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Une ONG parle de l'accélération des dépenses en lobbying des GAFAM en Europe
Qui sont deux fois plus élevées que celles des sept plus grands constructeurs automobiles européens selon Corporate Europe

Le , par Stéphane le calme

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Le lobbying est une stratégie menée par un groupe d'intérêt, groupe de pression et groupe d'influence, appartenant à un même secteur d'activité professionnelle et cherchant à défendre ses propres intérêts auprès des décideurs politiques. Son action est souvent discrète et indirecte contrairement à une manifestation initiée par une organisation syndicale. Elle s'appuie sur une bonne connaissance des circuits décisionnels et sur la constitution de vastes réseaux. En exerçant une pression et en jouant de leur influence sur les décideurs, les lobbyistes visent ainsi à influencer la mise en place de législations, réglementations et normes économiques, à leur avantage.

Le but d'un lobby est donc de convertir entre autres des responsables politiques à la cause de leur client. Pour cela, la méthode principale est théoriquement l'argumentation persuasive : prouver au politicien qu'il est important pour le bien commun d'infléchir sa politique dans le sens voulu par le groupe de pression.

Les grandes entreprises technologiques font de plus en plus de lobbying en Europe, un signe clair de la puissance croissante du secteur. L'augmentation des dépenses de lobbying reflète également l'importance des principales batailles politiques à venir. Pourtant, le manque de transparence reste un problème.

Selon l'ONG Corporate Europe, Google, Amazon, Microsoft, Facebook et Apple sont parmi les plus gros dépensiers en lobby des entreprises à Bruxelles. Ces entreprises auraient dépensé récemment plus de 21 millions d'euros pour faire pression sur l'UE. Cette frénésie de dépenses de lobbying est un signe avant-coureur de batailles de lobbying à venir liées à la technologie dans l'UE qui pourraient façonner l'avenir de l'industrie.

Les entreprises technologiques ont des liens étroits avec divers groupes de réflexion (des organisations qui peuvent influencer les nouvelles réglementations en publiant des études et des exposés de position et en organisant des forums de discussion) mais ces liens ne sont souvent pas du tout clairs. C'est un problème car cela permet aux entreprises de donner l'impression que leurs intérêts sont soutenus par des défenseurs apparemment indépendants, ce qui leur permet d'influencer plus facilement la conversation politique dans leur propre intérêt. D'un autre côté, cette situation rend plus difficile l'examen de la manière dont ces grandes entreprises exercent leur influence.

Les recherches de l'ONG montrent que ces deux entités (les entreprises technologiques et les groupes de réflexion) préfèrent garder leurs liens secrets.


Le graphique ci-dessus montre que Facebook en particulier a travaillé avec plusieurs groupes de réflexion sans le divulguer. Apple et Google n'ont pas non plus révélé pleinement leurs affiliations, et Amazon n'a déclaré ses liens avec CERRE qu'après la plainte de Lobbycontrol au Secrétariat du registre de transparence. Ces groupes de réflexion omettent également souvent de divulguer leurs liens avec les entreprises. Ces informations sont souvent absentes de leurs sites Web et des informations qu'ils soumettent au registre de transparence de l'UE.

Centre européen d'économie politique internationale

Un examen plus approfondi des informations soumises par l'ECIPE (le Centre européen d'économie politique internationale, un groupe de réflexion indépendant et à but non lucratif sur la recherche politique, qui se consacre à la politique commerciale et à d'autres questions de politique économique internationale importantes pour l'Europe) au registre de transparence de l'UE et de la manière dont elles se présentent au public soulève des questions. Selon l'entrée du registre, par exemple, l'ECIPE n'a aucun membre. En revanche, Microsoft indique de son côté être membre de l’ECIPE.

Centre for European Reform (CER)

De même, les données publiées par le CER dans le registre de transparence de l’UE ne montre aucun membre, tandis que Microsoft inclut ce groupe de réflexion dans sa liste d’adhésions dans le même registre. Comment est-ce possible ? Cela pourrait signifier que Microsoft utilise à juste titre le registre pour divulguer son soutien financier au CER. Selon les règles du registre de transparence, Apple devrait faire de même, car il figure sur la liste des entreprises donateurs que CER publie sur son site Web. Mais Apple ne mentionne pas son adhésion dans son inscription au registre de transparence. Le Centre for European Reform est un groupe de réflexion basé à Londres, dont l'objectif est d'améliorer la qualité du débat sur l'Union européenne. C'est un forum au sein duquel les gens qui ont des idées, de Grande-Bretagne comme du reste du continent, peuvent discuter des nombreux défis politiques, économiques et sociaux auxquels fait face l'Europe. Il cherche à travailler avec des organisations similaires ailleurs en Europe, en Amérique du nord et partout dans le monde.

Center for Data Innovation (CDI)

Le Center for Data Innovation est un groupe de réflexion à but non lucratif et non partisan travaillant à l'intersection des données et des politiques publiques. Il mène des recherches indépendantes et des activités éducatives sur l'impact de l'utilisation accrue de l'information sur l'économie et la société.

Comme indiqué précédemment par LobbyControl, le CDI ne divulgue aucun de ses membres. Il ne fournit pas non plus d'informations sur qui les finance. Alors que les données de Google dans le registre de transparence de l'UE mentionne son adhésion au CDI, les données du groupe de réflexion ne font aucune mention de Google. D'autres publications du CDI, comme son document de position sur la loi sur les services numériques, ne mentionnent pas non plus d'association avec des entreprises technologiques. L'ONG Corporate Europe pense qu’il s’agit d’une violation flagrante du code de conduite du registre de transparence de l’UE. Le code oblige les lobbyistes à déclarer les intérêts, les objectifs ou les buts qu'ils promeuvent et (le cas échéant) à préciser les clients ou les membres qu'ils représentent.

Les dépenses des GAFAM

Les cinq grandes entreprises de la Silicon Valley (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, souvent appelées «GAFAM») sont toutes parmi les plus dépensières en lobbying à Bruxelles. Google a les dépenses de lobby les plus élevées avec un budget de lobby d'au moins 8 millions d'euros, suivi de Microsoft avec 5 millions d'euros. En fait, les seules entreprises non technologiques actuellement dans le top 5 des dépenses individuelles du lobby des entreprises sont le géant pétrolier Shell et le poids lourd pharmaceutique Bayer, qui ont tous deux dépensé plus de 4,29 millions d'euros et sont arrivés en troisième et quatrième place, juste devant Facebook à la cinquième place avec 4,25 millions d'euros. Apple et Amazon sont dans le top 30, respectivement à la 16ème (avec plus de 2 millions d'euros) et 23ème place (avec plus de 1,75 million d'euros).


Les cinq entreprises technologiques font également partie des 15 premières entreprises qui ont pris part à des réunions avec des représentants de haut niveau de la Commission européenne depuis que les journaux sont devenus disponibles en novembre 2014. Une fois de plus, Google arrive en tête de liste avec 254 réunions. Facebook et Microsoft suivent en troisième et quatrième places avec respectivement 155 et 141 rencontres. Lorsque l'ONG parcourt la liste de toutes les entités enregistrées, un seul acteur a plus de réunions que Google : l'association des employeurs, BusinessEurope, dont Google est membre.

Au total, Google, Microsoft, Facebook, Apple et Amazon ont dépensé 21 millions d'euros pour faire du lobbying. L'ONG a mis ces données en relief avec l'industrie automobile : les sept plus grands constructeurs automobiles européens - Volkswagen, Daimler, BMW, Renault, Ford, Fiat Chrysler et Peugeot - ont déboursé un total de 7,9 millions d'euros en lobbying en 2019, soit moins de la moitié de ce que les grandes entreprises technologiques ont dépensé.

Source : Corporate Europe

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