Apple refuse de se plier à l'injonction du tribunal
Qui l'oblige à aider le FBI à déverrouiller un iPhone dans le cadre de son enquête

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Dans une lettre signée par le PDG d'Apple, Tim Cook, Apple a manifesté son mécontentement face à la décision de justice qui l'oblige à aider le FBI à avoir accès au fichier d'un de ses dispositifs. « Le gouvernement des États-Unis a demandé à Apple de prendre une mesure sans précédent qui va menacer la sécurité de nos clients. Nous nous opposons à cette injonction, qui a des implications qui vont bien au-delà du cas d'espèce ».

Pourquoi Apple s'y oppose ? Pour ne pas laisser la place au malentendu, l'entreprise a déclaré avoir été sous le choc par les évènements tragiques qui ont eu lieu en décembre dernier à San Bernardino. « Nous n'avons pas de sympathie pour les terroristes », a clamé Apple qui a indiqué également avoir « le plus grand respect pour les professionnels du FBI » et croire que « leurs intentions sont bonnes » : « jusqu'ici, nous avons fait tout ce qui est en notre pouvoir et conforme à la loi pour les aider. Mais maintenant, le gouvernement américain nous demande quelque chose que nous n'avons pas et quelque chose que nous considérons comme étant trop dangereux à créer. Ils nous ont demandé de concevoir une porte dérobée sur le iPhone ».

En fait, le FBI souhaite qu'Apple installe une version personnalisée du système d'exploitation iOS qui contournerait des fonctionnalités de sécurité importantes comme le mécanisme qui prévoit qu’après dix tentatives infructueuses pour déverrouiller le contenu du téléphone, ce dernier s’efface automatiquement. « Dans les mauvaises mains, ce logiciel - qui n'existe pas aujourd'hui - aura le potentiel de déverrouiller n'importe quel iPhone en la possession physique d'un individu », a prévenu Apple. « Le FBI pourrait utiliser d'autres mots pour décrire cet outil, mais ne vous y trompez pas : concevoir une version d'iOS qui contourne la sécurité de cette façon va indéniablement créer une porte dérobée. Et, tandis que le gouvernement pourrait argumenter que son usage (de ce logiciel) va se limiter à ce cas spécifique, il n'y a aucun moyen de garantir un tel contrôle ».

« Le gouvernement suggère que cet outil ne pourrait être utilisé qu'une et une seule fois et sur un seul iPhone. Mais ce n'est simplement pas vrai. Une fois créée, la technique pourrait être utilisée encore et encore, sur n'importe quel nombre de dispositifs. Dans le monde physique, cela reviendrait à être en possession d'une clé maîtresse capable d'ouvrir des millions de serrures - des restaurants aux banques en passant par les boutiques et les maisons. Aucune personne raisonnable ne trouverait cela acceptable », a martelé Apple.

Aussi, l'entreprise a annoncé son intention de contester cette décision, même si elle n'a pas précisé quelle instance elle saisirait pour son recours : « s’opposer à cette demande n’est pas une chose que nous faisons à la légère. Nous pensons que nous devons nous dresser face à ce que nous considérons comme un abus de pouvoir de la part du gouvernement des États-Unis . Nous contestons la demande du FBI avec le plus grand respect pour la démocratie américaine et le plus grand amour de notre pays ».

L’entreprise a déjà reçu le soutien de l’Electronic Frontier Foundation, qui a déclaré : « si Apple s’exécute, le gouvernement va demander la même chose à tous ceux qui ont l’audace de proposer une sécurité forte ». Jonathan Turley, professeur de droit à la George Washington University, estime que même si le juge s’appuie sur un texte de 1789, qui donne autorité aux tribunaux pour aider les forces de l’ordre, la décision est allée « bien au-delà de ses prérogatives » et son action « est presque de nature législative ».

Source : lettre de Tim Cook aux clients (Apple)


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Avatar de RyzenOC RyzenOC - Inactif https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 12:29
Dans une lettre signée par le PDG d'Apple, Tim Cook, Apple a manifesté son mécontentement face à la décision de justice qui l'oblige à aider le FBI à avoir accès au fichier d'un de ses dispositifs.
Personnellement je suis contre Apple, car il s'agit ici d'une personne ciblé/ d'un dispositif ciblé, pas d'un espionnage de masse.
Avatar de steel-finger steel-finger - Membre habitué https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 13:14
oui enfin au début ça commence par un, ensuite dix, ensuite surveillance de masse, faut bien commencé bas et monté en puissance
Avatar de tutosfaciles48 tutosfaciles48 - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 13:20
Ils ont dus cuisiner Tim
Avatar de Zirak Zirak - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 13:39
Citation Envoyé par sazearte Voir le message
Personnellement je suis contre Apple, car il s'agit ici d'une personne ciblé/ d'un dispositif ciblé, pas d'un espionnage de masse.
Oui enfin, comme c'est noté dans l'article, une fois qu'ils sont capables de déverrouiller un téléphone, pourquoi ne le feraient-ils pas sur d'autres ?

Si ce cas se reproduit, ils laisseront le téléphone verrouillé car ils auront promis de n'utiliser qu'une fois ce système ???

Et une fois que le FBI, aura le dispositif, qu'est-ce qui empêcherait le gouvernement d'ordonner au FBI de le transmettre à la NSA, ou à d'autres organismes gouvernementaux ?

Et si un pirate arrive à hacker cette backdoor ?

Bref, il y a, au contraire, un bon paquet de raisons d'être derrière Apple cette fois ci.
Avatar de logipro logipro - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 13:49
Ce logiciel existe déjà depuis jadis chez BlackBerry, après 10 tentatives d'accès, l'appareil se nettoie complètement, et pour le réactiver vous devez utiliser l'ancien BlackBerry ID.

Il est ou le problème?
Avatar de RyzenOC RyzenOC - Inactif https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 14:18
Oui enfin, comme c'est noté dans l'article, une fois qu'ils sont capables de déverrouiller un téléphone, pourquoi ne le feraient-ils pas sur d'autres ?

Si ce cas se reproduit, ils laisseront le téléphone verrouillé car ils auront promis de n'utiliser qu'une fois ce système ???

Et une fois que le FBI, aura le dispositif, qu'est-ce qui empêcherait le gouvernement d'ordonner au FBI de le transmettre à la NSA, ou à d'autres organismes gouvernementaux ?

Et si un pirate arrive à hacker cette backdoor ?

Bref, il y a, au contraire, un bon paquet de raisons d'être derrière Apple cette fois ci.

Je voulais dire que je suis pour l'espionnage ciblé et contre l'espionnage de masse.
Avatar de FlyersWeb FlyersWeb - Membre à l'essai https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 15:07
Ils ont des scrupules à fournir les informations au FBI mais absolument aucun quand il s'agit d'agences publicitaires... C'est une farce, à partir du moment où il y a des gros sous, il n'y a plus aucun scrupules de la part de ces entreprises.
Avatar de Dgamax Dgamax - Membre régulier https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 17:53
Pour les curieux

https://www.apple.com/fr/business/do...rity_Guide.pdf

Pour résumer, chaque fichier est chiffré avec une clé différente, générée aléatoirement au moment de la création de ce fichier. Cette clé est conservée chiffrée à l'aide d'une autre clé, qui est elle-même calculée en fonction d'un identifiant matériel (qui a été injecté dans le téléphone lors de sa fabrication), et du code PIN de l'utilisateur.

Cette dernière clé est calculée en interne par la puce cryptographique qui a la charge d'effectuer les opérations de chiffrement et de déchiffrement. Ainsi, elle ne sort pas, et elle n'est pas accessible au système d'exploitation, ni même aux différentes interfaces, comme le JTAG. Seules les données chiffrées et déchiffrées sortent de la puce. Pour extraire l'identifiant matériel de la puce, il faudrait la décortiquer physiquement à l'aide d'appareils extrêmement coûteux ; c'est très compliqué, très délicat, et surtout, très aléatoire.
source : http://www.macg.co/aapl/2015/11/inte...92014/page/0/1
Avatar de monwarez monwarez - Membre actif https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 18:07
C'est comme si quelqu'un utilisais la fonction de cryptage des partitions sous GNU/Linux, et puis que le FBI demanderais à Linus Torvalds de fournir un moyen pour décrypter cette dernière sans la clef de chiffrement. Ça pourrait ressembler au Patriot Act, mais je ne sais plus s'il a été revoté. Et pour le problème de l'anti brute force, je pense qu'il pourrait le contourner en copiant les données du téléphone vers un périphériques externe, et puis de déchiffrer ces dernières après.
Avatar de 23JFK 23JFK - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 18/02/2016 à 19:41
Le FBI veut nous faire croire qu'ils n'ont pas des ingénieurs capables de dumper/cloner une mémoire NAND... Sans compter les failles de sécurités bien réelles et non documentées (il en tombe en moyenne une par an) qui doivent permettre de contourner les sécurités de l'appareil et probablement d'accéder aux trousseaux de clés privées des cryptages. Ils font de l'enfumage pour tenter de rassurer les terroristes (ce qui ne doit pas franchement fonctionner) et améliorer leur capacité d'intrusions à distance du portable de monsieur tout le monde.
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