IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Proposition d'acquisition d'Arm par Nvidia : l'Autorité de la concurrence britannique demande une enquête approfondie
Car cette fusion pourrait donner à Nvidia la capacité de nuire à ses concurrents

Le , par Stéphane le calme

206PARTAGES

19  0 
NVIDIA Corporation et SoftBank Group ont annoncé un accord en septembre dernier selon lequel NVIDIA va acquérir Arm Holdings auprès de SoftBank dans une transaction évaluée à environ 40 milliards de dollars. Le Royaume-Uni a réagi aux inquiétudes que suscite cette vente du concepteur de puces à la grande enseigne américaine des GPU. En avril, le secrétaire d'État britannique au numérique a publié un « avis d'intervention d'intérêt public » sur la vente d'Arm, en invoquant les implications en matière de sécurité nationale. Vendredi, l'Autorité de la concurrence et des marchés britanniques a estimé qu'une enquête plus approfondie sur la fusion prévue est justifiée.

Nvidia est le plus grand fabricant de processeurs graphiques et étend l'utilisation de la composante de jeu dans de nouveaux domaines tels que le traitement de l'intelligence artificielle dans les centres de données et les voitures autonomes. Le mariage de ses propres capacités avec des unités centrales de traitement conçues par Arm pourrait lui permettre de rattraper voire prendre de l'avance sur Intel et Advanced Micro Devices, selon Hans Mosesmann, analyste chez Rosenblatt Securities.

Toutefois, pour le cofondateur d'ARM, Hermann Hauser, ce serait un désastre si le rival américain NVIDIA parvenait à acheter la société britannique qu'il a aidé à construire.

Le même mois de l'annonce, Hauser a publié une lettre ouverte adressée au Premier ministre britannique Boris Johnson, et a mis une pétition en ligne appelant à l’aide pour « Sauver ARM ». Dans un deuxième point évoqué pour s’opposer au rachat de la société, Hauser a dit que NVIDIA « détruirait » le modèle économique d'ARM, qui implique l'octroi de licences pour la conception de puces à environ 500 autres entreprises, dont plusieurs sont en concurrence directe avec l’acquéreur, a-t-il déclaré, ajoutant que le nouvel accord créera un monopole.

Hermann Hauser a rappelé dans sa pétition des précédents rachats de sociétés britanniques par des entreprises américaines, par exemple, Cadbury acheté par Kraft. Un autre des exemples de rachats les plus remarquables de ces dernières années est le laboratoire d'intelligence artificielle londonien DeepMind, qui a été racheté par Google pour un peu plus de 600 millions de dollars. Aujourd'hui, DeepMind est largement considéré comme l'un des leaders mondiaux de la recherche en IA.

Il a aussi rappelé la domination d’ARM dans le secteur des smartphones. La pétition de M. Hauser met également en garde contre les GAFAM, la bataille USA/Chine, l’usage martial que fait le Président américain de la dominance technologique des USA. « ARM est la seule entreprise technologique britannique restante, avec une position dominante dans le domaine des microprocesseurs pour téléphones portables. Elle détient une part de marché de plus de 95 %. Le Royaume-Uni a souffert de la domination technologique américaine par des sociétés comme Google, Facebook, Amazon, Netflix, Apple et d'autres », a-t-il écrit.

« Comme le président américain a militarisé la domination technologique dans sa guerre commerciale avec la Chine, le Royaume-Uni deviendra un dommage collatéral à moins qu'il ne dispose de ses propres armes commerciales pour négocier. ARM équipe les smartphones d'Apple, Samsung, Sony, Huawei et pratiquement toutes les autres marques du monde et peut donc exercer une influence sur chacun d'entre eux ».

Hauser a touché aussi à la question de la "neutralité" d’ARM. « Pouvoir vendre à tout le monde est l'une des doctrines fondamentales du modèle commercial d'ARM », a-t-il expliqué à la BBC avant d'évoquer le cas de l'actuel propriétaire d'ARM, le japonais Softbank. « L'avantage de Softbank est qu'il ne s'agit pas d'une entreprise de fabrication de puces, et qu'elle reste neutre vis-à-vis d'ARM ».

« Si ARM devient une entreprise américaine, elle tombe sous le coup de la réglementation du CFIUS (Committee on Foreign Investment in the United States) », a-t-il déclaré. « Si des centaines d'entreprises britanniques qui incorporent des puces ARM dans leurs produits veulent les vendre ou les exporter partout dans le monde, y compris en Chine, qui est un marché important, la décision de savoir si elles sont autorisées à les exporter sera prise à la Maison-Blanche et non à Downing Street », a-t-il déclaré à la BBC. « Je pense que c'est terrible ».


Intervention du Royaume-Uni

En avril, le gouvernement britannique a décidé d'intervenir pour des raisons de sécurité nationale. Le secrétaire d'État au numérique, Oliver Dowden, a « publié un avis d'intervention d'intérêt public (PIIN) concernant le projet de vente d'Arm à NVIDIA ». Il a écrit à l'Autorité de la concurrence et des marchés pour l'informer de sa décision et lui a demandé d'entamer une enquête de « phase 1 » pour évaluer la transaction.

« La CMA (CMA, pour « Competition and Markets Authority », NDLR) va maintenant préparer un rapport contenant des conseils sur les questions de compétence et de concurrence », a annoncé le gouvernement. « Le rapport comprendra également un résumé de toutes les représentations qu'elle recevra sur les questions potentielles de sécurité nationale découlant d'une consultation qu'elle lancera pour recueillir les opinions de tiers », a déclaré le gouvernement. « Parallèlement au processus de la CMA, le gouvernement examinera les intérêts publics en matière de sécurité nationale ».

Dans son communiqué de presse, le gouvernement britannique note qu'Arm est un acteur clé du marché mondial des semi-conducteurs. Les semi-conducteurs sont essentiels aux technologies actuelles et futures, de l'intelligence artificielle à la 5G en passant par l'informatique quantique. Les semi-conducteurs sont également à la base de l'infrastructure nationale critique du Royaume-Uni et sont présents dans les technologies liées à la défense et à la sécurité nationale.

« Il est approprié que nous considérions correctement les implications en matière de sécurité nationale d'une transaction comme celle-ci », a-t-il déclaré. Le gouvernement britannique a le pouvoir de mettre fin à l'opération, car le ministre du numérique dispose de pouvoirs « quasi judiciaires » en vertu de la loi sur les entreprises de 2002 pour intervenir dans certaines fusions pour des raisons d'intérêt public.

L'Autorité de la concurrence et des marchés estime qu'une enquête plus approfondie est justifiée

Dans son rapport remis au secrétaire d'Etat au numérique, à la culture, aux médias et aux sports, l'autorité de la concurrence et des marchés prévient que cette fusion pourrait donner à l'entreprise la capacité et l'intention de nuire à la compétitivité des concurrents de Nvidia, en restreignant leur accès à la propriété intellectuelle d'Arm.

Pour le moment, la propriété intellectuelle d'Arm est utilisée par des entreprises pour produire des puces à semi-conducteurs et des produits connexes qui rivalisent avec les produits fabriqués par Nvidia. Parmi ces entreprises figurent entre autres Intel, Qualcomm, AMD et Xilinx, qui a récemment exprimé son indignation à propos de l'accord.

La CMA note que si la fusion proposée devait se réaliser, elle entraînerait « un verrouillage de l'approvisionnement en CPU, produits d'interconnexion, GPU et SoC sur plusieurs marchés mondiaux, notamment les applications des centres de données, de l'internet des objets, de l'automobile et des consoles de jeux ».

En outre, selon le rapport, alors que Nvidia proposait un ensemble de « recours comportementaux » pour répondre aux préoccupations de la CMA, l'autorité de la concurrence a estimé que les suggestions n'entraîneraient que « des risques considérables de spécification, de contournement, de surveillance et d'application », et n'atténueraient aucun des ses préoccupations.

« Nous craignons que Nvidia contrôlant Arm ne crée de réels problèmes pour les concurrents de Nvidia en limitant leur accès aux technologies clés et, en fin de compte, en étouffant l'innovation sur un certain nombre de marchés importants et en croissance. Cela pourrait finir par priver les consommateurs de nouveaux produits, ou de voir les prix augmenter », a déclaré Andrea Coscelli, patron de la CMA.

« L'industrie de la technologie des puces vaut des milliards et est vitale pour les produits sur lesquels les entreprises et les consommateurs comptent chaque jour. Cela comprend le traitement des données critiques et la technologie des centres de données qui soutiennent les entreprises numériques dans l'ensemble de l'économie, et le développement futur des technologies d'intelligence artificielle qui seront important pour les industries en croissance comme la robotique et les voitures autonomes. »

Désormais, Dowden a la possibilité d'autoriser l'opération, d'imposer des conditions pour régler les problèmes constatés ou d'ordonner une enquête de « phase 2 », qui permettrait d'examiner l'opération de manière plus approfondie. Le secrétaire d'État au numérique a le pouvoir d'ordonner une enquête de ce type pour toute opération impliquant le rachat d'une entreprise dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à 1 million de livres sterling, lorsque l'intérêt public est en jeu.

Outre les questions de sécurité nationale et d'antitrust, des inquiétudes auraient été exprimées quant à la possibilité que le siège d'Arm soit déplacé de Cambridge par la société américaine. Toutefois, le PDG de NVIDIA, Jensen Huang, a déclaré que son intention était d'étendre cette base, de conserver la propriété intellectuelle d'Arm enregistrée dans le pays et de conserver son nom actuel.

La pénurie mondiale actuelle de puces a également mis en évidence l'importance des semi-conducteurs dans le monde d'aujourd'hui. Ils sont utilisés dans tout, des smartphones aux voitures en passant par les avions de chasse et autres systèmes d'armes. Par conséquent, les nations souhaitent devenir plus autonomes en matière de production de puces.

Source : Rapport du CMA

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de TJ1985
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 05/09/2021 à 10:24
En somme, les gratte-papiers craignent qu'un concurrent fasse concurrence à un concurrent ? Bien bien bien...
Sur le fond, c'est à la base qu'il ne fallait pas laisser ARM quitter l'Europe. Dès lors qu'on a démontré que l'Europe s'intéresse aux "valeurs" et méprise la valeur de ses entreprises, surtout lorsqu'elles sont pionnières sur un domaine, il devient difficile de reprocher à ladite entreprise de se chercher un support stable lui permettant de croître et de prospérer, comme toute entreprise.
Je me souviens des ricanements lorsque les premières architectures RISC ont été présentées en concurrence à Intel, vers 1987... Déjà là les tests effectués par un ingénieur de l'EPFL dans le cadre d'un cours de troisième cycle démontraient la supériorité de ces bécanes en terme de performance et d'efficacité...
1  0 
Avatar de guidefgui
Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 28/08/2021 à 14:16
Ça sent l’arrivée du RISC-V…
0  0 
Avatar de darklinux
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 06/09/2021 à 1:07
Citation Envoyé par TJ1985 Voir le message
En somme, les gratte-papiers craignent qu'un concurrent fasse concurrence à un concurrent ? Bien bien bien...
Sur le fond, c'est à la base qu'il ne fallait pas laisser ARM quitter l'Europe. Dès lors qu'on a démontré que l'Europe s'intéresse aux "valeurs" et méprise la valeur de ses entreprises, surtout lorsqu'elles sont pionnières sur un domaine, il devient difficile de reprocher à ladite entreprise de se chercher un support stable lui permettant de croître et de prospérer, comme toute entreprise.
Je me souviens des ricanements lorsque les premières architectures RISC ont été présentées en concurrence à Intel, vers 1987... Déjà là les tests effectués par un ingénieur de l'EPFL dans le cadre d'un cours de troisième cycle démontraient la supériorité de ces bécanes en terme de performance et d'efficacité...
EPFL , client régulier de Cray . Oui l ' UE fait n ' importe Quoi , Nvidia fait preuve d ' aussi bonne volonté Qu ' il est possible , comment prendre au sérieux l ' Europe ?
0  0