Le FBI annonce qu'il peut se passer de l'aide d'Apple
Pour déverrouiller l'iPhone en sa possession

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Lundi dernier, le FBI a fait savoir à la Cour qu’il a peut-être un moyen de débloquer l’iPhone qui a servi à l’auteur des attentats de San Bernardino. Dans une requête d’annulation rédigée par le département de la justice, ce dernier a indiqué que « le dimanche 20 mars 2016, une partie tierce a montré au FBI une méthode possible pour déverrouiller l’iPhone qui a été utilisé par Syed Farook lequel, avec sa femme, Tashfeen Malik, ont tué 14 personnes dans la ville sud-californienne en décembre dernier ».

« Tester cette méthode revient à déterminer s’il s’agit là d’une méthode viable qui ne va pas compromettre les données sur le téléphone de Farook », a indiqué la motion. Raison pour laquelle le FBI a précisé que si le test s’avère concluant, il va abandonner le litige l’opposant à Apple, qui a catégoriquement refusé de l’aider à contourner le dispositif de sécurité autour du verrouillage malgré l’injonction délivrée par le juge Sheri Pym. Apple avait alors estimé que cela revenait à créer une porte dérobée.

Apple avait indiqué qu’entre autres, le fait d’invoquer le All Writs Act pour cette injonction constituait une violation des droits constitutionnels. Si la loi américaine n’avait pas prévu cette option pour ce cas, le quotidien Reuters, qui cite des sources familières au sujet, a rapporté qu’un groupe de sénateurs a commencé à faire circuler un Draft d’une loi qui va octroyer aux juges l’autorité d’obliger les entreprises technologiques comme Apple d’aider les forces de l’ordre à avoir accès aux données chiffrées.

« Ce problème a créé une dynamique au Congrès, comme un train qui dévale une pente même s’il apparaît loin de la station », a expliqué Adam Schiff, un démocrate faisant partie de la House Intelligence Committee. « Avec cette affaire, ce train est arrivé comme une furie », a-t-il continué, faisant référence à la loi qui se prépare.

Avant d’en arriver là, le DoJ a reconnu que, comme cette affaire a été largement médiatisée, plusieurs parties ont proposé leurs services au gouvernement pour déverrouiller le téléphone en la possession du FBI tandis que le service tentait également de son côté de parvenir à la même prouesse.

« Notre priorité a toujours été d’avoir accès au téléphone utilisé par le terroriste à San Bernardino. Avec cet objectif en tête, Le FBI a continué dans ses efforts d’avoir accès au téléphone sans l’aide d’Apple, même pendant une période d’un mois de litige avec l’entreprise. Comme conséquence de cet effort, une partie tierce a montré au FBI une méthode potentielle pour déverrouiller le téléphone. Nous devons d’abord tester cette méthode pour s’assurer qu’elle ne détruise pas les données sur le téléphone, même si nous demeurons d’un optimisme prudent. C’est ce qui nous a poussés à demander à la Cour un peu de temps pour explorer cette option. Si cette solution fonctionne, elle nous permettra de faire des recherches sur le téléphone et de continuer notre enquête sur l’attaque terroriste qui a tué 14 personnes et blessé 22 », a commenté le porte-parole du département de la justice Mélanie Newman.

Quelques heures avant le dépôt de la motion du gouvernement, Tim Cook, le PDG d’Apple, avait déclaré dans un évènement de lancement de produit « nous n’avons pas prévu d’être dans cette position étrange avec notre propre gouvernement. Mais nous croyons fermement que nous avons le devoir de vous aider à protéger vos données ainsi que votre vie privée. Nous le devons à nos clients et nous le devons à notre pays. Ceci est un problème qui a de l’impact sur nous tous ».

Hier, après une conférence téléphonique tenue au sujet de la requête d’annulation formulée par le département de la justice, le juge Sheri Pym a été décidé que :
  • l’audition prévue pour le sujet qui devait avoir lieu le 22 mars 2016 à 13 heures GMT est annulée ;
  • étant donné que les circonstances font que le gouvernement pourrait se passer de l’aide d’Apple, l’injonction de la Cour émise le 16 février 2016 qui oblige Apple à apporter leur assistance aux agents est désormais suspendue en attendant les prochains éléments de ce cas ;
  • le gouvernement doit remplir un rapport de statut d’ici le 5 avril 2016.


Source : motion d'annulation du DoJ, décision du juge Sheri Pym, législation autour du chiffrement (Reuters)


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse Signaler un problème

Avatar de nirgal76 nirgal76 - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 22/03/2016 à 17:13
Mouais, Apple a décidé d'aider mais on négocié pour ne pas que ça ne s'ébruite. Comme ça, Apple ne perd pas la face et le FBI fait croire qu'il a les capacités de le faire. Tout le monde y gagne. Ca sent l'arnaque tout ça.
Avatar de Chuck_Norris Chuck_Norris - Membre émérite https://www.developpez.com
le 22/03/2016 à 17:25
Citation Envoyé par nirgal76 Voir le message
Mouais, Apple a décidé d'aider mais on négocié pour ne pas que ça ne s'ébruite. Comme ça, Apple ne perd pas la face et le FBI fait croire qu'il a les capacités de le faire. Tout le monde y gagne. Ca sent l'arnaque tout ça.
N'est-il pas un peu tard pour étouffer l'affaire après que chacune des parties ont crié à qui veut l'entendre leur différent, et à de nombreuses reprises ? Quand on a tout fait, des deux côtés, pour mettre la machine communication en place, on ne peut pas la faire disparaître d'un coup de faille spatio-temporelle.
Avatar de Traroth2 Traroth2 - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 22/03/2016 à 17:33
Citation Envoyé par nirgal76 Voir le message
Mouais, Apple a décidé d'aider mais on négocié pour ne pas que ça ne s'ébruite. Comme ça, Apple ne perd pas la face et le FBI fait croire qu'il a les capacités de le faire. Tout le monde y gagne. Ca sent l'arnaque tout ça.
Je rappelle que si on en croit ce que disait Snowden au moment des révélations Prism, toute cette histoire est un vaste pipeau.
Avatar de tenbarugo tenbarugo - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 22/03/2016 à 17:46
J'espère qu'ils vont trouver des informations importantes dans le téléphone.
Avatar de LSMetag LSMetag - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 22/03/2016 à 19:22
Le gouvernement américain a tout gagné avec cette affaire. Il a fait médiatiser l'affaire pour ouvrir le débat sur les portes dérobées et le chiffrement. Ca lui a permis de récolter des soutiens compétents même s'il a pu constater le refus de l'instauration de backdoors par les grandes instances de l'IT, et enfin il a pu prendre le temps de tester la faille.

Je préfère largement que le gouvernement et affiliés trouve des failles de sécurité et les exploite sans les divulguer, plutôt que de forcer à introduire des failles grossières exploitables facilement, en infligeant une sorte de culpabilité aux développeurs.

Bref, valoriser la compétence était pour moi la bonne solution.

Le FBI a beau être une institution qui fait valoir le droit et protège, il ne fait pas bon se mettre à dos tous les géants de l'informatique, même pour les Etats-Unis. Continuer les poursuites n'aurait que rajouté de l'huile sur le feu et la position de chaque partie devait être très inconfortable.
Avatar de Iradrille Iradrille - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 22/03/2016 à 21:00
Citation Envoyé par LSMetag Voir le message
Je préfère largement que le gouvernement et affiliés trouve des failles de sécurité et les exploite sans les divulguer, plutôt que de forcer à introduire des failles grossières exploitables facilement, en infligeant une sorte de culpabilité aux développeurs.

Bref, valoriser la compétence était pour moi la bonne solution.
+1

Sinon, j'ai pensé à un truc : ça ne dérange "personne", et "tout le monde" trouve ça normal que la police puisse enfoncer une porte (de maison / appartement) pour une perquisition; mais ça dérange de forcer les entreprises à fournir les clefs de déchiffrement à la police.

Pourquoi cette différence ? Les 2 cas sont assez similaires pourtant; et des abus sont possibles dans les 2 cas (état d'urgence ).
Avatar de RyzenOC RyzenOC - Inactif https://www.developpez.com
le 22/03/2016 à 22:55
Effectivement, j'ai moi aussi du mal a voir le problème !

Le FBI et venue perquisitionner des données chez Apple dans le cadre d'une enquête muni d'un mandat formuler par un juge

Pour moi cela n'a rien a voir avec les dérives d'espionnages massifs de la NSA. Ici la justice fait sont boulot sans abus de pouvoir. Elle demande des informations sur 1 personne pour pouvoir faire avancé 1 enquête, pas un espionnage de 50 millions de citoyens pour des motifs obscures.
Avatar de ticNFA ticNFA - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 22/03/2016 à 22:56
Citation Envoyé par Iradrille Voir le message
+1

Sinon, j'ai pensé à un truc : ça ne dérange "personne", et "tout le monde" trouve ça normal que la police puisse enfoncer une porte (de maison / appartement) pour une perquisition; mais ça dérange de forcer les entreprises à fournir les clefs de déchiffrement à la police.

Pourquoi cette différence ? Les 2 cas sont assez similaires pourtant; et des abus sont possibles dans les 2 cas (état d'urgence ).
Les guillemets montre que tu es conscient de l'abus de langage, la mention de l'état d'urgence le confirme. Non, tout le monde ne trouve pas normal de défoncer une porte et les abus inhérents à l'état d'urgence montrent bien pourquoi.
En quoi c'est différent ? On va redire un élément incontournable : mettre une backdoor, c'est abaisser le niveau général de sécurité pour tout le monde. Je doute que la police ait des passes pour toutes les portes (ça doit peser lourd). Que penseriez-vous d'un fabricant de portes qui donnerait un passe à la police pour toutes ses portes ? Combien de temps pour que cela atterrisse chez d'autres ?
Comme le souligne Traroth2, qu'Apple puisse se poser en champion de la vie privée montre que nous sommes dans une époque tragicomique où le FBI peut se montrer d'une arrogance faussement stupide (un peu comme Trump).

Sur l'aspect mentionné par LSMetag, cela part du même principe, ne pas corriger une faille abaisse la sécurité pour tout le monde... y compris les services de renseignements. A barbouze, barbouze et demi. Et le dindon de la farce, c'est potentiellement nous.

Les services de renseignements sont des malwares géants.
Avatar de ticNFA ticNFA - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 22/03/2016 à 23:26
Citation Envoyé par sazearte Voir le message
Effectivement, j'ai moi aussi du mal a voir le problème !

Le FBI et venue perquisitionner des données chez Apple dans le cadre d'une enquête muni d'un mandat formuler par un juge

Pour moi cela n'a rien a voir avec les dérives d'espionnages massifs de la NSA. Ici la justice fait sont boulot sans abus de pouvoir. Elle demande des informations sur 1 personne pour pouvoir faire avancé 1 enquête, pas un espionnage de 50 millions de citoyens pour des motifs obscures.
Non cela va plus loin. Rien à voir ? C'est l'Etat, dans les deux cas. Faut-il rappeler que la DEA avait un programme d'interception téléphonique illégale bien avant le FBI ?
Apple avait mis à disposition des ingénieurs. Le FBI demande à disposer d'un outil qu'elle pourra utiliser par ailleurs... on parle de dérives...

Le directeur de la NSA déclare que le chiffrement est fondamental. Mais, comme le souligne Snowden, quand le président américain défend le point de vue du FBI contre les faits, contre les experts, c'est qu'il y a un problème. Le FBI en rendant l'affaire publique joue l'opinion publique contre les experts. Si des informaticiens défendent cela aussi ici alors qu'on est à même de discerner les tenants et aboutissants c'est qu'on s'abaisse au niveau d'une opinion sujette à la peur.

Le directeur de Facebook pour l'Amérique latine a été arrêté pendant 24h par ordonnance d'un juge parce que WhatsApp ne pouvait fournir les messages sur une affaire de drogue...
Source : Le Monde
Avatar de nirgal76 nirgal76 - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 23/03/2016 à 7:29
Citation Envoyé par Traroth2 Voir le message
Je rappelle que si on en croit ce que disait Snowden
Ca fait une grosse condition ça
mais en fait, je ne connais pas bien le fond de l'affaire. qu'a demandé la justice ? avoir accès aux données de CE téléphone ou que apple leur permettent de voir dans TOUS les téléphones ?
Le premier cas, ne me choque pas, c'est une perquisition comme une autre (comme perquisitionner un appart, les comptes bancaires etc..., je ne vois pas en quoi le tél aurait un régime différent) et c'est même souhaitable que ce soit possible. Le 2ième cas est plus douteux j'en conviens et il ne faut pas céder sur ce point.
Contacter le responsable de la rubrique Accueil