La Sierra Leone devient le premier pays à s'appuyer sur la blockchain dans son processus électoral
Technologie développée par le Suisse Agora

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne.

Il existe des blockchains publiques, ouvertes à tous, et des blockchains privées, dont l’accès et l’utilisation sont limités à un certain nombre d’acteurs. Une blockchain publique peut donc être assimilée à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable.

L'intérêt des solutions de type Blockchain est multiple. Par exemple, dans le cas du bitcoin, la blockchain permet la validation de transactions sans qu'il soit nécessaire de passer par un tiers de confiance. En clair, l'ensemble des terminaux reliés au réseau vérifient simultanément et indépendamment la validité d'une opération, et dès lors que plus de la moitié des membres du réseau tombent d'accord sur le même résultat, la transaction est authentifiée.

C’est la raison qui peut expliquer que cette technologie a déjà eu plusieurs applications, parmi lesquelles :
  • les cryptomonnaies : la première blockchain est apparue en 2008 avec la monnaie numérique bitcoin, développée par un inconnu se présentant sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Elle en est l’architecture sous-jacente ;
  • l’agroalimentaire : Nestlé, Unilever, Walmart, Dole, Driscoll’s, Golden State Foods, Kroger, McCormick and Company, McLane Company et Tyson Foods ont décidé de s’appuyer sur la technologie d’IBM en août 2017 pour travailler sur la traçabilité des denrées périssables ;
  • les plateformes de paiement.

Cette fois-ci, cette technologie a été implémentée dans un processus électoral, une première qui a eu lieu en Sierra Leone. Le pays s’est appuyé sur la solution blockchain développée par une société de technologie de vote basée en Suisse nommée Agora.


C’est à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle que la Sierra Leone l’a utilisée pour vérifier en temps réel les résultats de votes.

Après chaque vote, le bulletin correspondant était enregistré dans un réseau commun et privé de blockchain uniquement accessible aux assesseurs chargés de vérifier le processus électoral. De ce fait, les chances qu’un vote validé en temps réel dans la blockchain soit modifié par la suite étaient très réduites. Tout le monde peut en effet voir les enregistrements, mais seules les personnes accréditées peuvent entrer les données. Cela assure donc une très grande transparence. Il est ainsi possible de minimiser les possibilités de fraude électorale même si le maillon faible reste les personnes accréditées elles-mêmes.

C’est finalement Julius Mada Bio, le dirigeant du parti de l’opposition Sierra Leone’s People, qui a remporté le premier tour des élections présidentielles, avec 43,3 % des suffrages devant Samura Kamara, le candidat du parti au pouvoir, qui l'a talonné avec 42,7 % des voix. Le second tour aura lieu le 27 mars prochain.

« Je pense vraiment que cette élection marque le début d’un mouvement bien plus grand de votes grâce à la blockchain », a affirmé Leonardo Grammar, le Directeur général d’Agora, interrogé par Coin Desk après l’élection.

Source : CoinDesk

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ? Les pays voisins gagneraient-ils à s'en inspirer ?

Voir aussi :

Blockchain : Nestlé, Unilever et d'autres grands noms du secteur agroalimentaire se tournent vers IBM pour la traçabilité des denrées périssables
Blockchain : une alternative sérieuse au couple identifiant/MdP ? Oui, selon certains experts


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Avatar de a028762 a028762 - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 19/03/2018 à 11:26
Intéressant ! Merci
De la doc sur ce sujet ?
Cela doit prendre de la place pour assumer les votes de tout un pays, non ?
Avatar de Paul_Le_Heros Paul_Le_Heros - Membre actif https://www.developpez.com
le 24/03/2018 à 2:05
Qu’en pensez-vous ?
Les pays voisins gagneraient-ils à s’en inspirer ?
Je suis un Français (réfugié économique) à l’étranger. Les dernières élections m’ont occasionné la honte à l’égard de ce qui était ma patrie et de ses "représentants du peuple" : le vote par courrier ne pouvait fonctionner, les bulletins ayant été reçu les veilles du jour du vote. J’ai fulminé, mais je ne suis qu’un «_sans-dent_». L’organisation des votes doit tenir compte d’un temps de transfert de courrier postal inusuel en Europe.

Les grands spécialistes de DVP, ceux qui ont pleins d’étoiles au dessus de leur avatar, qui savent et vous parlent en vous regardant de haut, ont dit sur un ton narquois qu’il était quasiment impossible de sécuriser un vote. Ils sont ridiculement petits. Nos “cols blancs cravatés coupe en brosse” n’ont pas trouvé parce qu’ils n’ont pas cherché. C’est bien parce que ce sont eux qui chuchotent aux oreilles des présidents de tous poils que les choses deviennent impossibles à réaliser…

Oui, il faut pouvoir voter par Internet. Pourquoi pas cette méthode, qu’il faudrait peut-être adapter à un pays 10 fois plus peuplé.

NB: voisin considérant la planète !
Avatar de oooopppp oooopppp - Membre régulier https://www.developpez.com
le 24/03/2018 à 9:48
Salut un beau projet auquel je participe en tant que dev. et basé sur la blockchain : www.votemobile.xyz - VoteMobile vous pouvez tester c'est gratuit ! Pour association, conseil d'administration, ... Un pays ? La grosse différence c'est que c'est de la démocratie directe, rien n'est figé dans le temps, les votes peuvent varier à chaque instant, bise à tous !
Avatar de dglaude dglaude - Candidat au Club https://www.developpez.com
le 07/04/2018 à 8:00
Toute cette histoire que Sierra Leone aurait utilisé le blockchain a été démenti par les organisateurs de l'élection.

Une société a obtenu des badges d'observateurs internationaux et a enregistré avec leur application les votes tels que annoncé par les scrutateurs officiels dans les endroits où ils étaient présent.
Ils ont ensuite publié leur résultat AVANT les résultats officiels.
Les résultats de cette société ne tient pas compte des bulletins ayant été déclaré nul par la suite.
Ces résultats ne sont pas officiel et n'ont pas été utilisé.

Quelques recherches sur internet vous permettrons de dérouler toute l'histoire.

Enregistrer et rendre public tous les votes peut être un danger.
Tout dépend du bulletin de vote et du niveau de détail des informations collectées.
Ceci pourrait nuire au secret du vote par trop de précision ou en cas de vote de préférence multiple.
Avatar de Paul_Le_Heros Paul_Le_Heros - Membre actif https://www.developpez.com
le 07/04/2018 à 21:15
Citation Envoyé par dglaude Voir le message
Toute cette histoire que Sierra Leone aurait utilisé le blockchain a été démenti par les organisateurs de l'élection.
Dommage. J’espère que des chercheurs continuent de chercher ! Gardons espoir : un grand homme a dit « Qui cherche trouvera. », ce doit donc ne plus être qu’un problème de temps.
Avatar de vxlan.is.top vxlan.is.top - Membre habitué https://www.developpez.com
le 09/04/2018 à 21:29
Pour info, la fameuse blockchain était non-publique, fermée et propriétaire : la base en en question a été montée sur du C++ et tourne sur M$FT SQL.
Aussi corruptible que ce qu'ils ont l'habitude de faire là-bas au Sierra Leone :-)

https://medium.com/agorablockchain/a...n-7730d2d9de4e

VX
Avatar de rt15 rt15 - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 12/07/2018 à 17:19
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
L'intérêt des solutions de type Blockchain est multiple. Par exemple, dans le cas du bitcoin, la blockchain permet la validation de transactions sans qu'il soit nécessaire de passer par un tiers de confiance. En clair, l'ensemble des terminaux reliés au réseau vérifient simultanément et indépendamment la validité d'une opération, et dès lors que plus de la moitié des membres du réseau tombent d'accord sur le même résultat, la transaction est authentifiée.
Heu... C'est vrai ça ? Ça me paraît complètement fumeux.

Déjà employer le terme "simultanément" quand on parle du bitcoin c'est déjà mal barré. Une bonne partie de la beauté et de l'horreur de la blockchain bitcoin est lié au fait que justement il est impossible de faire un traitement simultané sur des terminaux reliés à un réseau.

Ensuite ils vérifient la validité d'une "opération". C'est quoi une opération ? Une transaction ?
En vrai la plupart des terminaux vérifient les transactions par lot. Par bloc pour utiliser la terminologie.
Les terminaux doivent vérifier à la fois les transactions et le bloc qui les contient.
Les blocs sont créés par les mineurs. Eux aussi ont intérêt à vérifier la cohérence des transactions qu'ils mettent dans les blocs qu'ils créés sinon tout le monde refusera leur bloc de toute façon.

Je reprends du début...
Les possesseurs de bitcoins proposent des transactions au mineurs.
Les mineurs prennent un certains nombre des ces transactions (Celles qu'ils veulent !) et essaient de construire un bloc au bout de la chaine.
Une fois qu'un mineur a trouvé un bloc (Au prix d'une consommation électrique aberrante), il le propose au réseau des terminaux qui sont intéressés par les transactions.

Mettons que l'un de ces terminaux est un site qui accepte les paiements en bitcoins.
Il reçoit un bloc dans lequel il est écrit que tati Régine a bien payé son vibromasseur.
Il vérifie facilement le bloc (Quelques règles sur les transactions, vérification que le hash du bloc respecte le bon format en cours).
Mais ça veut pas dire grand chose.
A un instant t, il peut exister plusieurs blocs valides au bout de la chaine.
Il suffit que plusieurs mineurs aient trouvé un bloc "en même temps". Simultanément mais pas trop. A quelques secondes d'intervalle par exemple.
La chaîne se divise alors en deux, en Y.
Et dans cet autre bloc, tati Régine peut ne pas avoir payé son vibromasseur, si le mineur n'a pas choisi d'ajouter cette transaction dans son bloc.

Donc le site dispose de 2 blocs valides. L'un ou tati Régine a payé et l'autre pas.
Que faire ?
Dans tout les cas le site attend. Même s'il ne reçoit qu'un seul bloc d'ailleurs.
Il attend que la chaîne se consolide.
Car certains mineurs vont choisir l'une ou l'autre des branches et vont essayé de miner le bloc suivant.
Une des branches fini forcément par se consolider plus que l'autre. Car consolider une branche prend un temps long et aléatoire car le minage est long et aléatoire.

Le site choisi en fin de compte simplement la branche la plus longue.
Il attend suffisamment de temps pour que le bloc de la transaction de tati Régine soit dans une branche bien solide et qu'aucune branche démarrée avant le bloc ne puisse dépasser cette branche bien solide.

Et là le site peut décider de valider le bloc pour de bon et donc de valider le paiement de tati Régine pour lui envoyer son coli.

Il n'y a pas besoin que "la moitié" des membres soient d'accord.
Au final, tout le monde se met à peu près d'accord sur les vieux blocs (Sur toute la chaîne sauf la fin de celle-ci qui peut se diviser en branches), sans même se consulter, de manière automatique.
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