L'ONU met en garde les États contre les dangers des nouvelles technologies
Et préconise l'instauration d'une meilleure protection sociale

Le , par Christian Olivier, Chroniqueur Actualités
Chaque année, entre septembre et octobre, les leadeurs mondiaux et les acteurs du changement se réunissent à New York au siège des Nations Unies pour discuter les dossiers brulants de l’heure. La 73e session de l’Assemblée générale des Nations Unies qui s’est ouverte le 25 dernier septembre a été, comme à l’accoutumée, marquée par le lancement du débat annuel de haut niveau connu aussi sous le nom « ;débat général ;».

Les nouvelles technologies au centre de toutes les attentions

Au cours de cet évènement, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a évoqué de nombreux sujets d’actualité. Son intervention s’est en partie focalisée sur « ;deux défis transcendants ;» qui, l’année dernière, ont acquis un caractère d’urgence absolue : les changements climatiques et les nouveaux risques liés aux progrès de la technologie. Il a notamment exhorté les dirigeants du monde entier à ne ménager aucun effort pour se prémunir contre les dangers liés à l’adoption des nouvelles technologies.


Concernant les progrès technologiques, le Secrétaire général des Nations Unies a estimé nécessaire de renforcer la confiance entre et au sein même des États, si « ;nous voulons assurer une utilisation responsable des technologies nouvelles ;». Il a, par ailleurs, plaidé pour l’utilisation de l’organisation qu’il représente (l’ONU) comme d’une « ;instance pour attirer l’attention du monde sur ces questions cruciales ;» et favoriser l’instauration d’un « ;avenir numérique sûr et bénéfique à tous ;».

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

Dans son allocution, le Secrétaire général des Nations Unies a tenu à attirer l’attention des dirigeants présents sur le potentiel des nouvelles technologies, l’espoir qu’elles pourraient susciter auprès des populations, mais également sur les déviances qu’elles pourraient occasionner et les graves dangers qui découleraient de leur usage inapproprié.

Pour illustrer ses propos, il a évoqué « ;l’impact des nouvelles technologies sur la guerre ;», soulignant que ça « ;constitue une menace directe pour notre responsabilité commune de garantir la paix et la sécurité ;». L’exploitation de l’intelligence artificielle dans l’industrie de l’armement, par exemple, est une préoccupation croissante pour Guterres : « ;la perspective de machines ayant la discrétion et le pouvoir de prendre la vie humaine est moralement répugnante ;», a-t-il averti.

Dans le même temps, il a noté que la technologie est utilisée à mauvais escient par des terroristes à des fins d’exploitation et d’abus sexuels. Des réseaux dédiés au crime organisé sévissent en parallèle sur Internet, profitant du chiffrement et des paiements quasi anonymes en cryptomonnaies pour développer des trafics en tous genres.

Le Secrétaire général des Nations Unies a enfin déploré le fait que les actes malveillants, à l’instar des campagnes de désinformation, dans le cyberespace polarisent les communautés et diminuent la confiance entre les États, rappelant qu’un nombre sans cesse croissant de personnes tirent leurs informations de flux de données ou de médias sociaux qui font écho à leurs opinions, bonnes ou mauvaises.

Perspectives d’avenir

Antonio Guterres a martelé que « ;l’évolution technologique est notre alliée ;» dans le combat pour la protection de l’environnement. D’après lui, si « ;nous nous engageons sur la bonne voie ;», l’action climatique pourrait représenter « ;26 milliards de dollars de plus pour l’économie mondiale d’ici à 2030 ;» et les politiques en faveur d’une économie verte pourraient « ;créer 24 millions d’emplois ;».

Il a remarqué que les progrès technologiques peuvent perturber les marchés du travail et avoir des répercussions socio-économiques, car les emplois traditionnels changent ou disparaissent, alors que dans le même temps le nombre de jeunes à la recherche d’un emploi continue d’augmenter. De ce fait, l’éducation doit, selon lui, s’adapter dès les premières années d’études ainsi que la nature même du travail : les gouvernements devront probablement envisager la mise en place de filets de sécurité sociale plus solides et, à terme, d’un revenu de base universel.

La coopération entre les pays et les parties prenantes, y compris les États membres de l’ONU, le secteur privé, les centres de recherche, la société civile et le monde universitaire, sera cruciale, a déclaré le chef de l’ONU : « ;Il existe de nombreuses solutions mutuellement bénéfiques pour relever les défis numériques et nous devons d’urgence trouver le moyen de les appliquer ;».

Source : Xinhuanet, Nations Unies

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