Google révèle accidentellement plus d'informations relatives au droit à l'oubli
Dans une version archivée de son rapport de transparence

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Le quotidien britannique The Guardian a découvert que Google a malencontreusement diffusé dans le code source de son site web créé pour l’occasion plus d’informations relatives au Droit à L’oubli que le rapport visible en front-end. « Moins de 5% de presque 220 000 requêtes individuelles faites à Google pour retirer des liens de manière sélective des informations obtenues en ligne proviennent de criminels, de politiciens et de personnalités publiques », a indiqué le quotidien. Ce qui signifie que 95% des requêtes proviennent d’individus lambda qui veulent voir disparaître des liens des résultats de recherche fournis par le moteur du numéro un sur le marché.

Lorsque Google publiait son Rapport de Transparence, la stratégie adoptée était de mettre en évidence les exemples les plus sensationnels des demandes effectuées dans ce cadre (comme celle d’un prêtre condamné pour possession d’images d’abus sexuel d’enfant qui a demandé à Google de retirer les articles évoquant sa peine ainsi que son bannissement de l’église que Google s’est refusé d’enlever).

« Les données, qui n’ont pas été dévoilées publiquement jusqu’à maintenant, ont été trouvées pendant une analyse de versions archivées du rapport de transparence de Google et donnent des détails sur la répartition numérique de chaque demande et lien associés par pays et par types d’émissions », a expliqué le quotidien avant de préciser que « le code source sous-jacent a depuis été mis à jour pour supprimer ces détails ».

Sur les 218 320 requêtes qui ont été dénombrées dans la période comprise entre le 29 mai 2014 et le 23 mars 2015, seules 101 461 (soit 46%) ont reçu un retour favorable. Parmi elles, 99 569 concernaient des « informations privées et personnelles ». 1 892 demandes sur les 9 021 concernant les quatre autres catégories identifiées par Google (soit moins de 1% du total) ont reçu un retour favorable. Dans le détail nous avons la catégorie « crimes sérieux » (728 demandes favorables sur 4 117, soit 18%), « figures publiques » (454 demandes favorables sur 2 105, soit 22%), « politique » (534 demandes favorables sur 2 303, soit 23%) et enfin « protection de l’enfance » (176 demandes favorables sur 1 026, soit 17%). Le quotidien suppose que ces réponses favorables concernent les victimes, des témoins indirects, des peines purgées ou la vie privée de personnalités publiques.

Bien entendu, le nombre de demandes n’a pas été le même sur tous les territoires comme l’atteste ce graphique.


Dans plusieurs pays, à l’instar de la France, des Pays-Bas, de l’Allemagne ou du Portugal, 98% des requêtes concernent des informations privées. Seuls trois pays passeront en deçà de la barre des 90% dans ce domaine, notamment l’Italie (85%), la Roumanie (87%) et la Hongrie (88%).

Entre les pays, il existe des variations dans le taux de conformité. Par exemple, plus de la moitié des demandes de suppressions d’informations privées en France et en Allemagne ont été accordées tandis que cette proportion baisse à près d’un tiers au Royaume-Uni et en Italie. Ces différences peuvent être imputables aux demandes elles-mêmes, être le résultat d’une variation culturelle et juridique entre les pays, être la manifestation de l'impact des autorités de protection des données ou même parce que Google ne synchronise pas les critères de décision et de traitement entre les pays.

Un porte-parole de Google a déclaré que « nous avons toujours cherché à être aussi transparent que possible au sujet des décisions relatives au droit à l’oubli. Les données que le Guardian a trouvées dans notre code source de notre rapport de transparence viennent bien sûr de Google, mais elles faisaient partie d'un test pour déterminer comment nous pourrions mieux catégoriser les demandes. Nous avons abandonné ce test en Mars parce que les données n'ont pas été suffisamment fiables pour publication. Cependant, nous travaillons actuellement sur les moyens d'améliorer nos rapports sur la transparence ».

Stefan Kulk, un chercheur néerlandais spécialisé dans les responsabilités des fournisseurs de moteurs de recherche, a déclaré : « Google prend des décisions qui sont pertinentes pour le public. En tant que tel, il devient presque comme une cour ou le gouvernement, mais sans les contrôles fondamentaux sur sa puissance ». Et de continuer en disant « parce que nous en savons si peu sur les cas, Google peut pousser la discussion sur le droit à l'oubli dans une direction particulière – la dramatiser ou la minimiser ».

Source : The Guardian, données Google (GitHub)


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Avatar de Aurelien Plazzotta Aurelien Plazzotta - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 16/07/2015 à 16:41
Le titre m'interpelle... "révèle accidentellement [...] dans son rapport de transparence."

C'est juste une campagne de communication, y a pas de fuite...
Avatar de Davidbrcz Davidbrcz - Rédacteur https://www.developpez.com
le 17/07/2015 à 4:41
Un point important à ne pas oublier : les données ne sont pas détruites, juste non référencées (et encore, je suppose qu'en réalité, elles le sont mais ne sont pas affichées dans les résultats).
Un lien vers l'information de base suffit.

La morale : archivez les liens intéressants !
Avatar de Iradrille Iradrille - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 17/07/2015 à 10:53
Citation Envoyé par Davidbrcz Voir le message
Un point important à ne pas oublier : les données ne sont pas détruites, juste non référencées (et encore, je suppose qu'en réalité, elles le sont mais ne sont pas affichées dans les résultats).
Un lien vers l'information de base suffit.

La morale : archivez les liens intéressants !
D'ailleurs je me demande si c'est comme pour liens supprimés pour non respect de copyright : un message en bas de page "suite à une plainte des résultats ont été supprimés, tous les liens supprimés sont répertoriés ici [lien vers ChillingEffects]".

Si c'est le cas c'est stupide car les résultats censés être supprimés sont encore plus facilement trouvables.
Avatar de goomazio goomazio - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 17/07/2015 à 17:34
Citation Envoyé par Iradrille Voir le message
D'ailleurs je me demande si c'est comme pour liens supprimés pour non respect de copyright : un message en bas de page "suite à une plainte des résultats ont été supprimés, tous les liens supprimés sont répertoriés ici [lien vers ChillingEffects]".

Si c'est le cas c'est stupide car les résultats censés être supprimés sont encore plus facilement trouvables.
"Censés être supprimés" ou "censés ne plus êtres visités" ? Il faut voir l'avancée que ça apporte vu que le "droit à l'oubli" n'est pas vraiment la norme (surtout pas sur Facebook par exemple).

Sans oublier que cette méthode de "nettoyage d'Internet" est plutôt pratique :
- Google est le seul intermédiaire.
- Google n'est pas la justice (à la limite, si Google le voulait, est-ce qu'il ne pourrait pas proposer le droit à l'oubli en tant que service très très cher sans devoir rendre de compte à qui que ce soit vu que c'est leur moteur de recherche sur lequel ils font ce qu'ils veulent ?)
Avatar de Tr0n33 Tr0n33 - Membre actif https://www.developpez.com
le 17/07/2015 à 19:25
Très très intéressant comme information. On voit ainsi que la croyance populaire du français "voleur" (issu d'un des postes précédents) est relativement fausse.

Avatar de Michael Guilloux Michael Guilloux - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 24/08/2015 à 11:56
Droit à l’oubli : droit à la vie privée ou censure de la liberté d’expression ?
Google sommé de supprimer des liens dans un délai de 35 jours

Depuis que la Cour de justice de l’Union Européenne a ordonné à Google de respecter le droit à l’oubli des résidents de la zone UE, on assiste à la confrontation de deux parties avec des opinions différentes par rapport à cette décision.

D’un côté, on note l’engouement des partisans du respect de la vie privée. Ces derniers estiment que c’est un devoir pour Google de supprimer de ses résultats de recherche, les liens vers les pages qui contiennent des informations non pertinentes ou qui ne le sont plus, et qui sont compromettantes pour les personnes concernées. De l’autre côté, il y a les partisans de la liberté d’expression - en particulier les médias - qui estiment que c’est une censure de la liberté d’expression de demander à Google de '' supprimer '' des contenus du web.

La firme de Mountain View a donc essayé de trouver l’équilibre entre le respect du droit à l’oubli et la liberté d’expression. Pour cette raison, Google limite le droit à l’Europe et analyse les requêtes de l’UE cas par cas, afin de ne pas sacrifier injustement la liberté d’expression revendiquée par les médias. Dans cet effort, le géant de la recherche en ligne a rejeté en Mai dernier plus de la moitié des requêtes des utilisateurs, ce qui a suscité des réactions dans le groupe des gardiens de la vie privée en Europe.

En effet, en Juin dernier, la CNIL – l’autorité de protection des données de la France – a sommé Google d’appliquer le droit à l’oubli à l’ensemble de ses domaines y compris les extensions non européennes dans un délai de 15 jours, pour éviter de s’exposer à des sanctions.

Google doit encore fait face à une nouvelle exigence alors que le bureau du commissaire à l’information du Royaume-Uni (ICO) a récemment ordonné au géant de la recherche en ligne de supprimer certains résultats de recherche dans le cadre du droit à l’oubli.

Le bureau fait allusion à la suppression de neuf résultats de recherche relatifs à une infraction pénale mineure commise par un individu, il y a près de 10 ans et qu’il estime non pertinents aujourd’hui.

Comme l’explique l’ICO, Google a supprimé l’histoire relative à l’infraction pénale, mais la suppression de cette information a été diffusée par les médias qui ont dû relater la même histoire avec ses détails dans leurs articles. Du coup, bien que Google ait appliqué le droit à l’oubli pour le demandeur, l’infraction pénale est toujours gravée dans la mémoire du web. Google a ensuite refusé la demande de l’utilisateur pour la suppression des nouveaux articles rédigés par les médias, sous prétexte que l’intention de ces derniers n’était pas de propager l’infraction, mais de mettre en avant les efforts de la firme de Mountain View pour respecter le droit à l’oubli des résidents de l’UE. Il s’agit donc d’une question d’intérêt public importante selon Google.

L’ICO est d’accord avec Google dans la mesure où il s’agit d’une question d’intérêt public, mais le bureau du commissaire à l’information n’admet pas que des recherches sur Google avec le nom du demandeur affichent ces nouvelles qui relatent l’infraction pénale commise par ce dernier. Ces articles auront le même impact négatif sur la vie de l’individu que l’histoire originale, explique l’ICO. « Google dispose de 35 jours pour se conformer à la décision du bureau du commissaire à l'information », a écrit l’ICO dans un billet de blog.

Source : ICO

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ? Doit-on sacrifier le droit à la liberté d’expression au profit de celui à la vie privée ?
Avatar de Aiekick Aiekick - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 24/08/2015 à 13:05
Qu'est ce qui différencie un personnage public d'un personnage privé à l'air d'internet ?
Avatar de Max Lothaire Max Lothaire - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 24/08/2015 à 13:15
Qu’en pensez-vous ? Doit-on sacrifier le droit à la liberté d’expression au profit de celui à la vie privée ?
Pour moi, l'expression est quelque chose de personnelle (opinions, sentiments, etc ...). Relater des information sur une personne n'est pas « s'exprimer », mais « raconter », « colporter », « diffamer», etc ...

Ainsi, diffuser des informations privées sur une personne donnée ne constituant pas de l'expression, la question ne se pose pas.
En particulier, si ces informations sont diffusées sans le consentement initial de la personne concernée, cela constitue même un délit.

Citation Envoyé par cuicui78 Voir le message
Qu'est ce qui différencie un personnage public d'un personnage privé à l'air d'internet ?
Le personnage public est la partie de moi qui peut être connue du publique, que cette partie contienne des choses vraies ou fausses.
Le personnage privée est tout le reste, ce que le publique n'a pas à savoir.
Avatar de nchal nchal - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 24/08/2015 à 13:23
Citation Envoyé par cuicui78 Voir le message
à l'air d'internet ?
À l'air d'internet, je ne sais pas... À l'ère d'internet non plus d'ailleurs
Avatar de MikeRowSoft MikeRowSoft - I.A. en bêta-test https://www.developpez.com
le 24/08/2015 à 13:53
Citation Envoyé par cuicui78 Voir le message
Qu'est ce qui différencie un personnage public d'un personnage privé à l'air d'internet ?
La compréhension que j'ai de ta requête fait que ma réponse est que les personnes public font généralement l'objet de publication par des titulaires de cartes de presses.
Le privé faisant l'objet de groupe de communication avec accès filtrant. Qui n'est pas vraiment la même chose que la liberté d'expression (donner ses opinions sur des sujets posés).
Avoir une carte de presse c'est commencer par avoir un contrat d'assurance.
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