Polémique sur les inégalités de genre dans la tech : des chercheurs défendent l'employé de Google
Ses arguments seraient prouvés scientifiquement

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Le vendredi dernier, un employé de Google a attiré la colère des autres employés de la firme, après avoir exprimé une opinion minoritaire sur la diversité. James Damore a en effet essayé d’expliquer les inégalités de genre au sein de la tech par des « différences biologiques ». Dans un mémo de dix pages, il a déclaré qu’il faut « arrêter de prétendre que la différence de salaire [entre hommes et femmes] implique forcément du sexisme. » Il a soutenu également que « les choix et les capacités des hommes et des femmes divergent, en grande partie, en raison de causes biologiques et que ces différences pourraient expliquer pourquoi les femmes ne sont pas représentées de manière égale dans la tech et [aux postes de responsabilité]. »

Sa note a toutefois créé un déluge de critiques au sein de Google et sur la toile après que cela a été rendu public. Il a également été viré de chez Google pour avoir « perpétré des stéréotypes sexistes ». Si la plupart des réactions visaient à le fustiger, l’ex-ingénieur de Google semble avoir le soutien de la communauté des scientifiques. Dans un article publié par Quillette Magazine, mais qui semble ne plus être accessible en ligne, plusieurs chercheurs en psychologie et sur le comportement se sont en effet rangés du côté de James Damore.

Lee Jussim


Lee Jussim est professeur de psychologie sociale à l'Université Rutgers et a été chercheur au centre d'études avancées en sciences comportementales de l'Université de Stanford. Lee Jussim estime que « l'auteur de l'essai de Google sur les questions liées à la diversité tire presque tous ses arguments de la science et ses implications sont tout à fait exactes. » En ce qui concerne les commentaires négatifs, il pense également qu’il n'a vu que des insultes et que très peu de commentaires visaient à démonter les arguments de James Damore. « Même la réponse du nouveau vice-président de Google en charge de la diversité fait fi de tous les arguments de l'auteur [du mémo] et affirme vivement l'engagement de Google envers la diversité », a-t-il ajouté. Le professeur en psychologie sociale pense que le texte de l'ex-ingénieur de Google « peut ne pas dire correctement les choses à 100 %, mais ce n'est certainement pas [irrationnel]... L'essai est beaucoup plus réfléchi, soutenu par la science et mieux raisonné que presque tous les commentaires. »

Debra W. Soh


Debra W. Soh est titulaire d'un Ph. D. en neurosciences comportementales et auteur d'écrits scientifiques. Sur la polémique qui a éclaté au sein de Google ces derniers jours, elle partage la même position que Lee Jussim. « En tant que femme qui a travaillé dans le milieu universitaire et dans le domaine des STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), je n'ai en aucun cas trouvé le mémo offensant ou encore sexiste. J'ai trouvé que c'était un document bien pensé », dit-elle. « Dans le domaine des neurosciences, les différences sexuelles entre les femmes et les hommes – en ce qui concerne la structure et le fonctionnement du cerveau et les différences associées dans la personnalité et les préférences professionnelles – sont vraies, car la preuve (des milliers d'études) est forte », explique Debra Soh. « Ce n'est pas une information qui est considérée comme controversée ou à débattre ; si vous essayez de faire valoir autre chose, vous ferez l'objet de raillerie. »

Elle précise également que les chercheurs dans le domaine « reconnaissent que ces différences ne soutiennent pas intrinsèquement le sexisme ni les possibilités de stratification basées sur le sexe […] Certaines de ces idées ont été publiées dans des revues neuroscientifiques ». Quelle que soit la controverse, elle pense qu’il « est important de discuter des vérités scientifiques », car si nous ne pouvons pas le faire, elles ne nous mènent nulle part.

Geoffrey Miller


Geoffrey Miller est professeur de psychologie à l'Université du Nouveau-Mexique. Ses recherches ont porté sur divers thèmes comme sur la sélection sexuelle, les traits de personnalité, la génétique du comportement, etc. « Parmi les commentateurs qui affirment que les faits empiriques du mémo sont faux, je n'ai pas lu un seul qui comprend la théorie de la sélection sexuelle, le comportement animal et la recherche sur les différences sexuelles », dit-il.

« Pour ce qu'il vaut, je pense que presque toutes les revendications empiriques du mémo sont scientifiquement exactes. En outre, ils sont énoncés avec précaution et impartialité. Ses principales revendications concernant les différences de genre sont particulièrement bien soutenues par de nombreuses recherches », a-t-il ajouté.

Geoffrey Miller dit ne pas connaitre assez les recherches sur les différences sexuelles. Il dit toutefois avoir beaucoup étudié l'évolution et la sexualité humaine, enseigné pendant 28 ans dans ce domaine, écrit quatre livres et plus de 100 publications universitaires, et encadré onze étudiants en Ph. D. Il pense donc que « peu importe l'auteur du mémo, il a clairement lu une bonne partie de ces sujets ». Ainsi, « une évaluation juste de son mémo serait au moins un A dans un cours de psychologie de niveau supérieur. Cela correspond à l'état de l'art sur les différences sexuelles », dit-il.

David P. Schmitt


Titulaire d'un Ph. D. en psychologie de la personnalité, David P. Schimtt reconnait aussi le fondement scientifique des propos de James Damore, mais contrairement aux autres, prend plus de distance en ce qui concerne la réalité chez Google. Il faut noter que l'ex-ingénieur de Google avait même fait référence à certaines recherches de Schimtt.

« Un employé de Google a récemment partagé un mémo qui faisait référence à certaines de mes recherches universitaires sur les différences sexuelles psychologiques (par exemple, les traits de personnalité, les préférences du partenaire, la recherche d'un statut)... Dans le cas des traits de personnalité, la preuve que les hommes et les femmes peuvent avoir des niveaux différents pour certains traits est plutôt forte », dit-il, avant de remettre en cause l'application de ses résultats de recherches chez Google : « Mais il n'est pas clair pour moi comment ces différences de genre peuvent être pertinentes pour le lieu de travail de Google », poursuit-il. « Et même si les différences sexuelles [...] étaient pertinentes pour la performance professionnelle (par exemple, ne pas être capable de gérer le stress), l'impact de ces différences de genre [...] n'est pas très important », a-t-il relativisé.

Source : Quillette Magazine (cache Google)

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Avatar de gagaches gagaches - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 20:04
c'était, semble-t-il, pour se plaindre de la discrimination positive de Google afin de bien se faire voir, cad de trop faire du "diversity washing" comme certaines boites font du "green washing".

Et c'est triste que, sous couvert de ne pas penser comme la majorité, ses arguments et discussions soient totalement balayés et oubliés.

Je cite le CTO :
"So to be clear again, many points raised in the memo—such as the portions criticizing Google’s trainings, questioning the role of ideology in the workplace, and debating whether programs for women and underserved groups are sufficiently open to all—are important topics."

Oui, c'est important. Mais on parie qu'ils vont vite oublier de les traiter ?

J'en profite car je ne pourrais pas me faire virer :

Ma pensée personnelle "qu'il faut pas dire".
C'est pas tant les différences biologiques, que l'orientation donnée lors de l'apprentissage des personnes que l'on crée ce sexisme.

Or :
- les personnes aux manettes des orientations professionnelles des enfants sont majoritairement des femmes (entre les parents, les profs et les conseillères d'orientation)
oui, les mamans sont plus présentes que les papa dans l'éducation des enfants
oui, les profs et les conseillers d'éducation sont majoritairement des femmes

- les recruteurs dans les entreprises et les instituts de formation sont majoritairement des femmes (rh)
- les employés du commerce/marketing sont majoritairement des femmes
donc les publicités et le merchandising sont principalement créées par des ... femmes

Elles dirigent donc :
- l'éducation de nos enfants
- l'orientation de nos enfants dans les différentes formations
- la publicité et par cela, l'image véhiculée des 2 sexes

Et ces femmes s'étonnent ensuite que les femmes préfèrent des formations rémunératrices (infirmières, assistance sociale, maitresse, caissière, ...) à des formations moins vendeuses (informaticien, éboueur, maçon, médecin, ...)



(James Damore, je te soutien !)
Avatar de GilbertLatranche GilbertLatranche - Membre averti https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 20:09
Il n'y a pas moyen que l'ingénieur foute un procès au cul de Gizmodo ? Le fait que ce site poubelle existe encore est une aberration.

On appréciera également le magnifique job des journalistes divers. Toute la meute s'est réunie en une micro-seconde pour abattre ce pauvre gars.

Slate a été d'une intelligence rare en prenant sa défense dans un deuxième temps.

Je ne peux pas encore dire si j'approuve le texte incriminé, mais il est beaucoup plus nuancé que ce que les hystériques veulent faire croire.
Avatar de Marco46 Marco46 - Modérateur https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 20:27
Citation Envoyé par math_lab Voir le message
Il me semble que c'est parce qu'a l’époque, l'informatique n’était pas considéré comme une discipline a part entière, c’était juste un moyen d’accélérer son travail de recherche. Donc toutes les chimistes, physiciennes et autres se sont retrouvées a faire de l'informatique. Et c'est toujours le cas, sauf qu'on appelle pas ça de l'informatique, juste de la recherche.
C'est pas de l'informatique mais ils ont inventé UNIX, le langage C, le world wide web, ...

Comment te dire ...

Sur le reste, dire que les femmes sont sujettes aux émotions plus que les hommes qui préfèrent les idées c'est le même type d'argumentation que donnaient les hommes qui étaient contre donner le droit de vote aux femmes. Pour moi c'est du même ordre que de dire que les noirs courent plus vite que les blancs ou que les arabes sont des voleurs et des menteurs.

Alors certes on peut considérer le racisme comme une opinion, mais ce n'est pas mon point de vue.
Avatar de GilbertLatranche GilbertLatranche - Membre averti https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 20:36
"Préférons la méritocratie à la diversité qui fait abstraction des compétences"

Je ne vois aucun racisme là-dedans.
Avatar de devDePassage devDePassage - Membre régulier https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 20:43
Je préfère des news à propos de QWANT ou de MICRO APPLICATIONS, des vraies sociétés de chez nous et qui payent des impots chez nous . Twitter ne vaut rien du tout, ne génére pas d'argent, mais comme par hasard, amasse du fric en étant introduit à la bourse
Avatar de gagaches gagaches - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 21:04
Citation Envoyé par Marco46 Voir le message
C'est pas de l'informatique mais ils ont inventé UNIX, le langage C, le world wide web, ...

Comment te dire ...

Sur le reste, dire que les femmes sont sujettes aux émotions plus que les hommes qui préfèrent les idées c'est le même type d'argumentation que donnaient les hommes qui étaient contre donner le droit de vote aux femmes. Pour moi c'est du même ordre que de dire que les noirs courent plus vite que les blancs ou que les arabes sont des voleurs et des menteurs.

Alors certes on peut considérer le racisme comme une opinion, mais ce n'est pas mon point de vue.
Ne rétrécie pas tout son discours à une maladresse/erreur :
Il ne dit pas que les femmes sont plus sujettes aux émotions mais qu'elles sont plus intéressées par les relations sociales.
Avatar de Néroli Néroli - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 21:49
Je suis une femme et je trouve que James Damore n'a pas tort. En outre je pense que le licencier est exagéré. Google veut se faire bien voir.

Pourquoi les femmes sont peu attirées par la programmation et l'ingénierie en général ? J'en sais rien. Est-ce par mimétisme social, par inclination naturelle... Ce que je sais, dans mon cas, c'est que je suis une fille unique qui a été précoce dans ses études, que ma mère est chef d'entreprise avec des études scientifiques comme bagage, que ma cousine a fait l'X... Tout ça pour dire que je ne me suis jamais dit : "la programmation c'est pas pour moi". Ce n'est pas quelque chose qui me fasse peur.

Le premier point est l'environnement. Si je n'avais pas eu l'environnement que j'ai eu, est-ce que j'aurais atterri comme programmeuse ? Peut-être que non. Je comprends tout à fait que les femmes aient besoin d'une carrière qui soit socialement rémunératrice (i.e. où elles puissent fréquenter d'autres femmes). En effet, en tant que programmeuse, je me sens un peu isolée dans un monde d'hommes. Mais je le vis bien, comme expliqué plus haut, j'ai toujours été un peu isolée. Mais je conçois qu'une telle perspective de carrière puisse en effrayer plus d'une.

Le deuxième point est le mimétisme social. Les femmes qui ne voient pas d'autres femmes de leur entourage s'intéresser à la technologie ou aux sciences un peu dures ont-elles une chance de s'y intéresser un jour ? Elles peuvent penser qu'elles n'en sont pas capables. Or on a tendance à s'intéresser à telle ou telle activité car on peut la partager avec autrui.

Le troisième point est la biologie. C'est une piste à explorer mais terriblement complexe car liée aux autres points cités plus haut. Je pense que comme il y a des surdoués, il faut accepter l'idée que les cerveaux des femmes soient câblés différemment des hommes. Mais il ne faut pas dire que toutes les femmes ne sont pas capables de programmer ou intéressées par la programmation : c'est faux.

Citation Envoyé par transgohan Voir le message
Même si je ne suis pas d'accord avec ses propos je suis de son avis quant aux aberrations de directives de recrutement des grandes entreprises...
Dans la mienne on a une centaine de postes ouverts, dont 85% destinés à des confirmés ou experts.
Et la directive de recrutement de l'an prochain c'est :
- 80% de -30ans, pour les autres il faut obtenir une dérogation
- 50% de femmes

Quand on sait qu'il y a très peu de femmes en informatique et qu'il y a peu d'expert de moins de 30ans on sait très bien que la politique est de la poudre aux yeux et qu'elle est débile...
Ca me fait penser, dans un domaine différent, à la parité du parti En Marche !. Quand ils ont ouvert les candidatures aux investitures des législatives, ils ont voulu 50 % de femmes. Et puis ils se sont aperçus qu'on était loin d'atteindre les 50 % de femmes candidates. Pourquoi ? Certainement parce que le poste de député est exigeant dans l'emploi du temps et que les femmes sont pour la plupart mères de famille... Tout ça pour dire que les politiques et les décideurs veulent faire de la parité une vocation, mais qui se heurte très vite à la dure réalité...
Avatar de 23JFK 23JFK - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 22:08
Heureusement qu'il n'a pas mentionné l'humeur changeante de nos chères femelles en fonction de l'état d'avancement de leur cycle hormonal. Le pauvre aurait alors été castré sur place par le CTO de google en personne.
Avatar de Marco46 Marco46 - Modérateur https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 22:20
Citation Envoyé par gagaches Voir le message
Ne rétrécie pas tout son discours à une maladresse/erreur :
Il ne dit pas que les femmes sont plus sujettes aux émotions mais qu'elles sont plus intéressées par les relations sociales.
Les femmes préfèrent faire la vaisselle et s'occuper des gamins c'est bien connu

Allez je vous laisse à vos préjugés machistes pour ce soir !
Avatar de BenoitM BenoitM - Membre expert https://www.developpez.com
le 08/08/2017 à 22:21
Citation Envoyé par Néroli Voir le message
Je suis une femme et je trouve que James Damore n'a pas tort. En outre je pense que le licencier est exagéré. Google veut se faire bien voir.
Le problème est les termes employés...

Citation Envoyé par Néroli Voir le message
Peut-être que non. Je comprends tout à fait que les femmes aient besoin d'une carrière qui soit socialement rémunératrice (i.e. où elles puissent fréquenter d'autres femmes). En effet, en tant que programmeuse, je me sens un peu isolée dans un monde d'hommes. Mais je le vis bien, comme expliqué plus haut, j'ai toujours été un peu isolée. Mais je conçois qu'une telle perspective de carrière puisse en effrayer plus d'une.
Euh ca pourrait attiré aussi :p
Perso moi ca me déprime d'être que d'un milieu d'homme et je me dis que j'aurai du faire des études d'infirmier :p

Citation Envoyé par Néroli Voir le message

Le troisième point est la biologie. C'est une piste à explorer mais terriblement complexe car liée aux autres points cités plus haut. Je pense que comme il y a des surdoués, il faut accepter l'idée que les cerveaux des femmes soient câblés différemment des hommes. Mais il ne faut pas dire que toutes les femmes ne sont pas capables de programmer ou intéressées par la programmation : c'est faux.
Cablé différent je ne sais pas...
A première vue en Europe l'homme est câblé pour être catholique et de plus en plus agnostique
A première vue en Asie l'homme est câblé pour être hindous ou bouddhiste, shintoïste
A première vue au moyenne orient l'homme est cablé pour est musulmans.

Bref je suis pas comment on peut définir le coté biologie dans l'être humain...

Citation Envoyé par Néroli Voir le message

Ca me fait penser, dans un domaine différent, à la parité du parti En Marche !. Quand ils ont ouvert les candidatures aux investitures des législatives, ils ont voulu 50 % de femmes. Et puis ils se sont aperçus qu'on était loin d'atteindre les 50 % de femmes candidates. Pourquoi ? Certainement parce que le poste de député est exigeant dans l'emploi du temps et que les femmes sont pour la plupart mères de famille... Tout ça pour dire que les politiques et les décideurs veulent faire de la parité une vocation, mais qui se heurte très vite à la dure réalité...
Mais pourquoi se sont des mères de famille? leurs condition se limite à être mère?
Si ce sont des mères de famille c'est aussi des père de famille non?
La réalité conçue par des hommes...

Et est-ce vraiment logique qu'il y aie des métier qui te demande plus que ton temps?
Les députés n'auraient pas le droit de dormir, d'avoir des amis, des passes temps? (quand tu vois le nombre à l'assemblé (de cumulard pour la Belgique) à première vue ils ont trop de temps )
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