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Plus les jeunes adultes passent du temps sur les médias sociaux, plus ils sont susceptibles d'être déprimés,
Affirme une récente étude

Le , par Olivier Famien

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9  0 
L’an dernier, une étude avait été menée par un chercheur de l’université de Houston (HU) afin de déterminer l’influence de Facebook sur la santé mentale des utilisateurs. Après avoir interrogé deux groupes de personnes, le chercheur est parvenu à la conclusion qu’il existe un lien étroit entre le temps passé sur Facebook et des symptômes de dépression chez les internautes.

Vu les limites de ce sondage et des autres enquêtes déjà effectuées dans ce domaine qui parfois ciblaient un réseau social en particulier ou d’autres fois ne disposaient pas d’échantillons suffisamment représentatifs, les instituts américains de la santé (National Institutes of Health, NIH) ont financé une étude en 2014 afin d’établir un lien entre le temps passé sur les médias sociaux en général et la dépression en particulier.

L’enquête a été menée par les chercheurs de l’Université de Pittsburgh aux États-Unis et les résultats viennent d’être publiés. Après avoir recruté et interrogé de manière aléatoire 1787 Américains âgés de 19 à 32 ans, les chercheurs sont parvenus à établir une corrélation positive entre le temps passé par les jeunes adultes sur les médias sociaux et la probabilité de sombrer dans la dépression chez ces derniers. En d’autres termes, « plus les jeunes adultes passent du temps sur les médias sociaux, plus ils sont susceptibles d’être déprimés », affirment les conclusions des chercheurs de l’Université de Pittsburgh.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont évalué le temps mis par ces utilisateurs sur 11 réseaux sociaux à savoir Facebook, YouTube, Twitter, Google Plus, Instagram, Snapchat, Reddit, Tumblr, Pinterest, Vine et LinkedIn tout en ayant un regard attentif sur les signes dépressifs manifestés chez ces derniers.

Pour avoir une idée précise du temps mis à parcourir les réseaux sociaux, les personnes interrogées ont elles-mêmes rapporté le temps total passé sur les médias sociaux par jour et par semaine et ont également rempli un questionnaire basé sur un score de fréquence global. Pour ce qui concerne l’évaluation des facteurs de dépression, les chercheurs ont fourni aux personnes sondées un formulaire comportant des éléments de mesure des signes dépressifs.

Selon les informations reçues, les participants de l’étude passaient en moyenne 61 minutes par jour et parcouraient les comptes sur les réseaux sociaux 30 fois par semaine. Après avoir dépouillé les données à leur disposition, les scientifiques ont obtenu les résultats suivant : « Plus d’un quart des participants ont été classés comme ayant des indicateurs “élevés” de dépression ».

Et d’ajouter par exemple que « par rapport à ceux qui ont vérifié le moins fréquemment, les participants qui ont déclaré avoir contrôlé le plus souvent les médias sociaux tout au long de la semaine avaient 2,7 fois de risques de dépression. De même, par rapport à leurs pairs qui ont passé moins de temps sur les médias sociaux, les participants qui ont passé le plus de temps total sur les médias sociaux tout au long de la journée avaient 1,7 fois de risques de dépression ».

Selon Lui yi Lin, auteur principal de cette étude, certaines fois c’est la dépression qui poussent des personnes à se tourner vers ces plateformes. D’autres fois, c’est l’effet contraire. Ce sont plutôt ces plateformes qui forgent le sentiment de dépression chez ces personnes. Par exemple, en visitant les médias sociaux, certaines personnes croient que les personnes rencontrées sur ces sites web sont plus heureuses qu’elles et tombent dans un sentiment d’envie de l’autre en s’apitoyant sur leur sort. D’autres par contre s’adonnent à des activités de peu d’intérêt sur les réseaux sociaux ce qui peut influencer négativement leur humeur. D’autres encore passent plus de temps sur ces plateformes afin de nourrir leur addiction à internet, chose qui peut être le signe d’un sentiment de dépression. Enfin, pour plusieurs, le temps passé sur ces réseaux peut provoquer des sentiments de dépression lorsqu’on se fait charrier sur ces plateformes.

Pour faire face à cette pathologie, Facebook par exemple a déjà mis en œuvre un outil qui permet de contacter et d’envoyer des messages de soutien à une personne en détresse ou encore d’envoyer une alerte à une personne que l’on croit en détresse. Cette dernière s’affiche lors de sa connexion et lui révèle les inquiétudes de son entourage à son égard.

Source : UPMC News

Et vous ?

Que pensez-vous des résultats de ce rapport ? Sont-ils surfaits ou conformes à la réalité ?

Quelle solution pensez-vous qu’on peut mettre en œuvre au cas où ces résultats seraient pertinents ?

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Avatar de Chauve souris
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 29/03/2016 à 5:44
Sans se demander si c'est de la "vraie" dépression (avec perte du taux de sérotonine) ou une simple dépréciation de soi, il est vrai que ces "réseaux sociaux" ne sont axés que sur la surreprésentation de l'individu auquel tout sourit. Ce bluff impressionne les plus faibles et les renvoie à leur médiocrité vécue. Comme avec les autres c'est le niveau zéro de discussion (écoutez, quelques fois, les "dialogues" de jeunes dans le fond d'un autobus, c'est édifiant comme leur langage est un bruit qui ne communique rien). Mais ce n'est pas que les réseaux sociaux qui ont "construit" cette mentalité (une passivité sur fond de déprime), les séries des télévisions avec ces grandes familles bourgeoises bourrées de fric, renvoyaient aussi à leur médiocre condition les téléspectateurs de ces séries.

N'ayant jamais pu saquer la téloche je passais, bien sûr, pour un incompréhensible et une jeune femme me disait : "je n'aurais pas la télévision, je m'ennuierais", j'essayais de rectifier la chronologie en lui disant que, c'est parce qu'elle s'ennuie, qu'elle regarde la télévision. Mais je ne pense pas que mon propos soit passé.

En comparant la dépendance à ces réseaux sociaux (au Paraguay, ils ne lâchent pas un seul instant leur smartphone sur Facebook, même en moto) on constate que cette addiction est inversement proportionnelle à la capacité sociale vraie, au sens du relationnel. Plus on va dans des pays où les relations humaines existent réellement, Argentine et surtout Chili, plus on constate que les smartphones restent dans les poches.
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Avatar de ymoreau
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 29/03/2016 à 8:46
Ce n'est pas parce que statistiquement il y a un lien qu'on peut savoir qui est la cause et qui est l'effet non ? Et si c'était les gens déprimés à la base qui allaient plus souvent sur les réseaux sociaux en recherche de contact social ?
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Avatar de Chauve souris
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 31/03/2016 à 4:27
Citation Envoyé par nirgal76 Voir le message
L'étude ne dit pas s'ils sont de plus en plus bête (pour rester poli) aussi ?
On peut se poser légitimement la question ! Le vieux test de Binet-Simon, pas terrible, mais qui a un mérite celui d'exister depuis longtemps (1905) et d'avoir été pratiqué sur de grandes quantités, montre qu'en 60 ans il y a eu une baisse significative et statistique aux questions dites "d'intelligence". Encore un exemple de limitation de Google, je n'arrive pas à retrouver cette étude quelques soient les mots clés que j'utilise.

Rien qu'au niveau de l'informatique les utilisateurs sont de plus en plus nunuches. Ils seraient incapables d'installer un système (même si c'est devenu ultra simple) et de configurer un BIOS (fut-il UEFI avec un super menu en français) ce qui se pratiquait pourtant aisément dans les années 90. Il leur faut du préinstallé dans un portable.

Fini aussi les pages perso, il n'est plus question que de Facebook et des réseaux sociaux (je me demande ce qu'il y a de vraiment "social" là-dedans). Et on ne cherche plus à partager des sujets d'intérêts mais on se recroqueville sur le nombrilisme auto satisfait. On ne photographie plus l'extérieur, mais soi (avec une perche à "selfies" et avec le sourire crétin de rigueur.

Les divers polluants dont lesquels on baigne sont ils responsables de cette dégénérescence du psychisme humain ? Bon nombre de biochimistes le pensent et je ne leur donne pas tort.
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Avatar de Greenman
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 30/03/2016 à 16:21
Je trouve que l'étude est un peu galvaudée...

Rapporté au réseau social, on a un échantillon de moins de 200 personnes par réseau. Mais vu le nombre d'étude dans ce sens voici ce que j'en pense :

Déjà, on étudie que des bon gros réseaux propriétaires, hyper user-friendly, qui sont finalement plus des membres tentaculaires des régies publicitaires que sont FB et Google qu'autres choses.
Ceci étant, ces réseaux ont tout intérêt à créer, par la gestion des flux des utilisateurs, un sentiment de manque pour mieux vendre leurs espaces publicitaires. Un utilisateur malheureux, dans le matérialisme ambiant, c'est un utilisateur qui va consommé, et qui sera donc mieux impacté par les pubs...

Les AdBlockers n'y feront rien sinon priver l'utilisateur de la nuisance publicitaire, l'algorithme des flux, lui, reste aussi efficace.

Maintenant si on produisait les mêmes types d'études sur des réseaux dépourvus de rentes publicitaires, je pense qu'on trouverait d'autres résultats. Par exemple si l'on considérait le forum comme le réseau social du web 1.0 ou les réseaux sociaux libres comme gnusocial ou diaspora (mais avec un panel de 2000 bonhommes, on est pas près de les trouver représenté...).

D'autre part, il y a la façon d'utiliser un réseau social, ceux qui consultent très régulièrement n'ont rien à dire ou parle pour ne rien dire, et passe finalement leur navigation à regarder la vie de leur 300 contacts, sans que la leur avance. Pas étonnant qu'on y trouve de la frustration voir de la dépression à long terme... Ceux qui construisent qqc au travers du réseau (je pense au forum notamment), se réalisent dans l'interaction en seront d'autant moins frustrés...

Bref, ça me parait logique que ces réseaux mènent à une certaine forme de dépression, d'une part par leur système économique et d'autre part par la tendance qu'on a à devenir spectateur de la vie des autres si on y est trop présent.

Vous me direz, ça va peut-être un peu loin, mais j'en pense pas moins
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Avatar de Chauve souris
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 05/04/2016 à 18:27
Sûr que la vie va être difficile pour ces jeunes car, indépendamment de la substance du savoir et comment le formuler il y a certain nombre de choses qui clochent chez eux et qui seront très invalidantes.

1. la perte de sociabilité. On en parle mais on ne pose pas la question : comment devient-on sociable ? C'est par la pratique sociale avec les autres et ce dès le plus jeunes âge. Or, peut-être à l'exception de quelques villages d'irréductibles gaulois, les gamins ne jouent plus ensemble, chacun restant enfermé sur le territoire pavillonnaire de papa-maman. En ethnologie comparée j'ai pu observer la vie des gamins marocains (dans le sud) et aussi celles des petits africains dans la brousse de différents pays d'Afrique occidentale. Une bonne pratique du "vivre ensemble" dont on a dénaturé le sens (actuellement ça veut dire accepter sans broncher toutes les turpitudes de l'islam) qui donne des adultes sociables. En comparaison avec mon actuel pays de résidence, le Paraguay, où je vous ai expliqué que la famille est ici spéciale et fonctionne comme un dieu jaloux, les mômes ne jouent pas ensemble, un peu comme en France, et leur mère leur interdit d'adresser la parole à un gringo dès fois qu'ils en auraient l'envie et la curiosité.

2. Et puis il y a aussi l'effondrement du moteur de la curiosité où une recherche sur quelques chose qu'on voudrait savoir aboutit, si elle est réussie, à une satisfaction qu'on appelle "gratification" car elle a été obtenue après un effort intellectuel. Phénomène que les développeurs connaissent bien quand, après avoir pataugé avec du code qui fonctionne pas ou mal ils finissent par écrire le bon. Or les actuels jeunes (tout au moins la grande majorité) ne fonctionnent pas/plus avec ce moteur. Toute recherche devant mobiliser leurs neurones "leur prend la tête" selon leur formulation.

Ces deux points d'insuffisances situés dans la vraie vie professionnelle va être un handicap sérieux.
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Avatar de I_Pnose
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 29/03/2016 à 15:41
C’est compréhensible, certaines publications atteignent parfois un tel degré de crétinitude que moi aussi je tomberais en dépression, assurément ^^'
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Avatar de Chauve souris
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 04/04/2016 à 18:08
Citation Envoyé par Escapetiger Voir le message
Il s'agit peut être de cet article qui cite le test et d'autres ... :
QI en berne : comment le niveau baisse en Occident et varie chez chacun d’entre nous avec le temps (et pourquoi ça n’a pas d’importance) et de l'article concomitant :
Des millions de points de QI collectif perdus : comment les toxines attaquent nos cerveaux
Merci pour ce lien ! Bien sûr il faut faire la distinction entre la capacité cognitive (la quantité de mémoire dans l'ordi) et l'intelligence (la valeur d'un programme en mémoire). Sur les deux aspects il y aurait beaucoup de choses à dire.

Pour le premier c'est biologique et biochimique : je ne sais pas si la sélection darwinienne a impacté la capacité cognitive mais, comme celle-ci se compose de neurones et de toute la biochimie y afférent, les divers polluants dans lesquels nous baignons sont indubitablement responsables. En particulier les insecticides qui, s'ils sont toxiques pour les insectes le sont beaucoup moins pour les mammifères. Pourquoi ? parce que les insecticides pénètrent dans les graisses qui constituent les "peaux" des insectes et beaucoup moins dans les peaux des mammifères qui relèvent d'un système aqueux. A ceci près que si le "beaucoup moins" n'est plus négligeable à cause de 1) la dose, 2) l'imprégnation dans le temps, il va diffuser dans l'organisme et se fixer dans le cerveau qui est un système gras, biochimiquement parlant. Or nous apprenons que nous baignons dans des toxiques (revêtements plastiques dans l'habitat, en particulier), non considérés comme tels par les industriels, ceux-ci ayant effectués des tests où les animaux de laboratoires ne meurent, ni ne développent de maladies, dans l'immédiat de l'expérimentation. C'est l'imprégnation dans le long terme qui s'avère toxique.

Pour le deuxième : c'est civilisationnel et culturel. Cela est dû à deux causes :
1. Le renoncement par les structures éducatives officielles à maintenir un niveau de savoir (comparez le certificat d'études d'avant guerre qui se passait à 12 ans et même le BEPC de mes jeunes années qui se passait à 15 ans, avec le niveau de savoir des mêmes âges actuels et vous serez édifié)
2. La perte des relations humaines et, en particulier, l'idéologie comme quoi on ne peut avoir de relations entre âges différents. Donc les jeunes végètent entre eux avec le même savoir limité en dénigrant les "vieux", lesquels le leur rendent bien. Or c'est oublier qu'il n'y a rien dans le BIOS humain en comparaison avec d'autres espèces animales. le petit d'homme doit TOUT apprendre ! Or si les relations jeunes/adultes sont faussées (et même interdites) le savoir ne se transmet pas/plus et l'espèce humaine, tout au moins dans la zone concernée, est appelé à disparaître (ne fut-ce qu'avec l'invasion des "migrants" islamistes qui, tout en ayant des valeurs civilisationnelles détestables, montrent qu'ils ont un dynamisme bien plus grand, au sens de Darwin).

Une anecdote significative et dans "notre" monde informatique : Lors d'une convocation à l'ANPE de Toulouse je rencontre un développeur (qui était même chef de projet) dont la SSII avait fait faillite (classique !). Le même âge que moi, la quarantaine, donc inembauchable. Comme c'était une personne très dynamique et que répondre à quelques annonces (et n'avoir jamais de réponse) ne vous occupe pas beaucoup, il avait proposé à des jeunes de son groupe d'immeuble de faire un petit club informel d'informatique. "J'ai vite renoncé", m'a-t-il dit, "les parents commençaient à me regarder de travers".

Aussi, sur ce sujet, je vous recommande de faire un peu de (re)lecture de Jules Vernes. Vous y verrez qu'à cette époque les aventuriers forcés de l'Ile Mystérieuse, par exemple, ont de bons contacts entre eux et chacun profite du savoir de l'autre qu'il s'agisse du vieil ingénieur ou du matelot. Même le moussaillon s'avère utile car il est porté par cette ambiance dynamique. le moins que l'on puisse dire c'est que ce n'est plus le cas à notre époque de crétinisation croissante.

La célèbre citation de Paul Valéry (in La Crise de l'Esprit, Première Lettre), tout comme celle de Karl Marx ("la religion est l'opium du peuple", ne peut se résumer à elle-seule. Cela mérite, au moins, la lecture du paragraphe.

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.

Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d'empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l'épaisseur de l'histoire, les fantômes d'immenses navires qui furent chargés de richesse et d'esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n'étaient pas notre affaire.

Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie... ce seraient aussi de beaux noms. Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l'abîme de l'histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu'une civilisation a la même fragilité qu'une vie. Les circonstances qui enverraient les ouvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les œuvres de Ménandre ne sont plus du tout inconcevables : elles sont dans les journaux.
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Avatar de Chauve souris
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 05/04/2016 à 15:29
Citation Envoyé par Zirak Voir le message
Sauf que cela, ce n'est qu'une "impression" que les "anciens" aiment bien se répéter pour se rassurer.
Pas rassuré pour autant ! Car on a fait des tests : on a demandé à des jeunes de l'âge du certificat d'études (et même des plus vieux) de passer ces examens comme ils l'étaient à l'époque. Il y a eu beaucoup d'échecs.

Mais il y a eu des études de faites qui montrent qu'il y a, par exemple, moins d'analphabétisme aujourd'hui qu'en 1905. Et pourtant on nous répète partout que c'est une honte, que les enfants d'aujourd'hui ne savent plus ni lire ni écrire, que du temps de nos grands-parents ce n'est pas comme ça, alors que "proportionnellement", il y a moins de problème à ce niveau là que du temps de nos grands-parents justement.

Ce n'est pas parce que le contenu du programme à changé, que les gens sont "forcément" plus bêtes, c'est un peu plus compliqué que cela.
C'est - effectivement - plus compliqué. L'analphabétisme vrai a fortement régressé mais au profit d'un illettrisme. Beaucoup de nos actuels jeunes sont incapables de formuler, avec des mots précis, des faits de leur vie quotidienne. Les fautes de sens et l'approximation sémantique deviennent courantes et, à la différence des anciennes générations, avoir un niveau d'étude fut-il basique, comme le certificat d'études, n'ouvre pas sur une culture pour autant. Pour mon grand père, peintre en bâtiment, qui n'avait que son certificat d'études, faire des fautes d'orthographes était inconcevable et il était ouvert à toute la culture française. On ne peut pas en dire autant de l'équivalent jeunes actuels. Bien sûr il va rester un ghetto de riches et cultivés dont les enfants feront des études dans des instituts privés et qui apprendront avec plaisir à jouer du violon et du piano (cela s'observe dans les familles juives aisées qui sont très exigeantes sur le niveau d'études de leurs enfants), mais "l'éducation de masse", elle, dégringole depuis quelques décennies, un nivellement par le bas (l'égalité au sens de nos "socialistes", tout comme pour les salaires).

A notre niveau d'informaticiens nous pouvons observer la régression de l'usage des ordinateurs (dont les "vrais" se vendent de moins en moins peut-on lire(1)) et de toute la richesse d'usage qu'on en avait il n'y a pas si longtemps. Observé aussi au niveau des appareils photos numériques. Certes les photos prises avec des smartphones ne sont pas ridicules en comparaison des "instamatics" populaires de mes jeunes années, mais cela montre aussi la perte de goût pour cet art qui, comme tout art, nécessitait un peu de curiosité et d'exigence technique.

La lecture aussi est en effondrement total. Je me souviens de la réflexion d'un enquêteur à ce sujet voulant - désespérément - "positiver" l'actuelle jeunitude et qui déclarait "Oui ! mais ils lisent des SMS !". Avec ça...

(1) je me méfie un peu de ces études. Tout comme le "nombre des chômeurs" d'ailleurs, où je préfèrerais l'évolution du nombre des postes de travail par catégorie ce qui est plus difficile à manipuler. Aussi j'aimerais savoir l'évolution de la vente de cartes mères qui sont donc destinées à composer de nouveaux ordis. Y a-t-il eu une enquête à ce sujet ?
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Avatar de souviron34
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 05/04/2016 à 15:49
Citation Envoyé par Zirak Voir le message

Ce n'est pas parce que le contenu du programme à changé, que les gens sont "forcément" plus bêtes, c'est un peu plus compliqué que cela.

On ne parle pas ici de "bêtise"..

Juste de manque de choses de base.... Orthographe, savoir lire, écrire, compter... Avoir le calcul mental et les ordres de grandeurs, les règles de trois, et un raisonnement logique en tête..

Lorsque ma mère est décédée en 2010, j'ai trouvé un livre co-écrit par mon grand'père, le livre de maths des programmes des cours moyens, du programme de 1940, révisé en 1954.... (2 versions). Bien que adapté à l'époque (exemples en mensuiserie, avec du charbon, etc par exemple), juste l'énoncé des problèmes pour le Certifcat d'Etudes (quand tu as environ 12-13 ans et que tu peux partir travailler en apprentissage) est édifiant : 90% des jeunes aujourd'hui seraient incapables même de comprendre : pourcentages, perspectives, fractions, etc, le tout en questions de 6 ou 7 lignes, et pas de "cases à cocher", mais on attend une réponse précise et explicative...

  • Comment faire une queue d'aronde avec tels et tels angles et un morceau de tant de cms
  • Combien devrait dépenser par mois un patron avec 11 salariés, sachant que les salariés veulent toucher tant par heure, que les cotisations sociales sont tant de % du brut et que les impôts tant de % du net, mais qu'il y a 9 salariés manuels, plus un contremaître avec un salaire différent et une secrétaire avec encore un autre salaire...
  • Combien touchera un salarié par an si le salaire horaire est tant, les cotisations tant, les impôts tant, et qu'il fait 10 heures supp par semaine pour lesquelles le salaire horaire est tant... etc etc..
  • Combien faudra-t-il dépenser au maximum en nourriture (sachant que beurre, lait, oeufs et porc valent tant le kilo et qu'on en consomme tant/mois) pour qu'on puisse se chauffer toute l'année au charbon sachant que le prix au kilo est tant, que le poële en consomme tant/jour, et qu'on chauffe tant de jours dans l'année......


A 12-13 ans....
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Avatar de souviron34
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 05/04/2016 à 16:32
Ahemmmm

Suffit de voir sur ce forum, hein ?? (un p'tit exemple d'aujourd'hui : ici)

Pourtant théoriquement des gens éduqués, après le BAC (pas ceux-ci sans doute), etc etc...

Mais tu peux voir sur les sites de journaux, les interviews, les blogs, etc...

Les programmes scolaires, les différentes réformes y sont pour beaucoup... Mais quand tu vois la qualité des élèves dans les autres pays francophones, ou francophiles, et que tu compares aux petits français, c'est assez désastreux... (et les Québécois ont suivi le même chemin que les Français).. **

Mais bon, on est HS, mais par rapport au sujet, tout est dans le paraître instantané et virtuel.. Les selfies, les dépressions ou rages à cause des "like" ou "pas like", des nombres d'amis sur FesseBouc, des conneries sur Twitter, etc etc...

** : et c'est pas une question de "vieux" / "jeunes" du style "arff c'était mieux avamt"..

Si tu n'as pas ces bases, d'une part la vie va être difficile parce qu'on en a besoin tous les jours, d'autre part tu es "une main d'oeuvre de base", mais plus chère que celle des pays du tiers-monde *, et enfin tu es une cible idéale pour toutes les manipulations, et tu n'as pas les moyens de voir qu'on te mène en bateau.. Ou au contraire tu penses qu'on te mène (complots etc) parce que tu n'as pas le passé, l'histoire, et surtout le raisonnement derrière... (c'est aussi une manipulation)

* avant c'etait moins un problème parce que on voyageait moins... Mais avec la mondialisation, un "illettré" occidental est beaucoup trop cher par rapport à un d'un pays en voie de développement... D'où une partie de l'explosion du chômage chez nous, et ce qu'on voit, dans les cités et autres...
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