Airbus va construire 900 satellites pour connecter le monde à Internet
Dans le cadre d'un projet ambitieux de OneWeb

Le , par Siguillaume

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Le groupe européen Airbus vient de signer un contrat historique pour la fabrication et le lancement de 900 satellites autour du globe. Ce projet hautement ambitieux est né de l’opérateur OneWeb, par son PDG Greg Wyler qui veut offrir des services de connexion à Internet à bas prix, dans tous les pays du monde entier. L’opérateur dispose déjà de fréquences attribuées par l’Union Internationale des Télécommunications ; et fixe le délai de 2018 pour voir ses premiers satellites en orbite.

C’est au Salon Bourget, démarré ce 15 Juin, que le constructeur européen de satellites Airbus Defence and Space annonce fièrement cette commande qu’il a raflé devant ses concurrents Boeing, Loral, OHB et Thales Alenia Space.

Airbus reconnait que c’est une grosse responsabilité et un grand défi que représentent cette aventure qui sera une première réalisation, dans l’histoire d’Internet. Son directeur de la stratégie, Marwan Lahoud, révèle que ce sera la première fois que la firme fabriquera des satellites en série. « C’est tout le processus de fabrication et d’assemblage qui sera révisé», ajoute-t-il. Les dix premiers satellites seront construits en Toulouse, dans l’une des usines actuelles de Airbus, mais le principal site de production sera une nouvelle bâtisse qui sera selon les standards des technologies de construction qui seront mises en œuvre. Cette nouvelle usine sera aux États-Unis.

Plusieurs ambitions de cette envergure avaient été émises, mais les projets concrets déroulant l'exécution n’ont réellement pas encore vu le jour. De celles-ci, on dénote le projet de SpaceX qui a obtenu un financement en début de cette année avec Google et Fidelity. Ce projet consiste également à connecter au Web les points les plus reculés de la planète, au moyen de plusieurs centaines de satellites. Le principe qui justifie ce nombre pléthorique de satellites est le même dans les deux projets : l’orbite de stationnement des satellites de diffusion et de réception est assez bas, pour offrir de meilleurs débits de connexion. Mais l’inconvénient avec cet orbite, est que la zone de couverture des satellites Web est plus faible que celle des satellites ordinaires. Pour donc couvrir toute la surface terrestre, il en faut un nombre important. Il s’agira ici de petits engins spatiaux dont la masse moyenne est estimée à 150 kilogrammes, qui graviteront autour .

Pour le moment, ni Airbus, ni OneWeb n’a révélé le montant officiel de cette commande. Mais certaines sources avancent que le maître d’ouvrage veut des satellites à moindre cout, dont le prix unitaire est en dessous des 400 000 dollars américains. La facture totale restera tout de même salée, mais la firme a bénéficié de partenariats récents avec Virgin et Qualcomm qui sont prêts à l’accompagner dans cette aventure. Le PDG Greg Wyler est lui-même un ancien du personnel de Google, pour la recherche spatiale, et aussi fondateur de 03B, un opérateur satellite américain.

Une autre question qui se forme également dans les esprits, est de savoir quelle serait la stratégie de pénétration d'une telle solution à l’échelle mondiale, afin de rentabiliser cet investissement, quand on sait les que les pays les moins favorisés à la connexion Internet, qui constituent le marché cible, sont encore en voie de développement avec un faible pouvoir d’achat.

Source : Salon Bourget

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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 16/06/2015 à 17:08
Airbus vend du matériel, et devrait faire de l'argent avec. OneWeb, c'est plus aléatoire..... il n'y aura pas de place pour tout le monde.

C'est pareil qu'en transport aérien : la plupart des compagnies aériennes sont déficitaires, mais Airbus gagne de l'argent. Bon, pas avec l'A380, mais les 6 ans de backlog de l'A320 qui continue à s'arracher leur permet de voir venir. Boeing et Embraer aussi sont très rentables. Bombardier, c'est plus compliqué, mais ils ont pris des risques avec le CS100.
Avatar de Squisqui
En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
Le 16/06/2015 à 19:56
400kUSD*? c'est pas cher un satellite en fait.
Ou alors, il n'y a que le coût de production.
Avatar de Zefling
Membre expert https://www.developpez.com
Le 16/06/2015 à 21:57
Je pense que le plus cher, ce n'est pas le satellite, mais la fusée pour l'envoyé.
Avatar de Theta
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 16/06/2015 à 22:02
En croisant diverses sources le plus petit prix de lancement que j'ai trouvé c'est 5000€ le kg en orbite basse, donc 750k€ le lancement d'un sat de 150kg, donc les 400k€ c'est que la construction (à moins qu'ils prévoient une baisse drastique des prix de lancement).
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 17/06/2015 à 0:56
Déjà plus de 20000 objets traquables autour de la Terre, on n'est pas à 900 près
Avatar de Traroth2
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 17/06/2015 à 10:42
Ce qui coûte cher, dans un satellite, c'est le lancement. C'est pour ça qu'on utilise toujours le meilleur matos : parce que un ratage fait perdre énormément d'argent et que donc, il vaut mieux prendre le meilleur matériel possible pour éviter de perdre le prix du lancement à cause d'une défaillance matérielle. Dans cette optique, je pense que la stratégie d'Airbus est vraiment mauvaise. Du matériel moins cher aura des performances... de matériel moins cher. Mais le prix du lancement restera le même, et donc à la moindre défaillance d'un satellite, la rentabilité fait le grand plongeon.

En l'occurrence, si ce satellite vaut $400.000 à fabriquer, le lancement d'un exemplaire devrait, je pense, avoisiner les 3 millions d'euros. Si l'un d'entre eux tombe en panne, ça coûte donc directement 3,4 millions pour le remplacer. Il vaudrait sans doute mieux fiabiliser ces satellites pour éviter les pannes, quitte à ce qu'ils soient plus chers. Sans même parler du coût engendré par les échecs de lancement (la fusée russe Proton a connu 8 échecs depuis 2007)...
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 17/06/2015 à 11:06
Ce que je trouve dommage, c'est qu'Airbus ne fabrique pas en Europe la totalité de ces satellites...
Avatar de berceker united
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 17/06/2015 à 12:20
Citation Envoyé par Traroth2 Voir le message
Ce qui coûte cher, dans un satellite, c'est le lancement. C'est pour ça qu'on utilise toujours le meilleur matos : parce que un ratage fait perdre énormément d'argent et que donc, il vaut mieux prendre le meilleur matériel possible pour éviter de perdre le prix du lancement à cause d'une défaillance matérielle. Dans cette optique, je pense que la stratégie d'Airbus est vraiment mauvaise. Du matériel moins cher aura des performances... de matériel moins cher. Mais le prix du lancement restera le même, et donc à la moindre défaillance d'un satellite, la rentabilité fait le grand plongeon.

En l'occurrence, si ce satellite vaut $400.000 à fabriquer, le lancement d'un exemplaire devrait, je pense, avoisiner les 3 millions d'euros. Si l'un d'entre eux tombe en panne, ça coûte donc directement 3,4 millions pour le remplacer. Il vaudrait sans doute mieux fiabiliser ces satellites pour éviter les pannes, quitte à ce qu'ils soient plus chers. Sans même parler du coût engendré par les échecs de lancement (la fusée russe Proton a connu 8 échecs depuis 2007)...
En faite, selon la taille et la masse du satellite, il est possible d'en placer plusieurs par propulseur. Ariane V fait très bien le boulot mais c'est du haute gamme.
Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 17/06/2015 à 13:55
Citation Envoyé par Jon Shannow Voir le message
Ce que je trouve dommage, c'est qu'Airbus ne fabrique pas en Europe la totalité de ces satellites...
Ouais, mais quand Boeing fait appel massivement à des sous-traitants Européens, personne ne râle... Quand les Russes fabriquent le SSJ100, avec des moteurs à moitié Français, une avionique 100% occidentale, et les vendent via des commerciaux italiens, personne ne râle. Quand les canadiens de chez Bombardier font fabriquer les ailes du CS100 en Irlande du Nord(et le fuselage en Chine), personne ne râle. Quand les brésiliens d'Embraer fabriquent leurs ERJ avec des moteurs britanniques, personne ne râle. Quand les toulousains d'Aircelle vendent leurs nacelles de réacteur au monde entier, personne ne râle.

Il faudrait être cohérent...
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 17/06/2015 à 14:55
Citation Envoyé par el_slapper Voir le message
Ouais, mais quand Boeing fait appel massivement à des sous-traitants Européens, personne ne râle... Quand les Russes fabriquent le SSJ100, avec des moteurs à moitié Français, une avionique 100% occidentale, et les vendent via des commerciaux italiens, personne ne râle. Quand les canadiens de chez Bombardier font fabriquer les ailes du CS100 en Irlande du Nord(et le fuselage en Chine), personne ne râle. Quand les brésiliens d'Embraer fabriquent leurs ERJ avec des moteurs britanniques, personne ne râle. Quand les toulousains d'Aircelle vendent leurs nacelles de réacteur au monde entier, personne ne râle.

Il faudrait être cohérent...
Il dit qu'il voit pas le rapport avec la choucroute, mais, que c'est bien de râler...
Ensuite, je n'ai pas hurler au scandale. J'ai dit que c'était dommage, voire regrettable. Ensuite, ce n'est pas faire appel à des sous-traitants, là, Airbus va créer une usine aux USA pour réaliser ces satellites. Et, c'est pas parce qu'on ne sait pas faire en France, puisque les premiers seront faits à Toulouse.
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