La proximité de nos smartphones réduirait la disponibilité de nos capacités cognitives
Même lorsqu'on ne s'en sert pas, d'après une étude

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Avoir votre smartphone auprès de vous vous empêche-t-il de vous concentrer longtemps ?
380 millions ! C’est le nombre de smartphones écoulés au premier trimestre 2017 d’après les statistiques de Gartner, qui a noté une augmentation annuelle du volume de ventes de 9,1 %. Le cabinet d’études a également souligné une nette hausse des prix de vente moyens des smartphones, cela à cause d'un changement d'habitude des consommateurs qui sont maintenant prêts à dépenser davantage d'argent pour s'offrir des téléphones de meilleure qualité et plus performants.

Autant dire que le succès des smartphones n’est plus à démontrer et qu’il ne repose pas uniquement sur les smartphones d’entrée de gamme comme certains pourraient le penser.

Le smartphone a donc su entrer progressivement dans les mœurs de la société moderne, obligeant même les entreprises à s’adapter en conséquence. Nous pouvons citer par exemple les entreprises publicitaires (à l’instar de Facebook ou Google) qui voient leurs revenus boostés par le mobile, ou encore le fait que les entreprises qui disposent d’un site en ligne envisagent sérieusement de proposer une version mobile-friendly.

Nos smartphones permettent et encouragent une connexion constante à l'information, au divertissement et à l'autre. Avec eux, le monde est à notre portée et ils quittent difficilement les côtés de bien des utilisateurs. Cependant, d’après une étude, leur présence persistante peut avoir une répercussion sur le cognitif.

« Les individus sont constamment entourés d'informations potentiellement significatives. Cependant, leur capacité à utiliser ces informations est constamment tributaire des systèmes cognitifs qui sont capables d’attendre puis de traiter seulement une petite quantité de l'information disponible à un moment donné », a rappelé l’équipe de chercheurs constituée par Adrian F. Ward, Kristen Duke, Ayelet Gneezy et Maarten W. Bos.

L’équipe a suggéré que l'intégration croissante des smartphones dans chaque moment de la vie quotidienne crée l'impression qu'ils sont souvent pertinents pour les objectifs de leur propriétaire et établit les bases d’une attention automatique. Conformément à cette hypothèse, la recherche indique que les signaux provenant de son propre téléphone (et non de celui de quelqu'un d'autre) activent le même système d'attention involontaire qui répond au son de son propre nom.

Lorsque les propriétaires de smartphones sont engagés dans des tâches pour lesquelles leur smartphone n’a pas d’importance, la capacité de ces dispositifs à attirer automatiquement l'attention peut miner les performances de deux façons :
  • tout d'abord, les smartphones peuvent rediriger l'orientation de l'attention consciente loin de la tâche principale et vers des pensées ou des comportements associés à son téléphone. Dans ce cas, l’équipe rappelle que des recherches antérieures fournissent des preuves suffisantes attestant que les individus s'occupent spontanément de leur téléphone à des moments inopportuns et que cette distraction numérique affecte négativement la performance et le plaisir ;
  • ensuite, les smartphones peuvent redistribuer l'allocation des ressources attentionnelles entre se dévouer à la tâche centrale et inhiber l'attention sur son téléphone. Parce que l'inhibition de l'attention automatique occupe des ressources attentionnelles, les performances sur les tâches qui dépendent de ces ressources peuvent en subir les conséquences, même lorsque les propriétaires de smartphones ne s'occupent pas consciemment de leur téléphone. Une possibilité que les chercheurs ont explorée dans le cadre de leur étude.

L’équipe a alors lancé deux expériences pour tester l’hypothèse selon laquelle la proximité de son smartphone affecte les capacités cognitives, même lorsqu’on ne l’utilise pas.


Procédure de la première expérience :

L’univers a été constitué de 548 individus. L’équipe a manipulé la portée des smartphones en assignant au hasard les participants à l'une des trois conditions de localisation du téléphone : bureau, poche/sac ou autre pièce :
  • les participants se retrouvant dans la condition « autre pièce » ont laissé tous leurs effets dans le hall avant d'entrer dans la salle d'essai (selon le protocole de laboratoire typique) ;
  • les participants se retrouvant dans la condition « bureau » ont laissé la plupart de leurs biens dans le hall, mais ont pris leur téléphone dans la salle d'essai « pour une utilisation dans une étude ultérieure », une fois dans la salle de test, ils ont été invités à placer leur téléphone face cachée dans une zone désignée sur leur bureau ;
  • les participants à la condition « poche/sac » ont porté tous leurs biens dans la salle d'essai avec eux et ont gardé leur téléphone partout où ils l’auraient fait « naturellement ». Sur les 174 participants à cette condition, 91 (52,3 %) ont déclaré garder leur téléphone dans leur poche, et 83 (47,7 %) ont déclaré garder leur téléphone dans leur sac.

Les participants dans toutes les conditions ont été chargés de « mettre complètement leur téléphone sur silencieux. Cela signifie désactiver la sonnerie et couper les vibrations de sorte que leur téléphone ne produise aucun son. »

Après quoi ils ont été soumis à une batterie de tests.

L’équipe a conclu que les résultats de ces deux expériences indiquent que même lorsque les gens réussissent à maintenir une attention soutenue (comme pour éviter la tentation de vérifier leur téléphone), la simple présence de ces dispositifs réduit la capacité cognitive disponible. De plus, ces coûts cognitifs sont les plus élevés pour ceux qui ont une plus grande dépendance au smartphone.

Source : résultats de l'étude

Voir aussi :

Gartner : les ventes de smartphones progressent de 9,1 % au premier trimestre 2017, Huawei, Oppo et Vivo réalisent les meilleures performances
Donner un smartphone à un enfant aurait le même effet que lui donner un gramme de cocaïne, d'après un expert en addiction

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ? Partagez-vous ces conclusions ?

Vous sentez-vous tenté de retourner vers votre téléphone pendant que vous êtes en train de travailler ?

Si vous partagez cette conclusion, est-ce uniquement valable pour les smartphones ou pour d'autres outils également ?


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse

Avatar de TallyHo TallyHo - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 28/06/2017 à 13:35
Il me semble que j'ai lu le même genre d'étude pour les mails, il y a des gens qui vérifient toutes les 2 mns si je me souvient bien. Et qui sont vraiment perturbés de ne pas pouvoir les lire si ils sont occupés ailleurs.

Alors je me pose une question : Est ce que ce sont les smartphones ou la société d'information et de l'hyper-connection en général qui nous envoient des signaux en permanence (SMS, mails, FB, Twitter, RSS, etc...) et qui nous rend "névrosés" ?
Avatar de UndeadangerousK UndeadangerousK - Membre régulier https://www.developpez.com
le 28/06/2017 à 13:38
Sur le fond, oui, le smartphone peut potentiellement réduire la concentration au travail, et/ou faire dévier de la tâche principale à accomplir.

Cependant, je trouve que l'article fait un constat relativement alarmiste d'une situation qui se veut normale : Nous vivons dans une société (un monde plutot, ouais !) capitaliste, et donc faite de cycles de courts termes.

On notera deux choses : L'outil du cycle à court terme et le produit en lui-même. Je dis ça pour ceux qui serait tenté de dire que je dis des conneries, que le smartphone a de beaux jours devant lui. Oui, c'est vrai, et c'est précisément pour ça que le smartphone évolu si bien dans notre monde.

Il s'agit d'un outil de cycle a court terme. Donc, potentiellement, il est nécessaire d'en posséder un pour rentrer dans cette phase d'hypercommunication (que ce soit marketing, ou pas).
La ou je veux attirer l'attention, c'est sur le constat en lui-même. C'est exactement comme si on parlait d'éducation par rapport à l'informatique.

Tout comme l'informatique est une matière supplémentaire à enseigner aux enfants (au moins les risques et dangers liés à internet), le smartphone est un nouvel outil de communication, ce n'est pas un ennemi.
(Je sais, j'ai exagéré sur le "nouvel outil")

Il est important de noter que personne ne peut echapper aux smartphones parce que, tout se numérisant, il finira par devenir le portefeuille, la carte d'identité, la carte bleue et le téléphone. (Et si vous êtes sage, on a un modèle cafetière)
Par contre, encore une fois, il faut vraiment qu'on prenne en compte ses impacts, pas en tant que capacité cognitives (qui sont tendues vers la performance au travail) mais plutôt les effets et impacts sur la santé mentale et psychique. (Je pense que passer sa vie dans un bureau a entendre un téléphone sonner, ou sillonner la france en tant que commercial et etre dirigé par son smartphone, c'est pas sans impact)

Et de manière golable, l'ère d'hyper-communication n'est-elle pas en train de nous détruire à petit feu.
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre émérite https://www.developpez.com
le 28/06/2017 à 14:14
La proximité de nos smartphones d'une lampe forte au dessus de la tête réduirait la disponibilité de nos capacités cognitives.

J'ai le cas en ce moment et ça me perturbe (on dirait un projo!)

Avatar de TiranusKBX TiranusKBX - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 29/06/2017 à 21:15
J'ai mis "ça dépend de la tâche sur laquelle je travaille" car en général à part les jour de déploiement de nouveaux produits je ne reçoit pas beaucoup d'appels
Offres d'emploi IT
Développement d'un Logiciel de commande vocal du clavier active pour toutes applications
Laucher vocal game tmig-0r386 - Provence Alpes Côte d'Azur - marseille
Développeur Java F/H
Zenika - Ile de France - Paris (75000)
Aministrateur Bases de données
Ministère des Affaires Etrangères - Pays de la Loire - Nantes (44000)

Voir plus d'offres Voir la carte des offres IT
Contacter le responsable de la rubrique Accueil