L'Iran donne un an aux messageries étrangères pour transférer les données des Iraniens dans le pays
Sous peine de suspension de leurs activités

Le , par Miary, Expert éminent
Après le blocage des réseaux sociaux étrangers, le Conseil suprême iranien du cyberespace s’attaque maintenant aux applications de messagerie étrangères utilisées dans le pays. Les entreprises concernées ont un an pour effectuer le transfert des données et activités liées aux utilisateurs iraniens sur le territoire iranien, sous peine de suspension de leurs activités.

Des mesures venant à la suite des directives et inquiétudes du Guide suprême de la Révolution

Alors que le président iranien, Hassan Rohani, s’est montré favorable à l’accès des citoyens iraniens aux réseaux sociaux, l’Ayatollah Ali Khamenei les voit d’un autre œil. Après l’interdiction des réseaux sociaux étrangers, comme Facebook ou encore Twitter, le Conseil Suprême du cyberespace vise maintenant les messageries étrangères. Dans le cadre de nouvelles mesures de régulation, il est ainsi demandé à ces dernières de transférer les données relatives aux citoyens iraniens en Iran. Autrement dit, les fournisseurs d’applications de messagerie doivent implanter des serveurs dans le pays.

Outre cette mesure dédiée aux fournisseurs de messagerie, les autorités iraniennes ont aussi créé une police de la cybercriminalité. Sa mission est de poursuivre les blogs de l’opposition et de vérifier les contenus illicites. L’Iran va aussi créer l’Internet Halal, un réseau intranet. Selon une étude récente, presque la moitié des 500 premiers sites mondiaux sont déjà bloqués en Iran. Ces mesures confirment encore le fait que l’Iran fait partie des pays qui appliquent un contrôle très strict sur Internet.

Un moyen de pouvoir contrôler Telegram : la messagerie instantanée la plus utilisée par les Iraniens

Les fournisseurs de messagerie accessibles en Iran sont nombreux, mais cette décision va surtout impacter Telegram. Ce dernier compte actuellement 20 millions d’utilisateurs iraniens, dont des membres du gouvernement. L’engouement la messagerie instantanée Telegram vient de son niveau de sécurité et de confidentialité. En effet, les messages échangés sont chiffrés et ne sont pas stockés sur les serveurs. Le haut niveau de sécurité de Telegram a séduit les utilisateurs iraniens, étant donné que les appels sont sur écoute en Iran. Le créateur de Telegram affirme avoir créé son application afin de contourner la surveillance des autorités russes.

Cette mesure prise contre les entreprises de messagerie étrangères a évidemment suscité l’inquiétude des abonnés iraniens. Pour ces derniers, l’obligation d’implanter les serveurs qui hébergent leurs données sur le sol iranien va permettre aux autorités de surveiller les messages échangés. Quoi qu’il en soit, les internautes iraniens continuent à utiliser les réseaux sociaux en utilisant des applications anti-censure. Selon le Conseil Suprême de cyberespace, de tels outils sont utilisés par plus de la moitié des internautes iraniens.

Malgré un effort notable sur le plan économique, la censure sur Internet devient de plus en plus importante en Iran. Cette mesure qui vient d'être annoncée en est la preuve. Il est bien évidemment possible de contourner ces interdictions via des applications. Mais c’est l’obligation d’implanter des centres de stockage de données dans le pays qui gêne les utilisateurs iraniens.

Source : Reuters

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