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Fake news : les humains auraient tendance à plus les répandre que les bots sur Twitter
D'après des chercheurs du MIT

Le , par Stéphane le calme

165PARTAGES

11  0 
Les fake news, ces fausses informations ainsi que la désinformation, ont été un sujet très médiatisé et politisé au courant de l’année dernière. Les plateformes de médias sociaux à fort trafic que sont Google, Facebook et Twitter ont d’ailleurs fait l’objet d’un examen minutieux par le Congrès américain pour déterminer la portée des fake news russes qui auraient pollué le bon déroulement des dernières élections américaines.

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology se sont intéressés aux raisons pour lesquelles les gens seraient plus enclins à croire aux fake news.

Pour ce faire, ils ont analysé comment 126 000 récits (parmi lesquels certains étaient vrais et d'autres faux), tweetés par plus de 3 millions de personnes plus de 4,5 millions de fois de 2006 à 2017, ont été diffusés en ligne. En mesurant la « cascade » de tweets, le nombre de retweets générés par un tweet particulier, ils ont été en mesure de voir sa portée et la vitesse à laquelle les deux types de récits se sont répandus.

Les récits ont été classés comme étant vrais, faux et mixtes (partiellement vrais ou partiellement faux) sur la base des évaluations faites par six organisations indépendantes de vérification des faits (snopes.com, politifact.com, factcheck.org, truthorfiction.com, hoax-slayer.com et urbanlegends.about.com). Il faut noter que la définition de ce que les chercheurs considèrent comme étant des actualités est plus large que la signification traditionnelle, et ils ont accepté toutes les affirmations faites sur Twitter comme partie intégrante des actualités.

« Les fausses actualités se sont diffusées beaucoup plus, plus vite, plus profondément et plus largement que les vraies dans toutes les catégories d'information, et les effets étaient plus prononcés pour les fausses actualités politiques que pour les fausses actualités sur le terrorisme, les catastrophes naturelles, la science, les légendes urbaines ou relatives à la finance », ont noté les chercheurs.


Et si l’hypothèse des bots diffuseurs de fausses informations a déjà été évoquée à plusieurs reprises comme élément massue de propagation, les chercheurs ne sont pas de cet avis : « Contrairement à la croyance populaire, les bots ont accéléré la propagation des deux types d’actualités au même rythme, ce qui implique que les fausses actualités se propagent plus que les vraies parce que les humains, et non les bots, sont plus susceptibles de les propager. »

Une étude qui vient suggérer en apparence que les gens s'intéressent moins à la vérité. En effet, l’étude indique « Qu’une fraction significativement plus grande des cascades des fausses actualités que celles des vraies à dépasser une profondeur de 10 et les 0,01 % des cascades des fausses actualités présentant la plus grande profondeur s’est diffusée huit fois plus profondément dans la Twittersphere que celles des vraies. »

L’étude note également que les fausses actualités ont également touché plus de personnes que les vraies : « Alors que les vraies actualités ont rarement été diffusées à plus de 1000 personnes, les 1 % des cascades de fausses actualités se sont régulièrement répandues entre 1 000 et 100 000 personnes. Les fausses actualités ont atteint plus de personnes à chaque profondeur d'une cascade que les vraies, ce qui signifie que beaucoup plus de gens ont retweeté les fausses plutôt que les vraies. »

L’étude suggère que les gens peuvent partager des actualités, même si elles sont fausses, dès lors qu’ils les considèrent comme étant nouvelles, surprenantes et utiles : « La nouveauté attire l'attention humaine, contribue à la prise de décision productive et encourage le partage de l'information parce que la nouveauté actualise notre compréhension du monde. Lorsque l'information est nouvelle, elle est non seulement surprenante, mais aussi plus précieuse, d'un point de vue théorique de la perspective de l'information (dans la mesure où elle fournit la plus grande aide à la prise de décision) et d'un point de vue social (en ce sens qu'elle confère un statut social à quelqu'un, qui est « au courant » ou qui a accès à des informations « internes » uniques).»

Les chercheurs ont conclu que, pour lutter contre les fausses actualités à l'avenir, les politiques devraient inclure des méthodes qui dissuadent les gens d'appuyer sur le bouton retweet en étiquetant les tweets.

Sinan Aral, coauteur de l'article et expert sur les réseaux sociaux au MIT, a déclaré que les actualités devraient être étiquetées comme de la nourriture. « Quand vous allez à l'épicerie et que vous prenez de la nourriture, vous avez une indication sur la teneur en calories, la quantité de gras, de protéines, de sucre, mais lorsque nous consommons des actualités, aucune information d’étiquetage n’est disponible. »

« Nous devrions penser à la façon dont une histoire a été produite, est-ce que cette source a tendance à produire des actualités vraies ou fausses ? Combien de personnes ont-elles été interviewées ? Nous n'avons pas ces informations. »

Source : Science Mag

Et vous ?

Partagez-vous les hypothèses des chercheurs ?
Si oui, qu'est-ce qui pourrait, selon vous, expliquer que les internautes aient plus tendance à partager des fake news que des vraies ?
Que pensez-vous de la solution proposée pour combattre ce fléau ?

Voir aussi :

Fake news : Facebook admet avoir recommandé du contenu issu de la propagande russe à certains utilisateurs, lors des élections présidentielles des USA

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Avatar de laerne
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 09/03/2018 à 23:45
Citation Envoyé par Buffet_froid Voir le message
Aujourd'hui, ce sont les "fausses nouvelles" qui dérangent... et si elles dérangent tant, c'est peut-être qu'elles ne sont pas si fausses qu'elles n'en ont l'air...
Ça c'est la connexion la plus dangereuse que j'ai lu sur le sujet. Si quelqu'un ne sait pas rétorquer à quelqu'un qui de la merde, c'est peu-être parce qu'il sait que ce qu'il veut faire croire est aussi de la merde. Et la vérité vole bien loin des deux.

D'ailleurs c'est bien ce que j'ai l'impression de voir en général. On dit que les plus grandes fake news viennent des médias traditionnels en collusion avec faire plaisir au gouvernement et c'est vrai (super visible au UK), mais elles viennent en part toutes aussi puissantes de leur plus vive critiques qui n'en n'ont rien à foutre et surfe sur le mécontentement des gens qui gobent tout aussi facilement tant que ça pointe le bon mouton noir. Époque de merde.
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Avatar de nox1492
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 11/03/2018 à 9:44
Les organisations indépendantes genre factcheck, snopes ... sont financées par les oligarques.
Certain ne s'en cache même pas comme factcheck qui est financé par la fondation Annenberg : https://www.factcheck.org/our-funding/
Faites vos recherches.

On est là dans un cas très classique de propagande où on utilise des universitaires pour accrédité une idée. La technique n'est pas nouvelle car elle a été décrite par Edward Bernays dans son livre "Propaganda" publié en 1928.

Tout ce qui n'est pas conforme aux idées néo-libérales des oligarques, ou à leurs intérets est classé comme fake news.
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Avatar de ddoumeche
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/03/2018 à 19:28
Une étude intéressante comme le MIT sait les faire, mais qui ne va au fond de l'analyse :

Les fausses nouvelles ont une vélocité supérieure aux informations fiables, car heurtant souvent le sens commun, le sens critique ou le bon gout.
Ce caractère "outrancier" est justement voulu par le désinformateur dont le but est justement de capter le maximum d'attention.

Chaque agent est alors davantage motivé pour la distribuer en l'accompagnant de sa critique, ou de ses commentaires effarés.

Comparez maintenant les deux titres suivants :
* la population d'ours blanc a augmentée depuis plus 40 ans
* d'ici 30 ans , les chocolatiers auront disparus de la surface de la terre

La première nouvelle est une "bonne" nouvelle, sans aspect dramatique.
La seconde est dramatique notamment pour les occidentaux que nous sommes, fort consommateurs de chocolat. Elle se répandra de manière virale, ou fera le buzz selon le terme consacré.

L'agent qui va la distribuer, la jugeant "dramatique", va davantage la propager & il aura d'autant plus de succès qu'il est considéré comme un acteur humain doué de sens critique, donc crédible.
Au contraire d'un automate. Mais il peut être plus crédule également.

Comme vous l'aviez deviné, le seconde article est une fausse nouvelle.
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Avatar de ddoumeche
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/03/2018 à 20:54
En attendant, le gouvernement veut pouvoir fermer en 48h un site qui ne lui plait pas, au prétexte de phaquenouizes, ce qui est plus grave que de savoir si les bots les distribuent moins bien que les humains.

On prend les méthodes dictatoriales de la précédente garde des sottes et on les étend.

On veut nous préparer Cuba, sans le soleil.
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Avatar de transgohan
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 09/03/2018 à 18:26
Cela ne me surprend pas, la majorité des personnes croient au savoir pour se donner une certaine prestance par rapport aux autres.
Donc partant de ce constat on retrouve bon nombre de personnes relayant de fausses informations.
En gros, personne ne veut être inculte vis à vis des autres, et à l'ère des réseaux sociaux cela communique encore plus vite que sur le palier de la porte ou dans le bar du coin.
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Avatar de informatiz67000
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 09/03/2018 à 19:39
Super étude, mais, en effet, les résultats ne me surprennent pas non plus !

Merci pour ton article !!

PS : petite coquille "(parmi lesquels certains étés vrais et d'autres faux)" ==> "étaient"
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Avatar de Buffet_froid
Inactif https://www.developpez.com
Le 09/03/2018 à 21:55
Citation Envoyé par transgohan Voir le message
à l'ère des réseaux sociaux cela communique encore plus vite que sur le palier de la porte ou dans le bar du coin.
Ouais, sauf que sur le palier de la porte ou dans le bar du coin, la concierge ou mon pote Roger ne se feront jamais fliquer par un représentant du ministère de la Vérité Vraie pour leurs propos, aussi "fake" qu'ils soient...

On sent comme une panique de la part de certaines institutions (ça parle de "fléau", c'est dire le niveau d'inquiétude), conduisant à une volonté délibérée de rationaliser les flux médiatiques, par "des critères absolument numériques, mémorisables sur fichiers informatiques", comme dirait Houellebecq.
Il y a 10 ans, Al-Gore parlait de "vérité qui dérange". Aujourd'hui, ce sont les "fausses nouvelles" qui dérangent... et si elles dérangent tant, c'est peut-être qu'elles ne sont pas si fausses qu'elles n'en ont l'air...
Ils devraient tabler sur l'incapacité de penser par soi-même des nouvelles générations plutôt que de concevoir des outils de censure furtive qui ne disent pas leurs noms.
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Avatar de Saverok
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 12/03/2018 à 15:19
Pas très surprenant
C'est la version 2.0 des commérages à l'ère des réseaux sociaux.

Les potins les plus salaces et les plus odieux ont tjrs été ceux qui se répandaient le plus rapidement et durablement.
Même s'ils étaient démentis, ils continuaient à se répandre et à alimenter les discussions sous prétexte de l'adage : "il n'y a pas de fumée sans feu"

Avec les réseaux dits "sociaux", c'est la même chose à une autre échelle car tout va nettement plus vite.
Partager un article à l'ensemble de ses contacts prend quelques clics et quelques secondes.
Alors qu'avec nos bons vieux potins de village, aller voir chaque personne pour raconter tout en prenant l'apéro, ça prend du temps !!! (je redoute tjrs de croiser mes voisins retraités lol)
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/03/2018 à 16:14
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
« Contrairement à la croyance populaire, les bots ont accéléré la propagation des deux types d’actualités au même rythme, ce qui implique que les fausses actualités se propagent plus que les vraies parce que les humains, et non les bots, sont plus susceptibles de les propager. »
Mais alors ça veut dire que les bots sur les réseaux sociaux n'ont pas eu tant d'influence que ça pendant la campagne présidentielle US ! En tout cas beaucoup moins que les humains.

Twitter déclare la guerre aux bots
Haro sur les bots. Twitter a publié mercredi de nouvelles règles censées limiter l’influence des « bots », ces programmes informatiques qui envoient automatiquement des messages et largement incriminés dans la diffusion de la propagande politique sur les réseaux sociaux.
De mon temps une fake news ça s’appelait une intox, un canular ou de la désinformation.
intox

Aujourd'hui ça a évolué, est considéré "fake news" toute information qui ne va pas dans le sens du système.
Les médias mainstream propagent parfois de fausses informations, mais ils s'en excusent très rarement et ils ne seront jamais accusé de diffuser des fake news.

Pour moi TF1, Canal +, BFM TV, et ce genre de chaîne sont les principales diffuseurs de propagande.
De toute façon il y a quelque chose appelé "liberté d’expression" et autre chose appelé "liberté de penser".
Si on commence à être jugé pour "délit d'opinion" là c'est grave.
Délit d'opinion

Pourquoi n'aurait on pas le droit de penser et dire n'importe quoi ?
Si quelqu'un connait la vérité, il pourra toujours intervenir.
On ne peut pas empêcher les gens de penser ce qu'ils veulent.
De toute façon, plus vous lutterez contre un mensonge plus des gens le croiront. (regardez avec la terre plate, si ça se trouve les défenseurs de la terre plate veulent juste se foutre la gueule des autres et les faire rager pour rien du tout, ou alors ils pensent vraiment que la terre est plate, auquel cas c'est vraiment très bizarre, mais bon ils ont le droit...)

Les mondialistes ont eu 2 grosses défaites d'affilé : Le Brexit et l’élection de Trump.
Ça les a inquiété d'avoir perdu autant de pouvoir de persuasion, il y a eu une grosse campagne anti Trump aux USA et malgré tous les efforts, il a gagné les élections, alors qu'aucun mondialiste n'y croyait.

Donc là on va avoir YouTube, Facebook, Twitter, etc, qui vont mettre en place des systèmes pour censurer le contenu qui ne va pas dans le sens du système. (les messages qui ne vont pas dans le bon sens sont moins diffusés)

===
Si vous voulez moins de fake news, il faut plus de diversité dans les médias mainstreams.
Parce que l'ensemble des médias donnent la même information, sous le même angle.

Donc les gens vont s'informer ailleurs, sauf les vieux qui resteront habitués à leur infos régional.

En tout cas c'est cool de voir que les gens font moins confiance aux bots qu'aux humains
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Avatar de Madmac
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 10/03/2018 à 21:50
Cet études est terriblement biaisée: Elle prend pour acquis qu'internet est la principal source de 'fake news'. Mon constat est que les médias traditionnelles sont les plus grandes source de propagande. En France, vous avec l’exemple de la propagande autour du Front National qui l'associe à l'extrême-droite.

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