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Loi travail : la CGT n'exige plus le retrait de l'article 2 pour revenir aux négociations
Le chef de l'État est déterminé à voir la loi appliquée

Le , par Stéphane le calme

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Tandis que la CGT a continué ses multiplies actions de grève dans divers secteurs de l'économie, ce qui a valu à la CGT de se faire taxer de « preneurs d’otages » par le Premier ministre Manuel Valls, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, avait déclaré que la seule issue au conflit était le retrait de la loi Travail.

Mettant un peu d’eau dans son vin, le chef du gouvernement s’est ravisé et a dit être toujours disposé à la discussion, affirmant que « la porte est ouverte ». Il aurait d’ailleurs appelé Philippe Martinez ce samedi 28 mai, comme ce dernier l’a confirmé dimanche dernier pendant l’émission « Aujourd’hui en France » : « j’ai eu pour la première fois en deux mois un appel du Premier ministre. C’est plutôt mieux quand il n’est pas dans une posture ;! » a-t-il affirmé. Et de rappeler « qu’après une réunion début mars dernier », la CGT n’avait plus eu « de son ni d’image » venant de Matignon.

Il a cependant tenu à garder secret l’objet de la conversation. Néanmoins, il a déclaré « il faut que le gouvernement soit plus attentif à ce qui se passe », précisant « qu’il faut revenir sur l'article 2 de la loi Travail, tel qu'il est. Quand la colonne vertébrale n'est pas bonne, il faut l'enlever ».

« L’article 2 sur l’inversion des normes, c’est ça le point de blocage », a-t-il déclaré, établissant ce point comme préambule à la reprise d’un dialogue avec le gouvernement. Il a également avancé qu’il faut « rediscuter du licenciement économique, du périmètre, des accords de compétitivité ». Il s’est montré d’accord avec certains points : « le compte personnel d’activité, on peut avancer, il faut aussi rediscuter de la médecine du travail, améliorer les droits des salariés avec plus de représentants dans les entreprises ». « Je dis à Manuel Valls qu’il y a plusieurs solutions pour arrêter les blocages et les mobilisations. La première, c’est de suspendre le processus. On discute, on améliore. C’est ce qu’on dit depuis le début ;! »

Pourtant, lors d’un débat sur RTL avec Laurent Berger, le patron de la CFDT, Philippe Martinez a déclaré être prêt à « revenir à la table des négociations », précisant qu’aucun préalable n’était nécessaire pour le faire. En clair, le syndicat ne fait plus du retrait de l’article 2 une condition pour pouvoir retourner aux négociations.

« La majorité des Français estime que cette loi n'est pas bonne. La balle est dans le camp du gouvernement », a-t-il assuré en ajoutant qu'il était nécessaire de discuter de l'inversion de la hiérarchie des normes, du périmètre des licenciements, des accords de compétitivité par anticipation et des référendums en entreprise.

De son côté, François Hollande a affirmé ce mardi que le projet de loi Travail, était « une loi de progrès utile à notre pays » qui « ne sera pas retiré » : « la philosophie et les principes de l'article 2 seront maintenus ».

Pour le chef de l’État, l'article 2, qui consacre la primauté de l'accord d'entreprise sur la convention de branche en matière d'aménagement du temps de travail, « prévoit que l'accord d'entreprise, pour être valide, devra être approuvé par les syndicats qui représentent une majorité de salariés. C'est un verrou très sérieux ».

« Ce texte assure de meilleures performances pour les entreprises et offre des droits nouveaux aux salariés. C'est parce que c'est une loi de progrès utile à notre pays que je considère qu'il est nécessaire de le mener jusqu'à son terme » a-t-il déclaré.

Lundi, Pierre Gattaz, président du Medef, a mis de l'huile sur le feu en accusant des syndicalistes CGT de se comporter comme « des voyous » et « des terroristes ». Le patron des patrons a invité le gouvernement à ne pas céder « au chantage, aux violences, à l'intimidation, à la terreur ». Manuel Valls a publiquement condamné ces propos et la CGT a décidé de porter plainte.

Source : RTL (vidéo), Sud Ouest (François Hollande), le Parisien

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Avatar de Conan Lord
Membre expert https://www.developpez.com
Le 02/06/2016 à 14:44
Citation Envoyé par nathieb Voir le message
Je vous rappelle qu'on travaille (informaticiens) à remplacer, automatiser des taĉhes ou nos propres tâches,
A l'heure de IA, on nous lobotomise avec "travailler plus pour gagner plus", comme au début du siècle, alors
qu'on est en train de tout faire pour s'auto remplacer, y a pas un truc qui cloche ???
Je plussoie grandement. Dans les sujets sur l'automatisation, tout le monde (ou presque ?) s'accorde à dire qu'il y a de moins en moins de travail et que, sans tenir compte du modèle économique actuel, c'est une bonne chose en soi. Il n'est pas question de Renault qui externalise je ne sais où, des salariés de Nokia qui sont virés ou encore des patrons qui préféreraient entraver la croissance de leur propre boîte parce qu'ils auraient peur d'embaucher (hahaha). C'était annoncé au moins depuis la révolution industrielle. La loi travail et la baisse de la majoration des heures sup', je ne vois pas du tout en quoi ça va faire baisser le chômage. Pourtant j'ai étudié l'économie moi aussi (mon prof était arabe, ça a peut-être joué). S'il n'y a pas de travail, c'est qu'il n'y a pas de besoin, c'est tout.

Comme disait Coluche, le travail, y'en a pas beaucoup, faut le laisser à ceux qui aiment ça. Moi, j'aime bien. Contrairement à ce qu'en disent les mauvaises langues, je ne crois pas être la seule. Par contre, mes 37 h et demi, je trouvais déjà ça beaucoup. C'est pas que je sois faignasse, c'est pas trop fatigant d'agiter mes doigts au-dessus d'un clavier, c'est juste qu'avec 37 h et demi, on reste dans le métro boulot dodo (et peu importe que les Suisses et les Allemands fassent pire). Je fais un bisou à mes filles le matin, un bisou le soir, et le w-e je speede tout le monde pour faire tout ce que je n'ai pas pu faire dans la semaine (courses, papiers, coups de fil, appareils en panne, ménage, etc). Je laisserais bien un peu de mon travail aux autres, si on me permettait de vivre correctement en bossant moins. Sans déconner, pour le salaire je m'en fous un peu (je vis en province heureusement), mais si le temps de travail augmente encore, c'est bien simple, je n'aurai plus de vie de famille ! Pour ceux qui me demanderont "bah les autres ils font comment ?", je répondrai "bonne question, merci de l'avoir posée"
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Avatar de coolspot
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 02/06/2016 à 11:32
Citation Envoyé par MobyKDIK Voir le message
Ca ne gène personne que ces syndicats qui ne représentent plus personne se permettent de bloquer le pays entier ?? On est pas dans un pays totalitaire, dictatorial, en guerre ! Cette loi de travail n'a rien à voir avec les années tatcher ou les lois HARTZ IV de Schröder ! Pourtant, certains se permettent d'imposer à toute la population leur colère, paralysant tous les transports, mettant à mal plein de PME, dégradant encore plus un dialogue politique et social qui, j'y crois encore, pourrait être réstauré. Quoi qu'on pense de cette loi (qui est surement néfaste et improvisée par un gouvernement trop conserné par sa réélection, paradoxal hein ^^ ?), je trouve intôlérable que certains créent tant de désordre et punissent tous les citoyens par leur anarchisme d'une autre époque... Certains (comme les ouvriers) ont tout à fait le droit d'être révoltés, eux vivent réellement des métiers des plus pénibles et ingrats : cela explique leur réaction, ça ne les excuse pas. Nous sommes en démocratie !!
Mais svp arrêtez avec ce discours copié collé du bureau de com du MEDEF. Ces syndicats ne représente pas personne, ils représentent les salariés qui les ont élus (à contrario d'un premier ministre élu par personne qui fait du 49-3). Et je rappelle que le but d'un syndicat c'est de défendre les intérêts de ses adhérents et pas redresser la France ou l'économie française (qui ca est du ressort du politicien).
Et je rappelle qu'il y a plus de syndiqués en France qu'il n'y a d'affilié à un parti politique. Pourtant on entend personne venir gueuler que les partis politiques ne représente personne

Et pour les pas content c'est simple montez votre syndicat, faites vous élire et bosser un peu. Car oui bizarrement ca gueule que les syndicats sont des branleurs/planqués/vendu/représente personne mais en tant que militant syndical dès qu'on veut proposer des postes de militants aux salariés là ya plus personne et la c'est la foire aux excuses :
"ah mais non tu comprend je vais être mal vu", "ca va etre mauvais pour ma carrière", etc...

Bref je ne suis pas affilié à la CGT mais je comprend leurs actions car cette loi est une bombe à retardement . Car l'inversion de la hiérarchie des normes vont tuer les branches car cette article est uniquement destiné à sabré les avantages et conditions de travail des salariés. Les accord d'entreprise ainsi négocié seront toujours défavorable et pour obtenir la signature il y aura le traditionnel chantage à l'emploi.
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Avatar de psykokarl
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 11/07/2016 à 5:55
Citation Envoyé par ddoumeche Voir le message
Ce n'est pas du chantage de la part des entreprises, c'est de la réalité économique.
Un concept que les partisans de l'état fort ne comprennent pas visiblement
Oui bien sur !
De même qu'un gamin qui en menace un autre plus jeune pour avoir son argent de poche, ce n'est pas du racket mais "de la réalité sociale en ZEP".
Choses que les parents d'élèves indignés tendent à ne pas comprendre d'avantage...

Le souci est que la libéralisation qui nous a été vendu comme un moyen d'accéder à la prospérité n'est dans les fait que la diminution du pouvoir étatique sur les acteurs économiques.
Si on considère que ce pouvoir étatique est (théoriquement) de nature démocratique cela qui revient à se priver d'un levier démocratique majeur pour ce qui est de la gestion de notre économie.
Ce que l'on nomme intérêt général n'est pas la somme des intérêts privés. Ce que vous appelez réalité économique n'est que l'état de rapports de force a un instant t et ne constitue en rien une morale ou une loi absolue : chose que certains ne comprennent visiblement pas...

L'histoire est toujours en marche ...
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Avatar de _Thomas
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 03/06/2016 à 0:33
Merci à tous ceux qui participent à cette discussion, je viens de lire les 4-5 dernières pages, j'ai trouvé les échanges assez intéressants et dans l'ensemble assez courtois.

Au départ, je pensais me contenter de lire les contributions des uns et des autres, mais finalement je n'ai pas réussi à me retenir de réagir. Je m'excuse d'avance pour le pavé, mais j'ai essayé d'être le plus précis et sincère possible, et comme vous pouvez le voir, j'ai alors beaucoup de mal à ne pas être verbeux.


À propos du projet de loi :
Si comme certains le disent, le projet de loi a été "vidé de sa substance", la première question qui me vient à l'esprit est : pourquoi alors certaines personnes souhaitent à tout prix qu'il soit adopté en l'état ?
Avec un niveau suffisant en français et une connexion Internet, presque n'importe peut se faire une idée de ce qu'il en est, par exemple en lisant le projet de loi directement à la source (disponible ICI), au lieu de se contenter de répéter ce que d'autres personnes en disent ou en pensent. Pour ceux qui n'ont pas le temps de lire les 131 pages et/ou qui n'apprécient pas le style léché des rédacteurs, vous pouvez toujours lire ICI une synthèse des articles critiqués (par soucis d'équilibre intellectuel, il serait très souhaitable que les défenseurs de ce projet de loi fassent eux aussi une synthèse des articles qui d'après eux, fondent la légitimité et la crédibilité du projet de loi face aux objectifs qu'il prétend atteindre ; jusqu'ici je n'ai pas trouvé mieux que ÇA).

Une fois cet effort personnel effectué, je vois quatre grandes possibilités :
  1. Le texte était initialement très positif et il le reste malgré les concessions faîtes à droite à gauche entre-temps. La grande question serait alors de comprendre pourquoi visiblement une majorité de personne est contre ? Faut-il déduire de ce constat que la CGT et ses amis ("camp" souvent présenté comme minoritaire voire ultra-minoritaire) a plus d'influence sur l'opinion public que le gouvernement, les médias de masse publics ou privés et les syndicats de salariés et patronaux (ex: MEDEF, CFDT) tous réunis ? Pourquoi et comment autant de gens se font "berner" par les arguments des uns en refusant catégoriquement les arguments des autres ? D'où vient ce déficit soudain de bon sens soudainement généralisé ?
  2. Le texte ne contient vraiment plus rien, ni de positif ni de négatif, suite aux "négociations" et aux "discussions" pre-49.3 comme l'affirmaient certains il y a peu (ex: M. Gattaz). La question initiale se repose alors : Pour quelles raisons certaines personnes veulent qu'un texte vide d'intérêt et d'utilité soit absolument adopté en l'état ? Est-ce que cela ne serait pas un indice démontrant qu'effectivement le texte n'est pas totalement vide et que par conséquent le débat sur son contenu est encore légitime ? Et si la réponse à la question initiale se trouvait dans un simple et puérile jeu de postures des uns et des autres (en étant en un peu caricatural : CGT & Co Vs Gouvernement + MEDEF & Co), devons-nous (encore?) accepter que l'issue et le contenu d'une loi concernant un élément central de nos vies actuelles soit fondée uniquement sur un jeu de pouvoir qui pour l'immense majorité d'entre nous, nous est complètement étranger ? (la plupart d'entre nous ne fait partie ni de la direction d'un parti politique national, ni de la direction d'un syndicat national de salariés ou de patrons)
  3. Le texte contient un mélange d'articles plus ou moins défendables. Pourquoi alors de pas faire le tri afin de voter ceux qui feraient plus ou moins consensus tout en continuant de "débattre" sur les autres qui concentrent les points de désaccord ? À qui profitent potentiellement plus un projet de loi "fourre-tout" ?
  4. Le texte n'a jamais vraiment contenu quoi que ce soit de crédible par rapports aux objectifs visés, ce qui explique un peu mieux pourquoi visiblement une majorité de personne ne veut pas de ce projet de loi. Pourquoi alors un gouvernement prétendu représentatif propose un projet de loi par lequel une majorité de gens ne se sentent pas représentés ? Comment en arrive-t-on à chaque fois, à travers les élections, à être représentés par des gens qui ne nous représentent pas une fois les élections passées ? Pourquoi cela changerait d'une élection à une autre ? Est-ce qu'il existe, historiquement, des exemples qui vont à l'encontre de ce constat actuel ?


Chacun se fera son idée, mais je ne peux que terminer ce point en rappelant l'intitulé du projet de loi : "Projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs".
Sans donner à ce détail plus de sens qu'il n'est raisonnable de lui en donner, il est amusant de constater que les nouvelles libertés et protections sont destinées en premier lieu aux entreprises, puis aux actifs.

À propos des grèves et de leurs conséquences :
Au risque de répéter des choses déjà dîtes ici, effectivement ne tombons pas dans le piège des formules toute-faites à base de vocabulaire inapproprié ("prise en otage", "terrorisme", "dictature", etc.), elles n'apportent rien de sain au débat tout au contraire. À mes yeux, les grèves ont le mérite de répondre par les faits à la question "En dernière analyse, qui dépend réellement de qui ? ", que ce soit dans le rapport salarié/patron comme dans le rapport citoyen/représentants. Cela dit, compte tenu des résultats obtenus par ces modes de revendications, j'ai du mal à défendre bec et ongles la pertinence des grèves et des manifestations, mais je ne vois pas de moins mauvaise solution pour l'instant (et comme l'ont déjà dit certains ici, une grève qui ne dérange personne ne pèse rien dans le rapport de force, donc les gènes occasionnées actuellement sont plutôt "bons signes".
Ne connaissant que très peu le sujet du droit de grève et du du syndicalisme, je ne vais pas m'étendre d’avantage sur le sujet par crainte de dire des bêtises. Je me contenterai de rappeler que nous devons la majorité du confort de nos situations actuelles (droit du travail, protection sociale, congés, payées, etc.), aussi diverses qu'elles soient, à ceux qui dans le passé ont participé à la construction de notre société en s'opposant alors à ceux qui ne voulaient pas de ce qu'on appelle couramment les acquis-sociaux. Je pense qu'il est sain de débattre de la remise en question éventuelle de tous ces acquis-sociaux, cependant il serait criminel à mes yeux d'oublier pourquoi des gens, à une autre époque, se sont battus pour les obtenir.

À propos du message de Chauve souris (#907) et des échanges qui s'en sont suivis :
Je suis globalement d'accord avec son message et donc probablement "vieux avant l'âge" malgré moi.
Effectivement je pense que les formes actuelles de nos sociétés accroissent l'individualisme alors qu'autrefois, par nécessité, elles favorisaient d'avantage la coopération et le partage. Quant à savoir si c'était mieux avant, je pense qu'il ne faut pas poser la question de cette manière, trop normative à mon goût, mais plutôt par exemple s'interroger sur les points suivants :
  • Sommes-nous plus heureux qu'avant ? Vivons-nous mieux qu'avant ? Avons-nous plus de temps libre pour faire ce qui nous plaît en dehors de la nécessité métro-boulot-dodo ?
  • Mon confort personnel n'a-t-il pas des conséquences négatives sur celui d'autres personnes ? sur l'environnement ?
  • Qu'est-ce qu'on appelle le progrès ? Pourquoi est-ce qu'on a tendance à le présenter moins sous un angle social que sous un angle économique ?
  • Est-ce que je me reconnais dans le projet de société qui est en train de se construire par la somme de nos vies individuelles ?
  • Rétrospectivement, parmi les idées dominantes actuelles qui nous semblent vraies, combien d'entre-elles n'ont pas d'abord été déconsidérées/décrédibilisées par la majorité des gens de l'époque pour finalement remplacer des idées qui semblaient immuables ? Quelles conséquences en tirer face aux idées qui aujourd'hui nous semblent immuables ? Même question à propos de celles qui nous semblent à première vue irréalisables ou grotesques ?

Je suis convaincu que lorsqu'on répond à ces questions en faisant les efforts nécessaires pour ne pas se raconter d'histoire, il y a effectivement matière à être très critique envers beaucoup de choses. Mais il est à mes yeux complètement contre-productif d'être continuellement dans la nostalgie triste d'une situation passée : la société évolue continuellement, et donc si certaines choses sont jugées indésirables aujourd'hui, il faut diriger nos efforts vers la transformation positives de ces choses-là, et non pas vers la déformation de la réalité qui nous ferait miroiter un retour possible à un eldorado antérieur qui n'a jamais existé.
Alors oui l'informatique et Internet sont des outils qui peuvent être formidables pour œuvrer à l'épanouissement des êtres humains, mais ils peuvent aussi être des outils d'asservissements (et ils le sont) ; comme n'importe quel outil, tout dépend de l'utilisation qu'on en fait, je comprends donc les arguments de Chauve souris auxquels je rajouterai les questions suivantes :
  • Nous utilisons une grande variété d'objets complexes, mais comprenons-nous comment ils fonctionnent ? comment/par qui sont-ils construits ? comment les réparer ?
  • Nous interagissons beaucoup entre nous, mais combien avons-nous de vrais amis ? de vraies relations ? que savons-nous réellement de tous ces gens-là ? à qui faisons-nous réellement confiance ?
  • Quel regard critique portons-nous sur notre perception de "la" réalité ?
  • À quelles fréquence sommes-nous réellement capables de sortir de nos bulles/de nos zones de confort intellectuelles ? (qu'elles soient sociales, informationnelles, professionnelles, etc...)
  • Nos sources d'information sont-elles autant diversifiées qu'on aime à le penser ? Est-il adéquat de faire confiance à ce point aux premières pages de résultats de nos moteurs de recherche préférés ?
  • Quel héritage réel allons-nous laisser aux générations suivantes ? ()
  • Parmi tous les usages possibles des outils informatiques à notre disposition, quelle part représente ceux qui n'asservissent pas d'avantage l'être humain mais au contraire continuent à le libérer réellement ?


À propos de l’orthographe et de la grammaire
Certains sujets de discussions, notamment ceux qui divisent le plus les opinions, nécessitent de limiter au maximum les sources de malentendus si on veut se donner les moyens faire progresser le débat, c'est à dire échanger des idées/des concepts avec une précision croissante afin de cerner les limites des points d'accord ou de désaccord (sinon on se contente d'une succession de monologues qui n'a d'intérêt pour aucune des parties).
Même si l'orthographe et la grammaire française évolue continuellement, j'ai beaucoup de mal à trouver des arguments pour ne pas utiliser -dans la mesure du possible de chacun- uniquement les mots "autorisés" et uniquement les règles de grammaire "officielles". Je trouve même cela nécessaire pour former un point de départ commun permettant ensuite de canaliser les efforts vers l'échange de concepts et d'idées plutôt que disperser ces mêmes efforts dans ce qui pourrait se caricaturer avec le cycle suivant : "expression d'idées insuffisamment précises, malentendus/incompréhensions, dépassement des malentendus/incompréhensions (dans le meilleur des cas), évaluation de la pertinence des idées exprimées initialement (dans leur version corrigée) , expression de nouvelles idées, etc...).

Qui plus est pour des informaticiens : nous viendrait-il à l'idée de ne pas respecter la syntaxe d'un langage ? de ne pas être attentif au style de notre code ?
Probablement non si notre objectif est de faire en sorte que notre code fasse ce qu'on attend qu'il fasse et le mieux possible, c'est à dire qu'il soit compris par le système devant l'interpréter et qu'il soit capable d’interagir correctement avec d'autres systèmes, d'autres ressources, etc...

P.S. Encore désolé pour le pavé et félicitations à qui auront la force de tout lire.
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Avatar de fredinkan
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 21/07/2016 à 13:16
Vous savez que là vous ne donnez plus envie d'être lu ?

Sérieusement, allez vous battre en MP, ça laissera respirer le thread... Merci.
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Avatar de Dogueson
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 01/06/2016 à 20:18
Citation Envoyé par Zirak Voir le message
Et pourtant, la patron dans la vidéo ci-dessous, dit que c'est justement le boulot des patrons d'avoir cette visibilité et que si un patron embauche un gars sans avoir cette visibilité, et qu'il se rend compte 3 mois après qu'il n'a plus besoin de lui, c'est le patron qui a mal fait son job, et le mec embauché n'a pas a payé pour ça.

Dans la plupart des cas, ce n'est d'ailleurs pas un manque de visibilité, mais une volonté de ne penser qu'à court terme pour faire rentrer l'argent au plus vite.

Etre patron cela ne se résume pas à avoir une idée, et/ou des fonds pour la mettre en œuvre, tout le monde n'est pas capable de "gérer" une entreprise comme il faut. En fait, j'ai l'impression que certains patrons, veulent un assouplissement sur les licenciements et le reste, seulement pour palier à leur propre incompétence et à leurs mauvaises décisions.
Le patron de cette vidéo l'est depuis 2015, ça me parait un peu court pour faire la leçon à toute la profession mais passons.
Concernant la visibilité, il y a dix ans dans le bâtiment, j'avais toujours au moins 8 mois de commandes fermes devant moi. Aujourd'hui, les cycles de passation de commande et l'état général du marché ont fait que ce carnet de commandes est descendu à 1 ou 2 mois, (et souvent moins chez beaucoup de confrères). Cela n'a pas forcément d'incidence sur les effectifs en CDI car on arrive quand même à avoir le volume suffisant sur l'année, néanmoins c'est forcément un frein à l'embauche à long terme. Et quand une surcharge se produit, il est finalement bien moins risqué de faire des heures supps ou de recourir aux intérimaires ou aux CDD. Et quand il y a sous-charge, dans une petite boite, le premier réflexe n'est pas de licencier, ce qui serait aberrant car une perte de savoir-faire, mais de se serrer la ceinture (le salaire du patron est le premier à passer à la trappe), de tirer sur les paiements fournisseurs, de négocier des facilités de trésorerie avec la banque, etc...
Là ou je rejoins le patron de la vidéo, c'est que cette loi est encore une fois totalement hors sujet. Les gisements d'emploi sont dans les TPE/PME qui ont besoin de souplesse pour se développer parce que ce sont des structures fragiles qui tombent très vite. Or il n'y pas plus de souplesse qu'avant avec cette loi. Quant à l'article 2, les accords d'entreprises nécessitent l'accord des syndicats majoritaires sauf que dans les TPE/PME, les syndicats, il n'y en a pas ou peu (pas plus chez les salariés que chez les patrons d'ailleurs) surtout chez les TPE. Donc l'utilité...
Tant que les lois seront conçues par des énarques et négociées selon les revendications du Medef (qui ne représente vraiment que les 2000 plus grosses entreprises) et des syndicats de salariés qui n'ont pour adhérents que des fonctionnaires et des salariés de ces mêmes grosses boites, on n'ira pas loin.
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Avatar de RyzenOC
Inactif https://www.developpez.com
Le 02/06/2016 à 10:03
pendant ce temps la en Suisse c'est 48 semaines * 42 heures = 2016 heures annuelles (un peu près)
Quitte à faire plus de 35H, autant aller les faire dans un pays qui les payent !
La suisse à pour réputation de bien rémunéré les salariés, en France c'est plutôt "tu fait des heures supp pas payé car t'avais cas bossé plus vite".
10  0 
Avatar de Kropernic
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 03/06/2016 à 17:19
10  0 
Avatar de gagaches
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 06/06/2016 à 20:13
Solution très simple : retirer cette loi refusée par 62% des français ...

Et tout le monde est content sauf une très petite minorité privilégiée ... (et qui ne sera plus au pouvoir d'ici pas longtemps)
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Avatar de ManusDei
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 05/07/2016 à 14:30
Citation Envoyé par Chauve souris Voir le message
Le fait que l'on nie à la fois le désir de l'enfant ou de l'ado et celui de l'adulte conduit à des situations mauvaises propre à toute dissimulation. Le tabou, l'interdit, empêche toute réflexion structurante.
T'es un grand malade toi tu sais ? Personne ne nie la sexualité des ados, on l'a tous été.
Ce qu'on nie, c'est la capacité d'un ado à consentir face à un adulte dépositaire d'autorité.
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