Des documents internes secrets révèlent comment Facebook censure les contenus
Traitant de sujets sensibles comme la violence et la nudité

Le , par Coriolan, Chroniqueur Actualités
Avec près de 2 milliards d’utilisateurs, Facebook est incontestablement le plus grand réseau social du monde, mais étrangement, sa façon de modérer sa gigantesque plateforme est toujours restée secrète, jusqu'à ce que le quotidien britannique The Guardian a publié hier des documents internes reçus de Facebook et révélant les règles que suit sa machine de modération.

La première chose à remarquer dans cet ensemble de critères, conditions et règles, c’est qu’au fil des années, le réseau social a élaboré ses propres lois loin des systèmes judiciaires. Facebook emploie une armée de modérateurs qui ont la lourde tâche d’estimer si un contenu a sa place ou non dans le réseau social.


Facebook a toujours attiré les foudres des critiques concernant sa politique de modération, notamment en raison de sa réglementation floue et de son incapacité à faire face à des contenus qui vont du revenge porn au cannibalisme.

The Guardian a eu accès à plus de 100 manuels d’entrainement, de documents et d’organigrammes sur la charte secrète qu’a conçue Facebook pour modérer des contenus traitant la violence, un discours haineux, le terrorisme, la pornographie, le racisme, l’automutilation et même le cannibalisme !

Ces règles illustrent surtout l’énorme pression à laquelle font face les modérateurs du site en raison de la diversité des cas à juger. Ces derniers doivent passer au crible des milliers de cas quotidiennement et sont dans l’obligation de prendre des décisions dans un intervalle de temps réduit qui ne dépasse pas les dix secondes.

Parmi les règles détaillées dans les documents obtenus par The Guardian, il y a celles qui couvrent la nudité, la violence et les menaces, soit tous les thèmes que Facebook a été accusé d’avoir négligés dans le passé.

Ce qui est surprenant, c’est le caractère parfois dérangeant et rarement juste de la réglementation de Facebook. Ainsi pour les menaces, le réseau social laisse le soin aux modérateurs de distinguer leur crédibilité en fonction du ton employé. Ainsi une menace de tuer le président des États-Unis sera supprimée alors que des menaces similaires à l’encontre d’une personne normale ne seront pas censurées. Même le fait de souhaiter la mort à quelqu’un est accepté. Facebook considère que ces menaces ne sont pas crédibles.

Les autres éléments non censurés par Facebook sont les vidéos de morts violentes partagées sur le réseau social. Bien qu’elles soient dérangeantes, les modérateurs ne sont pas toujours dans l’obligation de les supprimer. Le réseau social pense que ces vidéos contribuent à la sensibilisation sur certains sujets comme les maladies mentales.

Facebook ne censure pas les photos d’agression physique et d’intimidation des enfants, à part si elles sont extrêmes et révèlent un comportement sadique. Bien évidemment, les modérateurs devront encore une fois trancher sur la nature du contenu et décider de le censurer ou non selon leur jugement.

Le même traitement est réservé aux photos d’abus des animaux, Facebook ne censure pas les images d’animaux battus, attaqués et tués en direct. Le réseau social prend toutefois le soin de les marquer par un drapeau contenu sensible afin d’informer les utilisateurs que les photos sont extrêmement dérangeantes.

Après le succès de la fonction de streaming en direct de Facebook, le réseau social a connu la publication massive de vidéos où des personnes se suicident et s’automutilent en direct. Facebook a été critiqué du fait que ces vidéos n’étaient pas supprimées à temps. Une situation qui ne risque pas de changer puisque le réseau social compte désormais laisser les publications, de manière officielle, de toute personne souhaitant se blesser en direct. La raison avancée par l’entreprise est qu’elle ne veut pas « censurer ou punir des personnes en détresse. » Facebook pense que son laxisme serait en mesure de sensibiliser le grand public sur les thèmes sensibles qui sont la violence et le suicide.

Si les règles de Facebook concernant la nudité sont moins dangereuses, elles sont tout aussi controversées. La façon avec laquelle le réseau social traite ce sujet est devenue notoire au fil des années puisqu’il est censuré, sous toutes ses formes. Dans les règles publiées par The Guardian, Facebook autorise les œuvres d’art réalisées à la main même si elles montrent la nudité ou une activité sexuelle, mais si ces œuvres sont digitales, elles seront immédiatement censurées. Même les vidéos d’avortement ne sont pas censurées, à condition qu’elles n’aient pas un caractère de nudité. Généralement, la censure ou non de la nudité sur Facebook est déterminée par le contexte de la photo.

La publication de ces règles devrait inquiéter aussi bien les défenseurs de la vie privée que les partisans de la liberté d’expression. Mais des sources au sein de Facebook pensent que ce ne sont pas ces règles qui posent problème, mais plutôt l’accroissement rapide du nombre de créateurs de contenu sur le réseau social. « Facebook ne peut pas garder le contrôle de son contenu, » a dit une source. « Il est devenu trop grand rapidement. »

Source : The Guardian

Et vous ?

Pensez-vous que les règles appliquées par Facebook sont efficaces ?

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Rachat de WhatsApp : l'UE inflige 110 millions d'euros d'amende à Facebook, une sanction jugée proportionnée et dissuasive


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