USA : le FBI et le DHS rapportent que des pirates auraient ciblé des entreprises de l'énergie
Et de plusieurs autres secteurs critiques du pays

Le , par Olivier Famien, Chroniqueur Actualités
Dans le mois de septembre dernier, l’entreprise de sécurité Symantec avait rapporté qu’un groupe de pirates qu’elle a baptisé Dragonfly 2.0 aurait entamé depuis 2015 des activités malveillantes qui pourraient être des signes annonciateurs d’attaques imminentes contre des entreprises basées aux États-Unis, en Turquie et en Suisse. Selon les informations collectées par l’entreprise de sécurité, le groupe mis en cause aurait utilisé plusieurs techniques comme des attaques par phishing, des attaques de points d’eau et bien d’autres techniques encore pour récolter des informations d’identification réseau sur certaines entreprises travaillant dans le secteur de l’énergie et probablement pour les infiltrer.

Vendredi dernier, Reuters a signalé que les agences gouvernementales américaines, notamment le Department of Homeland Security (le département de la Sécurité intérieure des États-Unis abrégé DHS) et le Federal Bureau of Investigation (l’agence de police fédérale et de renseignement intérieur des États-Unis abrégé FBI), auraient envoyé un rapport par courrier électronique afin d’alerter le public sur le fait que certaines entreprises stratégiques américaines comme celles du nucléaire, de l’énergie, de l’aviation, de l’eau, certaines entreprises critiques ainsi que des entités gouvernementales auraient été ciblées par des pirates informatiques depuis le mois de mai au moins. Et selon le rapport dont le contenu est parvenu à la connaissance de Reuters, les attaquants de ces entreprises seraient les mêmes pirates informatiques dont Symantec avait parlé dans son rapport de septembre.

Dans le récent rapport édité par les agences gouvernementales, l’on rapporte que les attaquants auraient utilisé des attaques par phishing avec des courriers électroniques infectés ou des sites web compromis afin d’obtenir des informations d’identification pour accéder aux réseaux informatiques des entreprises ciblées. En outre, Reuters relaie que les pirates auraient réussi à compromettre certains réseaux cibles et glaner des informations précieuses. Parmi les systèmes qui auraient été infiltrés par les pirates, nous avons au moins celui d’un générateur d’énergie. Les attaquants ont effectué une reconnaissance sur les réseaux du système.

En analysant les indicateurs techniques décrits dans le rapport, l’entreprise de cyber sécurité CrowdStrike explique que les attaques auraient été menées par un groupe de pirates baptisé Berserk Bear qui a déjà eu à mener des attaques ciblant des entreprises dans les secteurs de l’énergie, des finances et du transport. Selon CrowdStrike, ce groupe aurait des liens très étroits avec la Fédération de Russie. Lee, le directeur général de l’entreprise de sécurité Dragos, abonde quelque peu dans le même sens que CrowdStrike en déclarant que le rapport décrit des attaques menées par des pirates russes. Mais, pour ce dernier, le piratage rapporté dans le rapport du gouvernement ne devrait pas aboutir à des attaques dramatiques à court terme. Toutefois, ce n’est pas pour autant qu’il faille négliger l’avertissement donné par les agences gouvernementales américaines.

En effet, le DHS aurait précisé qu’il « a confiance que cette campagne est toujours en cours et que les acteurs de la menace poursuivent activement leurs objectifs au cours d’une campagne à long terme ». En se basant sur ces déclarations, il ne serait donc pas étonnant de voir d’autres rapports similaires circuler à l’avenir au sein des entreprises américaines.

Il reste seulement à savoir si ces attaques de reconnaissance et de collectes de données sur ces entreprises critiques se traduiront par des attaques ayant pour but de perturber le fonctionnement des installations physiques ou si elles resteront uniquement au stade de vols d’informations. En attendant, Reuters précise que Scott McConnell, le porte-parole du DHS, a assuré que « l’alerte technique fournit des recommandations pour prévenir et atténuer les cyberactivités malveillantes ciblant plusieurs secteurs ». Celui-ci aurait également recommandé de rester vigilant face à ces nouvelles menaces.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de ce rapport ?

Ces attaques rapportées sont-elles réelles ?

Le rapport est-il édité pour présenter les États-Unis comme une victime ?

Voir aussi

Des entreprises du secteur de l’énergie en Europe et aux USA ciblées par le groupe de hackers Dragonfly 2.0, doit-on craindre une attaque imminente ?
Des hackeurs utilisent un malware pour faire tomber le réseau électrique dans l’ouest de l’Ukraine


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Avatar de marsupial marsupial - Membre émérite https://www.developpez.com
le 23/10/2017 à 15:53
Le rapport est incomplet dans le sens où les USA'e sont pas les seuls cible.
La menace est réellement présente. Nous avons d'ores et déjà prévenu une attaque sur les centrales du monde entier. EDF à les logs à sa disposition ainsi que les secrétaires d'état à l'énergie et de la Défense.
Ici il s'agit d'un groupe différent mais en cas de besoin, contact@thalesgroup.com

Amicalement vôtre
Avatar de Patrick Ruiz Patrick Ruiz - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 17/03/2018 à 12:21
Les États-Unis accusent la Russie d’avoir lancé une cyberattaque contre leurs infrastructures critiques
Dans un rapport relayé par l’US-CERT

Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis et le FBI ont publié une alerte sécurité il y a quelques heures. L’administration Trump accuse la Russie d’être derrière une cyberattaque qui a touché son infrastructure de réseau électrique, ainsi que d’autres tout aussi critiques.

Cette nouvelle fait suite à une autre relayée par l’agence de presse Reuters en octobre 2017. Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis et le FBI avaient saisi le média par voie de courriel afin d’alerter le public sur le fait que certaines entreprises stratégiques américaines dans les domaines du nucléaire, de l’énergie, de l’aviation, de l’eau, ainsi que des entités gouvernementales auraient été ciblées par des pirates informatiques depuis le mois de mai 2017 au moins.

D’après le nouveau rapport dont l’US-CERT s’est fait le relais de l’intrusion attribuée à la Russie remonte à mars 2016 au minimum. L’alerte s’appuie sur une publication de Symantec parue sur cette plateforme en septembre 2017. Depuis des années, cette firme de sécurité mène des enquêtes sur plusieurs groupes de pirates informatiques et a détecté des activités suspectes liées au secteur énergétique datant d’au moins 2011. Dans la plupart des cas, le groupe de pirates Dragonfly qu’on associe au Kremlin est cité. Que des groupes de pirates russes soient ainsi cités n’est pas nouveau.

Il suffit de faire le parallèle avec le cas de l’Ukraine dont l’infrastructure de réseau électrique est la cible d’attaques dont l’une qui est d’intérêt dans ce propos remonte à 2016 (après une autre rapportée sur cette plateforme en janvier 2016). Dans ce cas, rien n’avait filtré à propos des responsabilités jusqu’à ce qu’Eset fasse surface en juin 2017 avec un rapport faisant état de l’existence du malware Industroyer. Le lien avait été rapidement fait avec l’attaque de décembre 2016 et, le contexte politique aidant, la Russie avait été pointée du doigt.



La publication du rapport coïncide avec l’annonce de sanctions étasuniennes contre 19 personnalités russes et cinq entités pour leur implication dans les manipulations dans le cadre de l’élection présidentielle américaine de 2016. Même si des révélations de cyberattaques (ou de pratiques d’espionnage) entre États ne surprennent plus, il faut tout de même noter la solennité avec laquelle l’information est diffusée. Le pays de l’oncle Sam lui-même maintient pourtant un programme d’espionnage à l’échelle mondiale. Pour reprendre l’un des plus gros best-sellers de l’histoire : « pourquoi vois-tu la paille dans l’œil d’une nation étrangère et ne vois-tu pas la poutre dans la tienne ? »

Source

US-CERT

Votre opinion

Que pensez-vous de cette nouvelle accusation portée contre la Russie ?

Voir aussi

Des pirates provoquent une nouvelle panne d'électricité en Ukraine, la campagne d'attaques a ciblé d'autres infrastructures sensibles
Avatar de marsupial marsupial - Membre émérite https://www.developpez.com
le 17/03/2018 à 13:00
Lorsque le "hackback" ( le droit de répliquer à une attaque ) sera voté par le Congrès, il faudra tous se mettre sous abri.
Avatar de nikau6 nikau6 - Membre averti https://www.developpez.com
le 17/03/2018 à 14:53
Citation Envoyé par marsupial Voir le message
Lorsque le "hackback" ( le droit de répliquer à une attaque ) sera voté par le Congrès, il faudra tous se mettre sous abri.
La nouvelle doctrine Américaine concernant l'utilisation des armes nucléaires, autorise une première frappe en cas de cyber attaque. D'ou la réponse de poutine et son discours dans lequel il présente les nouvelles armes de la Russie. C'était une façon de dire aux amerloques : "Votre bouclier anti-missile ne vous protège pas donc en cas de première frappe nucléaire il y aura une réponse"
Citation de Poutine :
À ce propos, je voudrais noter ce qui suit. Nous sommes grandement préoccupés par certaines dispositions de la révision de la posture nucléaire [des États-Unis], qui élargissent les possibilités de réduire le seuil d’utilisation des armes nucléaires. Derrière des portes closes, on peut dire n’importe quoi pour calmer quelqu’un, mais on lit ce qui est écrit. Et ce qui est écrit est que cette stratégie peut être mise en action en réponse aux attaques d’armes conventionnelles et même à une cyber-menace.

Je dois noter que notre doctrine militaire dit que la Russie se réserve le droit d’utiliser des armes nucléaires uniquement en réponse à une attaque nucléaire, ou une attaque avec d’autres armes de destruction massive contre le pays ou ses alliés, ou un acte d’agression contre nous avec l’utilisation d’armes conventionnelles qui menacent l’existence même de l’État. Tout cela est très clair et spécifique.
Ainsi, je vois qu’il est de mon devoir d’annoncer ce qui suit. Toute utilisation d’armes nucléaires contre la Russie ou ses alliés, armes de courte, moyenne ou de portée quelconque, sera considérée comme une attaque nucléaire contre notre pays. Les représailles seront immédiates, avec toutes les conséquences qui en découlent.

Il ne devrait y avoir aucun doute à ce sujet. Il n’y a pas besoin de créer plus de menaces pour le monde. Au lieu de cela, asseyons-nous à la table des négociations et imaginons ensemble un système nouveau et pertinent de sécurité internationale et de développement durable pour la civilisation humaine. Nous disons cela depuis le début. Toutes ces propositions sont toujours valables. La Russie est prête pour cela.

Nos politiques ne seront jamais basées sur des déclarations prétendant à l’exceptionnalisme. Nous protégeons nos intérêts et respectons les intérêts des autres pays. Nous observons le droit international et croyons au rôle central inviolable de l’ONU. Ce sont les principes et les approches qui nous permettent de construire des relations fortes, amicales et égalitaires avec la majorité absolue des pays.
Au passage, je conseil á tous le monde d'aller lire, ou écouter, ce discours. Ce fut un grand discours de paix. A l'inverse de ce que les médias en ont dis. C'est un bon début pour prendre conscience de ce qu'est la propagande médiatique. Et puis ça permet de passer du statut de commentateur du commentaire médiatique, á celui de commentateur des éventements.

Sinon, vous la sentez venir la guerre ? Vous la sentez la propagande de guerre, la fabrication d'un ennemi que l'on rendra responsable de tout ce qui arrivera (la Russie) ?
Les Ricains ont besoin d'une guerre c'est le seul moyen pour eux de sauver leur empire, leur dollars et leur hégémonie sur le monde.
Ceux qui relaient cette propagande devraient avoir honte.

EDIT :
Extrait du discours de Poutine le 1/03/2018 :
(Pour lire le discours en entier https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/discours-de-poutine-01-03-2018-202174)
L’opération en Syrie a prouvé les capacités accrues des forces armées russes. Au cours des dernières années, beaucoup a été fait pour améliorer l’armée et la marine. Les forces armées ont maintenant 3,7 fois plus d’armes modernes. Plus de 300 nouvelles unités d’équipement ont été mises en service. Les troupes de missiles stratégiques ont reçu 80 nouveaux missiles balistiques intercontinentaux, 102 missiles balistiques lancés par des sous-marins et trois sous-marins nucléaires, de la classe Boreiemportant des missiles balistiques. Douze régiments de missiles ont reçu le nouveau missile balistique intercontinental Yars. Le nombre de porteurs d’armes de haute précision à longue portée a été multiplié par 12, tandis que le nombre de missiles de croisière guidés a augmenté de plus de 30 fois. L’Armée de terre, les Forces aérospatiales et la Marine se sont également considérablement renforcées.

La Russie et le monde entier connaissent les noms de nos plus récents avions, sous-marins, armes antiaériennes, ainsi que les systèmes de missiles guidés terrestres, aéroportés et maritimes. Toutes ces armes sont à la pointe de la technologie. Un réseau de radars d’alerte pour avertir d’une attaque de missile a été créé le long du périmètre de la Russie (c’est très important). D’énormes lacunes sont apparues après la désintégration de l’URSS. Toutes ont été réparées.

Un bond en avant a été fait dans le développement d’avions sans pilote ; le centre de contrôle de la défense nationale a été créé ; et le commandement opérationnel de la zone maritime lointaine a été mis en place. Le nombre de membres des services professionnels a augmenté de 2,4 fois et la disponibilité de l’équipement dans les forces armées est passée de 70% à 95-100%. La longue file d’attente pour les logements permanents (des personnels) a été éliminée et la période d’attente a été réduite de 83%.

Maintenant, sur le problème de défense le plus important.

Je parlerai des plus nouveaux systèmes d’armes stratégiques que nous créons en réponse au retrait unilatéral des États-Unis d’Amérique du Traité antimissile balistique et du déploiement, en pratique, de leurs systèmes de défense antimissile aux États-Unis et au-delà de leurs frontières nationales.

Je voudrais faire un petit voyage dans le passé récent.

En 2000, les États-Unis ont annoncé leur retrait du Traité sur les missiles anti-balistiques. La Russie était catégoriquement opposée à cette décision. Nous avons vu le Traité ABM Soviétique-US, signé en 1972, comme la pierre angulaire du système de sécurité international. En vertu de ce traité, les parties avaient le droit de déployer des systèmes de défense antimissile balistique uniquement dans l’une de ses régions. La Russie a déployé ces systèmes autour de Moscou et les États-Unis autour de la base ICBM de Grand Forks.

Conjointement avec le Traité de réduction des armements stratégiques, le Traité ABM a non seulement créé un climat de confiance, mais a aussi empêché les deux parties d’utiliser imprudemment des armes nucléaires qui auraient mis en danger l’humanité, car le nombre limité de systèmes de défense antimissile balistique rendait l’agresseur potentiel vulnérable à une riposte.

Nous avons fait de notre mieux pour dissuader les Américains de se retirer du traité. Tout à fait en vain. Les États-Unis se sont retirés du traité en 2002. Même après cela, nous avons essayé de développer un dialogue constructif avec les Américains. Nous avons proposé de travailler ensemble dans ce domaine pour apaiser les inquiétudes et maintenir une atmosphère de confiance. À un moment donné, j’ai pensé qu’un compromis était possible, mais ce n’était pas le cas. Toutes nos propositions, absolument toutes, ont été rejetées. Et puis nous avons dit que nous devrions moderniser nos systèmes de frappe pour protéger notre sécurité. En réponse, les États-Unis ont déclaré qu’ils ne créaient pas un système BMD (système anti-missile) global contre la Russie, qui est libre de faire ce qu’elle veut, et que les États-Unis présumeront que nos actions ne sont pas dirigées contre eux.

Les raisons derrière cette position sont évidentes. Après l’effondrement de l’URSS, la Russie, connue sous le nom d’URSS ou de Russie soviétique à l’étranger, a perdu 23,8% de son territoire national, 48,5% de sa population, 41% de son PIB, 39,4% de son potentiel industriel (près de la moitié de notre potentiel, je voudrais le souligner), ainsi que 44,6% de sa capacité militaire en raison de la division des forces armées soviétiques entre les anciennes républiques soviétiques. L’équipement militaire de l’armée russe devenait obsolète et les forces armées étaient dans un état pitoyable. Une guerre civile faisait rage dans le Caucase, et les inspecteurs américains supervisaient le fonctionnement de nos principales usines d’enrichissement d’uranium.

Pendant un certain temps, la question n’était pas de savoir si nous serions en mesure de développer un système d’armes stratégiques – certains se demandaient si notre pays serait même en mesure de stocker et de conserver en toute sécurité les armes nucléaires dont nous avons hérité après l’effondrement de l’URSS. La Russie avait d’énormes dettes, son économie ne pouvait fonctionner sans des prêts du FMI et de la Banque mondiale ; la politique sociale était impossible à soutenir.

Apparemment, nos partenaires ont eu l’impression qu’il était impossible pour notre pays, dans un avenir prévisible, de relancer son économie, son industrie, son industrie de défense et ses forces armées à des niveaux soutenant le potentiel stratégique nécessaire. Et si tel est le cas, il est inutile de tenir compte de l’opinion de la Russie, il est nécessaire de poursuivre l’ultime avantage militaire unilatéral afin de dicter les termes à l’avenir, dans toutes les domaines.

Fondamentalement, cette position, cette logique, à partir des réalités de cette période, est compréhensible, et nous sommes nous-mêmes à blâmer. Durant ces 15 années écoulées depuis le retrait des États-Unis du Traité sur les missiles anti-balistiques, nous avons constamment essayé de réengager le côté américain dans des discussions sérieuses, pour obtenir des arrangements dans la sphère de la stabilité stratégique.

Nous avons réussi à atteindre certains de ces objectifs. En 2010, la Russie et les États-Unis ont signé le nouveau traité START, contenant des mesures pour la réduction et la limitation des armes offensives stratégiques. Cependant, à la lumière des projets de construction d’un système mondial de missiles anti-balistiques, qui sont toujours en cours aujourd’hui, tous les accords signés dans le cadre du nouveau START commencent à être progressivement dévalués car pendant que le nombre de vecteurs porteurs et d’armes se réduit, l’une des parties, à savoir les États-Unis, s’autorise une croissance constante et incontrôlée du nombre de missiles anti-balistiques, améliore leur qualité et crée de nouvelles zones de lancement de missiles. Si nous ne faisons rien, cela aboutira finalement à la dévaluation complète du potentiel nucléaire de la Russie. Cela signifie que tous nos missiles pourraient tout simplement être interceptés.

Malgré nos nombreuses protestations et plaidoyers, la machine américaine a été mise en mouvement, la chaîne de production continue. De nouveaux systèmes de défense antimissile ont été installés en Alaska et en Californie ; à la suite de l’expansion de l’OTAN à l’est, deux nouvelles zones de défense antimissile ont été créées en Europe occidentale : une a déjà été créée en Roumanie, alors que le déploiement du système en Pologne est maintenant presque achevé. Leur gamme continuera d’augmenter ; de nouvelles zones de lancement doivent être créées au Japon et en Corée du Sud. Le système de défense antimissile mondial américain comprend également cinq croiseurs et 30 destroyers qui, à notre connaissance, ont été déployés dans des régions proches des frontières de la Russie. Je n’exagère pas le moins du monde ; et ce travail avance rapidement.

Qu’avons-nous fait, en dehors de la protestation et de l’avertissement ? Comment la Russie répondra-t-elle à ce défi ? Voici comment.

Durant toutes ces années, depuis le retrait unilatéral des États-Unis du Traité ABM, nous avons travaillé intensivement sur les équipements avancés et les armes, ce qui nous a permis de faire une percée dans le développement de nouveaux modèles d’armes stratégiques.

Laissez-moi rappeler que les États-Unis sont en train de créer un système de défense antimissile mondial, principalement pour contrer les armes stratégiques qui suivent des trajectoires balistiques. Ces armes forment l’épine dorsale de nos forces de dissuasion nucléaire, tout comme chez les autres membres du club nucléaire.

En tant que telle, la Russie a développé et continue de perfectionner des systèmes hautement efficaces mais à prix modique pour vaincre la défense antimissile. Ils sont installés sur tous nos systèmes de missiles balistiques intercontinentaux.

En outre, nous nous sommes lancés dans le développement de la prochaine génération de missiles. Par exemple, le ministère de la Défense et les entreprises de l’industrie des missiles et de l’aérospatiale sont en phase active de test d’un nouveau système de missiles doté d’un lourd missile intercontinental. Nous l’avons appelé Sarmat.

Sarmat remplacera le système Voevoda fabriqué par l’URSS. Son immense pouvoir était universellement reconnu. Nos collègues étrangers lui ont même donné un nom assez menaçant (SS-18 Satan).

Cela dit, les capacités du missile Sarmat sont beaucoup plus grandes. Pesant plus de 200 tonnes, il a une phase de décollage courte, ce qui le rend plus difficile à intercepter pour les systèmes de défense antimissile. La portée du nouveau missile lourd, le nombre et la puissance de ses ogives sont plus importants que ceux de Voevoda. Sarmat sera équipé d’un large éventail de têtes nucléaires puissantes, y compris hypersoniques, et les moyens les plus modernes d’échapper à la défense antimissile. Le haut degré de protection des lanceurs de missiles et les capacités énergétiques importantes du système permettront de l’utiliser dans n’importe quelles conditions.

Pourriez-vous montrer la vidéo, s’il vous plaît ?



La portée du Vevevoda est de 11 000 km alors que le Sarmat n’a pratiquement aucune restriction de portée.

Comme le montre la vidéo, il peut attaquer des cibles à la fois via les pôles Nord et Sud.

Sarmat est un missile formidable et, en raison de ses caractéristiques, n’est pas troublé par les systèmes de défense antimissile les plus avancés.

Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là. Nous avons commencé à développer de nouveaux types d’armes stratégiques qui n’utilisent pas du tout des trajectoires balistiques lorsqu’elles se dirigent vers une cible et, par conséquent, les systèmes de défense antimissile sont inutiles contre elles, absolument inutiles.

Permettez-moi d’apporter des précisions concernant ces armes.

Les armes avancées de la Russie sont à la pointe de la technologie, une réalisation unique de nos scientifiques, concepteurs et ingénieurs. L’une d’entre elles est une unité de production d’énergie nucléaire à petite échelle qui peut être installée dans un missile comme notre dernier missile lancé par air X-101 ou le missile américain Tomahawk – un type similaire mais avec une portée des dizaines de fois supérieure, des dizaines, en pratique une portée illimitée. Il s’agit d’un missile furtif volant à basse altitude transportant une ogive nucléaire, avec une portée presque illimitée, une trajectoire imprévisible et une capacité à contourner les zones d’interception. Il est invincible contre tous les systèmes de défense antimissile et de défense anti-aérienne existants et à venir. Je vais le répéter plusieurs fois aujourd’hui.

Fin 2017, la Russie a lancé avec succès son plus récent missile à propulsion nucléaire sur le terrain d’entraînement central. Pendant son vol, le moteur nucléaire a atteint sa capacité de conception en fournissant la propulsion nécessaire.

Maintenant que le lancement du missiles et les essais au sol ont été couronnés de succès, nous pouvons commencer à développer un type d’arme complètement nouveau, une arme nucléaire stratégique équipant un missile avec un système de propulsion nucléaire.

Envoyez la vidéo, s’il vous plaît.

Vous pouvez voir comment le missile contourne les intercepteurs. Comme la portée est illimitée, le missile peut manœuvrer aussi longtemps que nécessaire.

Comme vous le savez sans doute, aucun autre pays n’a développé quelque chose comme ça. Il y aura quelque chose de similaire un jour mais à ce moment-là, nos gars auront trouvé encore mieux.

Maintenant, nous savons tous que la conception et le développement de systèmes d’armes sans pilote est une autre tendance commune dans le monde. En ce qui concerne la Russie, nous avons développé des engins submersibles sans pilote qui peuvent se déplacer à de grandes profondeurs (je dirais des profondeurs extrêmes) par des voies intercontinentales, à une vitesse plusieurs fois supérieure à celle des sous-marins, des torpilles de pointe et de toutes sortes de navires de surface, même les plus rapides. C’est vraiment fantastique. Ils sont silencieux, très maniables et n’ont pratiquement aucune vulnérabilité à exploiter par l’ennemi. Il n’y a tout simplement rien dans le monde capable de leur résister.

Les véhicules sous-marins sans pilote peuvent transporter des ogives conventionnelles ou nucléaires, ce qui leur permet d’engager diverses cibles, notamment des groupes d’aéronefs, des fortifications côtières et des infrastructures.

En décembre 2017, une unité de production d’énergie nucléaire innovante pour ce véhicule sous-marin sans équipage a complété un cycle d’essai qui a duré de nombreuses années. Le moteur nucléaire est unique pour sa petite taille tout en offrant un rapport poids/puissance incroyable. Il est cent fois plus petit que les unités qui alimentent les sous-marins modernes, mais il est encore plus puissant et peut passer en mode combat, c’est-à-dire atteindre une capacité maximale 200 fois plus vite.

Les tests effectués nous ont permis de commencer à développer un nouveau type de vecteur stratégique qui peut transporter des armes nucléaire massives.

Lancez la vidéo, s’il vous plaît.



À propos, nous n’avons pas encore choisi de noms pour ces deux nouvelles armes stratégiques, le missile de croisière à portée illimitée et le véhicule sous-marin sans pilote. Nous attendons des suggestions du ministère de la Défense.

On sait que les pays à fort potentiel de recherche et de technologie de pointe développent activement des armes dites hypersoniques. La vitesse du son est généralement mesurée en nombre de Mach en l’honneur du scientifique autrichien Ernst Mach, connu pour ses recherches dans ce domaine. Un Mach est égal à 1 062 kilomètres par heure à une altitude de 11 kilomètres. La vitesse du son est Mach 1, les vitesses entre Mach 1 et Mach 5 sont appelées supersoniques, et l’hypersonique est supérieure à Mach 5. Bien sûr, ce type d’arme procure des avantages substantiels dans un conflit armé. Les experts militaires pensent que ce système serait extrêmement puissant et que sa vitesse le rendrait invulnérable aux systèmes actuels de défense antimissile et aérienne, puisque les missiles intercepteurs ne sont, en termes simples, pas assez rapides. À cet égard, il est tout à fait compréhensible que les principales armées du monde cherchent à posséder une telle arme idéale.

Amis, la Russie a déjà une telle arme.

L’étape la plus importante dans le développement des systèmes d’armes modernes a été la création d’un système de missile hypersonique de haute précision ; comme vous le savez déjà, c’est le seul du genre au monde. Les essais ont été achevés avec succès et, en outre, le 1er décembre de l’année dernière, ces systèmes ont commencé leur service d’essai sur les aérodromes du District militaire sud.

Les caractéristiques de vol uniques de l’avion transporteur à grande vitesse permettent la livraison du missile au point de décharge en quelques minutes. Le missile volant à une vitesse hypersonique, dix fois plus rapide que la vitesse du son, peut également manœuvrer pendant toutes les phases de sa trajectoire de vol, ce qui lui permet également de vaincre tout système de défense anti-aérienne et anti-missile actuel, et je pense futur, délivrant des ogives nucléaires et conventionnelles à une distance de plus de 2 000 kilomètres. Nous avons appelé ce système Kinzhal (Dagger).

Vidéo, s’il vous plaît.



Mais ce n’est pas tout ce que j’ai à dire. Une véritable percée technologique est le développement d’un système de missiles stratégiques avec un équipement de combat fondamentalement nouveau, une aile volante, qui a également été testée avec succès. Je vais répéter une fois de plus ce que nous avons dit à plusieurs reprises à nos partenaires américains et européens membres de l’OTAN : nous ferons les efforts nécessaires pour neutraliser les menaces posées par le déploiement du système de défense antimissile américain. Nous l’avons mentionné lors des discussions et nous l’avons même dit publiquement. Retour en 2004, après les exercices des forces nucléaires stratégiques lorsque le système a été testé pour la première fois, j’avais dit ce qui suit lors d’une réunion avec la presse (C’est embarrassant de me citer, mais c’est la bonne chose à dire ici) :

Ainsi, j’avais dit : « Alors que d’autres pays augmentent le nombre et la qualité de leurs armes et de leur potentiel militaire, la Russie devra également s’assurer qu’elle possède des armes et une technologie de nouvelle génération.

À cet égard, je suis ravi de vous informer que les expérimentations réussies au cours de ces exercices nous permettent de confirmer que les forces armées russes, les Strategic Missile Forces, recevront prochainement de nouveaux systèmes d’armes à haute vitesse hypersonique et à haute précision capables de frapper des cibles à des distances intercontinentales et pouvant ajuster leur altitude et leur trajectoire pendant qu’ils voyagent. C’est une déclaration très importante car aucun pays dans le monde n’a à ce jour de telles armes dans son arsenal militaire. » Fin de citation.

Bien sûr, chaque mot a un sens parce que nous parlons de la possibilité de contourner les zones d’interception. Pourquoi avons-nous fait tout cela ? Pourquoi en avons-nous parlé ? Comme vous pouvez le voir, nous n’avons pas caché nos plans et nous en avons parlé ouvertement, principalement pour encourager nos partenaires à discuter. Je le répète, c’était en 2004. Il est étonnant qu’en dépit de tous les problèmes économiques, financiers et ceux de l’industrie de la défense, la Russie soit restée une grande puissance nucléaire. Non, personne ne voulait vraiment nous parler du problème et personne ne voulait nous écouter. Alors écoutez maintenant.

Contrairement aux types d’équipements de combat existants, ce système est capable d’effectuer un vol intercontinental à des vitesses supérieures à Mach 20.

Comme je l’ai dit en 2004, en atteignant sa cible, le missile de croisière en vol plané s’engage dans des manœuvres latérales intensives – horizontales et verticales – sur plusieurs milliers de kilomètres. C’est ce qui le rend absolument invulnérable à tout système de défense aérienne ou antimissile. L’utilisation de nouveaux matériaux composites a permis à ce type de missile de réaliser un vol guidé à longue distance pratiquement dans des conditions de formation d’un plasma. Il vole vers sa cible comme une météorite, comme une boule de feu. La température à sa surface atteint 1600-2000 degrés Celsius, mais le missile est guidé de manière fiable.

Lancez la vidéo, s’il vous plaît.



Pour des raisons évidentes, nous ne pouvons pas montrer l’apparence extérieure de ce système ici. C’est toujours très important. J’espère que tout le monde comprend cela. Mais laissez-moi vous assurer que nous avons tout cela et que cela fonctionne bien. De plus, les entreprises industrielles russes se sont lancées dans le développement d’un nouveau type d’arme stratégique. Nous l’avons appelé l’Avangard.

Nous sommes bien conscients qu’un certain nombre d’autres pays développent des armes avancées avec de nouvelles propriétés physiques. Nous avons toutes les raisons de croire que nous avons une longueur d’avance à ce propos – du moins dans les domaines les plus essentiels.

Nous avons réalisé des progrès significatifs dans le domaine des armes laser. Ce n’est plus seulement un concept ou un plan. Ce n’est même pas dans les premières étapes de production. Depuis l’année dernière, nos troupes ont été armées d’armes laser.



Je ne veux pas révéler plus de détails. Ce n’est pas encore le moment. Mais les experts comprendront qu’avec de tels armements, la capacité de défense de la Russie s’est multipliée.

Voici une autre courte vidéo.



Ceux qui s’intéressent aux équipements militaires sont invités à suggérer un nom pour ce nouvel armement, ce système de pointe.

Bien sûr, nous allons affiner cette technologie de pointe. Évidemment, il y a beaucoup plus de développement que ce que j’ai mentionné aujourd’hui. Mais cela suffit pour l’instant.

Je tiens spécialement à souligner que les armes stratégiques nouvellement développées – en fait, de nouveaux types d’armes stratégiques – ne sont pas le résultat de quelque chose qui nous est resté de l’Union soviétique. Bien sûr, nous nous sommes appuyés sur quelques idées de nos prédécesseurs ingénieux. Mais tout ce que j’ai décrit aujourd’hui est le résultat de plusieurs dizaines d’organismes de recherche, de bureaux d’études et d’instituts.

Des milliers, littéralement des milliers de nos experts, des scientifiques exceptionnels, des designers, des ingénieurs, des travailleurs passionnés et talentueux ont travaillé pendant des années, tranquillement, humblement, de façon désintéressée, avec un dévouement total. Il y a beaucoup de jeunes professionnels parmi eux. Ils sont nos vrais héros, avec notre personnel militaire qui a démontré les meilleures qualités de l’armée russe au combat. Je veux m’adresser à chacun d’entre eux et dire qu’il y aura absolument des prix, des prix et des titres honorifiques, mais comme j’ai souvent rencontré de nombreux participants en personne, je sais que vous n’êtes pas à la recherche de prix. Le plus important est d’assurer la sécurité de notre pays et de notre peuple de manière fiable. En tant que président et au nom du peuple russe, je tiens à vous remercier pour votre travail acharné et ses résultats. Notre pays en a tellement besoin.

Comme je l’ai déjà dit, tous les futurs produits militaires sont basés sur des progrès remarquables qui peuvent, devraient être et seront utilisés dans les secteurs civils de haute technologie. Je voudrais souligner que seul un pays doté du plus haut niveau de recherche fondamentale et d’éducation, d’une recherche développée, de la technologie, des infrastructures industrielles et des ressources humaines peut développer avec succès des armes uniques et complexes de ce type. Vous pouvez voir que la Russie a toutes ces ressources.

Nous allons développer ce potentiel et nous concentrer sur la réalisation des objectifs ambitieux que notre pays s’est fixés en termes de développement économique, social et d’infrastructure. Une défense efficace servira de garantie au développement à long terme de la Russie.

Je tiens à réaffirmer que chacun des systèmes d’armement que j’ai mentionnés est particulièrement important. Plus important encore, l’ensemble de ces avancées permet au ministère de la Défense et à l’état-major général de développer un système de défense complet, dans lequel chaque pièce du nouvel équipement militaire se verra attribuer un rôle approprié. En plus des armes stratégiques actuellement en alerte de combat et bénéficiant de mises à jour régulières, la Russie disposera d’une capacité de défense qui garantira sa sécurité à long terme.

Bien sûr, il y a beaucoup de choses à faire en matière de construction militaire, mais une chose est déjà claire : la Russie possède une armée moderne, de haute technologie, assez compacte compte tenu de la taille du territoire, centrée sur le corps des officiers, dévouée à son pays et prête à tout sacrifier pour son peuple. Tôt ou tard, d’autres armées auront également la technologie, les armes, même les plus avancées. Mais cela ne nous inquiète pas, puisque nous les avons déjà et que nous aurons de meilleurs armements à l’avenir. Ce qui importe, c’est qu’ils n’auront jamais des gens ou des officiers comme le pilote major Romain Filipov.

J’espère que tout ce qui a été dit aujourd’hui fera réfléchir à deux fois un agresseur éventuel, puisque des mesures hostiles contre la Russie, telles que le déploiement de défenses antimissiles et le rapprochement des infrastructures de l’OTAN à la frontière russe, deviennent inefficaces en termes militaires et entraînent des coûts injustifiés, les rendant inutiles pour ceux qui promeuvent ces initiatives.

Il était de notre devoir d’informer nos partenaires de ce que j’ai dit aujourd’hui sous les engagements internationaux auxquels la Russie avait souscrit. Le moment venu, les experts des ministères des Affaires étrangères et de la Défense auront de nombreuses occasions de discuter de toutes ces questions avec nos partenaires, si bien entendu ils le désirent.

Pour ma part, je dois noter que nous avons mené le travail de renforcement des capacités de défense de la Russie dans le cadre des accords actuels de contrôle des armements ; nous ne violons rien. Je devrais dire spécifiquement que la force militaire croissante de la Russie n’est une menace pour personne ; nous n’avons jamais eu l’intention d’utiliser ce potentiel pour des objectifs offensifs et encore moins agressifs.

Nous ne menaçons personne, nous n’attaquerons personne et nous ne saisirons rien de qui que ce soit sous la menace des armes. Nous n’avons besoin de rien. C’est exactement le contraire. J’estime nécessaire de souligner (et c’est très important) que la puissance militaire croissante de la Russie est une garantie solide de la paix mondiale car cette puissance préserve et maintiendra la parité stratégique et l’équilibre des forces dans le monde, qui, comme on le sait, a été et reste un facteur clé de la sécurité internationale après la Seconde Guerre mondiale et jusqu’à nos jours.

Et à ceux qui, au cours des 15 dernières années, ont essayé d’accélérer une course aux armements et cherché un avantage unilatéral contre la Russie, ont introduit des restrictions et des sanctions illégales du point de vue du droit international visant à restreindre le développement de notre nation, y compris dans le domaine militaire, je dirai ceci : tout ce que vous avez essayé d’empêcher par une telle politique est déjà advenu. Personne n’a réussi à brider la Russie.

Maintenant, nous devons être conscients de cette réalité et être sûrs que tout ce que j’ai dit aujourd’hui n’est pas un bluff – et ce n’est pas un bluff, croyez-moi – et donnera à réfléchir, et éloignera, ceux qui vivent dans le passé et sont incapables de regarder vers l’avenir, pour qu’ils cessent de faire tanguer le bateau dans lequel nous sommes tous et qui s’appelle la Terre.

À ce propos, je voudrais noter ce qui suit. Nous sommes grandement préoccupés par certaines dispositions de la révision de la posture nucléaire [des États-Unis], qui élargissent les possibilités de réduire le seuil d’utilisation des armes nucléaires. Derrière des portes closes, on peut dire n’importe quoi pour calmer quelqu’un, mais on lit ce qui est écrit. Et ce qui est écrit est que cette stratégie peut être mise en action en réponse aux attaques d’armes conventionnelles et même à une cyber-menace.

Je dois noter que notre doctrine militaire dit que la Russie se réserve le droit d’utiliser des armes nucléaires uniquement en réponse à une attaque nucléaire, ou une attaque avec d’autres armes de destruction massive contre le pays ou ses alliés, ou un acte d’agression contre nous avec l’utilisation d’armes conventionnelles qui menacent l’existence même de l’État. Tout cela est très clair et spécifique.

Ainsi, je vois qu’il est de mon devoir d’annoncer ce qui suit. Toute utilisation d’armes nucléaires contre la Russie ou ses alliés, armes de courte, moyenne ou de portée quelconque, sera considérée comme une attaque nucléaire contre notre pays. Les représailles seront immédiates, avec toutes les conséquences qui en découlent.

Il ne devrait y avoir aucun doute à ce sujet. Il n’y a pas besoin de créer plus de menaces pour le monde. Au lieu de cela, asseyons-nous à la table des négociations et imaginons ensemble un système nouveau et pertinent de sécurité internationale et de développement durable pour la civilisation humaine. Nous disons cela depuis le début. Toutes ces propositions sont toujours valables. La Russie est prête pour cela.

Nos politiques ne seront jamais basées sur des déclarations prétendant à l’exceptionnalisme. Nous protégeons nos intérêts et respectons les intérêts des autres pays. Nous observons le droit international et croyons au rôle central inviolable de l’ONU. Ce sont les principes et les approches qui nous permettent de construire des relations fortes, amicales et égalitaires avec la majorité absolue des pays.

Notre partenariat stratégique global avec la République populaire de Chine en est un exemple. La Russie et l’Inde bénéficient également d’une relation stratégique spéciale privilégiée. Nos relations avec de nombreux autres pays dans le monde entrent dans une nouvelle phase dynamique.

La Russie est largement impliquée dans les organisations internationales. Avec nos partenaires, nous faisons progresser des associations et des groupes tels que l’OTSC, l’Organisation de coopération de Shanghai et les BRICS. Nous faisons la promotion d’un programme positif à l’ONU, au G20 et à l’APEC. Nous sommes intéressés par une coopération normale et constructive avec les États-Unis et l’Union européenne. Nous espérons que le bon sens prévaudra et que nos partenaires opteront pour un travail honnête sur un pied d’égalité.

Même si nos points de vue divergent sur certains points, nous demeurons des partenaires parce que nous devons travailler ensemble pour relever les défis les plus complexes, assurer la sécurité mondiale et construire le monde futur, de plus en plus interconnecté, avec des processus d’intégration de plus en plus dynamiques.

La Russie et ses partenaires de l’Union économique eurasienne cherchent à faire un groupe d’intégration mondialement compétitif. L’agenda de l’UEE comprend la construction d’un marché commun pour l’électricité, le pétrole, les produits pétroliers et le gaz, l’harmonisation des marchés financiers et la mise en relation de nos autorités douanières. Nous continuerons également à travailler à un plus grand partenariat eurasien.

Collègues,

C’est une période de changement pour le monde entier et ceux qui sont prêts et capables de changer, ceux qui agissent et progressent prendront les devants. La Russie et son peuple ont exprimé cette volonté à chaque moment décisif de notre histoire. En seulement 30 ans, nous avons subi des changements qui ont pris des siècles dans d’autres pays.

Nous continuerons à tracer notre propre chemin avec confiance, comme nous l’avons toujours fait. Nous allons rester unis, comme nous l’avons toujours fait. Notre unité est la base la plus durable pour les progrès futurs. Dans les années à venir, notre objectif est de renforcer davantage cette unité afin que nous formions une équipe qui comprenne que le changement est nécessaire et soit prête à consacrer son énergie, ses connaissances, son expérience et son talent à la réalisation d’objectifs communs.

Les défis et les objectifs ambitieux donnent un sens particulier à nos vies. Nous devons être audacieux dans nos plans et nos actions, prendre des responsabilités et des initiatives, et devenir plus forts, ce qui signifie être utiles à nos familles, à nos enfants, à tout le pays ; changer le monde et notre pays pour le mieux ; et créer la Russie dont nous rêvons tous. Ce n’est qu’alors que la prochaine décennie et l’ensemble du XXIe siècle seront sans aucun doute l’âge des triomphes exceptionnels pour la Russie et notre succès commun. Je crois que ce sera le cas.

Merci.
Avatar de Aiekick Aiekick - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 19/03/2018 à 2:11
je comprends pas ce que les états unis cherchent a faire. quoi qu'il arrive la Russie va nier, et le reste du monde s'en fou
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 19/03/2018 à 10:37
Comme les américains ne peuvent attaquer directement la Russie (sauf par leurs larbins de la presse: Théresa May, Macron), ils s'en prendront encore à la Syrie avec des bombes.
Une riposte Russe sera instantanée, ils ont été prévenu.
Avatar de nikau6 nikau6 - Membre averti https://www.developpez.com
le 19/03/2018 à 10:39
Citation Envoyé par hotcryx Voir le message

Une riposte Russe sera instantanée, ils ont été prévénu.
Ils n'attendent que ça. Il faut que ce soit les Russes qui attaquent en premier, c'est ce qu'ils veulent.
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 19/03/2018 à 12:24
Citation Envoyé par nikau6 Voir le message
Ils n'attendent que ça. Il faut que ce soit les Russes qui attaquent en premier, c'est ce qu'ils veulent.
Tout à fait.

Mais la guerre sera en Europe!
Avatar de nikau6 nikau6 - Membre averti https://www.developpez.com
le 19/03/2018 à 12:35
Citation Envoyé par hotcryx Voir le message
Tout à fait.

Mais la guerre sera en Europe!
C'est ce qu'ils voudraient. Mais Poutine a été très clair avec les Ricains. Il a clairement dit que si ils pensaient (les usa) qu’une fois de plus ils allaient pouvoir tirer avantage d'une guerre en Europe ils se trompaient lourdement, qu'ils en paieraient le prix sur le territoire.

https://fr.sputniknews.com/international/201803011035342779-message-poutine-decryptage/

«C'est la suite de ce que Poutine a déclaré lors de la conférence de Munich quand il a été signifié que si quelqu'un pense qu'il réussira encore une fois à retirer les marrons du feu de la Troisième guerre mondiale par procuration, il a profondément tort, le châtiment viendra»,
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