La société est-elle prête pour des systèmes avancés de reconnaissance faciale ?
La police Russe devrait bientôt s'en servir

Le , par Stéphane le calme

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En Russie, dans le secteur du divertissement, plusieurs organisateurs ont déjà fait appel à l’expertise de NTechLab dans le domaine de la reconnaissance faciale. Pendant certains évènements, il est arrivé que soient mis en place un système qui recherche des visiteurs dans des banques d’images. Il suffit alors que ces visiteurs prennent des selfies et les envoient à un bot pour que leur soit renvoyées toutes les images sur lesquelles ils se trouvent.

La startup NTechLab n’a qu’un an d’existence et elle fait déjà beaucoup parler d’elle, notamment avec son application FindFace qui permet d’identifier un individu en s’appuyant sur la puissance d’un algorithme d’identification faciale couplée avec des bases de données de réseaux sociaux (pour le moment uniquement avec VKontakte, le Facebook russe). Niveau capacités de recherche, l’entreprise avance qu’il faut moins d’une seconde à son système pour trouver une personne dans une base de données comportant un milliard de photos. Pour Artem Kukharenko, 26 ans et co-fondateur de cette entreprise, cela confère « un avantage crucial pour résoudre des problèmes réels, comme trouver un criminel en temps réel ou identifier un client normal sur les caméras de surveillance d’un magasin ».

De plus, grâce au deep learning et à l’architecture des réseaux neuronaux, l’algorithme dispose d’un niveau de précision extrêmement élevé pour la reconnaissance : au championnat MegaFace Benchmark, le système de NTechlab a affiché une précision de 73 % avec une base de données contenant un million de photos et de 95 % avec 10 000 clichés. En ce qui concerne la vérification, c’est à dire l’étape de comparaison de deux photos, le système fonctionne parfaitement dans 99 % des cas. Pour rappel, la division Google X avait pris la seconde place du classement avec un degré de précision de 70 %.

Si ses prouesses sont admirables, des questions relatives à la vie privée ont été soulevées, notamment en avril dernier lorsqu’un photographe russe a voulu montrer au public les implications dangereuses que permet l’application. Il a photographié des dizaines de personnes inconnues dans le métro et a utilisé l’application pour les identifier. .

Dans un entretien avec le Wall Street Journal, Kukharenko et Kabakov, les co-fondateurs de l’entreprise, ont voulu balayer l’hypothèse selon laquelle cette technologie pourrait tomber entre de « mauvaises mains » Kabakov a avancé que, selon lui, le simple fait de posséder un smartphone signifie que vous ne pouvez pas échapper à la surveillance. « Il n’y a pas de vie privée », a-t-il déclaré, « votre gouvernement peut vous contrôler … vous pouvez prendre votre iPhone ou votre mobile Android et vous y verrez des informations sur votre comportement, vos déplacements, ce que vous achetez, de qui vous parlez », a-t-il continué.

Pourtant, la plateforme a fait les gros titres en Russie lorsqu’un groupe d’utilisateurs de VKontakte s’est servi de FindFace pour identifier et harceler des femmes qui ont tourné dans des films pornographiques disponibles en ligne. Ils sont allés jusqu’à envoyer des messages et des photos des scènes de ces femmes à leurs amis et connaissances. Selon NTechLab, les comptes de ces individus ont été fermés sur VKontakte et ils ont été bannis de FindFace, qui se targue d’avoir près d’un million d’utilisateurs.

NTechlab a déjà lancé un service de reconnaissance faciale basé sur le cloud afin de permettre à n’importe quelle entreprise de charger une banque d’images dans le système pour lancer des recherches mais également l’intégrer à ses propres services. L’entreprise a l’intention de proposer un SDK pour les développeurs tiers. Si la technologie de NTechlab connaît du succès en Russie, les co-fondateurs ont reconnus qu’il leur sera « plus difficile de vendre leur produit en Europe et aux Etats-Unis », même si pour le second cas il ne sera probablement pas difficile de convaincre les forces de l’ordre étant donné qu’elles se servent déjà de ce genre de système. En attendant, le Wall Streeet Journal indique que les caméras de sécurité à Moscou pourraient bientôt être connectées à cette technologie avancée de reconnaissance faciale pour scanner la foule à la recherche de potentiels suspects.

Source : Wall Street Journal

Voir aussi :

Un programme de reconnaissance faciale d'une startup russe permet d'identifier un inconnu dans la rue instantanément juste en prenant sa photo

Le FBI a accès à des centaines de millions de photos pour effectuer une reconnaissance faciale dans le cadre d'une enquête, selon un rapport

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Avatar de micka132
Membre expert https://www.developpez.com
Le 12/10/2016 à 20:52
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
vous pouvez prendre votre iPhone ou votre mobile Android et vous y verrez des informations sur votre comportement, vos déplacements, ce que vous achetez, de qui vous parlez », a-t-il continué.
Ouf!
J'ai un windows phone .
Avatar de Namica
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 13/10/2016 à 2:12
Citation Envoyé par micka132 Voir le message
Ouf!
J'ai un windows phone .
Bah, ce n'est sans doute (dans le meilleur des cas) qu'un répit...
Avatar de Olivier Famien
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 30/09/2017 à 1:06
Moscou utilise la reconnaissance faciale pour accélérer le traitement des données collectées à travers ses caméras publiques,
mesure de sécurité ou espionnage ?

Depuis des années, nous savons que le Royaume-Uni a installé une pléthore de caméras dans ses rues pour surveiller les faits et gestes des habitants. Bien que des chiffres précis soient difficiles à obtenir, un rapport de la British Security Industry Association datant de 2013 avance qu’environ 70 ;000 caméras sont exploitées par les agences du gouvernement à travers le pays.

Malgré que ces chiffres pourraient donner le tournis à certains défenseurs de la vie privée, lorsque l’on se tourne vers la Fédération de Russie, cela parait dérisoire. En effet, plus de 170 ;000 caméras de surveillance ont été installées dans la seule ville de Moscou qui en outre est la capitale de la Russie et la plus grande ville du pays. Selon les statistiques de 2016, cette ville comptait un peu plus de 12,330 millions d’habitants. En juxtaposant le nombre d’habitants au nombre de caméras dans la ville, cela donne une caméra pour environ 72 habitants.

Récemment, les autorités russes sont passées à un niveau supérieur dans le traitement des données récoltées à travers ces caméras de surveillance. Depuis l’installation de ces caméras en 2012, les forces de l’ordre ont été commises au traitement des vidéos fournies par ces caméras de surveillance. Mais selon Artem Ermolaev, responsable du département des technologies de l’information à Moscou, il s’est avéré impossible de traiter les volumes de données par les policiers seuls.

Comme solution alternative pour exploiter efficacement ces volumes importants de données, les autorités moscovites ont ajouté la reconnaissance faciale à leur système de surveillance publique. Il faut préciser que depuis la mise en place des caméras de vidéosurveillance, les enregistrements sont conservés pendant cinq jours après leur capture et environ 20 millions d’heures de vidéos sont disponibles en permanence.

Derrière ce système de reconnaissance faciale se trouve une intelligence artificielle pour aider à trouver facilement les personnes recherchées. Elle a été conçue par la startup NTechLab. Au quotidien, le système compare les empreintes numériques des images provenant de la base de données du ministère de l’Intérieur à celles capturées par les caméras aux entrées des immeubles d’appartements, a déclaré Ermolaev. Et pour prouver l’efficacité de ce système de reconnaissance faciale, il ajoute qu’un essai de deux mois du système en début d’année a permis l’arrestation de six criminels qui étaient sur la liste fédérale des personnes recherchées.

L’an dernier, cette startup a fait parler d’elle en publiant une application mobile nommée FindFace et qui est devenue un grand succès en Russie. En prenant la photo d’une personne lambda dans un espace public et en la soumettant à l’application FindFace, l’application est en mesure d’identifier cette personne en faisant correspondre son visage aux profils du plus grand réseau social de Russie, VKontakte, avec un taux de précision de 70 pour cent.

Pour ce qui concerne ses performances, NTechLab souligne qu’il faut moins d’une seconde à son système pour trouver une personne dans une base de données comportant un milliard de photos. Au championnat MegaFace Benchmark, le système de NTechlab a affiché une précision de 73 % contre 70 % pour la division Google X avec une base de données contenant un million de photos. Et pour une base de données disposant de 10 000 images, le système de NTechlab a affiché une précision de 95 %. Si pour un tel nombre d’éléments à comparer, le taux de précision est aussi excellent, pour deux photos, le système affichera une précision de 99 %.

Vu les possibilités offertes par les technologies d’intelligence artificielle, de nombreuses personnes souhaitent vivement que le plein potentiel de ces technologies soit révélé et exploité pour le bienêtre des sociétés. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises commencent à intégrer cette technologie de reconnaissance faciale dans les appareils du quotidien. Avec Windows Hello, il est possible de déverrouiller son ordinateur avec son empreinte digitale, son visage ou son iris sans avoir besoin d’un mot de passe. Apple a également intégré une fonctionnalité de déverrouillage du nouvel appareil iPhone X avec le visage baptisée Face ID.

Mais tandis que certains utilisateurs se réjouissent à l’idée que la vie serait davantage facilitée avec ces technologies, d’autres se préoccupent des dérives éventuelles comme les violations de la vie privée avec des possibilités d’avoir une quantité d’informations sur une personne en la soumettant uniquement à une application soutenue par un système d’apprentissage automatique. D’autres personnes également affichent des inquiétudes sur ce système de reconnaissance faciale utilisé par Moscou pour traiter efficacement les données collectées. Est-ce vraiment pour la sécurité des utilisateurs ? Ou est-ce un prétexte pour mieux espionner les individus ?

Source : Bloomberg

Et vous ?

Ce système de reconnaissance faciale devrait-il être adopté par tous les gouvernements pour protéger leurs citoyens ?

Ou pensez-vous qu’il doit être mis au placard par les autorités qui souhaitent ne pas espionner leurs administrés ?

Voir aussi

La société est-elle prête pour des systèmes avancés de reconnaissance faciale ? La police russe devrait bientôt s’en servir
Un programme de reconnaissance faciale d’une startup russe permet d’identifier un inconnu dans la rue instantanément juste en prenant sa photo
Avatar de Namica
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 01/10/2017 à 1:36
Avatar de shenron666
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 05/10/2017 à 17:48
Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
caméras publiques...espionnage


Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
le Royaume-Uni a installé une pléthore de caméras dans ses rues
[...]
ces chiffres pourraient donner le tournis à certains défenseurs de la vie privée
La rue = lieu public
Le concept de vie privée n'y est par conséquent pas applicable
Avatar de mm_71
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 06/10/2017 à 6:41
vous pouvez prendre votre iPhone ou votre mobile Android et vous y verrez des informations sur votre comportement, vos déplacements, ce que vous achetez, de qui vous parlez », a-t-il continué.
De plus en plus heureux de n'avoir qu'un vieux téléphone portable qui ne sort que très rarement de chez moi.
La rue = lieu public
Le concept de vie privée n'y est par conséquent pas applicable
Et si depuis la rue tu entre dans une sex-shop avec la femme de ton voisin c'est toujours de la vie publique ?
Avatar de shenron666
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 06/10/2017 à 8:29
Citation Envoyé par mm_71 Voir le message
Et si depuis la rue tu entre dans une sex-shop avec la femme de ton voisin c'est toujours de la vie publique ?
Bien sûr, si tu ne veux pas être vu avec la femme du voisin tu ne sors pas dans la rue
Avatar de mm_71
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 06/10/2017 à 8:37
Bien sûr, si tu ne veux pas être vu avec la femme du voisin tu ne sors pas dans la rue
Exact, et tu ne vas pas non plus dans une sex-shop. On est donc bien ici confronté à un choix imposé et une atteinte aux libertés publiques.
Avatar de shenron666
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 06/10/2017 à 10:33
Citation Envoyé par mm_71 Voir le message
un choix imposé et une atteinte aux libertés publiques.
J'imagine que le choix imposé c'est le fait d'être potentiellement filmé dans la rue ?

Par contre, de quelle atteinte aux libertés publiques est-il question ?
Avatar de mm_71
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 06/10/2017 à 11:32
J'imagine que le choix imposé c'est le fait d'être potentiellement filmé dans la rue ?
Oui.
Par contre, de quelle atteinte aux libertés publiques est-il question ?
Tu n'es plus libre de sortir de chez toi sans être soumis à une contrainte et tu ignore tout de l'usage qui sera fait des données recueillies, ( Piratage, fonctionnaire véreux, etc... ) ce qui peut inciter à ne pas faire une chose que tu aurais faite dans des circonstances normales.
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