Le tribunal correctionnel de Valence a condamné, le vendredi 19 mars, un résident de Pierrelatte, dans la Drôme, à trois ans de prison, dont un an ferme pour avoir incendié deux installations téléphoniques d'Orange en janvier et février dernier. Le père de famille qui habite avec son fils de 6 ans a été reconnu coupable de l'incendie, à Pierrelatte, d'une antenne-relais le 28 janvier et d'une chambre de télécommunications, le 28 février. Le montant des dégâts est pour le moment estimé à 442 000 euros et Orange attend du coupable une indemnité.Avec l’arrivée de la 5G, des actes de dégradation fleurissent un peu partout sur le territoire, portés par des craintes au sujet de la santé ou des théories conspirationnistes. Le réseau mobile 5G a été mis en service dans certains pays du monde et suscite des interrogations quant aux risques que cette nouvelle technologie présente pour la santé. L'homme en question résiderait dans un hangar aménagé situé à moins d'un kilomètre de ces deux installations téléphoniques. Il aurait été dénoncé à la gendarmerie par une connaissance, le jour même du second incendie, le 28 février dernier.
À l'audience, l’homme aura plaidé non coupable lors du procès. Cependant, son ADN a été retrouvé sur un morceau de bois qui a servi à mettre le feu à l'antenne relais. Et chez lui, des indices supplémentaires ont été retrouvés : pneus découpés, des bidons d'accélérant, une pioche et une cagoule avec des traces de carburant. Deux jours avant le second incendie, il a consulté un site internet qui localise toutes les installations téléphoniques de France.
« Je suis anti-5G mais pas contre la fibre optique au contraire, a maintenu le Pierrelattin pour sa défense. Je ne suis pas extrême. »
Pour la procureure, « il a tenté d'embrigader la mauvaise personne, elle a été dépassée par les événements ». « Cette mouvance anti-5G, complotiste monte en puissance avec les réseaux sociaux, indique-t-elle. Cette délinquance est dangereuse et se croit à l'abri des forces de l'ordre. » Elle rappelle que plusieurs milliers de Drômois se sont retrouvés isolés après ces incendies, sans pouvoir appeler les secours si besoin.
En la matière, il s’avère que la justice a son mot à dire. Rappelons que les tribunaux ont à disposition plusieurs articles de loi pour déterminer les peines. Au plan pénal, il existe déjà une sanction générale en cas d’atteinte aux biens, à travers l’article 322-1 du Code pénal, qui stipule que « la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, sauf s'il n'en est résulté qu'un dommage léger. Le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3 750 euros d'amende et d'une peine de travail d'intérêt général lorsqu'il n'en est résulté qu'un dommage léger ». Des sanctions sont également prévues par le Code des postes et des communications électroniques :
- article 65 : le fait de déplacer, détériorer, dégrader de quelque manière que ce soit, une installation d’un réseau ouvert au public ou de compromettre le fonctionnement d’un tel réseau est puni d’une amende de 1 500 euros ;
- article 66 : toute personne qui, par la rupture des fils, par la dégradation des appareils ou par tout autre moyen, cause volontairement l’interruption des communications électroniques, est punie d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 3 750 euros.
Le militant anti-5G aurait il des raisons de craindre pour sa santé ?
Notons que, comme pour les technologies cellulaires précédentes, les réseaux 5G reposent sur des signaux transportés par des ondes radio qui font partie du spectre électromagnétique transmis entre une antenne et le téléphone des utilisateurs. La population est entourée de rayonnements électromagnétiques en permanence provenant des signaux de diverses sources. La 5G utilise des ondes de plus haute fréquence que les réseaux mobiles antérieurs, ce qui permet à davantage d'appareils d'avoir accès à l'internet en même temps et à des vitesses plus rapides.
Ces ondes parcourent des distances plus courtes dans les espaces urbains, de sorte que les réseaux 5G nécessitent davantage de mâts émetteurs que les...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

