L'automatisation des tâches ou l'automatisation des emplois ?
Les robots vont-ils bientôt commencer à mettre l'homme au chômage ?

Le , par Michael Guilloux

20PARTAGES

10  0 
Les robots s’invitent de plus en plus dans notre quotidien. Les chercheurs en robotique et intelligence artificielle travaillent en effet pour que ces machines soient en mesure de réaliser un nombre croissant de tâches qui traditionnellement étaient exécutées par l’Homme.

Les projets d'automatisation se multiplient et débarquent dans de nouveaux domaines. À titre d’exemple, des étudiants de trois universités ont collaboré avec le groupe Volvo et la société de recyclage des déchets, Renova, pour mettre en place un système automatisé de ramassage d’ordures. Le projet, baptisé ROAR (Robot-based Autonomous Refuse Handling) fait travailler ensemble un robot et un drone. Lorsque le camion de ramassage d’ordure arrive sur un site de collecte, le drone survole la zone pour rechercher des poubelles. Lorsqu’une poubelle est repérée par le drone, celui-ci communique l’information au robot terrestre qui peut dès lors aller chercher la poubelle, la ramener au camion pour la vider.

Pendant le trajet entre le camion d’ordures et la poubelle à récupérer, le robot est capable de reconnaître les obstacles et de les éviter grâce à une caméra et un ensemble de capteurs dont le GPS et le LiDAR (un système similaire au radar, mais utilisant la lumière infrarouge au lieu d’ondes radio). Le robot intègre de nombreux capteurs qui sont utilisés uniquement pour assurer la sécurité, notamment pour arrêter la manœuvre en cas de danger. Au stade actuel du prototype, l’Homme est encore associé à la collecte pour s’assurer que les choses fonctionnent correctement.


Au-delà d’un simple progrès, essayons de voir la robotisation et l’intelligence artificielle d’une autre façon. On peut facilement constater que les robots qui étaient chargés de réaliser les tâches à risque ou celles qui demandent trop d’efforts physiques sont progressivement en train d’être affectés à des tâches plus « humaines », voire ravir à l’Homme sa place au travail. Dans divers domaines, on assiste à l’émergence d’une autre forme de robots, des logiciels qui sont capables d’exécuter des tâches intelligentes de sorte à rendre parfois l’Homme inutile, en n’automatisant pas juste quelques tâches, mais son emploi.

Il y a par exemple une histoire bien connue selon laquelle les robots remplacent les employés des usines et des entrepôts. Mais maintenant, cela ne semble plus se limiter qu’aux industries qui emploient beaucoup d’ouvriers. Le logiciel est de plus en plus en train de faire les tâches plus intellectuelles qui ont longtemps été l’apanage de gens instruits assis sur des chaises dans des bureaux. La vulnérabilité des emplois plus qualifiés est tout simplement une conséquence du progrès de la science avec notamment la grande disponibilité et le prix rapidement en baisse de la puissance de calcul, ainsi que la montée des logiciels d’apprentissage automatique.

Les robots font donc une invasion sur tous les fronts, tant au niveau des activités physiques qu’au niveau des activités plus intellectuelles. Quels sont donc les impacts de cette intelligence artificielle et quels sont les emplois qui sont menacés ? L’intelligence artificielle (IA) est-elle un mal nécessaire ?

Fin 2013, une étude universitaire d’Oxford a prédit que 47 pour cent des emplois américains sont à « haut risque » d’être automatisés au cours des 20 prochaines années. L’étude portait sur 702 professions. Elle était basée sur les données du ministère du Travail, et a permis d’attribuer une probabilité d’automatisation à chacune de ces professions.

Selon l’étude d’Oxford et d’autres recherches, si tous les emplois semblent être menacés, les impacts varient considérablement selon l’industrie. Ainsi, dans les industries où l’interaction humaine est essentielle, l’automatisation menace moins d’emplois qu'elle ne le fait sur le marché du travail dans son ensemble. C’est le cas par exemple des soins de santé. D’autre part, les métiers de chauffeurs de taxi et de camion pourraient faire face à un avenir sombre étant donné les progrès récents dans les voitures autonomes.

Les professions un peu mieux rémunérées telles que celles des avocats et des journalistes sont également menacées comme l’étude a pu le montrer. Les chercheurs d’Oxford ont en effet considéré des logiciels qui permettent d’analyser et de trier des documents juridiques ou réaliser de manière efficiente d'autres tâches sur lesquelles les avocats pourraient passer des heures. En ce qui concerne les journalistes, ils sont également confrontés à des startups comme Automated Insights, qui analysent les informations et les transforment en récits lisibles. Il y a également le milieu de la finance qui se distingue par un risque d’automatisation particulièrement élevé (54 % selon l’étude), le plus élevé dans toute l’industrie qualifiée, parce qu’il repose sur le traitement de l’information.

Dans son magazine hebdomadaire de ce dimanche, The New York Times a dédié un article à l’avènement des logiciels robots dans le Wall Street, en expliquant que des centaines d’analystes financiers sont en train d’être remplacés par des logiciels. Interrogé par The New York Times, Daniel Nadler, cofondateur et PDG de Kensho a exprimé son inquiétude sur la question. Kensho est un pionnier des systèmes de calculs statistiques et d’analyses en temps réel. Il combine les dernières techniques de Big data et de machine learning pour analyser l’impact des évènements du monde réel sur les marchés. Financé par des entreprises telles que Goldman Sachs et Google Ventures, Kensho fournit des outils d’analyses pour les marchés financiers et des applications de calcul statistique et d’analyse de risques financiers.

Si cela lui permet de gagner son pain quotidien, Nadler reconnaît l’impact néfaste que pourrait avoir son business sur l’emploi dans l’industrie de la finance. Il estime qu’en une décennie, entre un tiers et la moitié des employés actuels de la finance vont perdre leur emploi au profit de Kensho et d’autres logiciels d’automatisation.

Dans le milieu de la finance, l’automatisation commence à menacer les métiers de la recherche et de l’analyse, alors que ces logiciels sont devenus capables d’analyser de grands ensembles de données beaucoup plus vite et de manière plus fiable que les humains, a-t-il expliqué. Nadler estime que dans un horizon de cinq à dix ans, la majorité des personnes exerçant ces métiers ne va pas être remplacée par d’autres personnes, mais par des logiciels.

La question de l'automatisation est d'ailleurs difficile à aborder avec les dirigeants des entreprises du monde de la finance en particulier Goldman Sachs, révèle Nadler. « Lorsque vous commencez à parler de l’automatisation des emplois, tout le monde devient vraiment calme tout d’un coup ». Avec l’automatisation, résume Nadler, « nous créons un très petit nombre d’emplois bien rémunérés en échange de la destruction d’un très grand nombre d’emplois assez bien rémunérés ».

Voici présentées les deux faces de la robotisation et l’intelligence artificielle.

Sources : Volvo Group News, The New York Times Magazine

Et vous ?

Pensez-vous que les robots et l’intelligence artificielle produisent plus de bien-être que d’impacts néfastes ?

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Chauve souris
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 27/02/2016 à 12:48
Je ne vais pas radoter ici, mais j'ai traité en partie la question sur le forum consacré à la régression du Code du Travail.
http://www.developpez.net/forums/d15...s/#post8545409

La problématique est pourtant simple : Depuis Paul Lafargue qui s'enthousiasmait à cette perspective, nous avons maintenant les moyens de nous affranchir de la partie la plus pénible, la plus répétitive et la plus rébarbative du travail (rappelons qu'étymologiquement ce terme désigne un supplice). Le "chagrin" disait les anciens ouvriers qui se présentaient "à l'embauche" chaque matin pour gagner leur croûte.

Mais c'était faire l'impasse sur une idéologie bien pire que le capitalisme (Marx, dans le Manifeste, rend hommage au capitalisme pour avoir sorti la société de l'immobilisme féodal), cette nouvelle féodalité qui s'installe de plus en plus avec des castes plutôt que des classes. Le vrai capitalisme, le fordisme, était au moins basée sur la méritocratie, alors qu'actuellement il suffit d'être bien né.

Pourtant bon nombre d'économistes de haut niveau, dont des prix Nobel, mais qu'on se garde bien d'inviter dans les médias (de même que le pourtant très médiatique Cousteau en fut banni quand il considérait que le danger écologique le plus important pour la planète était la surpopulation humaine) considèrent que les moyens modernes de production pourraient affranchir l'homme de cette pseudo fatalité biblique. Il y aurait alors une base de revenu, appelé "allocation d'existence", une rente à vie, permettant le minimum, un vrai SMIC en quelque sorte, sans la nécessité de travailler. Cela résoudrait automatiquement les problèmes des retraites et du chômage et ce sans bureaucratie inutile.

Mais sur quelle type société cela déboucherait ?

Je précise qu'on n'aurait pas fait la révolution bolchevique pour autant, cela resterait dans le cadre d'un capitalisme moderne. Cette allocation proviendrait des impôts sur les bénéfices, ce qui est parfaitement jouable car la contrepartie serait, quand même, la suppression de tous les pseudos boulots inutiles et néanmoins subventionnés par les mêmes impôts.

Que se passerait-il alors pour les gens ? Deux cas de figure, et on passerait facilement de l'un à l'autre,

1. "Paresser". J'y mets des guillemets car glander sur une chaise longue n'est agréable qu'un temps de repos, donc à prendre au sens de Paul Lafargue. Car ces "paresseux" feraient bénévolement, et selon leur bon plaisir, des activités qui, au total, seraient bénéfiques pour la société. Le monde informatique fourmille de ces gens qui, à côté de leur boulot officiel, nous offrent gratuitement leurs productions intellectuelles. Les "mods" de Skyrim, par exemple, où des infographistes de talent et des scénaristes ont véritablement dopé ce vieux jeu passablement bugué.

2. Travailler : il y aurait aussi des périodes où vivre avec ce minimum serait insuffisant (acquisitions coûteuses : voiture, maison, etc.). Alors on reprendrait un vrai emploi qui serait une surcouche de la classe de base, l'allocation d'existence, pour employer une terminologie C++. Et puis certains ont la "fièvre entrepreneuriale" qu'il est bon de respecter. Je me souviens de l'anecdote d'un patron d'une imprimerie qui avait gagné une grosse somme au Loto. Ses ouvriers étaient inquiets. N'allait-il pas tout fermer pour aller bronzer aux Bahamas ? Pas du tout ! Car cette imprimerie était sa vie, sa passion, et il a mis l'argent obtenu du Loto pour l'améliorer. J'ai beaucoup d'estime pour ce genre de patron...

Ainsi la société serait équilibrée et reprendrait alors une phrase du "Triomphe de l'Anarchie" de Charles d'Avray : "Travail facile ou besogne très dure n'ont de valeur qu'en leur utilité" car il n'y aurait plus de souci de chômage et de pensions de retraite, toute personne étant certaine d'avoir cette allocation d'existence. Une facilité aussi pour les gestionnaires (j'ai dit que cela serait payé par les impôts sur les bénéfices) car un impôt basé sur la démographie est une constante qui ne va pas faire, comme les impôts et taxes actuelles, des montagnes russes sur les coûts de revient.

Mais nos énarques et nos politicards de tout poils sont incapables intellectuellement de concevoir ce type de société, leur cerveau est rabougri par le prion (en ce cas le "prions Dieu" car c'est à une idéologie chrétienne de souffrance auxquels il s'accrochent) et ne peuvent qu'idéaliser le passé du salariat (les "trente glorieuses", mais qu'est-ce que tente ans sur quelques milliers années d'activités économiques humaines ?) qui a pourtant amené à la situation actuelle.

Donc la robotique et tout ce qui s'ensuit pour la rationalisation et la réduction du travail utile ne débouchera jamais, dans la société actuelle, sur un authentique progrès. J'écrivais aussi que la vachardise des français qui s'en prennent aux "assistés" qui obtiennent 3 sous pour leur survie au chômage ne disent rien sur les milliards perdus et renfloués par les cons tribuables, dont le dernier du jour, mais vite retiré de la page Google News, car ça pourrait donner à réfléchir à certains : http://www.lesechos.fr/industrie-ser...es-1203338.php.

Donc bon chômage de masse à tous ! Avec taxes, taxes, taxes ! Là aussi j'ai expliqué qu'on avait fait un saut qualitatif : on ne paye plus d'impôts sur ce qu'on gagne (vu que c'est en régression), mais sur ce qu'on a. Les impôts dits "locaux" dont les pourcentages s'envolent et qui n'ont plus rien à voir avec les cotisations aux services municipaux des temps anciens. Or pour l'acquisition d'une maison on en a pourtant payé des taxes, et des lourdes, au moment de l'achat. Mais il faut bien rempoter Areva et donner une rente aux "migrants"... Le comique dans l'histoire - c'est qu'il faut garder obstinément son sens de l'humour - c'est que ce sont eux qui obtiennent une allocation d'existence...
13  0 
Avatar de NSKis
En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
Le 27/02/2016 à 12:39
"Les robots vont-ils bientôt commencer à mettre l’homme au chômage ?"

La question est déjà obsolète!!!

Les robots sont déjà partout à faire le travail autrefois réalisé par l'être humain... Mais attention, ces robots n'ont pas 2 pieds et 2 jambes comme le fantasment les médias:

- C'est le distributeur à billet de votre banque qui a remplacé le caissier au guichet
- C'est le site internet qui vous permet de conclure un contrat d'assurance sans avoir la visite d'un courtier en assurance
- C'est ce boitier au bord de la route qui contrôle les feux de circulation au carrefour en lieu et place du flic des années 60 qui gesticulait pour donner la priorité à l'une ou l'autre voie de circulation
- Et on ne parlera pas de l'automation généralisée des processus industriels

Certains parleront d'une immense avancée technologique et sociale: Moins de travail pénible, plus de productivité, plus de temps libres, etc. Il y a juste un petit problème: Que fait-on des "laissé pour compte"?
8  0 
Avatar de souviron34
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 15/03/2016 à 14:38
Citation Envoyé par sazearte Voir le message

1 IA conçue pour le bien commun,
SAUF QUE...

Si on est capable d'en faire une pour le bien commun, on est capable d'en faire une pour le mal commun...

6  0 
Avatar de Mpolo
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 07/03/2016 à 23:35
Le problème avec la robotisation c'est que pour le moment elle ne se développe que pour des raisons d'efficacité et de rentabilité.
Déjà elle impacte l'emploi car elle détruit plus d'emplois qu'elle n'en créé de nouveaux.
Ceux qui sont écartés du monde du travail pour cause d'automatisation sont laissés sur la touche et le phénomène va en s'accentuant. Car plus il y aura de robots et moins il y aura de possibilités de reconversion.

Le problème de l'humanité en constante augmentation ne sera pas de nourrir une population toujours plus nombreuse mais bien de donner du travail à tous. Or la robotisation l'interdira.
On va vers une crise majeure.

Les fianciers, les politiques ne sont pas près à donner un revenu à des individus qui ne feront rien. Tout au plus, pour limiter des conflits sociaux redoutables qui les mettraient en danger, tout au plus donc ils serviront une aumone, un revenu de survie.
Ceux qui voudront malgré tout travailler plus pour plus d'aisance et de confort, ou pour ne pas rester inactifs, ne le pourront pas car il ne subsistera que trop peu de possibilités d'emplois.

Tout ceci ne donnera rien de bon, il faudrait se préoccuper du problème au plus vite, mais tant que la crise et le désordre ne seront pas installés on peut prédire que rien ne sera fait.
5  0 
Avatar de souviron34
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 15/03/2016 à 21:53
Citation Envoyé par sazearte Voir le message

car tous ces régimes se base sur la manipulation des médias, chose en 2015 qui est très difficile.
....
Et tous le monde est au courant, on ne cache rien
C'est bien vrai que les Chinois, les Russes, les Quatari, les Egyptiens, les Syriens , les Afghans, les Algériens ou les Tunisiens, les Coréens, tout le monde est au courant de tout et peut tout dire librement..... car dans tous ces pays-là, et d'autres, la manipulation des médias n'a plus cours...
5  0 
Avatar de Zefling
Membre expert https://www.developpez.com
Le 27/02/2016 à 12:53
Citation Envoyé par NSKis Voir le message
Que fait-on des "laissé pour compte"?
Bha, il y aura un moment où la conception du « travail » devra changer, sinon ça ne fonctionnera plus. Que faire du confort que permet ses avancées si personne ne peut en profiter, sauf quelque privilégier qui ont un «*travail ».
Il faut déjà se poser la question, parce que des postes qui seront remplacer par de ma machine, il y en aura de plus en plus, et comme le dit l'article, même les secteurs qualifié sont touchés.
Ce qui m'amuse c'est quand il y a qui pensent qu'il y aura toujours de nouveau jobs pour superviser les machines ou de nouvelles formes d'emploi, sauf qu'on voit déjà que ça ne fonctionne plus. La destruction est plus rapide que la création.
4  0 
Avatar de r0d
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 10/03/2016 à 18:09
Citation Envoyé par Grogro  Voir le message
Une page de tourne. Et moi je repense à un auteur de SF, Vernor Vinge, qui se pignole depuis une dizaine d'années sur son concept de singularité.[/url]

J'ai une bande de pote avec qui on se pignole régulièrement sur cet auteur et ce concept de singularité. Nous travaillons tous dans le domaine (data mining et/ou machine learning).
Cela fait plusieurs années que je défend la thèse que cette singularité est une vraie question, et qu'elle va arriver. J'en ai pris conscience lorsque j'ai travaillé sur des algorithmes qui tentaient de prédire des actes de corruptions. J'ai eu accès aux résultats de la phase de test de ces algorithmes, et les résultats étaient juste hallucinant. De l'ordre de 99% de positifs sur un mois. Je ne rentrerai pas dans les détails, c'est un projet de l'OLAF très protégé, mais je me suis rendu compte qu'il était possible de programmer un algorithme de façon à ce qu'il puisse apprendre et finalement en apprendre - et comprendre* - plus que nous, et sur des sujets extrêmement complexes (le comportement humain est un sujet complexe s'il en est).

* Il est intéressant de noter qu'avant Descartes, il n'y avait pas de distinction entre apprendre et comprendre. Pour les savants d'avant, c'était la même chose. Si on savait, alors on comprenait. Et vice-versa. C'est Descartes, qui a chamboulé la notion de doute et de méthode, ouvrant la porte à l'épistémologie, qui a commencé à séparer les deux notions.
4  0 
Avatar de BufferBob
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 28/02/2016 à 4:40
@Chauve souris, c'est beau c'que t'écris ça me parle tout à fait, j'ajouterais que cette question du devenir de la population ça fait déjà quelques années que les dirigeants de ce monde se la sont posée, d'où le concept de tittytainment :
en septembre 1995 (...) Cinq cents hommes politiques, leaders économiques et scientifiques de premier plan réunis à San Francisco (parmi lesquels Mikhaïl Gorbatchev, George Bush père, Margaret Thatcher, Václav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc.) sont arrivés à la conclusion que « dans le siècle à venir, deux-dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l'activité de l'économie mondiale ». Le problème se poserait alors sur la manière de gouverner 80 % de la population restante, superflue dans la logique libérale, ne disposant pas de travail ni d'occasions d'aucun type
et la réponse apportée :
Le tittytainment est un mot-valise désignant un sous-système soutenu voire mis en œuvre pour inhiber la critique politique chez les laissés pour compte du libéralisme et du mondialisme. Il passe notamment par l’omniprésence de divertissements abrutissants et une satisfaction suffisante des besoins primaires humains
voilà voilà, n'oubliez pas d'en parler au petit Kevin demain quand il regardera sa série de télé-réalité

quant à satisfaire les besoins primaires et notamment le miam, mieux que le pain sec et l'eau, on sera tous aux insectes et aux larves, mais comme on est pas des bêtes y'aura un joli emballage de prévu à priori

alors après... en bon misanthrope cynique et pessimiste -et pour le dire sans rentrer dans les détails au risque que ce soit interprété comme du fantasme de série US- je vois bien un scénario type Elysium (avec les robots qui servent la minorité dominante en gros) ou la domination/prise en charge complète par les robots et l'intelligence artificielle (et étrangement, cette deuxième solution ne serait pas pour me déplaire)
3  0 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 28/02/2016 à 17:42
Citation Envoyé par Matthieu Vergne Voir le message
Cela n'est valable que si on parle d'emploi salarié, et c'est justement là que le raisonnement tombe : rien ne t'empêche de faire de la recherche par toi-même, or c'est déjà ce que je fais... Tant qu'on n'assimilera pas que toute tâche peut-être faite soit a des fins de productions (i.e. pour le bien de tous), soit à des fins de satisfaction personnelle, alors on restera sur cette idée de "vol" d'emploi. Les robots remplacent les emplois productifs, mais ne peuvent pas t'empêcher de faire une tâche pour ton propre bien.
C'est peut-être vrai dans le monde merveilleux des schtroumpfs où les gens dont l'emploi est remplacé par un robot continuent de toucher leur salaire. Mais dans la vraie vie, si ton employeur te remplace par un robot, je doute qu'il continue à te payer à faire mumuse pendant que le robot fera réellement le boulot. Et dans le cas où tu ne toucherais plus ton salaire, tu serais certainement plus occupé à essayer de survivre qu'à continuer à faire ton ancien boulot bénévolement pour le plaisir.

Citation Envoyé par Matthieu Vergne Voir le message
Sauf que les IA n'ont besoin que de ce que les humains ont besoin d'elles. Une IA n'a pas de besoin propre. Qu'elle soit efficace ou pas, une IA n'en a rien à cirer. C'est parce que l'humain souhaite qu'elle soit efficace qu'il va lui donner les meilleurs moyens qu'il trouve pour la rendre efficace. Le jour ou l'humain estimera qu'il est plus intéressant d'utiliser autre chose que des humains comme exemples pour améliorer l'IA, alors il décidera de passer à autre chose.
Une IA existe pour répondre à un objectif donné et doit se débrouiller pour y arriver. La notion d'efficacité est indispensable soit parce qu'elle fait partie de l'objectif (maximiser un gain, par exemple), soit parce que sans efficacité l'objectif ne pourra pas être atteint.

Citation Envoyé par Matthieu Vergne Voir le message
Déjà, qu'on se mette d'accord sur ce qu'est une intelligence artificielle. La domotique, ça fait partie du domaine de l'IA, or les appareils de domotiques sont produits par des machines outils, qui eux aussi sont considérés comme étant du domaine de l'IA. Si on prend une définition aussi générale, alors l'IA produit déjà des IA.
Non, ce sont des applications, qui ont plus à voir avec l'automatisme qu'avec l'IA d'ailleurs. Sinon autant dire qu'un marteau est intelligent puisqu'il permet de planter un clou... Une IA capable de produire une IA devrait d'abord être capable de définir un objectif d'elle-même et d'avoir "conscience" qu'une IA peut répondre à cet objectif.
3  0 
Avatar de Zirak
Inactif https://www.developpez.com
Le 15/03/2016 à 14:53
Citation Envoyé par souviron34 Voir le message
SAUF QUE...

Si on est capable d'en faire une pour le bien commun, on est capable d'en faire une pour le mal commun...

+1

Et puis surtout, si le bien commun était le but visé, ça se saurait et on en serait pas la aujourd'hui...
3  0 
Contacter le responsable de la rubrique Accueil

Partenaire : Hébergement Web