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Marvin Minsky, père de l'intelligence artificielle, est décédé
à l'âge de 88 ans

Le , par Stéphane le calme

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Marvin Minsky, cofondateur du M.I.T Artificial Intelligence Project (qui va devenir plus tard le laboratoire d'intelligence artificielle du MIT) en 1959 ainsi que du MIT Media Lab qui travaille aujourd'hui sur les objets connectés et les systèmes informatiques capables d'appréhender les émotions humaines, s'en est allé dans la nuit de dimanche à Boston à l'âge de 88 ans.

Dès le début des années 1950, bien avant l'avènement des microprocesseurs et des supercalculateurs, le professeur Marvin Minsky s'est lancé dans des travaux qui ont constitué la base de l'intelligence artificielle : son approche consistait à associer des calculs aux processus psychologiques humains afin de démontrer qu'il était possible de conférer aux machines le sens commun du raisonnement. D'ailleurs, en 1951, il conçoit la SNARC (Stochastic neural analog reinforcement calculator), le premier simulateur de réseau neuronal qui a été considéré par de nombreuses personnes comme étant la première machine d'autoapprentissage.


Marvin Minsky dans son laboratoire au MIT en 1968

« Marvin était l'une des rares personnes dans l'informatique dont les visions et les perspectives ont modifié la perception qu'avait le monde sur l'ordinateur : ce dernier est passé de machine glorifiée pour ses additions pour progressivement commencer à réaliser son destin comme étant l'un des amplificateurs les plus puissants des activités humaines de l'histoire », a déclaré Alan Kay, un informaticien, ami et collègue du professeur Minsky.

Au-delà du côté intelligence artificielle, le laboratoire aura un impact significatif sur l'industrie de l'informatique moderne. Il a contribué à dispatcher l'idée selon laquelle l'information numérique devait être partagée librement, une notion qui va être le leitmotiv du mouvement du logiciel open source, et qui fera adoptée par l'ARPAnet, le précurseur de l'internet.

Dans un éloge funèbre publiée sur son blog, le MIT avance que « Marty était convaincu que les humains développeraient un jour des machines qui pourraient rivaliser avec notre intelligence ». « Minsky voyait le cerveau comme une machine dont le fonctionnement pouvait être étudié et reproduit dans un ordinateur — qui nous apprendrait en retour à mieux comprendre le cerveau humain et les fonctions mentales de haut niveau : comment pourrions-nous doter les machines d'un sens commun — la connaissance que les humains acquièrent chaque jour avec l'expérience ? Comment, par exemple, pourrions-nous apprendre à un ordinateur sophistiqué que pour faire glisser un objet sur une chaîne, il faut tirer et non pousser — un concept facilement maîtrisé par un enfant de deux ans ? ».

Marvin Minsky est probablement plus connu pour son livre « The Society of Mind » (La Société de l'esprit, en français), publié en 1986, où il essaie d’expliquer comment fonctionne l’esprit et comment l’intelligence peut se construire. « Par quelle magie sommes-nous intelligents ? », s'interrogeait-il. « La magie réside dans le fait qu'il n'y a rien de magique à cela. Le pouvoir de notre intelligence provient de la diversité qui nous entoure, et non du fait d'un principe simple et parfait ». Il y expliquait également que « l'intelligence n'est pas le produit d'une singularité mécanique quelconque, mais provient de l'interaction contrôlée d'une diversité d'agents pleins de ressources ». Pour lui, il n'y avait pas de grandes différences entre la machine et l'homme. Les hommes sont des sortes de machines dont les cerveaux sont constitués de nombreux « agents » semi-autonomes, mais intelligents et des tâches différentes « requièrent des mécanismes fondamentalement différents ».

Son dernier ouvrage, intitulé « The Emotion Machine : Commonsense Thinking, Artificial Intelligence and the Future of the Human Mind », a été publié en 2006. Il y explique que les états émotionnels ne sont pas particulièrement différents des processus de la pensée et y aborde comment le cerveau humain pourrait travailler, ainsi que la conception de machines qui pourraient ressentir et penser. « Nous pourrons alors essayer d’appliquer ces idées, à la fois à la compréhension de nous-même et au développement de l’intelligence artificielle ».

Source : New York Times, MIT

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