C'est en piratant Kaspersky que des hackers israéliens ont découvert que la Russie avait volé des documents de la NSA
Via le logiciel antivirus

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Le mois dernier, le Département américain de la sécurité intérieure (DHS) a ordonné à toutes les agences fédérales d'arrêter d'utiliser les produits de Kaspersky, en leur donnant 90 jours pour supprimer le logiciel. Le secrétaire par intérim du DHS, Elaine C. Duke, a évoqué des « risques de sécurité de l'information » présentés par Kaspersky et a déclaré que l'antivirus et les autres logiciels de la société « fournissent un large accès aux fichiers ». Par conséquent, ils « peuvent être exploités par des cyberacteurs malveillants pour compromettre les systèmes informatiques fédéraux. » Cette mesure s'aligne avec bien d'autres qui ont été annoncées ou en cours pour bannir totalement le logiciel antivirus Kaspersky des entreprises et organisations américaines.

Ces mesures étaient toutefois attendues depuis longtemps. Il y aurait en effet eu des mois de discussions entre les responsables du renseignement américain. Ces derniers ont même mené une étude sur le fonctionnement du logiciel de Kaspersky et enquêté sur les liens présumés de l'entreprise avec le Kremlin.

Mais d’après le quotidien New York Times, les accusations du gouvernement américain contre la firme de sécurité russe reposent, en grande partie, sur des informations fournies par le renseignement israélien, lors d'une intrusion en 2014 dans les systèmes de Kaspersky. C'est lors de cette intrusion dans le réseau de Kaspersky que des hackers travaillant pour le gouvernement israélien ont découvert qu'ils n'étaient pas les seuls sur le terrain. Ils ont en effet observé en temps réel les hackers du gouvernement russe en train d’analyser les ordinateurs à travers le monde à la recherche de documents relatifs aux programmes d'espionnage des États-Unis. Ils ont donc décidé d'en informer les États-Unis sur cette intrusion russe, et c’est ce qui a récemment conduit le gouvernement américain à bannir Kaspersky.

Dans ce piratage qui a été détecté il y a plus de deux ans, les hackers russes ont simplement utilisé le logiciel antivirus de Kaspersky Lab comme un outil de recherche sur les ordinateurs des utilisateurs ; soit 400 millions de personnes dans le monde, y compris des agents dans une vingtaine d'organismes gouvernementaux US.

L'opération russe a permis de voler les documents confidentiels d'un employé de l'agence de sécurité nationale des États-Unis. La NSA interdit pourtant à ses analystes d'utiliser l'antivirus Kaspersky au sein de l'agence, notamment parce qu’elle-même a déjà exploité un logiciel antivirus pour ses propres opérations de piratage à l'étranger. La NSA sait donc que la même technique est utilisée par ses adversaires. « L'antivirus est la porte dérobée ultime, » affirme Blake Darché, un ancien opérateur de la NSA. « Il fournit un accès fiable et à distance qui peut être utilisé à toutes fins, du lancement d'une attaque destructrice à la conduite d'une opération d'espionnage sur des milliers, voire des millions d'utilisateurs », dit-il.

Cependant, l'interdiction d'utiliser Kaspersky se limitait au travail et l'employé piraté utilisait le logiciel antivirus sur son ordinateur personnel à la maison, sur lequel étaient stockés certains documents confidentiels de la NSA. D'après les sources, il n'avait pas l'intention de transmettre les documents à une agence étrangère. « Il n'y avait pas de malice », a déclaré une personne proche du dossier. « C'est juste qu'il essayait de terminer une mission, et il avait besoin des outils pour le faire. »

Toutefois, cela a permis aux hackers russes de détecter le matériel de la NSA via Kaspersky et d'exfiltrer les informations. Les hackers russes auraient en effet transformé le logiciel antivirus en un outil de recherche d'informations sensibles.

Comme la plupart des logiciels de sécurité, les produits de Kaspersky Lab exigent un accès à tout ce qui est stocké sur un ordinateur afin de détecter les virus ou autres menaces. L’antivirus populaire recherche les signatures de logiciels malveillants, puis les supprime ou les neutralise avant d’envoyer un rapport à Kaspersky. C'est cette procédure, une routine pour un tel logiciel, qui a fourni un outil parfait qui a été exploité par les hackers russes pour analyser le contenu des ordinateurs et récupérer tout ce qui pourrait les intéresser.


En ce qui concerne l’intrusion du gouvernement israélien dans les systèmes de Kaspersky Lab, la firme de sécurité ne l’avait pas découverte avant la mi-2015, lorsque l’un de ses ingénieurs testant un nouvel outil de détection a remarqué une activité inhabituelle sur le réseau de l'entreprise. La société a enquêté et détaillé ses conclusions en juin 2015 dans un rapport public. Kaspersky n'a pas accusé ouvertement le gouvernement israélien. La firme a toutefois fait remarquer que la violation présentait des similitudes frappantes avec une attaque antérieure, connue sous le nom de « Duqu », que les chercheurs avaient attribuée aux mêmes nations derrière Stuxnet. Pour information, l'opération Stuxnet était menée conjointement par Israël et les États-Unis. Mais Kaspersky a noté que plusieurs cibles étaient aux États-Unis, ce qui suggérait que la nouvelle opération était celle d'Israël, et non menée en collaboration avec les États-Unis.

Kaspersky a également révélé que les attaquants ont réussi à s'infiltrer profondément dans les ordinateurs de l'entreprise et à éviter d'être détectés pendant des mois. Les enquêteurs ont encore découvert plus tard que les pirates avaient aussi implanté plusieurs portes dérobées dans les systèmes de Kaspersky, en utilisant des outils sophistiqués pour voler les mots de passe, prendre des captures d'écran et aspirer les emails et les documents.

C’est après cette opération que le renseignement israélien a informé la NSA qu'ils ont découvert que les pirates du gouvernement russe utilisaient l'accès de Kaspersky pour rechercher les programmes classifiés par le gouvernement américain, et envoyaient les résultats aux systèmes de renseignement russes. Ils ont fourni à leurs homologues de la NSA « des preuves solides de la campagne du Kremlin sous forme de captures d'écran et d'autres documents », selon les sources du New York Times.

Kaspersky Lab a nié toute connaissance ou implication dans le piratage russe. « Kaspersky Lab n'a jamais aidé, et n'aidera jamais aucun gouvernement dans le monde dans ses efforts de cyberespionnage », a déclaré la firme de sécurité dans un communiqué mardi après-midi. Kaspersky Lab a donc demandé toute information pertinente et vérifiable qui permettrait à l'entreprise d'ouvrir une enquête dès que possible.

Source : New York Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Voir aussi :

USA : le Sénat vote une loi pour interdire l'usage des produits de Kaspersky au niveau fédéral, après que le DHS a donné 90 jours pour les supprimer
Le FBI tente de faire bannir les produits Kaspersky de la liste des produits utilisés par les entreprises privées américaines
Kaspersky Lab expose une opération de cyberespionnage pouvant être liée à la Russie alors que l'entreprise est accusée d'aider les espions russes


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Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 11/10/2017 à 15:08
Tout le monde s'introduit chez tout le monde c'est impressionnant.
Même si les russes ont beaucoup de retard par rapport aux USA et à Israël.

C'est marrant de voir que tous les postes de la NSA ne sont pas super sécurisé.
Un jour des hackers arriveront à leur voler leur outils...

Citation Envoyé par Coriolan Voir le message
Le fait d’avoir ces informations pourrait aider le gouvernement russe à mieux protéger ses réseaux, ce qui va rendre la tâche plus difficile pour la NSA.
Belle défense de la part des Russes.

Citation Envoyé par Coriolan Voir le message
La NSA interdit pourtant à ses analystes d'utiliser l'antivirus Kaspersky au sein de l'agence, notamment parce qu’elle-même a déjà exploité un logiciel antivirus pour ses propres opérations de piratage à l'étranger.
Purée mais quel logiciel n'est pas utilisé pour espionner ?

Citation Envoyé par Coriolan Voir le message
La firme a toutefois fait remarquer que la violation présentait des similitudes frappantes avec une attaque antérieure, connue sous le nom de « Duqu », que les chercheurs avaient attribuée aux mêmes nations derrière Stuxnet. Pour information, l'opération Stuxnet était menée conjointement par Israël et les États-Unis. Mais Kaspersky a noté que plusieurs cibles étaient aux États-Unis, ce qui suggérait que la nouvelle opération était celle d'Israël, et non menée en collaboration avec les États-Unis.
Donc c'est bon aujourd'hui tout le monde reconnait que les responsables de Stuxnet et Duqu c'est le combo USA/Israël ?
Avatar de Tartare2240 Tartare2240 - Membre habitué https://www.developpez.com
le 11/10/2017 à 15:08
Ça commence à devenir complexe... Donc, c'est la Russie qui aurait piraté Kaspersky. Israël a découvert la faille chez Kaspersky et le fait que la Russie pouvait avoir accès aux informations. Pourtant, ils ont averti les USA mais pas la société d'anti-virus concernée, et la société d'anti-virus se fait déclarer "Persona non-grata" car il y avait une faille exploitée par les Russes sans qu'ils le sachent... Ça va loin. Très loin.
Avatar de VivienD VivienD - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 11/10/2017 à 15:44
Citation Envoyé par Tartare2240 Voir le message
Ça commence à devenir complexe... Donc, c'est la Russie qui aurait piraté Kaspersky. Israël a découvert la faille chez Kaspersky et le fait que la Russie pouvait avoir accès aux informations. Pourtant, ils ont averti les USA mais pas la société d'anti-virus concernée, et la société d'anti-virus se fait déclarer "Persona non-grata" car il y avait une faille exploitée par les Russes sans qu'ils le sachent... Ça va loin. Très loin.
Est-ce le bon moment de dire "Kamoulox", ou bien?

De ce que j'ai compris (et il va me falloir de l'aspirine, beaucoup d'aspirine), toute cette histoire, où les États-Unis d'Amérique fustigent Kaspersky Labs parce que le logiciel de ces derniers serait directement lié à des cyberattaques russes, a permis aux media de découvrir comment l'Oncle Sam a su pour l'origine de ces cyberattaques: il a envoyé les Israëliens pirater Kaspersky Labs. En conclusion, la seule différence entre les Russes et les Américains est que les premiers font le sale boulot eux-mêmes, tandis que les derniers envoient leurs pantins le faire. J'ai bon?
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 11/10/2017 à 15:59
Citation Envoyé par VivienD Voir le message
J'ai bon?
Non, Israël n'est pas le pantin des USA, ce serait plutôt l'inverse dans un sens ^^

Les USA n'ont pas demandé à Israël d'espionner.
C'est juste qu'Israël espionne tout le monde, Israël doit également espionner les USA, alors qu'ils ont une relation privilégié...

Citation Envoyé par VivienD Voir le message
les États-Unis d'Amérique fustigent Kaspersky Labs parce que le logiciel de ces derniers serait directement lié à des cyberattaques russes
Non les USA critiquent Kaspersky, parce qu'au bout d'un temps il se sont dit "Merde ils font peut être comme nous !".

Il y a des backdoors dans plein de logiciels américains.
Windows peut être utilisé pour t'espionner par exemple.
Avatar de AndMax AndMax - Membre actif https://www.developpez.com
le 11/10/2017 à 20:03
Comme la plupart des logiciels de sécurité, les produits de Kaspersky Lab exigent un accès à tout ce qui est stocké sur un ordinateur afin de détecter les virus ou autres menaces. L’antivirus populaire recherche les signatures de logiciels malveillants, puis les supprime ou les neutralise avant d’envoyer un rapport à Kaspersky. C'est cette procédure, une routine pour un tel logiciel, qui a fourni un outil parfait qui a été exploité par les hackers russes pour analyser le contenu des ordinateurs et récupérer tout ce qui pourrait les intéresser.
A une époque (très lointaine sans doute), un anti-virus prévenait l'utilisateur ou l'administrateur de la machine, et ne faisait aucune action sans son consentement. Donc maintenant, il pompe tout ce qu'il veut sur le PC et ne prévient personne d'autre que l'éditeur ?

Je n'appelle pas cela un anti-virus mais un malware.
Avatar de Loceka Loceka - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 9:00
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
C'est marrant de voir que tous les postes de la NSA ne sont pas super sécurisé.
Un jour des hackers arriveront à leur voler leur outils...
C'était de l'ironie ou c'était sérieux ?

Parce que des hackers y sont déjà arrivé (les ShadowBrokers) et tout est déjà disponible sur le net, une bonne partie gratuitement d'ailleurs (je suis pas allé vérifier moi-même ^^)
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 9:04
Citation Envoyé par Loceka Voir le message
Parce que des hackers y sont déjà arrivé (les ShadowBrokers)
Ah ouais c'est vrai j'avais complètement oublié ^^
Avatar de Christian Olivier Christian Olivier - Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 9:50
Kaspersky aurait volontairement modifié son logiciel antivirus
Pour aider la Russie à voler les secrets des États-Unis

La rumeur qui alimente la controverse selon laquelle Kaspersky Lab, une entreprise technologique russe basée à Moscou et spécialisée dans la cybersécurité, serait en réalité un pion à la solde du Kremlin connait de nombreux développements depuis plusieurs semaines. À titre de rappel, le programme antivirus de Kaspersky est utilisé par plus de 400 millions de personnes à travers le monde.

D’après les dernières informations fournies par le média Wall Street Journal (WSJ), il semble que la société Kaspersky ait, en toute connaissance de cause, modifié son logiciel antivirus pour aider la Russie à voler les informations sensibles détenues par les États-Unis. Ces observations rapportées par WSJ découleraient d’expérimentations effectuées durant plusieurs mois sur Kaspersky AV par les services américains compétents.

Le logiciel antivirus de Kaspersky est censé détecter tous les éléments malveillants sur un ordinateur, mais il est aussi capable d’identifier d’autres types de données comme les « signatures silencieuses ». Ces dernières peuvent, par exemple, être exploitées pour rechercher des documents spécifiques en utilisant des mots clés ou des acronymes. En se basant sur cet aspect du fonctionnement normal de cet outil, de nouvelles études américaines tendent à prouver que Kaspersky AV peut exploiter des mécanismes de recherche faisant appel à des mots clés ou des acronymes tels que « top secret » à des fins de cyberespionnage.


Les sources de WSJ ayant requis l’anonymat qui soutiennent cette version justifient leur propos par le fait que certains mots clés et acronymes sont recherchés de manière automatique par le logiciel de Kaspersky Lab. Paradoxalement, certains documents de supervision personnels ou appartenant à différents services du gouvernement américain qui pourraient susciter le vif intérêt des services de renseignement étrangers peuvent comporter des éléments ciblés par ces techniques de recherche de Kaspersky AV.

Pour ces personnes, cette « particularité » est suffisante pour démontrer que Kaspersky Lab serait une composante majeure du dispositif d’espionnage à grande échelle des services de renseignement russes. Et comme l’a précisé une source du WSJ, « il est impossible que les responsables de Kaspersky n’aient pas connaissance de ce mode fonctionnement inhérent à leur logiciel. »

Pour rappel, le gouvernement russe aurait réussi à s’approprier de manière illégale des données sensibles qui appartiendraient à la NSA. Des « personnes proches de l’affaire » estiment que c’est le logiciel antivirus distribué par Kaspersky Lab qui aurait permis au Kremlin de réaliser cette opération qui rentre dans le cadre du cyberespionnage.

À l’origine de l’affaire, il y aurait un employé américain de la NSA qui travaillait avec le Tailored Access Operations, un groupe qui met au point des outils de piratage pour la NSA. En 2015, cet employé aurait ramené à son domicile un ordinateur portable comportant du code ainsi que d’autres documents classifiés et sur lequel était installé le logiciel antivirus Kaspersky. Ce dernier aurait identifié (à tort ou à raison) un élément comme étant malveillant sur la machine de l’employé et l’a transféré à Kaspersky pour analyse, une procédure on ne peut plus normale pour n’importe quel logiciel du même genre.

C’est la mise en quarantaine des éléments détectés comme malveillants par le logiciel de Kaspersky pour analyse qui aurait mis la puce à l’oreille à l’agence de renseignement de la Russie. Se rendant compte de la présence d’éléments top secret appartenant à la NSA, les services secrets russes auraient alors décidé de pirater entièrement la machine d’où provenaient les données sensibles afin de récupérer toutes les informations qui s’y trouvaient.

Malheureusement, aucun média n’a jusqu’à présent pris la peine de fournir des informations détaillées sur la manière dont l’ordinateur portable de l’employé incriminé aurait pu être piraté. De même, aucune source ne révèle pourquoi il a fallu attendre aussi longtemps (plus d’un an) avant que l’acte supposé de piratage ne soit divulgué.

De toute évidence, personne dans cette affaire ne semble chercher à savoir pourquoi cet employé, si tant est qu’il existe, a ramené des informations aussi sensibles à son domicile. De plus, si les données détectées comme des menaces par l’antivirus de Kaspersky étaient, par exemple, des outils de piratage développés la NSA, cela ne prouverait-il pas au moins que cet antivirus russe est plutôt efficace ?


À ce propos, Eugène Kaspersky, le fondateur de cette entreprise technologique russe, a d’ailleurs déclaré : « Au regard de son statut d’entreprise privée, Kaspersky Lab n’entretient pas de relations inappropriées avec un quelconque gouvernement [...] Kaspersky Lab est simplement pris en étau, au beau milieu d’une lutte géopolitique acharnée. » La société russe de cybersécurité n’a pas manqué de rappeler qu’elle était prête à collaborer avec les autorités américaines afin de lever le doute sur l’intégrité de ses produits.

La position américaine, faut-il le rappeler, a connu une évolution rapide depuis l’échec du parti démocrate américain aux dernières élections US qui ont permis l’accession de Donald Trump à la magistrature suprême des États-Unis. Dès ce moment, les démocrates ont décidé d’attribuer leur contre-performance électorale à une longue opération de piratage informatique montée de toutes pièces par la Russie avec la complicité de Trump afin de déstabiliser les États-Unis. D’ailleurs, à plusieurs reprises déjà, de supposés liens de connivence entre Trump et Poutine ont été rapportés par des médias américains.

Plus récemment, c’est le Département américain de la sécurité intérieure (DHS) qui s’est démarqué en rendant effective la mesure visant à interdire l’usage du logiciel antivirus Kaspersky dans toutes les agences fédérales américaines. Depuis le mois de septembre, celles-ci disposent de 90 jours pour supprimer complètement le logiciel. Cette mesure représente en réalité les prémices d’un ensemble plus large d’actions menées par le gouvernement américain visant à bannir totalement le logiciel antivirus Kaspersky des entreprises et organisations américaines.

Source : WSJ, UKStar

Et vous ?

Est-ce vraiment important de savoir si Kaspersky travaille (directement, à son insu ou de son plein gré) ou non pour le Kremlin ?
L’origine russe d’un logiciel peut-elle être considérée comme une preuve suffisante de collusion entre l’entreprise et le Kremlin ?
Dès lors, que faudrait-il penser des autres antivirus comme Avast, AVG, Norton ou autres qui sont étrangers à la France ?

Voir aussi

Facebook aurait transmis aux autorités des informations relatives aux pubs achetées par un troll russe pour influencer la campagne présidentielle
C'est en piratant Kaspersky que des hackers israéliens ont découvert que la Russie avait volé des documents de la NSA via le logiciel antivirus
Kaspersky : malgré le boycott de sa solution antivirus aux États-Unis que tente d'orchestrer le FBI, l'éditeur veut rester confiant
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 10:04
Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
L’origine russe d’un logiciel peut-elle être considérée comme une preuve suffisante de collusion entre l’entreprise et le Kremlin ?
Absolument pas.
Même si il est possible qu'il y ait eu collusion entre le Kremlin et une entreprise, le Kremlin ne va pas s'arranger avec l'intégralité des entreprises qui créer des logiciels en Russie...

Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
Dès lors, que faudrait-il penser des autres antivirus comme Avast, AVG, Norton ou autres qui sont étrangers à la France ?
Il est plausible que ces logiciels espionnent et revendent les informations à des gouvernements.
C'est pareil avec Facebook, Twitter, Windows, Chrome, Tinder, Snapchat, etc...
Avatar de micka132 micka132 - Membre expert https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 10:53
J'aurais presque envie de sortir le popcorn, sauf que je m’inquiètes du pourquoi on raconte ca au grand public...
Sans blague l'espionnage et contre espionnage ça doit exister depuis les hommes des cavernes, mais c'est censé être secret. Quand on "informe" le grand public c'est très certainement pour désigner un méchant...J'aime pas ça.
Avatar de Cpt Anderson Cpt Anderson - Membre averti https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 10:57
Culé de Russes !!!
Je crois que je lai déjà dis !
Avatar de AndMax AndMax - Membre actif https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 11:00
Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
Est-ce vraiment important de savoir si Kaspersky travaille (directement, à son insu ou de son plein gré) ou non pour le Kremlin ?
Si le verbe "travaille" est au présent, alors cela n'a aucune importance: un éditeur qui ne travaille pas actuellement avec des espions qui n'ont pas les mêmes intérêts que vous pourrait très bien décider de le faire dans une heure. Donc le passé et présent immédiat c'est éventuellement intéressant pour celui qui s'est fait avoir, mais sans importance pour quelqu'un qui doit choisir un outil pour les 2 ans à venir.

Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
L’origine russe d’un logiciel peut-elle être considérée comme une preuve suffisante de collusion entre l’entreprise et le Kremlin ?
Non

Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
Dès lors, que faudrait-il penser des autres antivirus comme Avast, AVG, Norton ou autres qui sont étrangers à la France ?
Exactement la même chose. Avast, AVG et Norton ont comme points communs que ce sont tous des logiciels privateurs (donc malveillants), le code source est caché, ils changent tout ce qu'ils veulent quand ils veulent lors de mises à jour, obscurantisme total pour l'utilisateur.

Ce qui est important, ce n'est pas l'origine, mais le "contrat" entre l'éditeur / l'auteur et l'utilisateur. Si l'utilisateur accepte sur ses systèmes des outils pour lesquels il n'a pas le code source, qu'il ne peut donc pas faire auditer régulièrement, et qui changent leur fonctionnalités sans prévenir, selon la seule volonté de l'éditeur, alors c'est que l'utilisateur n'attache aucune importance à la sécurité de ses systèmes d'informations. Il suffit de lire le contrat de licence pour se rendre compte du déséquilibre entre l'outil, et ce qu'espère en tirer un utilisateur.

ClamAV est sous licence GPL (donc c'est un logiciel libre). L'utilisateur peut consulter les sources, les faire auditer régulièrement, et même modifier/améliorer ce qu'il veut. Pourquoi n'a-t-il pas été cité ?
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 11:06
Citation Envoyé par micka132 Voir le message
Quand on "informe" le grand public c'est très certainement pour désigner un méchant...J'aime pas ça.
Si ce n'est qu'aujourd'hui que vous vous rendez compte que l'on subit une grosse propagande anti Russe... (bon ça va empirer jusqu'à la 3ième guerre mondiale)

C'est assez marrant parce que grâce à des lanceurs d'alerte comme Snowden et Assange, on en a apprit beaucoup sur la surveillance de masse des USA.
On sait qu'ils ont accès à nos emails, nos SMS, nos messages privés, nos appelles, notre position, etc...
On sait qu'il ont mis notre président sur écoute.

Mais ça ne pose de problème à personne, pour nous c'est normal que les USA puisse surveiller tout le monde.
Par contre c'est intolérable que la Russie puisse faire le milliardième de ce que font les états unis...
Hacker la NSA c'est quand même moins grave, que surveiller tout le monde.

Ya comme un 2 poids 2 mesures.
Alors qu'on a pas de raison d'être moins pote avec la Russie qu'avec les USA.
Avatar de guillaume07 guillaume07 - Débutant https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 11:26
"pour nous c'est normal que les USA puisse surveiller tout le monde"

Qu'est ce qui t'a mis ça dans la tête ?
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 11:43
Citation Envoyé par guillaume07 Voir le message
Qu'est ce qui t'a mis ça dans la tête ?
D'après notre gouvernement et nos médias c'est normal que les USA possèdent toutes nos informations personnelles.

Je vous assure que la news "Obama a mit sur écoute les chefs d'états Européen" est passé beaucoup mieux que si la même chose arrivait avec Poutine...
Ceux qui ont le pouvoir en France sont pro USA et anti Russie.

D'ailleurs ça a peut être joué contre Fillon (vu qu'il n'était pas autant anti Russe que les autres).
Avatar de disedorgue disedorgue - Expert éminent https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 12:03
Hmmm....

Une agence de sécurité américaine qui utilise un logiciel de sécurité russe sur ces ordinateurs... cherchez l'erreur

Perso, je crois plus en la marmotte qui emballe le chocolat, c'est plus crédible
Avatar de Danfre Danfre - Candidat au Club https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 12:19
Dans tout ça, on essaye de faire oublier que l'employé de la NSA a violé leurs propres règles de sécurité quand il a fait sortir ces documents.
Les précieuses données auraient pu fuiter par n'importe lequel des autres softs installés sur sa machine, voire par une des failles utilisées par les services américains eux-mêmes pour espionner leurs "alliés". Il aurait même pu les livrer lui même d'ailleurs.

Mais non, c'est tellement plus simple de taper sur Kaspersky, parce qu'ils sont russes.
Avatar de nirgal76 nirgal76 - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 13:34
Ces observations rapportées par WSJ découleraient d’expérimentations effectuées durant plusieurs mois sur Kaspersky AV par les services américains compétents
Rien que cette phrase, ça discrédite tout.
Avatar de Aiekick Aiekick - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 18:00
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Si ce n'est qu'aujourd'hui que vous vous rendez compte que l'on subit une grosse propagande anti Russe... (bon ça va empirer jusqu'à la 3ième guerre mondiale)

C'est assez marrant parce que grâce à des lanceurs d'alerte comme Snowden et Assange, on en a apprit beaucoup sur la surveillance de masse des USA.
On sait qu'ils ont accès à nos emails, nos SMS, nos messages privés, nos appelles, notre position, etc...
On sait qu'il ont mis notre président sur écoute.

Mais ça ne pose de problème à personne, pour nous c'est normal que les USA puisse surveiller tout le monde.
Par contre c'est intolérable que la Russie puisse faire le milliardième de ce que font les états unis...
Hacker la NSA c'est quand même moins grave, que surveiller tout le monde.

Ya comme un 2 poids 2 mesures.
Alors qu'on a pas de raison d'être moins pote avec la Russie qu'avec les USA.
peu être mais ce ne rend pas la Russie innocente de tout, c'est quand mème une dictature déguisé en démocratie il ne faudrait pas l'oublier..
ce que les usa arrivent a faire sur leur boites IT en ayant un certain nombre de baton juridique dans les roues est surement moins poussé que ce que la russie peut faire sur ces boites IT vu qu'il n'ont aucun baton dans les roue.
Avatar de Plasma Thruster Plasma Thruster - Candidat au Club https://www.developpez.com
le 12/10/2017 à 18:06
Comment dire... il faudrait à un moment qu'ils arrêtent de pleurnicher, ils ont perdus l'élection, ils ne sont pas contents OK... Avant de jeter la faute sur les autres une remise en question ne serait pas vraiment de trop...

Alors oui bien sur la Russie n'est pas clean, et pratique comme tout bon pays l'espionnage (massif ) .

Alors non en aucun cas lorsque j'installe un produit russe sur une machine, je pense espionnage dans la foulée. Sinon on vit dans une paranoïa permanente. Le fait est qu'il est sûr que comme les USA le pratique allégrement, les Russkofs mettent des backdoors dans des logiciels, est-ce que Kaspersky est à la solde du gouvernement Russe ? Peut-être, mais quand l'enquête est basé sur des résultats fournis par des services américains, on peut fortement douter de la véracité desdits résultats.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 13/10/2017 à 9:16
Citation Envoyé par Aiekick Voir le message
peu être mais ce ne rend pas la Russie innocente de tout, c'est quand mème une dictature déguisé en démocratie il ne faudrait pas l'oublier.
La Russie n'est pas moins démocratique que les pays de l'UE ou les USA...
Ils ont juste un leader charismatique soutenu par la majorité du peuple.
Je sais que pour nous c'est difficilement concevable d'imaginer un président aimé par son peuple, comme il est difficile d'imaginer un chef qui prenne les bonnes décisions pour sont pays.
Il faut dire que nous avons enchaîné Sarkozy, Hollande et Macron, donc niveau popularité et soutien du peuple ce n'est pas trop ça...

Et pour l'espionnage, c'est normal que la Russie cherche à hacker la NSA, les américains ont déjà fait bien pire aux Russes...
Le truc qui me gène c'est que ceux qui ont le pouvoir en France sont super pote avec les USA, alors qu'ils font de la surveillance de masse.
Les USA possèdent toutes nos informations personnelles.
Qu'ils viennent pas se plaindre quand leur service de surveillance se font hacker.
Avatar de Aiekick Aiekick - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 13/10/2017 à 17:55
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
La Russie n'est pas moins démocratique que les pays de l'UE ou les USA...
Ils ont juste un leader charismatique soutenu par la majorité du peuple.
Je sais que pour nous c'est difficilement concevable d'imaginer un président aimé par son peuple, comme il est difficile d'imaginer un chef qui prenne les bonnes décisions pour sont pays.
Il faut dire que nous avons enchaîné Sarkozy, Hollande et Macron, donc niveau popularité et soutien du peuple ce n'est pas trop ça...

Et pour l'espionnage, c'est normal que la Russie cherche à hacker la NSA, les américains ont déjà fait bien pire aux Russes...
Le truc qui me gène c'est que ceux qui ont le pouvoir en France sont super pote avec les USA, alors qu'ils font de la surveillance de masse.
Les USA possèdent toutes nos informations personnelles.
Qu'ils viennent pas se plaindre quand leur service de surveillance se font hacker.
je vois que la propagande russe a fait mouche ...
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 16/10/2017 à 8:33
Non, il y a relativement plus de Russes qui sont satisfait de Poutine que de Français qui sont satisfait de Macron.
Après pour les USA et Trump je ne connais pas exactement la popularité, mais ça doit pas être extremement haut non plus.

Donc on ne peut pas dire que la Russie soit moins démocratique que la France ou les USA.
Après je ne dis pas que c'est un système parfait, mais simplement que nous ne sommes pas mieux qu'eux.

Pas de surprise: pourquoi la moitié des Russes veut reconduire Poutine au pouvoir
Un sondage mené par le centre Levada montre que 48% des Russes sont prêts à voter pour Vladimir Poutine à l’élection présidentielle. Poutine domine toujours la scène politique russe, estiment les sociologues : sa popularité s’explique tant par l’absence d’opposition forte que par les souvenirs que les électeurs gardent de ses succès passés. Si Poutine décide de se porter candidat au scrutin de 2018, le pouvoir ne pourrait être mis à mal que par une faible participation.
Nous on a pas de chef avec des succès passés, Macron était ministre de la finance et son bilan n'était pas positif...
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