USA : le DHS teste un système de reconnaissance faciale aux frontières
Pour identifier les voyageurs qui entrent ou sortent des États-Unis

Le , par Stan Adkens, Chroniqueur Actualités
Le Vehicle Face System (VSF) est un nouveau système de reconnaissance faciale terrestre différent des systèmes de reconnaissance faciale traditionnels. Il procède à la vérification de l’identité du voyageur étant dans son véhicule et à distance. Ce système est en préparation depuis 2016 par le gouvernement en collaboration avec Oak Ridge National Labs (ORNL) dans le Tennessee. Plusieurs tests ont eu lieu et en août, la douanes et la protection des frontières devraient déployer le nouveau système pour scanner les visages des conducteurs lorsqu'ils quitteront les États-Unis. Le système serait prévu pour être installé au passage frontalier d'Anzalduas à l'extrémité sud du Texas et devrait rester en service pendant une année complète. Des examens de confidentialité nécessaires sont en cours en ce moment et il devrait être officiellement annoncé et soumis au registre fédéral dans les mois à venir.

Selon un porte-parole des douanes, le but du projet sera « d'évaluer la capture biométrique faciale des voyageurs entrant et sortant des États-Unis et de comparer ces images aux photos conservées dans les archives du gouvernement ».

Le nouveau projet pilote serait le fruit d'années d'efforts de la douane et de la protection des frontières pour développer une caméra capable de reconnaître les visages à travers le pare-brise d'une voiture, un défi de longue date pour les systèmes de reconnaissance faciale. Le VSF est une partie d’un projet biométrique plus large qui viserait la vérification physique de l'identité des détenteurs de visa lorsqu'ils quittent le pays. La plus grande partie de ce programme a été l'installation de systèmes de reconnaissance faciale dans les aéroports, qui sont actuellement mis à l'essai à New York, à Los Angeles et dans six autres grandes villes. L'application de la sortie biométrique aux frontières terrestres a été plus difficile, mais les douaniers espèrent que des caméras plus sophistiquées pourraient permettre cette application aux frontières terrestres.

Les nouvelles caméras ont été testées à deux postes frontaliers : du 14 au 17 novembre 2017 à Nogales en Arizona et du 9 au 13 janvier 2018 à Anzalduas au Texas. Les vidéos et images d’environ 1400 véhicules ont été enregistrées à des fins de test.

Le projet VFS est basé sur la technologie plénoptique, qui permet à un seul capteur de capturer des images à plusieurs distances focales simultanément, similaire à la Lytro et aux autres caméras à champ de profondeur. Le problème avec les systèmes de reconnaissance faciale traditionnels, c’est qu’ils sont souvent confrontés à des réflexions mobiles dans le pare-brise de voiture, ce qui rend difficile l'isolation des traits du visage. Les chercheurs travaillant sur la reconnaissance faciale en voiture espèrent que le bon objectif séparerait le conducteur des réflexions.


Lors des tests de 2016, les images ont été collectées à l'aide de caméras DSLR (digital single-lens reflex) conventionnelles configurées pour des distances focales multiples à la fois dans les spectres visible et infrarouge afin de simuler les capacités plénoptiques. Les documents sur le projet montreraient que les chercheurs de l'ORNL ont obtenu l'approbation de l’IRB (comité de protection des personnes), mais les conducteurs n'ont pas été informés que le test avait lieu.

Ces images capturées seront comparées aux photos de visas et de passeports déjà en possession du CBP (autorité de collecte de données frontalières), vérifiant les voyageurs avant même qu'ils n'atteignent le tourniquet au poste frontalier. Cependant, il reste à voir dans quelle mesure le système fonctionnera dans la pratique et dans quelle mesure il pourra être déployé.

Par ailleurs, la perspective d'une large reconnaissance faciale dans la voiture a déjà suscité des inquiétudes chez les groupes de défense des libertés civiles, qui craignent que cela puisse ouvrir la porte à une surveillance plus étendue. « C'est une façon pour le gouvernement fédéral de suivre les gens, de surveiller qui va où et ce qu'ils font là-bas », a déclaré Mitra Ebadolahi, avocate à l'ACLU dans le cadre du projet de litige frontalier. « Dans une société libre, nous devrions tous pouvoir vivre en toute sécurité sans être surveillés et ciblés par le gouvernement fédéral. » a-t-elle ajouté.

Source

Et vous ?

Que pensez-vous de ce projet du gouvernement ?
Les voyageurs n’ont pas été informés de la phase test du VSF. Qu’en pensez-vous ?
Selon vous, le VSF dans son application, ne va-t-il pas trop exposer la vie privée des citoyens, dans la mesure où le gouvernement pourrait l’utiliser dans d’autres domaines ?

Voir aussi

USA : les représentants critiquent l'utilisation de technologie de reconnaissance faciale par le FBI, et demandent une réglementation plus stricte
USA : des associations s'érigent contre la technologie de reconnaissance faciale d'Amazon, craignant une surveillance de masse par la police
USA : Facebook attaqué en recours collectif pour son système de reconnaissance faciale, l'entreprise n'aurait même pas prévenu les utilisateurs


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Avatar de SofEvans SofEvans - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 11/06/2018 à 12:04
Que pensez-vous de ce projet du gouvernement ?

Bah un projet normal pour quiconque veut protéger son territoire.

Les voyageurs n’ont pas été informés de la phase test du VSF. Qu’en pensez-vous ?

Pourquoi les voyageurs auraient été avertis ?
Cela pose problème si le logiciel décide de manière automatique si oui ou non tu vas pouvoir passer le poste frontière, mais de ce que je comprends, pour l'instant le logiciel est cantonné à attirer l'attention des douaniers sur des personnes "suspectes" (pas bon visa, personne refusé sur le sol américain, etc etc)

Selon vous, le VSF dans son application, ne va-t-il pas trop exposer la vie privée des citoyens, dans la mesure où le gouvernement pourrait l’utiliser dans d’autres domaines ?

Bah comme d'hab ... Si le logiciel fonctionne uniquement en vase-clos et ne diffuse pas des informations, je vois pas trop de problème. Dans la réalité, le gouvernement va probablement "abuser" de ces nouvelles infos collecté automatiquement d'une manière ou d'une autre.
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