IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Le battage médiatique autour de l'informatique quantique, un schéma de Ponzi intellectuel ?
Un professeur de physique quantique craint que cela ternisse l'image de la science

Le , par Michael Guilloux

340PARTAGES

14  0 
« L'informatique quantique changera la vie telle que nous la connaissons », « L'informatique quantique résoudra le réchauffement climatique », « L'informatique quantique révolutionnera la science et l'industrie », etc. Au milieu de tout ce battage médiatique, Victor Galitski craint que les investisseurs soient victimes d'un système de Ponzi intellectuel, que l'informatique quantique soit une bulle, qui peut tôt ou tard s'effondrer et ruiner les efforts légitimes de recherche et d'innovation. Une situation qui pourra en plus endommager irrémédiablement la réputation de la science et des scientifiques à tous les niveaux. « Le battage médiatique autour de l'informatique quantique est mauvais pour la science », met-il en garde.

Victor Galitski est un physicien russo-américain, un théoricien dans les domaines de la physique de la matière condensée et de la physique quantique. Professeur à l'Université du Maryland, il est chercheur au Joint Quantum Institute (JQI), un organisme de recherche à financement public dédié à la recherche fondamentale et appliquée en physique quantique, avec un accent particulier sur la science de l'information quantique. Pour Victor Galitski, les promesses de l'informatique quantique telles qu'annoncées par les médias et l'industrie sont hyperexagérées. Il estime aussi que les entreprises naissantes dans le domaine, loin d'être expérimentées, essaieraient juste de profiter de la manne quantique pendant qu'elle dure.

« À moins que vous n'ayez vécu sous un rocher, vous avez probablement remarqué la prolifération récente de gros titres sur les développements révolutionnaires de la science et de la technologie quantiques, les incroyables succès récents de startups quantiques qui changent le monde et les énormes investissements gouvernementaux et privés dans l'informatique quantique pour capitaliser sur la deuxième révolution quantique imminente. Étant un peu familier avec la physique quantique et ayant récemment passé du temps à essayer de comprendre comment fonctionne la nouvelle industrie quantique, je suis de plus en plus préoccupé par le fait que cette récente agitation autour de l'informatique quantique soit un système de Ponzi intellectuel autoentretenu, une bulle, qui peut tôt ou tard s'effondrer et emporter avec elle les efforts légitimes de recherche et d'innovation. Certes, il y a des joyaux dans cet "espace technologique quantique", mais ils sont très rares. La plupart des entreprises de l'informatique quantique sont au mieux douteuses et sont entretenues par un afflux énorme et croissant de financement, qui n'est basé sur aucune pensée rationnelle ou attente raisonnable. »


Les raisons vraisemblables de la course aux technologies quantiques

La course pour construire le premier ordinateur quantique semble avant tout être une question d'affirmation de sa suprématie technologique, que ce soit au niveau des pays ou des entreprises technologiques. Pour Victor Galitski, il semble que le gouvernement américain injecte de l'argent dans le « quantique » juste parce que la Chine semble faire de même. Et la Chine aussi le ferait pour concurrencer les États-Unis et l'UE, tous en course pour construire un ordinateur quantique. Cette même logique s'appliquerait également aux grandes entreprises de la Tech. Pour les startups, l'objectif serait d'avoir une technologie avec le label "quantique" dans leur portefeuille, ce qui pourrait attirer des investisseurs sans méfiance, qui n'ont aucune idée de ce qui se passe, mais ne veulent pas manquer les efforts de transformation du monde par le quantique.

Mais le quantique a encore beaucoup de défis à relever

En tant que chercheur en informatique quantique, Victor Galitski pense qu'il y a encore du chemin à parcourir. Selon lui, les gros titres et les fortes déclarations sur le quantique ne sont basés sur aucune recherche du tout. Il explique par exemple qu'il y a seulement quelques algorithmes quantiques connus, qui promettent un avantage par rapport au calcul classique, et aucun d'entre eux ne « résoudra le réchauffement climatique » à coup sûr, précise-t-il. « Plus important encore, aucun de ces algorithmes n'a été démontré dans la pratique jusqu'à présent et l'écart entre ce qui est nécessaire pour les réaliser et le matériel actuellement disponible est énorme. Il y a des défis qualitatifs avec la mise à l'échelle, qu'il faudra probablement des décennies pour résoudre (voire jamais) », dit-il.

Il ne faut donc pas faire de promesses au-delà du possible

Si l'informatique quantique ne tient pas ses promesses textuellement dans le futur visible ou ne se matérialise jamais, quelque chose de bon sortira toujours de cette activité, mais il faut éviter de trop promettre. Le professeur craint toutefois que le buzz autour du quantique ne s'arrête pas avant que le pire arrive. « Le problème est que l'afflux irrationnel d'argent crée des incitations pour les personnes sans expérience ni capacités pertinentes à se lancer dans le domaine quantique et à en profiter pendant que la manne quantique dure. Il existe de nombreuses startups et initiatives quantiques, qui sont promues et souvent dirigées par des personnes sans expertise ni formation pertinentes. Il est pratiquement impossible d'avoir un impact significatif dans cette recherche scientifique haut de gamme sans une éducation et une expérience appropriées », dit-il. Ces startups recrutent une armée d'évangélistes quantiques qui ne connaissent rien des bases du quantique, mais qui vendent le rêve de la révolution de l'informatique quantique.

Conséquences du buzz autour de l'informatique quantique

Parmi les conséquences de tout le battage médiatique autour de l'informatique quantique, Victor Galitski évoque une possible fuite des cerveaux, des vrais talents : « Il est compréhensible que de nombreux étudiants, post-doctorants et universitaires réellement intelligents et doués souhaitent également participer à la manne quantique, tant qu'elle dure. Il semble que dans de nombreux cas, cela conduit à une situation où les chercheurs sont obligés d'arrêter des activités [pour devenir des évangélistes quantiques]. »

Un autre danger est l'apparition de schémas de Ponzi pour soutenir les startups quantiques aussi longtemps que possible. La technologie étant compliquée, il peut être difficile de détecter la fraude. Victor Galitski explique par exemple que l'un des services des entreprises quantiques est de donner accès à du matériel quantique hébergé dans le cloud. Les développeurs peuvent ainsi écrire des codes quantiques et expérimenter l'informatique quantique. Mais « la vérité est qu'à la fois maintenant et dans un avenir prévisible, il n'y a rien qu'un ordinateur quantique de quelques qubits puisse faire que votre ancien ordinateur portable ne puisse pas faire. On ne sait pas exactement comment on peut vérifier qu'un "code quantique" s'exécute réellement sur un ordinateur quantique (et non sur "nœud classique" inséré entre le cloud et le fournisseur de service quantique) », dit-il. Il y a donc là une énorme possibilité de fraude.

Mais ce qui inquiète le plus Victor Galitski, c'est que le battage médiatique autour de l'informatique quantique pourrait nuire à la réputation de la science dans son ensemble. « Il est déjà assez grave que certains domaines scientifiques (épidémiologie, climatologie, etc.) aient été inutilement politisés et que certains résultats et conclusions de recherche ne puissent pas être simplement publiés et discutés de manière ouverte et impartiale. Heureusement, pour les sciences exactes, comme les mathématiques et la physique, cela n'a pas encore été vraiment un problème. Cependant, certains domaines des STEM sont maintenant confrontés à un danger différent. Les promesses manifestement fausses de l'informatique quantique, régulièrement faites par des personnes non qualifiées, et le potentiel élevé de fraude dans les schémas commerciaux peu transparents des sociétés quantiques garantissent un éventuel effondrement », dit-il. Si au bout d'un certain moment, les entreprises n'arrivent pas à tenir les promesses, les investisseurs et les contribuables finiront par poser des questions, mais il n'y aura pas de bonnes réponses. Cela entrainera leur chute, et cet échec pourrait endommager irrémédiablement la réputation de la science et des scientifiques à tous les niveaux, avertit Victor Galitski.

Source : Victor Galitski

Et vous ?

Que pensez-vous des craintes exprimées par Victor Galitski ?
Selon vous, y a-t-il trop d'emballement autour de l'informatique quantique ? Ce buzz pourrait-il nourrir un schéma de Ponzi intellectuel comme l’explique le professeur ?
Croyez-vous aux promesses de l'informatique quantique ? Pourquoi ?

Voir aussi :

La startup néerlandaise QuantWare lance un processeur quantique supraconducteur commercial, le premier du genre selon l'entreprise, accélérant ainsi l'avènement de l'ordinateur quantique
Percée de l'informatique quantique de Harvard-MIT : « Nous entrons dans une toute nouvelle partie du monde quantique »
IBM livre à l'Allemagne le premier ordinateur quantique d'Europe et se dit prêt à accompagner la France, la machine recevra une mise à jour régulière de la puissance
L'informatique quantique gagne en popularité avec des investissements et des expériences en hausse malgré la complexité de la technologie et les limites des compétences, selon IDC
IBM est en passe de lancer un ordinateur quantique de 1 121 qubits d'ici 2023, l'entreprise veut se positionner comme un leader incontesté du domaine

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Itachiaurion
Membre averti https://www.developpez.com
Le 24/07/2021 à 15:34
Citation Envoyé par jefresi Voir le message
L'auteur voit clair et il n'y pas que "l'ordi quantique" qui est concerné surtout quand il s’agit d'ouvrir les poches dépouiller l'Etat de l'argent public.
La réputation de la science ? Elle est déjà bien entammée depuis quelques lustres.
La science est faite de croyances ephémères successives soumises à la critique sauf si le pouvoir interdit la critique des croyances, à ce moment c'est la religion qui est instaurée. Et le Covid aussi en est une illustartion.
La science c'est un peu plus que des croyance, il faut arrêter de vouloir comparer ce qui n'est pas comparable. La physique quantique justement n'aurais jamais été découverte naturellement en observant la nature ou en lisant un livre religieux car elle est absolument contre intuitive et ce n'est pas les religions qui aurait permis cela. Concernant le covid il ne faut pas confondre, science et recherche, qui sont encore deux domaine différents, là encore les gens ne savent pas faire la différence et pourtant il ne s'agit pas de la même chose. La science est le corpus de connaissance le plus solide que l'humanité est crée, la recherche porte assez bien son nom mais demande du temps, de l'argent et de pouvoir comprendre les résultat qui en ressorte ensuite. La réputation de la science n'est entamé qu'après des personnes qui n'y croyait pas vraiment en premier lieu, même si ça ne les dérange pas de prendre leur voiture tout les matins, chose qu'il devrait faire avec plus de circonspection s'il étais vraiment en accord avec leur doutes sur la science.
3  0 
Avatar de jefresi
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 23/07/2021 à 10:52
L'auteur voit clair et il n'y pas que "l'ordi quantique" qui est concerné surtout quand il s’agit d'ouvrir les poches dépouiller l'Etat de l'argent public.
La réputation de la science ? Elle est déjà bien entammée depuis quelques lustres.
La science est faite de croyances ephémères successives soumises à la critique sauf si le pouvoir interdit la critique des croyances, à ce moment c'est la religion qui est instaurée. Et le Covid aussi en est une illustartion.
3  2 
Avatar de totozor
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 27/07/2021 à 12:55
Citation Envoyé par Itachiaurion Voir le message
Concernant le covid il ne faut pas confondre, science et recherche, qui sont encore deux domaine différents, là encore les gens ne savent pas faire la différence et pourtant il ne s'agit pas de la même chose.
L'amalgame est malheureusement très facilement fait, même chez des personnes proches de ces domaines.
Renforcé par des média qui mélangent facilement l'un et l'autre.
Citation Envoyé par Itachiaurion Voir le message
La réputation de la science n'est entamé qu'après des personnes qui n'y croyait pas vraiment en premier lieu
Je pense que l'amalgame qui est fait entre science et recherche rend cette affirmation de moins en moins vraie.
Il y a un terreau assez solide de gens qui croient en la science, il y a un terreau tout aussi solide de gens qui n'y croient pas du tout.
Il y a toute une population qui ne s'est jamais vraiment posé la question, qui s'en moquent un peu ou qui pensent que c'est trop compliqué qui gravitent dans cette zone grise qui vont pencher d'un coté ou d'un autre en fonction de la situation. je vois dans mon entourage des gens qui en ce moment ne penchent pas vraiment du coté que je trouve le plus rassurant. Pourtant je comprend leur position, en ce moment un coté est plus convainquant que l'autre et rétablir l'équilibre prend du temps, de l'écoute et pas mal de pédagogie.
1  0 
Avatar de mach1974
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 23/07/2021 à 12:25
Il faut voir les expériences d'Alain Aspect en 1983 qui ont donné lieu à des échanges à des échanges de clefs quantiques en 1990 à Genève sur 30 km et avec 8 qbits en Bretagne e 1998
0  0