Procès API Java : la victoire de Google signifie la mort du logiciel libre et de la GPL
Estime Annette Hurst, avocate d'Oracle

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Après quelques années de bataille entre Google et Oracle sur la copie des API Java dans Android, l’industrie du logiciel a accueilli hier la victoire du géant du Mountain View. Mais encore une fois, Oracle n’entend pas abandonner et envisage de faire appel pour remettre en cause cette décision.

Nombreux sont les observateurs qui ont estimé qu’une victoire d’Oracle aurait tué le monde du logiciel. S’exprimant à propos de la décision du tribunal, un porte-parole de la communauté des développeurs a déclaré que le verdict « représente une victoire pour l'écosystème Android, pour la communauté des développeurs Java, ainsi que pour tous les développeurs de logiciels qui se servent de langages de programmation ouverts et libres afin de développer des produits de consommation innovants ».

Mais Annette Hurst, avocate d’Oracle, ne le voit pas de cette manière. Pour cette dernière, c’est tout à fait le contraire. Après la défaite de son client, elle s’est exprimée sur LinkedIn à travers un article intitulé « La mort du logiciel libre … ou comment Google a tué la GPL ».

« Développeurs méfiez-vous. Vous pouvez penser que vous avez obtenu une victoire hier. Mais il est temps de penser à plus que vos désirs de copier librement quand vous vous asseyez devant un clavier », a-t-elle averti. Hurst poursuit en affirmant que le libre selon Google n’a pas le même sens que le libre qu’a toujours défendu Richard Stallman.

Annette Hurst estime en effet qu’avant de célébrer cette victoire, les développeurs devraient d’abord analyser la portée de la décision de justice. « Non seulement les créateurs de partout vont souffrir de cette décision si elle reste inchangée, mais le mouvement du logiciel libre lui-même fait face maintenant à une menace réelle, » dit-elle.

Remettant en cause la pertinence des arguments de Google, l’avocate d’Oracle estime que le récit de Google se résumait au fait que « parce que les API Java ont été ouvertes, toute utilisation était justifiée et les restrictions de licence devaient être ignorées ». Pour généraliser, elle conclut que si vous offrez un logiciel libre et ouvert, alors toute utilisation relève du fair use. Selon elle, la décision du jury suggère donc que l’on peut tout simplement faire fi des restrictions de licence. Et sur cette base, Annette Hurst estime que la GPL ne peut survivre et qu’on pourrait donc lui dire adieu.

Au-delà de la GPL et du libre, l’avocate d’Oracle croit également que ce sont les entreprises qui dépendent des licences de logiciels traditionnels qui sont en danger. Pour elle, ces entreprises seront donc obligées d’accélérer leur mouvement vers le cloud « où tout peut être contrôlé en tant que service », plutôt que de vendre des logiciels.

Source : Annette Hurst (LinkedIn)

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Avatar de bouye bouye - Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
le 28/05/2016 à 1:40
Wut ?! Décidément ils abandonnent jamais. C'est sûr que si Oracle avait gagné ça n'aura pas donné le droit à tout le monde de poursuivre en justice toutes les implémentations libres existantes ...
Avatar de 23JFK 23JFK - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 28/05/2016 à 2:29
Sérieux, elle doit connaître le développement logiciel au moins autant qu'un islamiste s'y connait en vernis à ongles.
Avatar de Gugelhupf Gugelhupf - Modérateur https://www.developpez.com
le 28/05/2016 à 2:38
La dame se fait taper dessus dans les commentaires de son article, je ne sais pas ce qu'elle avait en tête avant de le publier (le goût amère de la défaite très certainement) mais elle va surement se rendre compte qu'elle n'a pas affaire à un cour où elle pourrait convaincre des informaticiens avec ses arguments.
Avatar de Alain Hilterman Alain Hilterman - Membre à l'essai https://www.developpez.com
le 28/05/2016 à 10:10
D'après Rich Stim, Attorney at law, Blogger du Stanford Institute:

"Dans son sens le plus général, la copie d'une matière sous copyright fait l'objet d'un usage correct quand le but est limité et transformatif, tel que le commentaire, la critique ou la parodie. Cet usage ne nécessite pas l'accord du propriétaire du copyright."

- See more at: http://fairuse.stanford.edu/overview....VeAo4bfq.dpuf
Avatar de Battant Battant - Membre averti https://www.developpez.com
le 28/05/2016 à 23:33
Bonjour,

Pourquoi la gpl serait-elle tuée et que cela signifierait-il pour le logiciel libre ?

Est-ce que oui ou non des chercheur universitaires pourraient expertiser un code source ?

Merci pour le renseignement

Salutations
Avatar de Uther Uther - Expert éminent https://www.developpez.com
le 29/05/2016 à 0:28
Citation Envoyé par Battant
Pourquoi la gpl serait-elle tuée et que cela signifierait-il pour le logiciel libre ?
Absolument rien. Le procès n'a rien a voir directement avec la GPL. C'est juste une menace en l'air de l'avocate d'Oracle qui soit ne comprend rien à ce qu'elle raconte, soit fait de la désinformation.

Citation Envoyé par Battant
Est-ce que oui ou non des chercheur universitaires pourraient expertiser un code source ?
Il faudrait préciser ce que tu entend par là, car la question est très vague.
Mais si un code est disponible, sous une licence libre, (ou même propriétaire mais qui autorise la consultation des source), alors il est expertisable par n'importe qui.
Avatar de Alain Hilterman Alain Hilterman - Membre à l'essai https://www.developpez.com
le 29/05/2016 à 10:03
Citation Envoyé par Battant Voir le message
Est-ce que oui ou non des chercheurs universitaires pourraient expertiser un code source ?
Les API et plus généralement les programmes d'ordinateur sont considérés par la législation en vigueur comme des oeuvres littéraires. Cela fait plusieurs siècles que l'université s'est dotée de méthodes et d'outils experts pour analyser les textes littéraires.

Oui, donc, les chercheurs universitaires devraient être habilités à expertiser des lignes de codes sources. Les lignes de codes sources, sont des "choses écrites". Elles font partie de la littérature. Elles ont leur style, leur grammaire, leur vocabulaire, leur langage etc..

Des experts auraient sans doute un rôle à jouer dans l'affaire Oracle v. Google. Est-ce que tous les API ici allégués de contrefaçon font partie ou non de l'usage correct ? D'ailleurs, est-ce que l'usage correct dispose d'un domaine propre, ou cette expression ne vise-t'elle pas plutôt un comportement ?

Est-ce que ces API sont originaux ? Méritent-ils bien tous à ce titre la protection accordée aux oeuvres originales ?

A mon avis, de telles questions relèvent plus d'un débat entre experts qualifiés que d'une délibération d'un jury populaire. Il est assez surprenant que ce débat n'ait pas eu lieu.
Avatar de Xjames56X Xjames56X - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 29/05/2016 à 10:49
J'ai un petit peu du mal à comprendre cette histoire.... L'intérêt d'une API n'est pas d'être utilisée ? (me tapez pas )
Avatar de thelast thelast - Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
le 29/05/2016 à 11:04
l'avocate d'oracle a complètement raison. Malheureusement cela veut dire aujourd'hui que si je veux prendre n'importe lequel de vos codes sur github et m'en servir commercialement sans vous rétribuer, et bien, JE PEUX car jurisprudence.
Avatar de Max Lothaire Max Lothaire - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 29/05/2016 à 11:40
Citation Envoyé par thelast Voir le message
l'avocate d'oracle a complètement raison. Malheureusement cela veut dire aujourd'hui que si je veux prendre n'importe lequel de vos codes sur github et m'en servir commercialement sans vous rétribuer, et bien, JE PEUX car jurisprudence.
Est-ce que Google a repompé le code source des API d'Oracle ou a réimplémenté une autre API qui serait compatibles (même noms/paramètres/retours) ?
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