L'industrie technologique se mobilise pour demander au président américain
De se prononcer contre l'installation de portes dérobées

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Apple, Google, Yahoo et plus de 140 autres entreprises dans l'industrie technologique ont écrit au président Obama pour lui demander d’annuler les demandes d'accès de type portes dérobées aux données de l'utilisateur sur les smartphones et autres appareils de communication et de plates-formes, selon un rapport du Washington Post.

Le secteur de la technologie a de plus en plus mis en avant la question de la vie privée de l'utilisateur depuis qu’Edward Snowden a entrepris de divulguer les détails des vastes campagnes d’espionnage de la NSA qui ont été mené depuis 2013. Toutefois, certaines agences gouvernementales se montrent mal à l’aise face à la montée du chiffrement dans l’industrie. Le secrétaire américain de la Sécurité Intérieure Jeh Johnson a récemment fait savoir que « l'incapacité d'accéder à des informations chiffrées pose des problèmes à la sécurité publique ». En d'autres termes, l'incapacité d'accéder aux données pourrait empêcher les forces de l’ordre de défendre effectivement la nation qu’ils sont censés protéger.

Cette lettre, va à l’encontre de l'affirmation selon laquelle le chiffrement des données de l'utilisateur serait dangereux pour la nation. « Le chiffrement fort est la pierre angulaire de la sécurité de l'économie de l'information moderne, » ont expliqué les entreprises dans la lettre, qui a également été signé par des consultants de la technologie et des groupes de défense des droits de l’homme.

Cette lettre n’est donc pas uniquement approuvée par les entreprises technologiques. Le quotidien a rapporté que trois des cinq membres du comité d'Obama dans les pratiques de la technologie, qui ont été constitué à la suite des fuites de Snowden, ont signé la lettre - qui a été rédigée par l’initiative de l'Open Technology Institute de New America Foundation.

« Depuis l'automne dernier, le président n’a pas cessé de laisser ses principaux responsables de l'application de la loi porter des critiques à l’endroit des entreprises pour avoir rendu leurs appareils plus sûr et en leur laissant penser que le Congrès devrait adopter une loi pro-porte dérobée », a déclaré Kevin Bankston, directeur de la politique de l'institut, au Post.

« Il est temps pour Obama de mettre fin à ces suggestions dangereuses selon lesquelles nous devrions délibérément affaiblir la cybersécurité des produits et services des Américains. Il est temps pour l'Amérique de mener le monde vers un avenir plus sûr plutôt que vers un écosystème numérique criblé de vulnérabilités de notre propre fait », a-t-il ajouté.

Le président Obama avait déjà fait savoir à Kara Swisher de Re / code qu'il est un plus grand défenseur du chiffrement que les fonctionnaires chargés de l'application de la loi des États-Unis, mais il a également reconnu que cela pose des problèmes pour les agences de défense. Cela dit, les fuites de Snowden ont clairement fait savoir que permettre ce type d’accès aux données de l'utilisateur est peut vite tourner dans l’abus dans le sens ou les forces de l’ordre ont bien des fois menées une surveillance sans avoir obtenu un mandat au préalable. Une initiative qui vise sans doute à montrer une fois de plus que les entreprises technologique s’intéressent à la protection de la vie privée des utilisateurs.

Source : Washington Post

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