Fake news : les humains auraient tendance à plus les répandre que les bots sur Twitter
D'après des chercheurs du MIT

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Les fake news, ces fausses informations ainsi que la désinformation, ont été un sujet très médiatisé et politisé au courant de l’année dernière. Les plateformes de médias sociaux à fort trafic que sont Google, Facebook et Twitter ont d’ailleurs fait l’objet d’un examen minutieux par le Congrès américain pour déterminer la portée des fake news russes qui auraient pollué le bon déroulement des dernières élections américaines.

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology se sont intéressés aux raisons pour lesquelles les gens seraient plus enclins à croire aux fake news.

Pour ce faire, ils ont analysé comment 126 000 récits (parmi lesquels certains étaient vrais et d'autres faux), tweetés par plus de 3 millions de personnes plus de 4,5 millions de fois de 2006 à 2017, ont été diffusés en ligne. En mesurant la « cascade » de tweets, le nombre de retweets générés par un tweet particulier, ils ont été en mesure de voir sa portée et la vitesse à laquelle les deux types de récits se sont répandus.

Les récits ont été classés comme étant vrais, faux et mixtes (partiellement vrais ou partiellement faux) sur la base des évaluations faites par six organisations indépendantes de vérification des faits (snopes.com, politifact.com, factcheck.org, truthorfiction.com, hoax-slayer.com et urbanlegends.about.com). Il faut noter que la définition de ce que les chercheurs considèrent comme étant des actualités est plus large que la signification traditionnelle, et ils ont accepté toutes les affirmations faites sur Twitter comme partie intégrante des actualités.

« Les fausses actualités se sont diffusées beaucoup plus, plus vite, plus profondément et plus largement que les vraies dans toutes les catégories d'information, et les effets étaient plus prononcés pour les fausses actualités politiques que pour les fausses actualités sur le terrorisme, les catastrophes naturelles, la science, les légendes urbaines ou relatives à la finance », ont noté les chercheurs.


Et si l’hypothèse des bots diffuseurs de fausses informations a déjà été évoquée à plusieurs reprises comme élément massue de propagation, les chercheurs ne sont pas de cet avis : « Contrairement à la croyance populaire, les bots ont accéléré la propagation des deux types d’actualités au même rythme, ce qui implique que les fausses actualités se propagent plus que les vraies parce que les humains, et non les bots, sont plus susceptibles de les propager. »

Une étude qui vient suggérer en apparence que les gens s'intéressent moins à la vérité. En effet, l’étude indique « Qu’une fraction significativement plus grande des cascades des fausses actualités que celles des vraies à dépasser une profondeur de 10 et les 0,01 % des cascades des fausses actualités présentant la plus grande profondeur s’est diffusée huit fois plus profondément dans la Twittersphere que celles des vraies. »

L’étude note également que les fausses actualités ont également touché plus de personnes que les vraies : « Alors que les vraies actualités ont rarement été diffusées à plus de 1000 personnes, les 1 % des cascades de fausses actualités se sont régulièrement répandues entre 1 000 et 100 000 personnes. Les fausses actualités ont atteint plus de personnes à chaque profondeur d'une cascade que les vraies, ce qui signifie que beaucoup plus de gens ont retweeté les fausses plutôt que les vraies. »

L’étude suggère que les gens peuvent partager des actualités, même si elles sont fausses, dès lors qu’ils les considèrent comme étant nouvelles, surprenantes et utiles : « La nouveauté attire l'attention humaine, contribue à la prise de décision productive et encourage le partage de l'information parce que la nouveauté actualise notre compréhension du monde. Lorsque l'information est nouvelle, elle est non seulement surprenante, mais aussi plus précieuse, d'un point de vue théorique de la perspective de l'information (dans la mesure où elle fournit la plus grande aide à la prise de décision) et d'un point de vue social (en ce sens qu'elle confère un statut social à quelqu'un, qui est « au courant » ou qui a accès à des informations « internes » uniques).»

Les chercheurs ont conclu que, pour lutter contre les fausses actualités à l'avenir, les politiques devraient inclure des méthodes qui dissuadent les gens d'appuyer sur le bouton retweet en étiquetant les tweets.

Sinan Aral, coauteur de l'article et expert sur les réseaux sociaux au MIT, a déclaré que les actualités devraient être étiquetées comme de la nourriture. « Quand vous allez à l'épicerie et que vous prenez de la nourriture, vous avez une indication sur la teneur en calories, la quantité de gras, de protéines, de sucre, mais lorsque nous consommons des actualités, aucune information d’étiquetage n’est disponible. »

« Nous devrions penser à la façon dont une histoire a été produite, est-ce que cette source a tendance à produire des actualités vraies ou fausses ? Combien de personnes ont-elles été interviewées ? Nous n'avons pas ces informations. »

Source : Science Mag

Et vous ?

Partagez-vous les hypothèses des chercheurs ?
Si oui, qu'est-ce qui pourrait, selon vous, expliquer que les internautes aient plus tendance à partager des fake news que des vraies ?
Que pensez-vous de la solution proposée pour combattre ce fléau ?

Voir aussi :

Fake news : Facebook admet avoir recommandé du contenu issu de la propagande russe à certains utilisateurs, lors des élections présidentielles des USA


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Avatar de transgohan transgohan - Expert éminent https://www.developpez.com
le 09/03/2018 à 18:26
Cela ne me surprend pas, la majorité des personnes croient au savoir pour se donner une certaine prestance par rapport aux autres.
Donc partant de ce constat on retrouve bon nombre de personnes relayant de fausses informations.
En gros, personne ne veut être inculte vis à vis des autres, et à l'ère des réseaux sociaux cela communique encore plus vite que sur le palier de la porte ou dans le bar du coin.
Avatar de informatiz67000 informatiz67000 - Membre du Club https://www.developpez.com
le 09/03/2018 à 19:39
Super étude, mais, en effet, les résultats ne me surprennent pas non plus !

Merci pour ton article !!

PS : petite coquille "(parmi lesquels certains étés vrais et d'autres faux)" ==> "étaient"
Avatar de Buffet_froid Buffet_froid - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 09/03/2018 à 21:55
Citation Envoyé par transgohan Voir le message
à l'ère des réseaux sociaux cela communique encore plus vite que sur le palier de la porte ou dans le bar du coin.
Ouais, sauf que sur le palier de la porte ou dans le bar du coin, la concierge ou mon pote Roger ne se feront jamais fliquer par un représentant du ministère de la Vérité Vraie pour leurs propos, aussi "fake" qu'ils soient...

On sent comme une panique de la part de certaines institutions (ça parle de "fléau", c'est dire le niveau d'inquiétude), conduisant à une volonté délibérée de rationaliser les flux médiatiques, par "des critères absolument numériques, mémorisables sur fichiers informatiques", comme dirait Houellebecq.
Il y a 10 ans, Al-Gore parlait de "vérité qui dérange". Aujourd'hui, ce sont les "fausses nouvelles" qui dérangent... et si elles dérangent tant, c'est peut-être qu'elles ne sont pas si fausses qu'elles n'en ont l'air...
Ils devraient tabler sur l'incapacité de penser par soi-même des nouvelles générations plutôt que de concevoir des outils de censure furtive qui ne disent pas leurs noms.
Avatar de laerne laerne - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 09/03/2018 à 23:45
Citation Envoyé par Buffet_froid Voir le message
Aujourd'hui, ce sont les "fausses nouvelles" qui dérangent... et si elles dérangent tant, c'est peut-être qu'elles ne sont pas si fausses qu'elles n'en ont l'air...
Ça c'est la connexion la plus dangereuse que j'ai lu sur le sujet. Si quelqu'un ne sait pas rétorquer à quelqu'un qui de la merde, c'est peu-être parce qu'il sait que ce qu'il veut faire croire est aussi de la merde. Et la vérité vole bien loin des deux.

D'ailleurs c'est bien ce que j'ai l'impression de voir en général. On dit que les plus grandes fake news viennent des médias traditionnels en collusion avec faire plaisir au gouvernement et c'est vrai (super visible au UK), mais elles viennent en part toutes aussi puissantes de leur plus vive critiques qui n'en n'ont rien à foutre et surfe sur le mécontentement des gens qui gobent tout aussi facilement tant que ça pointe le bon mouton noir. Époque de merde.
Avatar de piGrimm piGrimm - Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
le 10/03/2018 à 7:22
Qui décide de ce qui est faux ou pas, SNON LA POLICE POLITIQUE!

imaginons un gars ou une nana qui balance un truc avec toutes preuves documentées, qui ne plaise pas a CES POLITIQUES...
Ben le gars ou la nana va se retrouver en taule, pour faute envers la pensée unique des gognols a "pouvoirs"
En taule, ou flingué socialement sous de grosses amendes dissuasives! si ce n'est du vrai plomb d'obscures barbouzes (de vaches)

Attendons quelques "erreurs judiciaires" ( de fausse fake news condamnées mdrrrr ) et de voir les les futurs candidats style "Julian Assange" se prendre des balles en têtes par les Censeurs Débiles qui ne veulent pas que vous compreniez que l'origine de leur Peur est Drapée de Vérité, de certaines "fake" news pas si fake que cela ha ha ha

De pareilles lois sortent d'un purin qui infantilise les foules, stérilise le Libre Arbitre, engonce les moutons dans des certitudes fomentées, toutes prédigérées, par un système médiatique corrompu, à bout de souffle

Au bout du tunnel, vous êtes LIBRES! libres de penser et de connaitre UNIQUEMENT ce que les gros cons veulent qu'il vous soit dicté! Libres comme à la promenade de La Santé mdrrr, rails grillagés, parcours fléché. Tout déviant s'expose au final, à ce que décrivaient Aldous Huxley dans "Le meilleur des Mondes".. Cures de redressements (on commence par les épines fiscales), contredanses, taule, mort, par ordre logique et chrono hihihi.

Ne vit-on pas une époque formidable en laquelle les risques encourrus sont moindres lorsqu'on égorge des pékins au nom d'un dieu, plutôt que dénoncer des puissants distordus, même avec des preuves? mouhahahahaha
Avatar de Madmac Madmac - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 10/03/2018 à 21:50
Cet études est terriblement biaisée: Elle prend pour acquis qu'internet est la principal source de 'fake news'. Mon constat est que les médias traditionnelles sont les plus grandes source de propagande. En France, vous avec l’exemple de la propagande autour du Front National qui l'associe à l'extrême-droite.

Avatar de nox1492 nox1492 - Membre régulier https://www.developpez.com
le 11/03/2018 à 9:44
Les organisations indépendantes genre factcheck, snopes ... sont financées par les oligarques.
Certain ne s'en cache même pas comme factcheck qui est financé par la fondation Annenberg : https://www.factcheck.org/our-funding/
Faites vos recherches.

On est là dans un cas très classique de propagande où on utilise des universitaires pour accrédité une idée. La technique n'est pas nouvelle car elle a été décrite par Edward Bernays dans son livre "Propaganda" publié en 1928.

Tout ce qui n'est pas conforme aux idées néo-libérales des oligarques, ou à leurs intérets est classé comme fake news.
Avatar de Buffet_froid Buffet_froid - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 11/03/2018 à 11:55
Citation Envoyé par laerne Voir le message
Ça c'est la connexion la plus dangereuse que j'ai lu sur le sujet. Si quelqu'un ne sait pas rétorquer à quelqu'un qui de la merde, c'est peu-être parce qu'il sait que ce qu'il veut faire croire est aussi de la merde. Et la vérité vole bien loin des deux.

D'ailleurs c'est bien ce que j'ai l'impression de voir en général. On dit que les plus grandes fake news viennent des médias traditionnels en collusion avec faire plaisir au gouvernement et c'est vrai (super visible au UK), mais elles viennent en part toutes aussi puissantes de leur plus vive critiques qui n'en n'ont rien à foutre et surfe sur le mécontentement des gens qui gobent tout aussi facilement tant que ça pointe le bon mouton noir. Époque de merde.
Oui, bon, avec des considérations pareilles, on en arrive à ne plus croire personne et à naviguer dans un flou nihiliste en marge d'une totale liberté de pensée cosmique vers un nouvel âge réminiscent !
Avatar de ddoumeche ddoumeche - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 11/03/2018 à 19:28
Une étude intéressante comme le MIT sait les faire, mais qui ne va au fond de l'analyse :

Les fausses nouvelles ont une vélocité supérieure aux informations fiables, car heurtant souvent le sens commun, le sens critique ou le bon gout.
Ce caractère "outrancier" est justement voulu par le désinformateur dont le but est justement de capter le maximum d'attention.

Chaque agent est alors davantage motivé pour la distribuer en l'accompagnant de sa critique, ou de ses commentaires effarés.

Comparez maintenant les deux titres suivants :
* la population d'ours blanc a augmentée depuis plus 40 ans
* d'ici 30 ans , les chocolatiers auront disparus de la surface de la terre

La première nouvelle est une "bonne" nouvelle, sans aspect dramatique.
La seconde est dramatique notamment pour les occidentaux que nous sommes, fort consommateurs de chocolat. Elle se répandra de manière virale, ou fera le buzz selon le terme consacré.

L'agent qui va la distribuer, la jugeant "dramatique", va davantage la propager & il aura d'autant plus de succès qu'il est considéré comme un acteur humain doué de sens critique, donc crédible.
Au contraire d'un automate. Mais il peut être plus crédule également.

Comme vous l'aviez deviné, le seconde article est une fausse nouvelle.
Avatar de Saverok Saverok - Expert éminent https://www.developpez.com
le 12/03/2018 à 15:19
Pas très surprenant
C'est la version 2.0 des commérages à l'ère des réseaux sociaux.

Les potins les plus salaces et les plus odieux ont tjrs été ceux qui se répandaient le plus rapidement et durablement.
Même s'ils étaient démentis, ils continuaient à se répandre et à alimenter les discussions sous prétexte de l'adage : "il n'y a pas de fumée sans feu"

Avec les réseaux dits "sociaux", c'est la même chose à une autre échelle car tout va nettement plus vite.
Partager un article à l'ensemble de ses contacts prend quelques clics et quelques secondes.
Alors qu'avec nos bons vieux potins de village, aller voir chaque personne pour raconter tout en prenant l'apéro, ça prend du temps !!! (je redoute tjrs de croiser mes voisins retraités lol)
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