Des entreprises de technologie suppriment les preuves de crimes de guerre mises en ligne
Et les gouvernements veulent qu'elles en fassent davantage

Le , par Jonathan

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Les crimes de guerre comptent parmi les crimes les plus macabres et les plus difficiles à résoudre. Mais ce qui est ironique dans cela est que les criminels ont pourtant facilité la tâche aux procureurs en mettant en ligne sur des plate-formes comme Facebook et YouTube, des vidéos de leurs atrocités. Quand on sait que ces vidéos peuvent servir de preuves pour faire condamner ces criminels, on est parfois surpris de constater que certaines entreprises de technologie les suppriment de leurs plate-formes.

Cela a été le cas en juillet 2017, lorsqu'une vidéo montrant l'exécution de 18 personnes avait été publiée sur Facebook. Peu de temps après, Facebook a supprimé cette vidéo, mais celle-ci était déjà restée assez longtemps en ligne pour que des internautes en fassent des copies qu'ils ont partagé dans d'autres sites de réseaux sociaux. En analysant la vidéo, des défenseurs des droits de l’homme, des procureurs et d’autres utilisateurs d’internet dans de nombreux pays ont rapidement établi que les meurtres avaient eu lieu dans la banlieue de Benghazi en Lybie.

Les enquêteurs ont conclu que le chef de file était Mahmoud Mustafa Busayf al-Werfalli, un commandant d'Al-Saiqa et la Cour pénale internationale, grâce aux preuves numériques qui accablaient Werfalli, l'avait tenu pour responsable des meurtres de 33 personnes dans sept incidents différents, de juin 2016 à juillet 2017, dont les vidéos avaient atterri sur Facebook. Mais peu de temps après la délivrance du mandat d’arrêt contre Werfalli, Hadi Al Khatib, un enquêteur syrien basé à Berlin, a remarqué que des vidéos mises en ligne et relatant des récits de la guerre en Syrie disparaissaient d’internet par milliers.


Il est important de préciser que Khatib est le fondateur de Syrian Archive, un groupe de militants qui, depuis 2014, recherchent des documents numériques postés par des personnes laissées pour compte dans la zone de guerre en Syrie. Khatib et ses collègues préparaient un dossier pour un procès contre le régime de Bachar al-Assad et pendant qu'ils réunissaient toutes les preuves vidéos qui le feraient condamner, ils ont été surpris de constater un beau jour que tout avait disparu.

Khatib déclare que cela n'était pas du fait d'une attaque cybernétique, mais plutôt le travail impitoyablement efficace des algorithmes d'apprentissage automatique déployés par les réseaux sociaux, notamment YouTube et Facebook. Le zèle de ces entreprises pour éliminer ce genre de contenu est cependant une sorte de réaction excessive à des années d'indifférence vis-à-vis des plaintes relatives à toutes sortes de mauvais contenus violant les directives de la plateforme.

Cette façon de faire est contestée par plusieurs personnes qui déclarent ne pas savoir comment fonctionnent ces algorithmes et sur quoi ces derniers se basent pour juger du caractère terroriste d'un contenu. Mais ces entreprises sont encouragées par certains gouvernements qui leur demandent d'ailleurs d'agir plus sévèrement. Les pays autoritaires imposent régulièrement aux médias sociaux de se mettre hors service pendant les crises nationales, comme le Sri Lanka l’a fait après les attentats terroristes du matin de Pâques et le Venezuela lors du soulèvement du 1er mai.

Tandis que dans les pays qui se veulent démocratiques, les dirigeants de ces pays tentent de protéger leurs citoyens des contenus violents qui pourraient les radicaliser. Si ces plates-formes ne se conforment pas, elles pourraient être condamnées à payer de lourdes amendes et même à une peine de prison pour leurs dirigeants. Les défenseurs des droits de l'homme voient cela comme de la censure et tirent la sonnette d'alarme, mais jusqu'à présent, personne ne les écoute.

Source : The Atlantic

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Voir aussi :

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Avatar de TidiusFF
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 10/05/2019 à 0:23
On ne peut pas décemment laisser ce genre de vidéos en ligne, ne serais ce que par respect des victimes et de leur familles, mais on ne devrait pas laisser ce pouvoir de censure à des entreprises privées, qui seront toujours trop efficace pour faire ce que l'on leur demande.
Cela dit, de l'autre coté, si ces preuves vidéo étaient si importante, il aurait fallu les sauvegarder localement, pour éviter de les voir disparaître...
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Avatar de sebbod
Membre actif https://www.developpez.com
Le 10/05/2019 à 10:17
il faudrait les poster sur youporn ou autre site dont les AI (s'il y en a) sont moins prude.
Où une association genre GreenPeace, oxfam, etc... pourrait créer un une boite de réception pour ce genre de vidéo de dénonciation.
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Avatar de Aiekick
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 10/05/2019 à 17:37
par supprimer, je pensais qu'elle étaient rendues non visionnable mais encore dans leur bases de données. si elle ont vraiment été supprimée sans presentation a la justice c'est effectivement dommageable.
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Avatar de AoCannaille
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 10/05/2019 à 9:51
Citation Envoyé par TidiusFF Voir le message

Cela dit, de l'autre coté, si ces preuves vidéo étaient si importante, il aurait fallu les sauvegarder localement, pour éviter de les voir disparaître...
Si tu vis en Syrie, tu ne veux peut être pas avoir chez toi un disque dur contenant un arsenal de preuve contre le régime ultra répressif en place. Et même dans ce cas la sauvegarde est pas top!

Il aurait mieu fallu qu'ils mettent ça sur un truc genre dropbox ou google drive. Au moins ça ne risque pas de choquer des individus au hazard (On peut s'inscrire sur FB à 13ans, beaucoup le font avant... ) et ça garde le coté encyclopédique de l'enquète
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Avatar de JPLAROCHE
Membre averti https://www.developpez.com
Le 10/05/2019 à 2:30
j'ai pris la destruction de preuve comme étant seulement la mise en ligne , et non comme le destruction définitive , mais cela est encore de trop . Quand j'étais peutio , on allaient voir chaque année .... pour ne pas oublier mais aussi et c'était le plus important bien nous mettre dans le crane plus jamais cela , en cela je remercie mes vieux .
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