L'énorme consommation d’énergie électrique liée à l’extraction des cryptomonnaies n'est plus à démontrer. En 2017 par exemple, une étude réalisée par Power Compare a relevé que la quantité d’énergie utilisée cette année par les ordinateurs permettant la production de bitcoins encore appelées « mineurs » est supérieure à la consommation énergétique annuelle de 160 pays. L’étude s'était basée sur les chiffres fournis par le fournisseur de données sur les cryptomonnaies et les statistiques de Bitcoin lui-même. Elle met ainsi en exergue que la quantité d’énergie utilisée pour l’extraction du bitcoin à l’échelle mondiale a dépassé la consommation énergétique de l’Irlande et de la plupart des pays africains. En effet, les chiffres avancés par Digitronics ont estimé que l'activité d'extraction de bitcoins consomme environ 29,05 TWh d’électricité par an alors qu’un pays comme l’Irlande n’en consomme que 25 TWh sur la même période.Bien que le Bitcoin soit connu pour sa consommation excessive d'énergie électrique, les autres cryptomonnaies comme l'Ethereum par exemple qui vaut environ 10 milliards de dollars US en capitalisation boursière consomment aussi assez d'énergie. En 2018, l'Ethereum a consommé environ autant d'électricité que l'Islande. En effet, la transaction typique d'Ethereum consomme plus d'énergie qu'un ménage américain moyen n'en consomme par jour. « C'est un énorme gaspillage de ressources, même si vous ne croyez pas que la pollution et le dioxyde de carbone sont un problème. Il y a de vrais consommateurs - de vraies personnes - dont le besoin d'électricité est remplacé par ce produit », explique Vitalik Buterin, un informaticien canadien d'origine russe de 24 ans qui a inventé l'Ethereum alors qu'il n'avait que 18 ans.
Buterin compte trouver une solution au gaspillage d'énergie de son invention, l'Ethereum, en 2019. Cette année, Buterin, la Fondation Ethereum qu'il a co-fondée, et le mouvement plus large de l'open-source qui fait progresser la cryptomonnaie ont annoncé leur intention de réviser le code source d'Ethereum. Le nouveau code d'Ethereum pourrait alors, d'ici la fin de 2019, réaliser des transactions avec seulement 1 % de l'énergie consommée aujourd'hui, selon ses développeurs. Cette initiative de renaissance de l'Ethereum est à observer de prêt, selon Zaki Manian, qui conseille l'entreprise Cosmos. Selon lui, ce processus de développement d'Ethereum signifie que plusieurs développeurs et organisations doivent collaborer ouvertement, converger vers des spécifications, inventer toute la technologie pour les mettre en œuvre et les faire fonctionner ensemble de manière transparente. « C'est de loin le projet communautaire ouvert le plus ambitieux sur le plan technique qui ait jamais été tenté », dit-il. Tout comme le bitcoin, l'Ethereum s'appuie sur une chaîne de blocs, qui s'appuie sur une structure de données chaînées qui se compose d'arbres de hachages et d'empreintes cryptographiques permettant à l'ensemble des participants de s'accorder sur l'état d'un réseau à un instant T tout en garantissant les contraintes de cohérence, de disponibilité et de tolérance.
Autrement dit, la blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Cependant, Buterin a conçu Ethereum pour faire plus que maintenir un grand livre sans autorité centrale. Sa vision était de faire d'Ethereum un calculateur principal, décentralisé, accessible à tous et essentiellement à l'abri des temps d'arrêt, de la censure et de la fraude. Ce qui donne à la chaîne de blocs d'Ethereum un tel potentiel, c'est sa capacité à stocker des données, à soutenir les décisions et à automatiser la distribution de la valeur. Il gère ces tâches au moyen de contrats intelligents, de programmes écrits par des utilisateurs ou des développeurs dans le langage de codage personnalisé d'Ethereum. Les contrats intelligents ont des applications commerciales évidentes, mais l'espoir à long terme est que les applications construites à partir de ces contrats feront finalement d'Ethereum la plateforme ultime de cloud computing.
Cette vision s'oppose à la réalité actuelle d'Ethereum. Bien qu'il y ait des applications de plusieurs millions de dollars en cours d'exécution, même Buterin dit qu'il soupçonne qu'Ethereum consomme plus de ressources qu'il n'en retire de bénéfices pour la société. Le problème, c'est l'exploitation minière. Comme la plupart des cryptomonnaies, l'Ethereum s'appuie sur une compétition informatique appelée preuve de travail (PoW), qui désigne en informatique une mesure économique et sécuritaire permettant de dissuader, sur un réseau informatique, des attaques par déni de service et autres abus de service tels que le spam en requérant de...
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