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Proposition d'acquisition d'Arm par Nvidia : la FTC exprime ses inquiétudes de voir le rachat nuire à ses concurrents
à l'instar de ses homologues européens et britanniques

Le , par Stéphane le calme

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Les États-Unis ont soulevé des objections potentielles à l'acquisition controversée par Nvidia de la société britannique de conception de puces Arm de SoftBank. L'entreprise a précisé qu'elle était en pourparlers avec la FTC pour trouver « des façons de répondre à ses préoccupations ». En revanche, elle a refusé de révéler les motifs de cette décision et les concessions qu'elle a proposées en retour. Cet obstacle à l'accord vient s'ajouter aux vives oppositions de l'Autorité britannique CMA (Competition and Markets Authority), qui a estimé que cette fusion pourrait donner à Nvidia la capacité de nuire à ses concurrents. De son côté, l'Union européenne a décidé de lancer une enquête officielle sur le rachat d'Arm par Nvidia.

Nvidia est le plus grand fabricant de processeurs graphiques et étend l'utilisation de la composante de jeu dans de nouveaux domaines tels que le traitement de l'intelligence artificielle dans les centres de données et les voitures autonomes. Le mariage de ses propres capacités avec des unités centrales de traitement conçues par Arm pourrait lui permettre de rattraper voire prendre de l'avance sur Intel et Advanced Micro Devices, selon Hans Mosesmann, analyste chez Rosenblatt Securities.

En avril, le gouvernement britannique a décidé d'intervenir pour des raisons de sécurité nationale. Le secrétaire d'État au Numérique, Oliver Dowden, a « publié un avis d'intervention d'intérêt public (PIIN) concernant le projet de vente d'Arm à NVIDIA ». Il a écrit à l'Autorité de la concurrence et des marchés pour l'informer de sa décision et lui a demandé d'entamer une enquête de phase 1 pour évaluer la transaction.

« La CMA (CMA, pour "Competition and Markets Authority", NDLR) va maintenant préparer un rapport contenant des conseils sur les questions de compétence et de concurrence », a annoncé le gouvernement. « Le rapport comprendra également un résumé de toutes les représentations qu'elle recevra sur les questions potentielles de sécurité nationale découlant d'une consultation qu'elle lancera pour recueillir les opinions de tiers », a déclaré le gouvernement. « Parallèlement au processus de la CMA, le gouvernement examinera les intérêts publics en matière de sécurité nationale ».

Dans son communiqué de presse, le gouvernement britannique note qu'Arm est un acteur clef du marché mondial des semi-conducteurs. Les semi-conducteurs sont essentiels aux technologies actuelles et futures, de l'intelligence artificielle à la 5G en passant par l'informatique quantique. Les semi-conducteurs sont également à la base de l'infrastructure nationale critique du Royaume-Uni et sont présents dans les technologies liées à la défense et à la sécurité nationale.

« Il est approprié que nous considérions correctement les implications en matière de sécurité nationale d'une transaction comme celle-ci », a-t-il déclaré. Le gouvernement britannique a le pouvoir de mettre fin à l'opération, car le ministre du numérique dispose de pouvoirs quasi judiciaires en vertu de la loi sur les entreprises de 2002 pour intervenir dans certaines fusions pour des raisons d'intérêt public.

Dans son rapport remis au secrétaire d'État au numérique, à la culture, aux médias et aux sports, l'autorité de la concurrence et des marchés prévient que cette fusion pourrait donner à l'entreprise la capacité et l'intention de nuire à la compétitivité des concurrents de Nvidia, en restreignant leur accès à la propriété intellectuelle d'Arm.

En outre, selon le rapport, alors que Nvidia proposait un ensemble de recours comportementaux pour répondre aux préoccupations de la CMA, l'autorité de la concurrence a estimé que les suggestions n'entraîneraient que « des risques considérables de spécification, de contournement, de surveillance et d'application », et n'atténueraient aucun des ses préoccupations.

« Nous craignons que Nvidia contrôlant Arm ne crée de réels problèmes pour les concurrents de Nvidia en limitant leur accès aux technologies clefs et, en fin de compte, en étouffant l'innovation sur un certain nombre de marchés importants et en croissance. Cela pourrait finir par priver les consommateurs de nouveaux produits, ou de voir les prix augmenter », a déclaré Andrea Coscelli, patron de la CMA.

« L'industrie de la technologie des puces vaut des milliards et est vitale pour les produits sur lesquels les entreprises et les consommateurs comptent chaque jour. Cela comprend le traitement des données critiques et la technologie des centres de données qui soutiennent les entreprises numériques dans l'ensemble de l'économie, et le développement futur des technologies d'intelligence artificielle qui seront important pour les industries en croissance comme la robotique et les voitures autonomes. »

C'est dans ce contexte que Bruxelles a décidé de lancer une enquête officielle sur l'implication sur la concurrence d'un tel rachat, après des mois de discussions informelles entre les régulateurs et la société américaine de puces.


La FTC entre dans la danse

Malgré les signes croissants que les régulateurs pourraient tenter de bloquer l'accord, Nvidia a déclaré mercredi qu'il croyait toujours « aux mérites et aux avantages de l'acquisition pour Arm, ses titulaires de licence et l'industrie ».

Nvidia a révélé le recul des régulateurs américains alors qu'il annonçait ses derniers résultats trimestriels à Wall Street mercredi. L'entreprise a déclaré que la Federal Trade Commission avait « exprimé des préoccupations » au sujet de la transaction Arm et qu'elle était en pourparlers avec l'agence au sujet de « solutions pour répondre à ces préoccupations ».

Le fabricant de puces américain n'a pas indiqué les points sur lesquels la FTC s'appuyait pour indiquer ses réserves quant au rachat d'Arm. Il s'est également gardé de révéler les concessions qu'il avait proposées. L'accord, qui a été annoncé il y a 14 mois, a suscité l'opposition de certaines grandes entreprises de technologie américaines qui craignent que Nvidia limite leur accès aux conceptions de puces d'Arm, ce qui pourrait lui conférer un avantage injuste sur les grands marchés de puces tels que les centres de données et les voitures.

Interrogés par la FTC, Qualcomm, Microsoft et Google ont exprimé des craintes quant à la répercussion du rachat sur la concurrence. « Nous pensons qu'il y a un grand risque que Nvidia devienne le gardien des technologies Arm et qu'il empêche d'autres fabricants de puces d'utiliser la propriété intellectuelle d'Arm », expliquait Qualcomm à cette occasion. De leurs côtés, Google et Microsoft travailleraient sur leurs propres puces basées sur les designs Arm. Des travaux qui se compliqueraient considérablement si Nvidia obligeait Arm à modifier sa politique d'octroi des licences de propriété intellectuelle.

Nvidia a déjà fait une offre aux régulateurs britanniques et européens pour garantir de ne pas couper les clients d'Arm ou de modifier la liste des produits Arm auxquels ils ont accès, selon une personne familière à l'affaire. Mais l'offre n'était pas suffisante pour empêcher Londres et Bruxelles de lancer des enquêtes approfondies, et l'Autorité britannique de la concurrence et des marchés a déclaré qu'elle ne pensait pas qu'un remède comportemental comme celui-ci puisse être efficace.

Nvidia pourrait faire face à d'autres obstacles en Chine, où certains fabricants de puces locaux ont exprimé leur crainte auprès des régulateurs. La société a déclaré mercredi qu'un processus antitrust formel n'avait pas été enclenché sur le territoire de l'Empire du Milieu, bien qu'elle ait déclaré que l'accord a été « en cours d'examen » par les autorités chinoises.

Les problèmes liés à l'acquisition d'Arm n'ont pas réussi à affaiblir la récente vague d'enthousiasme de Wall Street pour Nvidia. Ses actions ont bondi d'environ 130 % au cours des 14 mois qui ont suivi l'annonce de l'accord proposé, portant sa valeur boursière à plus de 730 milliards de dollars.

La forte reprise a porté la valeur de l'offre en espèces et en actions sur Arm à 76 milliards de dollars, contre 38,5 milliards de dollars lors de l'annonce de l'accord.

Les derniers résultats des bénéfices ont révélé que les activités de puces de jeux et de centres de données de Nvidia continuaient de tourner à plein régime, augmentant ses revenus de 50 % par rapport à la même période l'année dernière.

Le PDG et cofondateur Jensen Huang, qui était également présent à la conférence téléphonique sur les résultats du troisième trimestre, a déclaré que Nvidia avait réussi à s'approvisionner en puces auprès de son fabricant sous contrat au cours du trimestre, mais que la situation de la chaîne d'approvisionnement mondiale avait été un signal d'alarme. « Nous avons un approvisionnement garanti sécurisé, en très grande quantité, assez spectaculaire, de la part de la première fonderie mondiale, et des sociétés de substrat, d'emballage et de test qui font partie intégrante habituelle de notre chaîne d'approvisionnement », a déclaré Huang.

Les revenus du troisième trimestre ont atteint 7,1 milliards de dollars, soit 270 millions de dollars de plus que les attentes de Wall Street. Nvidia a également prévu un chiffre d'affaires de 7,4 milliards de dollars au quatrième trimestre, soit 540 millions de dollars de plus que les attentes, car il a réussi à éliminer les pires pressions de la chaîne d'approvisionnement en puces qui ont frappé d'autres parties du secteur.

Les bénéfices après impôts de Nvidia ont augmenté de 84 % au cours de la dernière période pour atteindre 2,46 milliards de dollars, soit 97 cents par action.

Source : FT

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