FBI vs Apple second round ? L'agence affirme ne pas être en mesure d'accéder aux données de l'iPhone
De l'auteur de l'attentat de Sutherland Springs

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Apple et le FBI pourraient se préparer à une autre bataille juridique après que les autorités ont admis qu'elles ne pouvaient pas avoir accès au téléphone qui appartenait au tireur de l'église du Texas.

Le téléphone portable appartenant à Devin Kelley, accusé d'avoir tué 26 personnes dimanche avant de se suicider, a été envoyé au laboratoire de criminologie de Quantico, en Virginie, du FBI, parce que les autorités ne pouvaient pas le déverrouiller, a déclaré Christopher Combs, responsable du bureau du FBI à San Antonio. L’objectif est d’analyser toutes les données possibles pour comprendre ce qui a pu motiver l’attentat.

Combs s’est gardé de donner des précisions sur le téléphone dont Kelley s’est servi, mais Reuters assure qu’une seconde source au courant de la situation a confirmé que c'était un iPhone.

Le FBI a donné une conférence de presse mardi dans laquelle il a annoncé être en possession du téléphone portable chiffré. Suite à quoi Apple et le FBI ont engagé des discussions préliminaires. Cependant, Reuters précise que sa première source lui a déclaré que dans les 48 heures qui se sont écoulées entre l’attentat et la conférence de Combs, Apple n’a reçu aucune demande des autorités fédérales ou locales pour une quelconque assistance technique sur le téléphone de Kelley ou ses comptes en ligne associés chez Apple.

Un retard qui peut s’avérer important. En effet, si Kelley s’était servi d’une empreinte digitale pour verrouiller son téléphone et que ce dernier n’était pas éteint, les agents auraient simplement pu utiliser le doigt du défunt pour déverrouiller le téléphone. Passé ce délai, ce mode de déverrouillage s'éteint et le téléphone demande d’entrer un code d'accès pour accéder aux données.

Les fonctionnaires auraient également pu demander des données du compte de stockage en ligne iCloud de Kelley s'il en avait un. Si Apple reçoit un mandat ou une ordonnance du tribunal, il est supposé donner aux forces de l'ordre les données iCloud, ainsi que les clés nécessaires pour le déchiffrer. La nature des données qui peuvent être sauvegardées d’un iPhone sur iCloud est diverse et va des textes aux photos en passant par d'autres informations du téléphone.


Apple a déclaré dans un communiqué qu'elle était « choquée et attristée par la violence au Texas dimanche dernier, et nous partageons le deuil de toutes ces familles et ces communautés qui ont perdu tant d'êtres chers. »

« Notre équipe a immédiatement contacté le FBI après avoir appris de leur conférence de presse mardi que les enquêteurs tentaient d'accéder à un téléphone mobile [ ...] Nous avons offert de l'aide et nous avons dit que nous allions accélérer notre réponse à tout processus juridique qu'ils nous envoient. »

Comme son prédécesseur, le nouveau directeur du FBI, Christopher Wray, s’est exprimé au sujet du chiffrement et des difficultés auxquelles les enquêteurs de son agence doivent faire face dans l’exercice de leurs fonctions à cause de cette technologie. Wray a profité de son intervention devant l’Association internationale des responsables des forces de l’ordre pour illustrer son point de vue.

Fin octobre, il a révélé qu’au cours des onze derniers mois de cette année fiscale, les enquêteurs du FBI n’ont pas pu accéder aux données de plus de 6900 appareils dont le contenu devait être examiné pour les besoins d’investigation parce qu’ils étaient chiffrés. Ce nombre (6900) représenterait plus de la moitié des appareils ciblés par les enquêteurs de l’agence sur les onze derniers mois. Le directeur du FBI, estime de ce fait que le chiffrement des smartphones représente un « énorme problème » pour les investigations menées par son agence.

Selon lui : « c’est un euphémisme, mais c’est un énorme, énorme problème. [Le chiffrement] se ressent sur tout type d’enquête — drogue, trafic d’êtres humains, antiterrorisme, groupes criminels, crime organisé, abus sur les enfants... » Il a ajouté que : « 6900 (Smartphones) en l’espace de onze mois, c’est terrible ! Ça va empirer dans quelques années si nous ne trouvons pas une solution. »

Wray reste néanmoins conscient que la protection de la vie privée de chaque citoyen américain représente une nécessité dont il faut tenir compte : « Je le sais, il y a un équilibre à trouver entre le chiffrement et l’importance de nous offrir les outils nécessaires pour assurer la sécurité [de nos citoyens]. »

Source : Reuters, déclaration d'Apple

Voir aussi :

D'après le FBI, le chiffrement des smartphones est un énorme problème, car il empêche l'agence d'accéder à leur contenu pendant les enquêtes


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Avatar de hotcryx hotcryx - Membre émérite https://www.developpez.com
le 10/11/2017 à 11:08
Ils commencent sérieusement à nous c* les c* Apple et FBI.
Cela ressemble plus à une histoire privée (justice) balancée au public.
Avatar de Patrick Ruiz Patrick Ruiz - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 19/11/2017 à 8:32
Apple reçoit une injonction d’un tribunal dans le cadre de l’affaire Sutherland Springs
Les données de l’iPhone seront-elles livrées aux autorités ?

L’affaire Sutherland Springs, une redite de celle de San Bernardino ? Dans une certaine mesure, oui puisque dans les deux cas, il s’agit d’attentats qui ont conduit à des pertes en vie humaine. Dans un cas comme dans l’autre, les auteurs étaient des possesseurs d’iPhone qu’ils portaient d’ailleurs sur eux le jour de l’incident. Il y a de plus que dans les deux « films », les autorités ont mis la main sur lesdits smartphones, mais n’ont pu accéder au contenu de ces derniers par elles-mêmes.

Dans le cas de l’affaire San Bernardino, Apple a reçu une injonction d’un tribunal lui demandant d’aider le FBI à accéder au contenu de l’iPhone. Comme dans le cas des attentats de San Bernardino l’an dernier, l’affaire Sutherland Springs débouche elle aussi sur la même situation. Les Rangers en charge de l’enquête ont transmis une décision de justice à Apple d’après ce que rapporte le quotidien San Antonio Express-News. Apple doit aider les autorités à avoir accès au contenu de l’iPhone SE (cf. image ci-dessous), du compte iCloud ainsi que du second téléphone portable (pas un smartphone d’après ce que rapporte le quotidien) de Devin Kelley l’auteur de l’attentat.


Les similitudes sont de taille sauf pour un détail. Un article paru sur cette plateforme le 18 février dernier fait état de ce que le géant de la marque à la pomme a refusé de se plier à la décision de justice dans le cadre de l’affaire San Bernardino. Le géant de la marque à la pomme a à contrario offert d’apporter son aide au FBI dans le cadre de l’affaire Sutherland Springs. « Nous avons offert de l’aide et avons dit que nous allions accélérer notre réponse à tout processus juridique qu'ils nous envoient », a déclaré Apple suite à une réunion du FBI tenue en date du 7 novembre dernier, échange au cours duquel le Bureau d’investigation faisait part de ses difficultés à obtenir les informations recherchées.

D’après ce que rapporte le quotidien San Antonio Express-News, les données du compte iCloud de l’assaillant pourront être mises à la disposition des autorités puisqu’elles font valoir une décision de justice. Pour ce qui est de l’iPhone lui-même, cela reste une autre histoire et on verra bien jusqu’où Apple sera prêt à aller dans l’accompagnement des autorités. Pas sûr que l’entreprise consente à mobiliser les moyens nécessaires pour créer un nouvel iOS muni d’un backdoor dédié aux autorités comme elle l’a fait valoir dans la requête d’annulation de la décision de justice dans le cadre de l’affaire San Bernardino. De plus, difficile d’imaginer qu’une entreprise qui relève qu’une telle requête des autorités est anticonstitutionnelle comme cela a été le cas dans le cadre de l’affaire de San Bernardino modifie sa vision du tout au tout.

Apple l’a martelé dans la requête d’annulation de la décision de justice dans le cadre de l’affaire San Bernardino : il en va de l’avenir du chiffrement que toutes les entreprises devront casser pour satisfaire les gouvernements, ce à quoi l’entreprise s’est déjà opposée. Au risque de se tromper, on peut quand même affirmer que la réponse d’Apple pour ce qui concerne l’iPhone ne sera pas différente. Belle bataille de juristes en perspective. Note finale : Le FBI pourra toujours recourir à des hackers professionnels comme rapporté sur cette plateforme au mois d’avril dernier.

Source

San Antonio Express-News

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Voir aussi

Affaire San Bernardino : le FBI a le droit de garder secret le nom de l'outil qui a servi à contourner la sécurité de l'iPhone du terroriste
Affaire San Bernardino : le déchiffrement de l'iPhone aurait coûté moins cher qu'annoncé par le FBI, révèle le sénateur Feinstein
Avatar de kmedghaith kmedghaith - Membre averti https://www.developpez.com
le 19/11/2017 à 10:57
Je ne comprends pas vraiment l'acharnement avec ce genre d'articles. Comme si les différents services d'état avaient besoins du consentement des constructeurs/fournisseurs d'OS pour accéder aux données.
Avatar de rawsrc rawsrc - Modérateur https://www.developpez.com
le 19/11/2017 à 11:19
cet acharnement n'est qu'une posture bien pratique pour faire rentrer dans les esprits à coup de marteau que la vie privée c'est mal (voire même dangereux pour ta sécurité).

C'est une approche somme toute banale : tu peux provoquer un changement important dans les esprits des gens, voire même un consentement, à condition de délivrer le message par petites doses par-ci, par-là, pourvu que le système soit lancinant et réglé comme une horloge suisse.
C'est très insidieux mais vachement bien documenté quand tu fais de la psychologie des foules.
Avatar de - https://www.developpez.com
le 19/11/2017 à 12:20
Citation Envoyé par rawsrc Voir le message
cet acharnement n'est qu'une posture bien pratique pour faire rentrer dans les esprits à coup de marteau que la vie privée c'est mal (voire même dangereux pour ta sécurité).
Le hic, c'est que les entreprises commerciales ont accès à bien plus de données que les agences gouvernementale pour la vie privée on repassera. 'fin bon, ils vont bien finir par l'obtenir leur backdoor officielle et légale.
Et de toute façon, est-ce que la majorité de la population y tient vraiment à sa vie privée ?
y'a combien de neuneux sur facebook ? 2 milliards d'utilisateurs, 7,5 milliards d'humain sur la planète
combien qui utilisent les services google ? certainement plus que d'utilisateur facebook
combien on acheté la nouvelle borne de flicage alamode ?
une télé connecté à un réseau ?
un frigo connecté ? ou tout autre daube connecté d'ailleurs...

et rien que sur ce forum combien on donné, rien que sur son profil, des information réelle sur sa vie privé ?

Sinon bien vue le sang sur le phone, ça donne une p'tite touche dramatique encore plus prononcée
Avatar de piGrimm piGrimm - Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
le 19/11/2017 à 13:19
c'est plutot parce que pas mal de "fonctionnaires" du FBI sont incapables de déchiffrer, qu'ils demandent une autorisation.. En même temps, je me demande si buffalo bill déchiffrait les signaux de fumée! Tout est prétexte à jongler avec les patates chaudes des responsabilités, pour passer entre les frites, lol
(entre parenthèses, Trump a le caractère plus pointu que la technique, ceci explique cela mdr! chaud les sièges éjectables)
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