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Kaspersky : nombreux sont ceux qui sont frappés « d'amnésie numérique »
Et laissent à leurs dispositifs le soin de se souvenir à leur place

Le , par Stéphane le calme

21PARTAGES

6  0 
Kaspersky a publié une étude sur la montée et l’impact de ce que l’entreprise a considéré comme « l’amnésie numérique » : le fait de ne pas se souvenir d’une information et de laisser son dispositif l’enregistrer et donc de s’en souvenir pour vous (exemple les numéros de téléphone).

Pour les besoins de l’étude, Kaspersky a réuni 1 000 personnes âgées de 16 ans au minimum. Neuf personnes sur dix (91,2 %) ont avancé se servir d’internet comme d'une extension de leur cerveau et de leur mémoire avec très peu de variation entre les genres (89,9 % d’hommes et 92,6 % de femmes). En plus, l’étude indique qu’il est très aisé pour certains (28,9 %) d’oublier une information glanée en ligne une fois qu’elle a été utilisée. Lorsqu’elle est en face d’une question, la moitié du panel opte pour chercher en ligne d’abord, seul 39,3 % du panel va d’abord essayer de s’en souvenir. 6,5 % va demander à un ami familier avec le sujet et 3,5 % va rechercher la réponse dans un livre.

L’étude montre que « l’effet Google », le fait d’être dépendant de la recherche d’informations en ligne, s’est élargi et inclut désormais les informations personnelles ainsi que les dispositifs mobiles. Près de la moitié du panel (44 %) a confié se servir de son smartphone pour retenir tout ce dont il doit se souvenir ou se rappeler. Ce qui a été particulièrement vérifié pour les individus dans la tranche d’âge 16 – 44 ans. Chez les plus de 55 ans, seul 26,2 % a avancé se servir du smartphone comme mémoire.

« La dépendance dans les dispositifs numériques et la confiance que nous leur accordons peut ressembler à une relation humaine. Les sentiments sont établis de la même manière au travers de l’expérience. Des expériences répétées avec un individu de confiance construisent un ‘schéma’ ou une association avec cet individu dans notre mémoire, nous disant que nous pouvons dépendre de cette personne. Si un dispositif numérique s’avère continuellement fiable, alors nous le concevons dans le schéma que nous avons de ce dispositif », a expliqué le docteur Kathryn Mills, de l’institut Cognitive Neuroscience à Londres.

Il n’est donc pas très surprenant de voir que l’étude avance que la perte ou la compromission de ces données peut causer une grande détresse, en particulier chez les femmes et les plus jeunes. Le panel révèle que la moitié des femmes (51 % contre 39,1 % chez les hommes) et presque le même nombre dans la tranche d’âge 25 à 34 ans (48,6 % contre moins de 45 % dans les autres tranches d’âge en dehors des 35 à 44 ans) a avoué être triste à cause du fait qu’il y a des données qui étaient stockées dans leurs dispositifs qui sont perdues. Moins d’une femme sur quatre (16,3 % contre 29 % chez les hommes) se dit être calme puisque les choses qui importent ont été mémorisées et des copies ont été faites. Dans les tranches d’âge, ce sont les plus de 55 ans qui se montrent les plus calmes (28,6 %), contre 18 % chez les 16 à 24 ans, 21,6 % chez les 25 à 35 ans. Seules 27,1 % des femmes ont avoué qu’elles vont paniquer dans de telles circonstances étant donné qu’elles ont sauvegardé des informations sur leurs contacts ainsi que leurs différentes photos à un seul endroit. 13,3 % des plus de 55 ans se trouvent dans cette position, contre 35 % chez les 16 à 24 ans et 25,7 % chez les 25 à 34 ans.

Pourtant, peu de personnes dans le panel prennent des mesures de sécurité supplémentaires pour protéger les dispositifs. Même s’ils sont 53,7 % à installer une protection supplémentaire sur leurs ordinateurs portables comme des programmes antivirus, seuls 41,3 % du panel le fait lorsqu’il s’agit d’ordinateur de bureau. Un pourcentage encore revu à la baisse dès qu’on arrive à l’écosystème mobile, puisque 30,5 % du panel installe une protection supplémentaire sur son smartphone et 20,7 % sur sa tablette.

Petit fait intéressant : l’étude souligne également les numéros des personnes qui sont retenus par cœur. 69,7 % des personnes en couple connaissent le numéro de leur conjoint (contre 10,9 % qui a besoin de son smartphone). 34,5 % des parents connaissent le numéro de leur(s) enfant(s) (contre 22,4 %). 68,4 % connaissent le numéro des parents (contre 16 %). 43 % connaissent le numéro de leurs frères et sœurs (contre 44,2 %). 43,3 % connaissent le numéro de leurs amis (contre 51,4 %).

L’étude révèle qu’internet a quelque peu révolutionné les choses que nous considérons importantes de retenir. Par exemple 61 % du panel pense qu’il n’est pas nécessaire de retenir une information glanée sur internet, mais qu’il est important de se rappeler de l’endroit où elle a été trouvée.

« Il y a un argument à faire valoir selon lequel la recherche d’information en ligne, au lieu d’essayer de nous en rappeler nous-même, nous transforme en penseurs superficiels. Des recherches passées ont démontré à maintes reprises que le rappel actif de la mémoire est un moyen très efficace de créer une mémoire permanente. A contrario, répéter des informations passivement (par exemple en se rendant à plusieurs reprises sur internet) ne crée pas une trace mnésique solide et qui dure. En se basant sur cette recherche, on peut faire valoir que la tendance à chercher l’information avant même d’essayer de s’en rappeler empêche la constitution de mémoire à long terme. Par conséquent, cela peut nous faire traiter l’information simplement sur une base superficielle momentanée », estime le docteur Maria Wimber, de l’université de Birmingham.

« Les dispositifs connectés enrichissent notre vie de tous les jours, mais causent également la prévalence de l’amnésie numérique dans notre pays. En tant que consommateurs, il est important pour nous tous de comprendre les implications à long terme de cet effet, et la raison pour laquelle cela renforce la nécessité pour nous de protéger de façon diligente nos informations de valeur ainsi que nos précieuses mémoires », a avancé Chris Dogget, directeur de Kaspersky Lab North America. « En lançant cette étude, Kaspersky Lab est en mesure d’apporter plus d’éclaircissements sur la façon dont les gens utilisent et sont dépendants de leurs dispositifs, et, une fois armés de cette information, nous continuerons notre mission de sensibiliser le public sur l'importance d’utiliser la technologie pour protéger notre vie numérique ».

« L’acte d’oubli n’est pas une mauvaise chose en soi. Nous sommes des créatures qui s’adaptent aisément et nous ne nous souvenons pas de tout parce que cela ne nous apporte aucun intérêt. Oublier devient inutile lorsque cela implique de perdre des informations dont nous devons nous souvenir », explique le docteur Kathryn Mills. « L’une des raisons pour lesquelles les utilisateurs pourraient moins se préoccuper de retenir l’information est qu’ils aient des dispositifs connectés dans lesquels ils ont confiance. Dans plusieurs sociétés, avoir accès à internet semble aussi stable qu’avoir accès à l’électricité ou à l’eau courante ».


Source : étude Kaspersky (au format PDF)

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Avatar de tontonnux
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 06/07/2015 à 9:31
Citation Envoyé par sazearte Voir le message
Pour moi le cerveau humain ne sert pas a stoker des informations, mais sert a interpréter/analyser des informations, pour en modéliser de nouvelles.
Ce qu'il ne peut pas faire sans.... stocker d'informations...

En fait, l'échelle de l'information est:
Données >> Information >> Savoir

où l'Information est le résultat de la "compilation" des Données, et le Savoir le résultat de la compilation des informations.

Lorsque l'on externalise la couche Données (cas typique d'un numéro de téléphone), ce n'est pas trop grave. A condition évidemment de ne pas rendre sa mémoire "fainéante".
Là où ça commence à poser un petit problème, c'est qu'en externalisant (hors de notre cerveau donc) la couche Données, on maîtrise de moi en moi la couche Informations.

Ça tombe "bien", les moteurs de recherche essaient de plus en plus de répondre à cette couche (vous savez, l'histoire des résultats plus pertinents, de la prise en compte du contexte de l'utilisateur, tout ça...).
De fait, si la couche Information se retrouve de moins en moins gérée par notre cerveau, la suite logique et inéluctable dans l'état actuel des choses, c'est qu'on va finir par externaliser également la couche Savoir. Sans même nous en rendre compte.
Ce mécanisme n'est évidemment pas apparu avec Internet. Un bon exemple pour ce rendre compte de l'influence des "transmetteurs d'information" sur les population est de constater qu'il existe bien des courants de penser, parfois très différents d'un pays à l'autre. Pourtant, les gens sont les mêmes, mais ils ne pensent pas la même chose. Fournir des informations déjà compilées (par les gouvernements, les journaux,...) a de fait une influence considérable sur les Savoirs, et donc sur la pensée des personnes.

Notez que maîtriser totalement la couche Savoir des populations est un vieux rêve... mais pas fait par des gens biens...

Maintenant, imaginez que l'on refile se pouvoir a une régis publicitaire. La mort du libre arbitre.

Petit à petit, on risque d’arrêter de penser. Mais visiblement, ça ne fait peur à pas grand monde.
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Avatar de Pomalaix
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 10/07/2015 à 15:32
C'est maintenant une observation bien connue que tous les assistants de la mémoire prennent vite le rôle de substitut de la mémoire, et lui rendent en fin de compte un bien mauvais service. Calepin papier ou pense bête électronique, calculette, GPS et consorts, c'est la même chose : cédant à la facilité, on se dispense de l'effort d'attention qui est la base de la mémorisation, et moins on essaye de mémoriser, moins on en est capable.
C'est d'ailleurs la même chose au niveau physique : à force de prendre l'ascenseur, on finit par être réellement incapable de prendre l'escalier.
Et je serais curieux de voir ce que ça donnera lorsque les systèmes de traduction automatique en temps réel seront opérationnels : à quoi bon apprendre l'anglais ou toute autre langue puisque mon appareil me permet de communiquer sans que mon interlocuteur et moi ayons une langue commune ?

Comme en toutes choses, il suffirait simplement de ramener ces commodités à une usage modéré : je ne prends l'ascenseur que s'il y a plus de 4 étages ou que je suis chargé ; je ne m'autorise le GPS que 2 fois pour un même trajet, etc.

Quant à ceux qui affirment que la mémorisation devient une opération dépassée à notre époque, et qu'ils se concentrent sur l'abstraction et le prétendu esprit critique, ils oublient juste que ledit esprit critique a besoin de repères, de références face auxquelles il va prendre parti. Ces repères et ces références sont des connaissances qui doivent être présentes "en mémoire vive", sinon comment les invoquer ? Et plus on prétend à un esprit critique raffiné, plus on a besoin de références précises et variées, immédiatement mobilisables.
On imagine mal un débatteur à la télé (ou un candidat à l'oral du bac) dire "laissez-moi un instant, je sais que Nietzsche a un argument intéressant sur la longueur idéale de la minijupe, je vais le retrouver vite fait sur Google et je vais vous sécher sur place".

Là où la mémorisation externe peut avoir sa place, c'est pour les déclinaisons paradigmatiques d'un même concept.
Par exemple, je mémorise la masse volumique de l'eau, du plomb, de l'or à titre de repère, et pour tous les autres éléments, je me réfère à internet.
Pas de problème, car je sais raisonner sur la notion de masse volumique, la valeur particulière important peu.

Le souci, c'est que tous les domaines ne se prêtent pas à un tel mécanisme.
Dans une langue étrangère, je ne peux pas me dispenser d'engranger du vocabulaire si je veux être capable de participer activement à une conversation.
En histoire, quelle abstraction généralisante puis-je utiliser, qui me dispenserait de mémoriser les faits tout en me permettant de raisonner sur eux ?

Citation Envoyé par Matthieu Vergne Voir le message
...(Je ne cite pas le nom, vu que vous l'oublierez probablement, mais je met le lien, comme ça vous pourrez le mettre en favoris et l'oublier sereinement {^_^})
Arf !
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Avatar de Michel
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 06/07/2015 à 8:53
sazearte a écrit :
Je pense que le système éducatif axe trop sur le par-cœur et pas assez sur la capacité de raisonnement.
Pour un dyno comme moi, force est de constater que la mémoire est nettement moins sollicitée actuellement qu'en 1970 !
De plus, connaître un maximum de caractéristiques d'un langage informatique permet de gagner un temps précieux dans l'élaboration du code. Je me vois mal réaliser un site web en PHP en maîtrisant 30 fonctions ou alors, je vais y passer 6 mois et quand j'aurai fini je connaîtrai probablement plus de 30 mots du langage.
Si je dois utiliser Google pour retrouver la syntaxe d'une commande en PHP, je perd du temps et je n'ai aucune garantie sur la qualité de la réponse.
Je terminerai enfin par une remarque qui pour moi est une évidence:
On ne peut pas créer si on a pas une base de connaissances solide. Toutes les découvertes ont été faites par des gens qui maîtrisaient relativement bien leur domaine même si la découverte est parfois due au hasard.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 07/07/2015 à 13:36
Pareillement, ça fait longtemps que je ne compte plus sur mon cerveau pour retenir, mais pour réfléchir. Les réflexions que je ferais résulteront dans la fortification de ma mémoire sur les concepts liés, le reste passera à la trappe. Et c'est tant mieux, parce que qu'à force d'emmagasiner tellement de choses, on finit par prendre des choses très complexes pour des évidences. Et quand on sort nos "évidences" aux néophytes, on se moque de leur manque de connaissance sous prétexte que c'est du "sens commun" (ben tiens voyons) au lieu de remarquer notre incompétence à faire du pédagogique ou tout simplement à dire simplement les choses.

De la même manière qu'après avoir fait du code dans tous les sens il est important d'enlever ce qui n'est pas primordial pour éviter que le suivant s'y brise les dents, il faut laisser le cerveau faire son tri pour ne pas emmagasiner des connaissances superflues qu'on aura tôt fait d'étaler pour montrer notre "science", alors qu'elles n'apportent pas grand chose au final car "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement - Et les mots pour le dire arrivent aisément." (Je ne cite pas le nom, vu que vous l'oublierez probablement, mais je met le lien, comme ça vous pourrez le mettre en favoris et l'oublier sereinement {^_^})
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Avatar de guillaume07
Débutant https://www.developpez.com
Le 05/07/2015 à 19:32
La mémoire ça se travaille.
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Avatar de eulbobo
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 06/07/2015 à 16:58
Disons qu'on se souvient des éléments qui sont utiles à retenir

De plus en plus, appeler des gens ça n'est plus composer un numéro, mais sélectionner un contact... Techniquement, il y a toujours un identifiant derrière, mais pourquoi s'embêter à retenir les identifiants techniques des 200 personnes de son répertoire plutôt que de les noter dans un coin?
Ho, attendez, je tiens une piste... Mmmmm, je dirais... Mmmm, que avant, on comptait sur un BLOC NOTE ou un calepin pour retenir tous ces numéros !

Ce qui a changé? Le média de sauvegarde qui est passé d'un format papier à un format plus pérenne qui fait abstraction de ce numéro technique qui avoir une approche plus humaine : on n'appelle pas un numéro, on appelle une personne !
Perdre son calepin ou son carnet d'adresse, ça existait bien avant l'essor numérique que l'on vit actuellement. Et on ne le vivait pas bien. Je l'ai vécu, je ne l'ai pas bien vécu (oui, je suis vieux)

Actuellement, perdre ses contacts, c'est faire peur d'un manque total de vision sur le nombre incroyable d'outils qui sont mis à disposition gratuitement !

Autre point : avant quand on ne savait pas quelque chose on faisait quoi?
- on allait chercher dans notre encyclopie universalis qu'un gentil monsieur était venu nous présenter/vendre à la maison
- on ne savait pas et on se taisait
- on racontait des conneries

Aujourd'hui, il se passe quoi?
- on va chercher sur un moteur de recherche
- on ne sait pas et on se tait
- on raconte des conneries

Une fois de plus, seul le média change. La différence, la connaissance est plus proche et plus accessible qu'avant, donc on l'utilise (et on serait con de ne PAS l'utiliser).
Le problème est que cette proximité de l'information offre un joli piedestal pour ceux qui racontent des conneries... Ce qui nous pousse justement à être TRES critique sur ce qu'on trouve sur internet : on sait qu'on peut y trouver des conneries, donc on prends les informations avec des pincettes.

Quelqu'un aurait voulu faire une blague et marquer qu'on avait trouvé de la vie sur la Lune dans mon Encyclopédie à l'époque, je pense que je l'aurai cru.

Bref, une étude qui est présentée comme "regardez, le monde a changé" alors que c'est juste "voici notre monde aujourd'hui, mais on sait pas si c'était pas déjà le cas avant".
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Avatar de Aiekick
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 06/07/2015 à 14:19
c'est vrai. a force de ce servir d'une calculette, je sèche des fois de longues secondes avant de trouver la solution a un calcul de base....
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Avatar de Mc geek
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 06/07/2015 à 23:09
Je pense eulbobo que le problème n'est pas là. L'idée ici, est le fait que les personnes ne savent plus "rien", car ils se disent qu'avec leur smartphone, de toute façon, ils ont accès à l'information. Ce qui fait que si tu leur enlèves le téléphone, ils ne savent plus, car ils ne savent que taper ce qu'ils veulent savoir dans une barre de recherche et laisser le boulot être fait à leur place. Et de plus, ils ne savent plus traiter l'information et arriver à conclure de sa pertinence, il suffit de compter le nombre de personnes qui sont conspirationnistes.

En effet, le répertoire existe depuis lomgtemps, et sa version numérique n'est qu'une adaptation de ce qui était déjà existant.

Le problème est plutôt que les gens considèrent internet comme une extension de leur mémoire, et donc sans cela ils ne savent plus rien par eux-même.

Quant au problème de l'apprentissage par cœur, au contraire, je suis plus pour son retour à l'école, qu'autre chose, car plus tu apprends par cœur, plus tu apprendras facilement, ce qui conduit à un cycle vertueux. Le problème est présent pour moi quand tu te rends compte que les profs actuels n'encouragent même plus à connaître un truc aussi basique que les tables de multiplications par cœur, mais qu'ils encouragent au contraire à savoir les "retrouver", parce que la mémoire pourrait faillir. Je peux te garantir que mes tables, je pourrais m'en souvenir jusqu'à la fin de mes jours, et pourtant j'ai du mettre environ 3 semaines pour les apprendre (et encore pas tout le temps).

Enfin sazearte, tu dis que le cerveau doit interpréter/analyser des informations, mais il te faut quand même une base de connaissances solides sur lesquelles il doit travailler ; quand tu imagines l'architecture d'un logiciel, tu dois bien t'appuyer sur tes connaissances pour réaliser ce travail, tu ne vas pas tenter de chercher sur internet des cours sur l'architecture logicielle pendant que tu la fais pour ensuite oublier immédiatement ce que tu as lu. Donc certes, ton cerveau fait autre chose que stocker des informations, mais c'est grâce à ça qu'il peut réfléchir.

Je concluerais sur le fait qu'évidemment, on ne peut pas tout savoir, mais si tu n'as pas un minimum de connaissnces, ton cerveau tourne à vide, et j'aimerais pas voir ce que ça donne sur une longue période.
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Avatar de elfasys
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 11/07/2015 à 9:17
Il a toujours existé des possibilités de mémorisation, et elles ont toujours évolué : ces techniques sont et seront encore utilisées, trop utilisées, sur-utilisées, parce qu'elles ne semblent pas dangereuses - elles ne le sont pas ? - et qu'elles font appel à une de nos caractéristiques la mieux partagée : la paresse, adossée à un zeste de goût de pouvoir : tout connaître et épater la galerie en donnant l'impression de posséder tout le savoir du monde.
Du dessin sur poterie à la mémoire numérique, en passant bien sûr par le livre et les enregistrements vocaux, nous avons tous utilisé des aides : pour se souvenir, et pour transmettre.

Si on admet (mais j'ai des doutes) que l'homme est curieux et méfiant, il va vouloir connaître l'origine de son savoir, de ses informations :

Un livre est signé : cela reste à la mesure de la compréhension humaine, on retrouve assez facilement le nom et l'histoire de l'auteur, et on accepte - ou non - son travail et son analyse : en lisant un livre, c'est un peu comme si on demandait de l'aide à un ami.

Et retrouver l'origine d'une mémoire numérique me semble une question tout aussi importante, mais elle est plus difficile à résoudre : comment répondre quand le contenu de cette mémoire numérique est devenu si complexe ?

1. Si j'ai construit cette mémoire (ces sont MES photos, MES numéros de téléphone, MES recettes de cuisine, MES briques de code), il est vrai que je ne fais pas travailler mon cerveau en la consultant, je deviens doucement esclave de mon clavier, je deviens incapable de décrire une impression ou un paysage (regardez ma photo...) mais j'ai tout de même travaillé sur l'objet mémorisé, il m'appartient et je vais sans doute pouvoir rappeler des souvenirs plus détaillé : cette mémoire numérique est une mémoire de sauvegarde et ce n'est peut-être pas un désastre de l'utiliser.

2. Mais si la mémoire est construite par des tiers ? J'admire les algorithmes de Google, qui me permettent de retrouver en 0.58 secondes une chanson oubliée dont je me souviens trois mots successifs, et en moins de 5 minutes le détail d'une crise militaire oubliée depuis plus de 50 ans, avec comme base de recherche le très vague souvenir d'une très vague impression de date et de position géographique : Google m'oriente sur Wikipédia, et je trouve rapidement tous les détails et les références : c'est merveilleux, si je fais confiance aux contributeurs. Et la bataille de MA mémoire est perdue d'avance : je ne peux plus espérer tout emmagasiner. Mais, après avoir relu l'histoire des Iles Quemoy et Matzu (mon exemple-test précédent), maintenant, je me souviens de détails enfouis, je me souviens de la peur de la guerre nucléaire pendant la guerre froide (j'avais 12 ans à cette époque) : je n'ai fait qu'aider ma mémoire, parce que Google et Wikipédia ont été, ici, honnêtes.

Et le grand complot type 1984 est encore impossible parce que la somme des mémoires individuelles est encore incontrôlable - cette mémoire qui permet à chacun d'estimer la vraisemblance des informations qu'il trouve.
Mais du point de vue collectif, si cette somme de mémoires se réduit, se réduit, se réduit d'années en années ?

La soumission à un dogme existe déjà, et depuis très longtemps. L'homme n'a pas eu besoin du numérique pour abdiquer tout travail sur SA mémoire, SON vécu, admettre une mémoire révélée ou fabriquée, et abdiquer toute liberté pour le plus grand bénéfice de certains, dans tous les domaines et à à toute échelle.

Souhaitons seulement une évolution sans crise : le numérique ne va simplement pas tout bouleverser : nous mémoriserons moins, mais nous aurons plus d'outils de recherche et d'analyse. Et je l'espère, toujours des résistants !

Ma conclusion ? Mémorisons le plus possible, et n'utilisons le numérique que comme une roue de secours. En vérifiant la pression chaque fois qu'on l'utilise...
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Avatar de Jipété
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 11/07/2015 à 12:48
Salut,

juste sur ce point-là :
Citation Envoyé par Pomalaix Voir le message
Et je serais curieux de voir ce que ça donnera lorsque les systèmes de traduction automatique en temps réel seront opérationnels : à quoi bon apprendre l'anglais ou toute autre langue puisque mon appareil me permet de communiquer sans que mon interlocuteur et moi ayons une langue commune ?
àmha les systèmes de traduction automatique ne seront jamais opérationnels à 100 %, tout simplement à cause de l'invasion des fautes d'orthographe, qui truffent de plus en plus le moindre texte posté ici ou là.
(Oui, des fautes d'orthographe il y en a toujours eu, mais avant il n'y avait pas d'internet pour les diffuser si massivement.)

Et quand on se rend compte qu'un humain normalement constitué a parfois du mal à décoder ce que raconte la ligne qu'il lit, j'imagine bien le rendu complètement aléatoire des systèmes automatiques...

Tiens, ici même, il n'y a pas longtemps dans une discussion technique, quelqu'un conjuguait mal le verbe "être" au conditionnel et avec une faute en plus, ce qui donnait quelque chose du genre "je serrait".
Et comme le verbe "serrer" existe bien en français, je me demande ce qui pourrait sortir du système de traduction.
Idem avec l'affaire du billet,

Sans compter ceux qui oublient un mot, ceux dont on ne sait pas s'ils oublient ou pas un mot à cause de la liaison : "on a pas faim" --> on n'a pas faim ou on a faim ?, etc.
Système de traduction automatique dans un monde parfait, ok, mais ici c'est mort...

Toutes ces fautes existent parce qu'on ne veut pas faire travailler la mémoire, retour au début et la boucle est bouclée,

Et je n'ai pas parlé des problèmes (et des fautes !) de ponctuation, qui empêchent le système de détecter le mot n du mot n+1...
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