis de conserver leur rôle de leader mondial en matière d'innovation scientifique et d'éducation.
La bataille des scientifiques de haut niveau et l'avenir de l'innovation
Dongbi Data, une société de technologie de données basée à Shenzhen, rapporte que les États-Unis comptaient 36 599 scientifiques de renommée mondiale en 2020, un chiffre qui a diminué chaque année pour atteindre 31 781 en 2024. Au cours de cette période, la part des États-Unis dans le réservoir mondial de talents scientifiques est passée de près de 33 % à 27 %. En revanche, la Chine a connu une croissance significative, avec le nombre de ses scientifiques de haut niveau passant de 18 805 en 2020 à 32 511 en 2024, et sa part mondiale augmentant de 17 % à 28 %.
Pour cette étude, les « scientifiques de haut niveau » sont définis comme des chercheurs ayant publié des articles influents dans les revues scientifiques les plus prestigieuses. L'analyse s'est appuyée sur plus de 40 000 articles hautement cités publiés entre 2020 et 2024 dans 129 revues internationales de premier plan, couvrant une large gamme de disciplines.
Wu Dengsheng, fondateur de Dongbi Data et professeur à l’université de Shenzhen, a souligné que l'analyse mettait en évidence des transformations profondes dans le paysage mondial des talents scientifiques et technologiques au cours des cinq dernières années. En termes de répartition...
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