Antitrust Qualcomm : Apple réclame 1 milliard de dollars au spécialiste des puces pour mobile
Et évoque l'extorsion

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Après avoir été sanctionné par les autorités sud-coréennes pour pratiques anticoncurrentielles, Qualcomm, le spécialiste des puces pour mobile, s’est vu poursuivi en justice par la Federal Trade Commission pour les mêmes raisons. Selon le gendarme américain de la concurrence, Qualcomm :
  • dispose d’une politique de « pas de licence, pas de puces » en vertu de laquelle l’équipementier fournit ses processeurs baseband uniquement à la condition que les fabricants de téléphones portables acceptent les termes de licence préférés de Qualcomm. La FTC allègue que cette tactique oblige les fabricants de téléphones portables à payer des redevances élevées à Qualcomm pour les produits qui utilisent les processeurs baseband d'un concurrent. Selon la plainte de la Commission, il s'agit d'une taxe anticoncurrentielle sur l'utilisation des transformateurs de rivaux. « Pas de licence, pas de puces » est une condition que d'autres fournisseurs de dispositifs à semi-conducteurs n’imposent pas. Le risque de perdre l'accès aux processeurs de baseband de Qualcomm est trop important pour un fabricant de téléphones portables, car il empêcherait le fabricant de vendre des téléphones destinés à être utilisés sur des réseaux cellulaires importants.
  • refuse de délivrer des brevets essentiels aux concurrents. Malgré son engagement à délivrer des licences de brevets essentiels aux conditions de FRAND, Qualcomm a systématiquement refusé d'octroyer ces brevets à des fournisseurs concurrents de processeurs de baseband.
  • a obtenu une exclusivité chez Apple en échange de redevances de brevets réduites. Qualcomm a empêché Apple de s'approvisionner en processeurs de baseband de ses concurrents de 2011 à 2016. Qualcomm a reconnu que tout concurrent qui aurait gagné un contrat avec Apple deviendrait plus fort et s’est servi de l'exclusivité pour empêcher Apple de travailler avec ses concurrents ainsi que d’améliorer leur efficacité.


Si Qualcomm a réfuté les arguments soulevés par la FTC, notamment l’exclusivité chez Apple, un nouvel élément vient jouer contre le constructeur. En effet, Apple a porté plainte contre lui pour lui avoir imposé des frais de licence « exorbitants » pour sa technologie cellulaire.

Apple a demandé à un tribunal de Californie d'ordonner à Qualcomm de lui verser près d'un milliard de dollars que le constructeur aurait retenus. Apple assure que Qualcomm lui doit cet argent, mais le retient parce qu’Apple a coopéré avec le gouvernement sud-coréen sur les pratiques de licences de Qualcomm. « Pour protéger ce système d'affaires, Qualcomm a pris des mesures de plus en plus radicales, la plus récente en retenant près d'un milliard de dollars en paiements d'Apple comme représailles pour avoir répondu honnêtement à des organismes d'application de la loi qui menaient une enquête sur lui », a déclaré Apple.

La plainte indique également que Qualcomm facture des frais de licence élevés aux sociétés qui fabriquent des iPhone pour le compte d’Apple. Ces sociétés transmettent les frais à Apple, mais ne sont pas autorisées à montrer à Apple les détails des accords de licence, ce qui laisse Apple dans le flou concernant ce qu'il paie.

« Depuis de nombreuses années, Qualcomm a injustement tarifé des redevances pour les technologies qui n’ont rien à voir avec eux », a déclaré Apple. « Plus Apple innove avec des fonctionnalités uniques telles que TouchID, les écrans et les caméras, pour n'en citer que quelques-uns, plus Qualcomm recueille d’argent sans raison et plus il devient cher pour Apple de financer ces innovations ».

« Qualcomm a développé ses activités autour d’anciennes normes héritées, mais renforce sa domination par des tactiques d'exclusion et des redevances excessives. En dépit d'être l'une de plus d'une douzaine de sociétés qui ont contribué aux normes cellulaires de base, Qualcomm continue de facturer Apple au moins cinq fois plus en royalties que tous les autres concédants de brevets cellulaires combinés avec lesquels nous avons des accords ».

Qualcomm a un monopole sur les puces qui supportent un standard cellulaire appelé CDMA (ou accès multiple par répartition de code), que les réseaux Verizon et Sprint utilisent. Depuis qu’Apple a lancé sa version CDMA de l'iPhone en 2011, « Qualcomm a facturé à Apple une prime monopolistique pour l'accès aux chipsets CDMA ».

Avec l'iPhone 7, Apple a finalement pu introduire des puces Intel dans certains des téléphones. Mais ce choix coûte cher à Apple en compensation pécuniaire de Qualcomm pour le manque à gagner.

Source : Forbes


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Avatar de berceker united berceker united - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 24/01/2017 à 13:17
Honnêtement, j'ai rien compris avec cette histoire de licences. Qu'Apple doit donner de l'argent à Qualcomm. Qu'Apple doit payer de plus de manière indirect à Qualcomm.
Avatar de Christian Olivier Christian Olivier - Rédacteur https://www.developpez.com
le 09/05/2017 à 13:33
Qualcomm entame des mesures judiciaires répressives dans plusieurs pays contre Apple
Qui refuse de payer ses royalties

Qualcomm était le fournisseur exclusif de certaines puces baseband pour les produits de la marque à la pomme jusqu'à l'iPhone 7. Mais, cette situation est sur le point de changer avec l'avènement de l'iPhone 8 et les scandales judiciaires à répétition entre les deux firmes qui marquent un tournant décisif dans l'évolution du partenariat entre le spécialiste des puces pour mobiles et le créateur de l'iPhone. Pour la nouvelle génération de ses produits iPhone, Apple a décidé de briser ce partenariat d'exclusivité en utilisant soit des Soc modem du fabricant Intel, soit des Soc modem de Qualcomm. Il faut, malgré tout, rappeler que les brevets de Qualcomm couvrent plusieurs domaines d'application, parmi lesquels les processus essentiels régissant l’encodage et de la transmission des données et de la voix entre différents réseaux ou appareils de communication. De ce fait, même en changeant de fournisseur pour les Soc modem de l'iPhone 8, Apple devra reverser des indemnités à Qualcomm pour avoir le droit d'exploiter ses technologies incontournables comme le CDMA (Code division multiple access) et ses évolutions.

Au début de l’année 2017, en janvier plus précisément, Apple a lancé les hostilités contre son sous-traitant de Soc modem Qualcomm en déposant une plainte pour dénoncer un hypothétique abus de position dominante auquel se livrerait le fondeur américain. Parmi les éléments à charge apportés par Apple, figurait en première ligne le problème du non-respect des règles « FRAND » (fair, reasonable and non discriminatory) censées garantir des transactions équitables, raisonnables et non discriminatoires entre les différents partenaires liés par un contrat. D’après la firme de Cupertino, le non-respect des règles « FRAND » et l’usage inapproprié de brevets ou autres licences d’exploitation dérivée de technologies propriétaires de Qualcomm permettraient à cette entreprise de s’en mettre plein les poches en faisant gonfler abusivement les prix des brevets essentiels. Une chose qui s’apparente à la pratique de manœuvres anticoncurrentielles. Des accusations que Qualcomm a naturellement rejetées en bloc.

Les choses ont empiré lorsqu’Apple a décidé d’arrêter de payer temporairement les royalties « injustes et excessivement chères » qu’elle doit à la firme de San Diego pour l’utilisation de ses brevets et de ses technologies, histoire d’augmenter un peu plus la pression. Un coup dur pour le fondeur de San Diego qui tire une grande partie de ses revenus de son partenariat commercial avec Apple : déjà 500 millions USD pour le premier trimestre 2017 et presque un tiers de ses revenus tirés de l’exploitation des licences si la situation s’étale sur toute l’année. Malgré tous ses démêlés judiciaires avec Apple et l’arrêt des paiements, Qualcomm a précisé que son entreprise continuerait à fournir à la firme de Cupertino, le matériel électronique de pointe dont elle a besoin pour ses futurs iPhone.

« Ils (ntldr Qualcomm) doivent absolument réagir, » disait Kevin Cassidy, un analyste de Stifel Nicolaus. « Le plus grand risque, c’est que d’autres compagnies ou pays suivent le mouvement initié et décident aussi de ne plus payer. C’est la plus grande menace inspirée par Apple à l’heure actuelle. »

L’US Trade Agency (ITC) aux USA est une institution très importante qui a le pouvoir de bloquer l’importation de biens sur le territoire américain de manière plus rapide et plus efficace que n’importe quelle cour fédérale de district. « L’ITC a l’expérience et les compétences nécessaires pour régler les litiges liés aux brevets. Elle tranche rapidement et intervient vite sur le terrain pour faire appliquer ses décisions » confiait Alex Hadjis, un avocat du cabinet spécialisé dans les litiges autour des brevets qui travaille pour le cabinet juridique Oblon d’Alexandrie en Virginie. Qualcomm avait vu ses produits bloqués en 2009 à cause d’un litige avec Broadcom et plus récemment, Apple avait connu les mêmes déboires à cause de différends avec Samsung. Autant dire que les deux firmes sont habituées aux tribunaux.


Cette décision d'Apple a, semble-t-il, motivé Qualcomm à prendre des mesures répressives pour contre-attaquer. Une personne proche de la société, mais dont l’identité reste inconnue, a déclaré que la firme de San Diego s’apprête à saisir l’US Trade Agency (ITC) afin de réclamer une interdiction pure et simple de l’importation sur le territoire américain des appareils de marque iPhone fabriqués en Asie. Par cette mesure, Qualcomm souhaite entraver le lancement prochain des nouveaux smartphones et des nouvelles tablettes de référence de la marque à la pomme. En effet, le marché américain pèse pour environ 40 % sur le total des ventes mondiales d’Apple et une très grande partie de la chaine de production des produits iPhone, si ce n’est toute, se trouve en Asie. Si la procédure lancée par Qualcomm venait à aboutir, ce serait un terrible coup dur pour Apple. D’après Qualcomm, en refusant de payer ses sous-traitants, Apple remet en cause tous les contrats qui ont précédé le lancement même des produits iPhone. Ce dernier estime également qu’Apple aurait délibérément violé les termes du contrat puisqu’Apple aurait porté atteinte aux consommateurs en limitant les puces Qualcomm dans l’iPhone 7.

Qualcomm ne souhaite pas se limiter à contrer Apple sur le marché américain. La société de San Diego a déjà pris d’autres séries de mesures pour plomber le marché de la marque à la pomme à l’échelle internationale notamment en Chine, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Il ne fait aucun doute que ce fâcheux litige entre les deux géants technologiques que sont Qualcomm et Apple n’a pas encore atteint son paroxysme.

Source : Bloomberg, DigitalTrends

Et vous ?

Que pensez-vous de ce nouvel acte du conflit qui oppose Qualcomm à Apple ?
La pratique de la concurrence déloyale n'est-elle pas un fait d'armes des deux protagonistes ?
Est-ce qu'il ne faudrait pas repenser la politique de l'exploitation des brevets et des licences ?

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Antitrust Qualcomm : Apple réclame 1 milliard de dollars au spécialiste des puces pour mobile et évoque l'extorsion
Avatar de Olivier Famien Olivier Famien - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 26/05/2017 à 2:44
Qualcomm demande à la justice de forcer les sous-traitants d’Apple à payer ses royalties
et compte prouver qu'Apple est derrière l'arrêt des paiements

Dans le procès qui oppose Apple le fabricant d’iPhone à Qualcomm, le plus grand fabricant de semi-conducteurs au monde, une nouvelle escalade vient d’être atteinte. Depuis des années, Apple et Qualcomm travaillent en bonne intelligence dans un contrat gagnant-gagnant. Apple utilise les technologies de Qualcomm comme les modems dans ses iPhone et Qualcomm, qui détient des brevets pour ces technologies, se fait payer des redevances par les entreprises intervenant dans la fabrication des iPhone pour qu’Apple puisse leur rembourser ces frais de licences payés. Mais cette bonne entente a pris une autre tournure depuis le mois de janvier.

En effet, depuis cette date la firme de Cupertino a traduit en justice Qualcomm, car elle estime que ce dernier utilise sa position dominante dans le secteur des semi-conducteurs pour lui faire payer un pourcentage jugé exorbitant sur le prix total des iPhone vendus peu importe si elle utilise les technologies de Qualcomm ou non. Ainsi, lorsque Apple a augmenté le prix de ses iPhone en fournissant une mémoire de stockage plus importante, le coût de licences dû à Qualcomm aurait également grimpé. Apple souhaiterait que ce montant soit fixé en fonction du prix des composants utilisés dans les téléphones et réduit à des dizaines de dollars.

En plus de cette plainte, Apple explique que Qualcomm aurait retenu la somme d’un milliard de dollars qu’il devait lui retourner en guise de réduction sur les coûts de licence. Nous rappelons que depuis la conception de ses premiers appareils, Apple s’est exclusivement tourné vers Qualcomm pour équiper ses iPhone avec les technologies permettant de se connecter au réseau ou pour communiquer avec les autres téléphones. En contrepartie, Qualcomm aurait accordé des réductions à Apple. Toutefois, selon Apple, le fabricant de puces aurait volontairement retenu ce montant d’un milliard de dollars en représailles à la collaboration d’Apple dans une enquête menée par le régulateur sud-coréen contre les pratiques de Qualcomm dénoncées comme monopolistes.


À la lumière de ces faits, Apple a porté plainte en janvier devant la justice américaine et depuis le mois d’avril, les redevances qui devaient être versées à Qualcomm ont cessé d’être payées par les entreprises intervenant dans la fabrication de l’iPhone. Pour Qualcomm, Apple aurait décidé de ne pas rembourser à ses sous-traitants les redevances payées à Qualcomm afin de les obliger à ne pas les payer non plus à Qualcomm tout en promettant de les indemniser en cas d’action légale de la part du fabricant de semi-conducteurs. Cela ferait partie d’une stratégie mise en place par Apple afin d’amener Qualcomm à revoir sa position concernant le litige qui les oppose, ajoute l’entreprise.

En faisant ses comptes pour le premier trimestre, Qualcomm déclare déjà un manque à gagner de 500 millions de dollars causé par la cessation de paiements des redevances par les sous-traitants d’Apple. Et si les choses restent en l’état, les dommages pourraient être encore pires. Un tiers de ses revenus liés à l’exploitation de ces licences pourrait être impacté.

Cette situation qui n’est pas faite pour arranger les affaires de Qualcomm a poussé l’entreprise à porter plainte dans ce mois contre les fabricants Foxconn, Compal, Wistron et Pegatron, censés payer des royalties (redevances) à Qualcomm pour l’intégration de ses technologies dans les iPhone. Et depuis quelques heures, Qualcomm a encore fait monter la pression en demandant à la justice américaine d’obliger les entreprises sous-traitantes d’Apple à continuer à lui verser ses redevances dues. L’entreprise ajoute « Nous sommes convaincus que nos contrats seront jugés valides et exécutoires, mais dans l’intervalle, il est juste et équitable que nos titulaires de licences paient pour le bien qu’ils utilisent ». En outre, Qualcomm annonce avoir mis à jour le dossier de sa plainte en ajoutant des éléments de preuve plus accablants contre Apple qui prouveraient que la firme de Cupertino est derrière la cessation de paiement des redevances par les entreprises de fabrication d'iPhone.

En dehors de ce procès opposant Apple et Qualcomm, nous rappelons que le fabricant de semi-conducteurs a un long passé et un présent litigieux sur ces redevances présumées excessives. Déjà en décembre dernier, la Commission sud-coréenne du commerce équitable lui a imposé une amende de plus de 800 millions de dollars au terme de son enquête. Avant les enquêtes sud-coréennes et plus précisément en 2015, ce fut le régulateur chinois qui le condamna pour abus de position dominante. Pour éviter d’être interdit de commerce dans ce pays, le fabricant de puces a versé plus de 900 millions de dollars au régulateur chinois en guise de compensation avant d’être autorisé à prélever des frais de licences à un taux plus bas auprès des fabricants de téléphones du pays.

En dehors des régulateurs chinois et sud-coréen, nous avons également la Commission fédérale du commerce des États-Unis qui s’est autosaisie quelques jours avant la plainte d’Apple et a ouvert un procès contre Qualcomm pour avoir forcé la firme de Cupertino à utiliser ses puces uniquement afin de lui offrir des rabais sur les frais de licences, freinant ainsi la concurrence. L’Union européenne et les autorités taiwanaises pour leur part ont également ouvert des enquêtes respectives toujours sur Qualcomm pour ce même problème d’abus de position dominante.

Source : Axios

Et vous ?

Quel est votre avis vis-à-vis des actions des deux entreprises ?

Qui pensez-vous aura le dernier mot dans cette affaire ?

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