Les conséquences de l’ajout du géant chinois Huawei Technologies Co Ltd, l'un des principaux fournisseurs de technologie 5G, sur la liste noire commerciale par le Bureau de l'industrie et de la sécurité des Etats-Unis continuent de s’étendre aux entreprises de technologie. Des représentants du gouvernement chinois auraient convoqué une série de réunions la semaine dernière au cours desquelles ils auraient mis en garde de nombreuses entreprises de technologie contre des « conséquences désastreuses » que pourrait avoir leur coopération avec l'interdiction américaine de continuer de faire des affaires avec Huawei. Des sources qui connaissent bien la situation ont déclaré ceci à Reuters en fin de la semaine dernière. Le président Donald Trump a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications originaires des pays adversaires des Etats-Unis de vendre du matériel aux États-Unis, en mai dernier. Des mesures connexes du ministère du Commerce ont suivies cette décision empêchant Huawei et ses entreprises alliées de faire affaire avec les entreprises américaines. L’interdiction américaine vise principalement l’entreprise chinoise Huawei que l’administration Trump présente comme une menace pour la sécurité des États-Unis. Les Etats-Unis ont même fait pression sur leurs alliés pour qu’ils bannissent l’équipementier chinois. Toutefois, Huawei continue de soutenir que son équipement ne représente aucun risque pour la sécurité.
Il faut noter qu’une guerre commerciale fait rage entre la Chine et les Etats-Unis depuis plusieurs mois. Les deux pays ont même revu récemment à la hausse, de part et d’autre, le nombre de produits touchés par la hausse des tarifs douaniers. Après que Huawei ait été privé de nombreux biens et services qui lui sont nécessaires, Pékin a annoncé qu'elle publierait sa propre liste d'entreprises étrangères « peu fiables ». Il a également laissé entendre qu'il limiterait son approvisionnement en terres rares aux États-Unis, selon Reuters. Mais avant de passer à l’acte, la Chine a bien voulu convoquer des entreprises technologiques mondiales pour des pourparlers.
Selon le New York Times, le fabricant d'ordinateurs américain Dell Technologies Inc, Samsung Electronics Co Ltd et SK Hynix Inc de la Corée du Sud, ainsi que le concepteur britannique de puces ARM ont été convoquées à des réunions mardi et mercredi derniers. Pour rappel, ARM et bien d’autres sociétés américaines ont interrompu leur collaboration avec Huawei après la prise des mesures par l’administration Trump afin d’éviter les conséquences du non-respect de l’interdiction.
Le New York Times a rapporté que lors de ces réunions dirigées par la National Development and Reform Commission (NDRC) de la Chine, les grandes entreprises de technologie étrangères ont été mises en garde contre le respect de l’interdiction américaine de vendre des technologies américaines à des entreprises chinoises, sous peine de subir des conséquences terribles.
Selon Reuters, une personne de chez Microsoft Corp a déclaré que l’entrevue de l'entreprise avec les responsables chinois n'était pas un avertissement direct, mais ils ont clairement indiqué à l'entreprise que le respect des interdictions américaines entraînerait probablement d'autres complications pour toutes les entreprises du secteur. Selon la personne qui a informé Reuters, l’entreprise a été exhortée à ne pas prendre des mesures hâtives ou irréfléchies avant que la situation ne soit bien comprise. Microsoft n’a pas répondu à la demande de commentaire de Reuters.
Selon une autre personne d'une autre société de technologie américaine en Chine qui a été informée par ses collègues de la rencontre avec les dirigeants chinois, le ton, lors de la réunion, était « beaucoup plus doux » que prévu. « Sans parler de Huawei. Pas d'ultimatums. Il suffit de demander à rester dans le pays, de contribuer à la négociation gagnant-gagnant », a déclaré la personne qui a voulu garder l’anonymat à Reuters.
Par ailleurs, les responsables chinois seraient en train de mettre « en place un mécanisme de gestion pour protéger les technologies clés de la Chine », a déclaré samedi dans un tweet Hu Xijin, le rédacteur en chef du tabloïd Global Times. « Il s'agit d'une étape importante dans l'amélioration...
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