Rachat des activités de Toshiba : l'entreprise choisit l'offre du groupe mené par Bain
Mais Western Digital semble ne pas avoir dit son dernier mot

Le , par Olivier Famien, Chroniqueur Actualités
Comme il avait été annoncé par Toshiba, ce mercredi 13 septembre devait marquer la fin des négociations pour le choix du nouvel acquéreur des activités de puces de la firme japonaise. Et conformément au calendrier communiqué, Toshiba a annoncé aujourd’hui, à la suite d’une réunion de son conseil d’administration, qu’elle a conclu un mémorandum d’entente avec Bain Capital Private Equity, le membre principal d’un consortium qui souhaite actuellement acquérir son unité de fabrication de mémoires. Toshiba précise que les parties se donnent jusqu’à la fin de ce mois pour trouver « un accord définitif mutuellement satisfaisant ».

Nous rappelons, pour ceux qui n’ont pas suivi de bout en bout les différentes phases de cette affaire, que Toshiba est en proie à une grosse crise financière depuis des années. L’entreprise a falsifié ses comptes pendant environ sept ans afin de faire croire qu’elle se porte bien financièrement et ainsi maintenir sa valeur en bourse. Mais la supercherie a été découverte en 2015 et depuis lors, l’entreprise a entrepris un certain nombre de réformes afin de renouer avec la croissance. Mais en dépit des décisions prises comme le changement les dirigeants d’alors, la restructuration du personnel ainsi que le remplacement d’une grande partie des membres du conseil d’administration, les comptes de l’entreprise japonaise n’affichent toujours pas de résultats positifs.

En plus des irrégularités comptables constatées sur les sept années antérieures à 2015, l’entreprise est également accablée par une lourde dette de près de 10 milliards de dollars occasionnée par ses activités dans le nucléaire avec l’entreprise américaine Westinghouse Electric Corp qu’elle a rachetée depuis 2006 et dans laquelle elle est actionnaire à hauteur de 87 %.

Toshiba a donc obligation de trouver du cash pour épurer ses dettes et relancer ses activités. Pour cela, elle a décidé de vendre Toshiba Memory Corporation (TMC), son entreprise de production de mémoires pour laquelle elle est classée seconde entreprise de fabrication de mémoires au monde derrière son rival Samsung Electronic.

Depuis quelques heures, Toshiba a bouclé ses consultations et a annoncé qu’elle a porté son dévolu sur le consortium d’entreprises mené par Bain Capital Private Equity, une entreprise d’investissement basée aux États-Unis. Toshiba déclare que son conseil d’administration a porté son choix sur le consortium conduit par Bain, car « au cours de ces négociations, Bain a présenté de nouvelles propositions ». C’est donc en vertu de ces nouvelles propositions que Toshiba a opté pour le groupe de Bain Capital.

À noter que ce groupe d’entreprises était en compétition avec deux autres consortiums dont un mené par Foxconn qui s’était alliée à plusieurs entreprises dont Kingston Technology Co, le fabricant de mémoires, Apple, Dell, Cisco et Amazon, et l’autre dans lequel se trouvait Western Digital (WD).

Concernant Western Digital, il faut souligner qu’elle a formé une joint-venture avec Toshiba et jusqu’à une date récente, l’entreprise souhaitait vivement mettre la main sur l’unité de production de puces de l’entreprise japonaise. Mais avec la récente déclaration, les choses semblent mal engagées. Toutefois, rien n’est encore perdu, car « Toshiba annonce par la présente qu’elle a conclu un protocole d’accord non contraignant avec Bain ». Elle ajoute par ailleurs que « la signature de ce mémorandum d’entente n’élimine pas la possibilité de négociations avec d’autres consortiums ».

Bien évidemment, cela n’a pas suffi à calmer les autres prétendants. Western Digital, qui nourrissait l’espoir de renforcer sa position au sein de l’entreprise, a déclaré ceci après l’annonce de Toshiba : « Nous sommes déçus que Toshiba prenne cette mesure malgré les efforts inlassables de Western Digital pour parvenir à une résolution qui est dans l’intérêt de toutes les parties prenantes. » WD ajoute qu’il « est surprenant que Toshiba continue de poursuivre une transaction avec un consortium dirigé par SK Hynix Inc. basée en Corée et Bain Capital Japan sans le consentement de SanDisk, dans la mesure où la langue dans les accords JV afférents est sans ambiguïté, et plusieurs tribunaux se sont prononcés en faveur de la protection des droits contractuels de SanDisk ».

Il faut savoir que Western Digital a déjà déposé une plainte auprès d’une Cour d’arbitrage internationale afin de dénoncer le fait que Toshiba n’a pas le droit de procéder à la vente de son unité de fabrication de puces sans l’accord de ses partenaires membres de la joint-venture créée.

En attendant le règlement de cette affaire, Toshiba se donne donc jusqu’à la fin de ce mois pour boucler tous les aspects de la transaction.

Source : Communiqué Toshiba (PDF), Western Digital

Et vous ?

Toshiba pourra-t-elle régler tous ses problèmes financiers et revenir au-devant de la scène après cette vente ?

Voir aussi

Toshiba est en difficulté financière avec une perte de 4,8 milliards $ en neuf mois, Apple envisagerait une offre sur les mémoires de Toshiba

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Avatar de CaptainDangeax CaptainDangeax - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 14/09/2017 à 15:51
Choisir un fond d'investissement plutôt que ses partenaires, ça sent les valises de billets et les hôtesses ukrainiennes à des kilomètres de distance. Les tribunaux et les avocats commerciaux n'ont pas fini de s'enrichir avec les multiples rebondissements que cette affaire nous prépare. Quant à la marque Toshiba qui fabriquait du bon en audio, vidéo, ordis portables, mémoires... On peut la pleurer.
Avatar de Christian Olivier Christian Olivier - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 29/09/2017 à 8:17
Toshiba a signé l'accord de vente de sa division puces-mémoires avec Bain Capital
Mais les membres du consortium ne semblent pas s’entendre

L’entreprise technologique japonaise Toshiba a annoncé jeudi avoir signé un accord qui scelle la vente d’une partie de sa division dédiée aux puces-mémoires à un consortium emmené par le fonds d’investissement Bain Capital Private Equity pour un montant total de 15,1 milliards d’euros. Cet accord devrait permettre au conglomérat nippon de consolider sa situation financière fragilisée par la faillite de sa filiale nucléaire américaine Westinghouse dont il détient 87 % des actions. Il faut noter que cet accord a été signé au terme de tractations aux multiples rebondissements et en dépit de la vive opposition de son partenaire Western Digital qui envisage d’ailleurs de porter l’affaire devant les tribunaux afin de bloquer cette cession.

Le consortium emmené par Bain qui fait l’acquisition de Toshiba Memory inclut notamment le fabricant de semi-conducteurs sud-coréen SK Hynix, le groupe industriel taïwanais spécialisé dans la fabrication de produits électroniques FoxConn ainsi que plusieurs entreprises technologiques américaines à l’instar de Dell, Apple, Seagate Technology, Cisco, Amazon et Kingston Technology. Il a remporté les faveurs du gouvernement japonais aux dépens d’un autre qui était emmené par Western Digital.

À ce sujet, il peut être important de préciser que les relations entre Toshiba et son partenaire actuel s’étaient très sérieusement dégradées à cause notamment de leur incapacité à trouver un nouvel accord de coentreprise sur les semi-conducteurs après que Western Digital a décidé, en 2016, de racheter la société SanDisk, le partenaire historique de Toshiba dans ce marché depuis 17 ans.


D’après les informations rapportées par le média Reuters, le conseil d’administration de Toshiba avait donné son feu vert pour entériner la vente de cette division, mais la signature aurait été reportée simplement parce que la société Apple aurait voulu renégocier les conditions de sa participation au financement de l’opération en échange de la fourniture de puces. Une conférence de presse qui devait se tenir à Tokyo pour marquer la finalisation de cet accord a été annulée probablement à cause de certains points de divergence entre les membres du consortium retenu. Malgré cela, le responsable de Bain Capital au Japon, Yuji Sugimoto, a insisté sur le fait que ces évènements n’avaient aucune incidence sur l’opération, sans préciser l’identité des membres du consortium qui se sont opposés à la tenue de la conférence.

Pour se prémunir contre le vol de ses technologies par l’un de ses concurrents asiatiques, l’une des priorités du gouvernement japonais, la société Toshiba a promis qu’un « ;pare-feu restreignant l’accès de SK Hynix à des données confidentielles pendant au moins dix ans ;» serait mis en place. Elle a également assuré qu’elle maintiendrait une majorité des parts de la nouvelle entité sous le contrôle de la partie japonaise, comme le souhaitait le gouvernement.

Si cette cession arrivait à son terme, Toshiba ne détiendrait plus que 40,2 % des actions de la nouvelle division puces-mémoires, mais devrait être associé avec le groupe Hoya qui est spécialisé dans le matériel médical et hériterait de 9,9 % des parts de la nouvelle entité. Les membres du consortium emmené par le fonds d’investissements Bain Capital Private Equity se partageraient les 49,9 % restants, a révélé la société SK Hynix dans un communiqué.

De façon globale, SK Hynix devrait apporter environ 3 milliards d’euros dans le cadre de son financement, contre 1,06 milliard d’euros pour Seagate et 2,07 milliards d’euros pour le groupe formé par Apple, Dell et Kingston. Les établissements bancaires devraient financer cette opération à hauteur de 4,52 milliards d’euros et l’entreprise Toshiba devrait elle-même réinvestir 2,64 milliards d’euros. Le reste devrait être complété par d’autres acteurs impliqués dans cette transaction. « ;La majeure partie des risques qui pesaient sur Toshiba ont disparu. Le groupe va pouvoir redevenir une entreprise normale ;», a commenté Hideki Yasuda, analyste chez Ace Research Institute.

Les problèmes qui entourent la cession de la division puces-mémoires du numéro deux mondial des mémoires NAND sont révélateurs des enjeux qui ont trait à la maitrise et à l’exploitation des technologies liées aux mémoires NAND. En effet, ces dernières sont en rapport direct avec le domaine du stockage des données qui représente actuellement un élément indispensable à la mise en œuvre ou à l’évolution de certaines technologies d’avant-garde comme l’intelligence artificielle, la conduite autonome, l’internet des objets, la robotique, etc.

Toshiba a tout intérêt à boucler cette vente avant le 31 mars 2018. En effet, cette date correspond à l’échéance prévue avant laquelle la compagnie japonaise doit s’arranger à disposer des liquidités suffisantes qui lui permettront de prouver qu’elle est redevenue solvable. Dans le cas contraire, son action sera automatiquement supprimée de la Bourse de Tokyo.

Source : Reuters, Zone Bourse

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Toshiba est en difficulté financière avec une perte de 4,8 milliards $ en neuf mois, Apple envisagerait une offre sur les mémoires de Toshiba
Avatar de Namica Namica - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 01/10/2017 à 2:14
Citation Envoyé par CaptainDangeax Voir le message
Choisir un fond d'investissement plutôt que ses partenaires, ça sent les valises de billets et les hôtesses ukrainiennes à des kilomètres de distance. Les tribunaux et les avocats commerciaux n'ont pas fini de s'enrichir avec les multiples rebondissements que cette affaire nous prépare. Quant à la marque Toshiba qui fabriquait du bon en audio, vidéo, ordis portables, mémoires... On peut la pleurer.
Fond d'investissement ? Je n'aime pas cela non plus.
Je les considère comme responsable de biens des maux de notre économie. Ils sont beaucoup trop axés sur les rendements court terme pour satisfaire la spéculation des fonds de pensions qui sont leurs actionnaires principaux.
Avatar de Christian Olivier Christian Olivier - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 05/06/2018 à 15:45
Toshiba poursuit sa restructuration et cède son activité PC à Sharp, la filiale de Foxconn
Après la vente de sa division dédiée aux puces-mémoires

L’entreprise technologique japonaise Toshiba vient d’annoncer qu’elle cède son activité PC à Sharp, une ancienne gloire de l’industrie technologique nipponne qui avait pourtant abandonné sa propre activité PC des années auparavant avant d’être rachetée par le taïwanais Foxconn (Hon Hai).

D’après l’accord conclu entre les deux parties, Sharp va payer 4 milliards de yens (31 millions d’euros) pour acquérir 80,1 % de Toshiba Client Solutions, la filiale de Toshiba qui propose des PC et d’autres produits destinés aux professionnels. Toshiba devrait, de son côté, conserver 19,9 % des parts de sa filiale qui était dans le rouge depuis plusieurs années. L’acquisition de l’activité PC de Toshiba par Sharp marque le retour de cette filiale de Foxconn sur un marché qu’elle connait bien et où elle a fait ses preuves.


Ébranlé par l’émergence de nouveaux concurrents sur ses marchés de prédilection, le recul de la demande pour les PC traditionnels et son décrochage du marché stratégique des mobiles (tablettes et smartphones), Toshiba n’a cessé de voir ses ventes de PC partir à la dérive. En grande difficulté financière, le conglomérat japonais poursuit activement sa restructuration en se débarrassant des activités qui ne cadrent plus avec les secteurs de développement stratégiques dont il a fait sa priorité (transport et énergie notamment).

L’année dernière, malgré la vive opposition de son partenaire Western Digital, Toshiba a signé un accord pour sceller la vente d’une partie de sa division dédiée aux puces-mémoires à un consortium emmené par le fonds d’investissement Bain Capital Private Equity pour un montant total de 15,1 milliards d’euros. Cet accord devait permettre à l’entreprise technologique japonaise de consolider sa situation financière fragilisée par la faillite de sa filiale nucléaire américaine Westinghouse, dont il détenait à ce moment-là 87 % des actions, et une série de scandales financiers.

Le consortium emmené par Bain qui fait l’acquisition de Toshiba Memory incluait notamment le fabricant de semi-conducteurs sud-coréen SK Hynix, le groupe industriel taïwanais spécialisé dans la fabrication de produits électroniques FoxConn et plusieurs entreprises technologiques américaines à l’instar de Dell, Apple, Seagate Technology, Cisco, Amazon et Kingston Technology. Il a remporté les faveurs du gouvernement japonais aux dépens d’un autre qui était emmené par Western Digital.

Source : Toshiba (PDF), Reuters

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