Brexit : 40 % des entreprises britanniques de jeux vidéo envisagent de délocaliser
Une partie ou toutes leurs activités, d'après une enquête

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Comme chaque année, le cabinet d’études Ukie a livré son analyse sur la santé de l’industrie du jeu vidéo en Grande-Bretagne dans son ensemble. « Depuis le référendum de l’année dernière, Ukie a travaillé à comprendre les défis et les opportunités qui accompagnent un futur hors de l’UE », a expliqué le docteur Jo Twist OBE, PDG, du cabinet. « Nous avons passé les quatre derniers mois à parcourir 11 villes britanniques ayant des clusters clés de jeux établis, nous nous sommes entretenus directement avec 70 entreprises et avons récupéré des données détaillées via des consultations en ligne de 75 autres entreprises », a-t-elle continué.

En 2016, le marché du jeu vidéo a pesé 99,6 milliards de dollars, ce qui représente une hausse annuelle de 8,5 % pour le sixième marché en termes de revenus de consommation qu’est la Grande-Bretagne.


Panorama de l'industrie britannique du jeu vidéo

Parmi les priorités des entreprises figurent :

Les talents : 61 % des entreprises ont indiqué qu’elles s’appuient sur des développeurs internationaux talentueux pour apporter de l’innovation dans les services et les produits. Aussi, Ukie pense qu’il est vital que cette industrie conserve sa capacité à recruter des talents d’horizons divers. « Notre départ de l’UE doit se transformer en opportunité pour redéfinir nos politiques d’immigration afin de positionner la Grande-Bretagne comme un foyer pour les meilleurs talents technologiques et créatifs internationaux ».

Ukie indique que le gouvernement doit également se pencher sur la question de savoir si les citoyens de l’UE qui travaillent actuellement en Grande-Bretagne auront le droit d’y rester.

Les marchés : Ukie estime qu’il est vital que les futures relations commerciales entre l’UE et la Grande-Bretagne, mais également tous les nouveaux partenaires commerciaux doivent viser à conserver les libéralisations commerciales qui profitent actuellement à l’industrie du jeu.

Les données : 59 % des entreprises comptent sur leur capacité à traiter les données d’utilisateurs situés hors de la Grande-Bretagne pour créer de nouveaux jeux et services innovants. Le succès de plusieurs entreprises de jeux a déjà été largement tributaire de leur capacité à améliorer de façon continue leurs jeux en s’appuyant sur ce type de données.

« Il est donc capital que le gouvernement s’assure qu’il y a des bases légales solides qui soient mises en place suite à notre départ de l’UE, pour que le transfert transfrontalier des données entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne continue, et que tout changement futur dans la protection des données ne vienne pas interrompre ce flux de données ».

Le financement : si l’industrie anglaise du jeu vidéo a été en mesure de profiter de certains financements européens comme Creative Europe, avec le départ de l’UE, les entreprises pensent à reconsidérer leurs structures de financement existantes.

Face à ces problématiques qui ont suivi le Brexit, près de la moitié des entreprises dans le secteur ont envisagé de délocaliser une partie, voire toutes leurs activités, à l’extérieur des frontières britanniques. À ce propos, 23 % d’entre elles ont même été approchées par d’autres entités dans des pays comme l’Allemagne, le Canada, la France, l’Espagne, les États-Unis, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande.


En dehors de cela, depuis le Brexit, 37 % des entreprises ont indiqué qu'elles rencontrent des difficultés à attirer des investisseurs. L’effet est plus prononcé chez les petites entreprises : 48 % des entreprises de moins de 50 employés ont fait part de l’impact négatif du Brexit dans l’obtention d’un financement. Seuls 7 % des entreprises ont évoqué un impact positif.

Pour ce qui est de la capacité à attirer et retenir des talents européens ou issus d’ailleurs, 38 % des entreprises ont déclaré faire face à des impacts négatifs.


Guilford par exemple, une entreprise qui a été interrogée par les soins de Ukie, estime que « le manque de clarté autour des droits des citoyens de l’UE en Grande-Bretagne a déjà conduit des candidats européens à retirer leur offre de travailler pour nous en GB. Il est vital que le gouvernement puisse apporter des éclaircissements afin que nous cessions de payer le prix de cette incertitude ».

Source : analyse de Ukie (au format PDF)

Voir aussi :

Le bitcoin s'envole après le Brexit, la monnaie virtuelle prend de la valeur alors que les Britanniques décident de quitter l'Union européenne

Brexit : Apple va augmenter de 25 % les prix des applications au Royaume-Uni suite à la dépréciation de la livre sterling


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse

Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 13/03/2017 à 8:47
Le Brexit pourrait déjà être déclenché ce mardi
Les députés britanniques examinent ce lundi en deuxième lecture le projet de loi autorisant le gouvernement britannique à activer le Brexit. Il est probable que les députés annulent les amendements demandés par les lords, ce qui entraîne un possible déclenchement du Brexit dès ce mardi.

Il n'y a pas de temps à perdre, il faut vraiment que les britanniques se bougent et plus rapidement que ça, le Brexit va prendre 2 ans, alors il faut le lancer le plus tôt possible.

Brexit : le Royaume-Uni affirme avoir un « plan de repli » si les négociations avec Bruxelles échouent
Le Royaume-Uni se prépare à « toutes les issues », y compris la possibilité qu’aucun accord commercial ne soit trouvé avec l’Union européenne (UE) à l’issue des négociations du Brexit, selon le ministre du Brexit, David Davis .
Avatar de Bousk Bousk - Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
le 13/03/2017 à 9:25
J'ai montré ce rapport à mon boss, qu'est-ce qu'il a ri.
< exactement sa réaction
Avatar de pmithrandir pmithrandir - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 13/03/2017 à 13:32
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Guilford par exemple, une entreprise qui a été interrogée par les soins de Ukie, estime que « le manque de clarté autour des droits des citoyens de l’UE en Grande-Bretagne a déjà conduit des candidats européens à retirer leur offre de travailler pour nous en GB. Il est vital que le gouvernement puisse apporter des éclaircissements afin que nous cessions de payer le prix de cette incertitude ».
Ca ne m'étonne pas.
J'ai été en recherche d'emploi il y a 4 mois, et j'ai eu des opportunités de plusieurs pays. (allemagne, espagne, UK, Irlande...)
Entre le début de la discussion et le dernier entretien, j'avais déjà perdu 8% de salaire avec la dévaluation de la livre.
Si on ajoute la dessus le status pas super cair des travailleur européen qui allait peut etre posé des difficultés dans un ou deux ans, ou ralentir l'embauche de ma femme sur place... nous n'avons pas insisté sur la partie royaume unis.

Je doute d'avoir été le seul.
Avatar de Volgaan Volgaan - Membre averti https://www.developpez.com
le 13/03/2017 à 13:49
Citation Envoyé par Bousk Voir le message
J'ai montré ce rapport à mon boss, qu'est-ce qu'il a ri.
< exactement sa réaction
Pour quelle raison exactement ?
Avatar de ABCIWEB ABCIWEB - Expert éminent https://www.developpez.com
le 14/03/2017 à 1:27
Concernant cette enquête, je ne m'attendais pas à autre chose sur la base de déclarations d'intentions. Et il y a toujours intérêt à sur estimer ses difficultés pour essayer de s'approprier des subventions.

D'un point de vue général, cela fait depuis le milieu des années 80 que les économistes en tout genre nous vendent la "mondialisation heureuse". Si ces économistes avaient un minimum de compétence ou d'honnêteté, on ne battrait pas tous les ans des records de salariés pauvres dans quasiment tous les pays européens avec une augmentation d'ailleurs plus importante et d'autant plus inquiétante dans des pays à faible taux de chômage comme l'Angleterre et l'Allemagne.

Et donc au final on s'en fou de ces rapports, tellement ils sont prévisibles et vont tous dans le même sens. C'est aussi cela l'origine du Brexit et de la victoire de Trump, la défiance envers ces élites que l'on ne considère plus comme tel mais comme de simples marchands de tapis (très bien payés) qui défendent uniquement leurs propres intérêts ou ceux de leurs employeurs. On ne juge plus sur la compétence de tel ou de tel expert, on juge du résultat avec plus de trente ans d'expérience...
Avatar de Bousk Bousk - Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
le 14/03/2017 à 9:12
Citation Envoyé par Volgaan Voir le message
Pour quelle raison exactement ?
Parce que ces chiffres sont du bullshit, que 40% qui disent vouloir partir c'est juste n'importe quoi.
Au UK les boîtes de JV ont des avantages qu'il serait con de quitter, et ce n'est pas faire un visa qui va les ralentir. Ils en font déjà. Soit ils ont la force de les faire, et ils ne partiront pas, soit ils ne l'ont pas, et ils n'ont de toutes façons pas la force de pouvoir prétendre partir non plus.
Donc ce "sondage" est au mieux du même intérêt que les sondages politiques et n'a aucune valeur pratique ni réelle. Pour le reste, lire ABCIWEB ci-dessus.
Avatar de NSKis NSKis - En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
le 14/03/2017 à 12:07
Le genre d'info habituelle pour démontrer que quitter l'UE, c'est la catastrophe assurée!

On fait dire ce que l'on veut aux sondages et aux statistiques...

Quand Margaret Thatcher, première ministre du Royaume-uni arrivée au pouvoir 6 ans après l'entrée du pays dans l'UE (1973), a procédé à la désindustrialisation du pays avec une baisse de 30 % de la main-d'œuvre industrielle et la fermeture de 55 000 entreprises de 1979 à 1984, personne n'a dit que c'était une conséquence de l'entrée dans l'UE. A remarquer qu'il ne s'agit pas içi de dire que c'est l'UE qui a été responsable de la politique de Thatcher mais bien que certains font ou ne font pas de lien avec l'UE en fonction de leurs convictions politiques!!!

Autant les sociétés informatiques britanniques que celles du continent ont déjà fortement outsourcé dans des pays à faibles coûts salariaux (Roumanie, Pologne, Inde, Maroc ou Tunisie pour les francophones) et la raison n'est pas à chercher dans un Brexit ou un Frexit rêvé par Mamy LePen mais bien tout simplement dans le désir insatiable de toujours diminuer les coûts au détriment de la population d'Europe Occidentale!!!
Avatar de TallyHo TallyHo - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 14/03/2017 à 12:20
Citation Envoyé par Bousk Voir le message
Parce que ces chiffres sont du bullshit, que 40% qui disent vouloir partir c'est juste n'importe quoi.
Au UK les boîtes de JV ont des avantages qu'il serait con de quitter, et ce n'est pas faire un visa qui va les ralentir. Ils en font déjà. Soit ils ont la force de les faire, et ils ne partiront pas, soit ils ne l'ont pas, et ils n'ont de toutes façons pas la force de pouvoir prétendre partir non plus.
Donc ce "sondage" est au mieux du même intérêt que les sondages politiques et n'a aucune valeur pratique ni réelle. Pour le reste, lire ABCIWEB ci-dessus.
Et puis il y a peut-être aussi le télétravail ou la possibilité de sous-traiter, non ? Par exemple, je connais une boite qui a sa hotline au Portugal mais qui est hors UE.
Avatar de ABCIWEB ABCIWEB - Expert éminent https://www.developpez.com
le 14/03/2017 à 21:06
Citation Envoyé par NSKis Voir le message
Le genre d'info habituelle pour démontrer que quitter l'UE, c'est la catastrophe assurée!

On fait dire ce que l'on veut aux sondages et aux statistiques...

Quand Margaret Thatcher, première ministre du Royaume-uni arrivée au pouvoir 6 ans après l'entrée du pays dans l'UE (1973), a procédé à la désindustrialisation du pays avec une baisse de 30 % de la main-d'œuvre industrielle et la fermeture de 55 000 entreprises de 1979 à 1984, personne n'a dit que c'était une conséquence de l'entrée dans l'UE
Je suis assez d'accord avec ta première phrase. Par contre ça se gâte vers la fin : le thatchérisme c'est le néolibéralisme débridé basé sur la financiarisation de l'économie, tout comme le reaganisme son pendant américain de l'époque. Mais personne ne l'a forcée à avoir cette politique de terre brulée, c'est juste ses convictions économiques basées sur la lecture et les conseils des ultra libéraux de l'époque :
Citation Envoyé par wikipedia
De façon générale, le « thatchérisme » puise son inspiration politique et économique dans ces théories et dans celles de l'École monétariste de Chicago, incarnée par Milton Friedman, de l'école de l'offre d'Arthur Laffer et de l'École autrichienne connue à travers Friedrich Hayek.
Même si un vent néolibéral a soufflé sur tous les pays européens lors de la construction européenne, aucun pays durant la même époque n'est allé aussi loin dans l'ultra libéralisme. C'était bien un choix politique, pas une obligation européenne.

Et pourtant, je suis très pessimiste quant à l'avenir de l'Europe qui est bloquée par des intérêts contradictoires à tel point que je ne vois pas d'autre moyen que d'en sortir pour pouvoir reconstruire des accords sur d'autres bases, le fonctionnement actuel étant une catastrophe pour la démocratie et pour le niveau de vie de la grande majorité des peuples européens. Mais bon laissons à Thatcher ses responsabilités, et une fois n'est pas coutume, je n'accablerai pas l'Europe sur ce coup là.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 15/03/2017 à 8:29
Ecosse : le pari risqué de Nicola Sturgeon
La première ministre a fait part de son intention d’organiser un deuxième référendum sur l’indépendance de la province vis-à-vis du Royaume-Uni. Une décision motivée par le contexte du Brexit.

Une majorité d'Ecossais contre l'indépendance
Selon un sondage publié par The Times, 57% des Ecossais rejettent l'idée d'une séparation du Royaume-Uni malgré le Brexit.

En cas d'indépendance, l'Ecosse devra se porter candidate pour intégrer l'UE
L'Ecosse, majoritairement hostile au Brexit, devra poser sa candidature pour intégrer l'Union européenne si elle décidait de déclarer son indépendance par référendum, a confirmé lundi la Commission européenne.

Au moment du référendum à propos du Brexit les écossais se sont exprimés contre, mais si il avait lieu aujourd'hui le résultat serait peut être différent.
Je crois qu'au Royaume Uni, il y a des gens qui étaient sceptique à propos du Brexit, mais qui aujourd'hui comprennent l’intérêt de quitter l'UE.
Quitter l'UE coûte chère, rester dans l'UE coûte encore plus.
Contacter le responsable de la rubrique Accueil