Le FBI voudrait pouvoir accéder à l'historique de navigation internet sans mandat
Dans le cadre de ses enquêtes

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Le gouvernement américain a proposé un amendement à l’Electronic Communications Privacy Act (ECPA), qui permet d’étendre les restrictions gouvernementales sur les écoutes téléphoniques afin que ces écoutes puissent aussi inclure les transmissions de données numériques. Ledit amendement, qui sera examiné ce jeudi par la commission judiciaire, voudrait permettre au FBI d’exiger des fournisseurs de service internet qu’ils lui remettent les enregistrements relatifs aux communications électroniques dans le cadre de leurs enquêtes en mettant en avant des lettres de sécurité nationale (NSL : National Security Letters). Ces dernières lui permettent de passer outre un accord du tribunal (mandat) pour cette activité.

En clair, les agents fédéraux seront en mesure d’avoir accès à des éléments comme le nom de l’abonné, son adresse et ses factures téléphoniques détaillées sans l’intervention d’un juge. Ils pourraient également avoir accès à l’adresse IP de l’abonné, mais également le temps qu’il a passé sur un site web spécifique.

Le Washington Post, qui rapporte l’information, précise cependant qu’il y aura une certaine limite sur la visibilité que pourraient avoir les forces de l’ordre sur les parties spécifiques d’un site web visité par l’abonné. Pour être plus précis, selon le FBI, si l’abonné s’est rendu sur le site Developpez.com, les forces de l’ordre ne verront que Developpez.com, sans aucune précision : elles ne sauront pas sur quel forum il est allé par exemple.

Le sénateur John Cornyn, qui a présenté l’amendement, a déclaré que ce changement est nécessaire pour empêcher « de mettre des obstacles inutilement à nos efforts de contre-espionnage et de contre-terrorisme ». Il faut préciser que, selon la loi actuellement en vigueur, les lettres de sécurité nationale permettent aux forces de l’ordre d’avoir accès à un éventail de métadonnées, éventail dans lequel ne sont pas compris le contenu des appels, les courriels et autres messages.

Cependant, ces lettres ne permettent pas la collecte des adresses de sites Web visités ou des requêtes de recherche effectuées sur Internet. Ce qui s’avère problématique pour James Comley, le patron du FBI, qui a qualifié « d’erreur » le fait qu’une telle provision soit omise dans le texte de loi. Il estime d’ailleurs que ces données sont trop protégées à cause de cette « erreur ». En février dernier, durant le Senate Intelligence Committee, il a déclaré que l’incapacité d’obtenir des données avec des NSL « affecte très profondément notre travail côté pratique ». D’ailleurs il a déclaré qu’obtenir une modification de cette loi est la priorité législative du FBI en cette année.

Les défenseurs du droit à la vie privée sur internet comme l’EFF n’ont pas tardé à réagir : « modifier une loi de surveillance pour permettre au FBI d’émettre des demandes sans mandat pour obtenir de nouveaux types d’enregistrements internet des utilisateurs - sans même avoir à consulter un juge au préalable - est une expansion considérable de cette loi. Mais, entendre le directeur du FBI James Comley déclarer qu’il s’agit là de la « correction d’une erreur » est la conséquence du fait que le FBI pense qu’il est DÉJÀ habilité à obtenir ces enregistrements en brandissant les NSL et que le Congrès s’est juste trompé en rédigeant la loi ».

Le correctif que le FBI recherche va « élargir considérablement la capacité du FBI à obtenir des informations sensibles sur les activités en ligne des utilisateurs et sans surveillance », a déclaré une coalition formée par des défenseurs de la vie privée et des entreprises, dans une lettre ouverte.

Les nouvelles catégories d'informations qui pourraient être recueillies au moyen d'une NSL vont « peindre un tableau incroyablement intime » de la vie d'une personne, a continué la coalition qui a des membres comme l'American Civil Liberties Union, Amnesty International USA, Computer & Communications Industry Association, Google, Facebook, Yahoo et bien d’autres. Par exemple, les données historiques de navigation, des informations de localisation et certains courriels d'une personne peuvent révéler des détails sur l'affiliation politique d'une personne, ses conditions médicales, sa religion et ses déplacements durant la journée, a déclaré la coalition.

Source : Washington Post, EFF


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Avatar de gretro gretro - Membre actif https://www.developpez.com
le 09/06/2016 à 1:49
Après les déroutes de la NSA, la réponse immédiate devrait être non.
Avatar de Kropernic Kropernic - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 09/06/2016 à 8:29
Comme l'a dit un jour le grand philosophe Mick Jagger :
You can't always get what you want

Avatar de TheLastShot TheLastShot - Membre averti https://www.developpez.com
le 09/06/2016 à 10:06
Citation Envoyé par gretro  Voir le message
Après les déroutes de la NSA, la réponse immédiate devrait être non.

Après les déroutes de la NSA, la réponse immédiate devrait être "Parce que vous vous préoccupez réellement de la légalité ?"
Avatar de TiranusKBX TiranusKBX - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 09/06/2016 à 10:55
on peut leur demander alors la publication sur un site publique de leurs emplois du temps très détaillés aux sénateurs ricains incluant au passage les sessions avec leur maitresses ?
non se n'est pas une contrepartie acceptable ? mince alors
Avatar de Grogro Grogro - Membre expert https://www.developpez.com
le 09/06/2016 à 11:12
Cela ressemble fortement aux boîtes noires que la LOPPSI et les lois soi-disant antiterroristes des socialistes voulaient imposer. Cela engendre évidemment un surcoût considérable pour les fournisseurs d'accès, et introduit probablement de la latente dans le réseau. Aujourd'hui, je ne sais même pas si les décrets d'application ont été signés.

Nous sommes tous suspects, et tous coupables d'une façon ou d'une autre de crimepensée.
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 23/06/2016 à 21:22
USA : le FBI manque de deux voix l'accréditation nécessaire
pour pouvoir accéder à l'historique de navigation internet sans mandat

Le gouvernement américain avait proposé un amendement à l’Electronic Communications Privacy Act (ECPA), qui permet d’étendre les restrictions gouvernementales sur les écoutes téléphoniques afin que ces écoutes puissent aussi inclure les transmissions de données numériques.

Ledit amendement voudrait permettre au FBI d’exiger des fournisseurs de service internet qu’ils lui remettent les enregistrements relatifs aux communications électroniques dans le cadre de leurs enquêtes en mettant en avant des lettres de sécurité nationale (NSL : National Security Letters). Ces dernières lui permettent de passer outre un accord du tribunal (mandat) pour cette activité. En clair, cet amendement prévoyait que les agents fédéraux soient en mesure d’avoir accès à des éléments comme le nom de l’abonné, son adresse et ses factures téléphoniques détaillées sans l’intervention d’un juge. Mais aussi à l’adresse IP de l’abonné, ainsi que le temps qu’il a passé sur un site web spécifique.

Pour le sénateur John Cornyn, qui a présenté l’amendement, ce changement est nécessaire pour empêcher « de mettre des obstacles inutilement à nos efforts de contre-espionnage et de contre-terrorisme ».

La semaine dernière, faisant écho au président Barack Obama, le directeur du FBI James Comey a déclaré qu’il ne pensait pas que l’attentat dans la boîte de nuit Pulse (à Orlando, qui se décrit elle-même comme étant le « bar le plus tendance de la communauté gay » ) a été fomenté à l’extérieur des États-Unis : « jusqu’à présent, nous ne voyons aucune indication que cet attentat a été fomenté à l’extérieur des États-Unis et nous ne voyons aucune indication le désignant comme faisant partie d’un réseau ». La communauté de renseignement, a expliqué Comey, est « certaine que ce tueur a été radicalisé au moins en partie via internet ». Et de continuer en avançant que « le FBI a mis dans son collimateur le tireur, Omar Mateen, pour la première fois en mai 2013 lorsqu’il travaillait comme agent de sécurité et faisait des déclarations qui étaient “inflammatoires et contradictoires” ». Mateen aurait dit à ses collègues à ce moment-là qu’il avait des liens familiaux avec Al-Qaïda et qu'il était un membre du Hezbollah. Comey a souligné que le Hezbollah, basé au Liban, est un «  ennemi farouche » de DAESH à qui il a fait serment d’allégeance dans les appels 911 ».

CNN a rapporté que les autorités ont fait référence à ce tir de masse comme étant le plus meurtrier depuis les attaques du 9 septembre.

Suite à cette tragédie qui a frappé Orlando le sénateur républicain Mitch McConnel, chef de la majorité au Sénat, a mis sur pied lundi dernier un vote de cet amendement. Une décision qui est survenue après qu’une série de mesures proposées par les deux parties et portant sur le contrôle des armes ont échoué lundi. « Dans le sillage du tragique massacre à Orlando, il est important que nos forces de l’ordre disposent des outils dont elles ont besoin pour mener des enquêtes antiterroristes », a déclaré le sénateur républicain John McCain, l’un des auteurs de cet amendement.

Une situation qui a aussitôt entraîné une réaction de la part des défenseurs des droits à la vie privée qui ont estimé qu’il ne fallait pas profiter d’un attentat pour accroître les capacités d’espionnage numérique du gouvernement.
Le vote a eu lieu hier et l’amendement a manqué de près (deux voix) d’être adopté. Mais la bataille n’est pas finie puisque le sénateur Mitch McConnell a soumis une motion pour reconsidérer le vote suite à la défaite.

Source : Washington Times, CNN, White House, Reuters

Voir aussi :

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