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La NSA utilise la reconnaissance vocale pour transcrire les appels téléphoniques
Avant de les archiver dans une base de données interrogeable

Le , par Amine Horseman

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9  0 
Les documents secrets de la NSA révélés par Edward Snowden nous apprennent encore une fois l’étendue des capacités de surveillance en masse de l’agence de renseignements américaine. Cette dernière utiliserait des logiciels pour transcrire automatiquement des appels téléphoniques interceptés et les stocker dans une base de données interrogeable.

Selon les documents analysés par The Intercept, l’agence américaine et son homologue britannique GCHQ ont investi des années de recherche dans le domaine de la reconnaissance de la parole afin de pouvoir convertir en texte anglais les appels téléphoniques ainsi que les journaux télévisés en langues étrangères. Ces documents ont révélé que la NSA s’est basé sur le logiciel commercial Dragon Dictate en lui rajoutant des modifications avant d’arriver au résultat souhaité. En effet, l’agence avait remarqué que les systèmes commerciaux se ne se concentraient généralement que sur l’anglais et l’espagnol, elle a donc développé sa propre solution pour les autres langues cibles comme le persan et le pachto par exemple.

Ce logiciel, baptisé RHINEHART, aurait été déployé pour la première fois en 2004 et aurait permis de faire des recherches de mots clés sur de grandes quantités de données transcrites à partir de la voix, c’est ce qui lui aurait valu le surnom interne de « Google For Voice » à l’époque. Quelques années plus tard, un autre logiciel répondant au nom de VoiceRT aurait été introduit à Bagdad avec la capacité d’analyser et d’étiqueter 1 million d’échantillons par jour. En 2013, VoiceRT aurait été remplacée à son tour par un autre système appelé SPIRITFIRE, beaucoup plus rapide et performant.

Il semblerait donc que l’agence de renseignement a une longueur d’avance dans ce domaine et qu’elle l’utilise depuis plusieurs années pour la surveillance en masse, reste à savoir si cette surveillance est effectuée seulement sur des cibles spécifiques ou sur l’ensemble des appels téléphoniques interceptés ? Quoi qu’il en soi, le projet de loi de réforme sur la surveillance que le Congrès Américain débat actuellement ne traite pas le sujet du tout, ce qui veut dire que cette surveillance des appels téléphoniques est tout à fait légale pour la NSA, que ce soit pour les appels nationaux ou internationaux.

Il semblerait même que, depuis 2006, l’agence de renseignement américaine était entrain de développer un outil pour prédire des données en utilisant l’historique de la personne. « Les gens ne réalisent pas encore l'ampleur de la situation » déclare un professeur associé à l'Institut de technologies langagières de l'Université Carnegie Mellon.

Source : The Intercept

Et vous ?

Que pensez-vous de cette méthode de surveillance ?
Serait-elle moins grave que la surveillance téléphonique manuelle ?

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Avatar de Hyt3k
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 19/05/2015 à 12:01
Plus ils ecoutent, moins ils entendent.
Plus ils surveillent, plus ils sont aveugles.

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Avatar de BufferBob
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 07/05/2015 à 7:41
Citation Envoyé par Amine Horseman Voir le message
Que pensez-vous de cette méthode de surveillance ?
hightech.

et à la fois depuis le temps que le grand public a des API de reconnaissance vocale, c'était un peu illusoire de penser que les services de renseignements eux étaient encore à la traine technologique non ?

depuis 2006, l’agence de renseignement américaine était entrain de développer un outil pour prédire des données en utilisant l’historique de la personne.
oh yeah

« Les gens ne réalisent pas encore l'ampleur de la situation » déclare un professeur (...) de l'Université Carnegie Mellon.
ah ça c'est clair, mais c'est de toutes façon déjà beaucoup trop tard pour s'alarmer.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 14/05/2015 à 0:40
En même temps, on ne peut pas lui reprocher ce genre de commentaire, vu que c'est parmi les plus communs et le plus naturel à sortir. Et en soi il n'a probablement pas tord : on fait tous des choses en pensant que c'est le mieux qu'on puisse faire à l'instant i, avant de se rendre compte plus tard qu'on a fait une boulette, mais pas suffisamment importante pour en faire tout un plat. Dans ce sens, dire qu'on n'a rien à se reprocher est tout à fait légitime. Et ce n'est d'ailleurs pas là que le bas blesse, mais bien sur les conséquences implicites qu'une telle surveillance implique : auto-censure inconsciente, recoupage de nombreuses données pour déterminer des choses que même la personne concernée ne se doute pas, etc.

Donc à bien y réfléchir, on ne peut pas reprocher aux gens de dire ce genre de chose, seulement leur recommander de lire des réflexions sur le sujet. Car ce genre de remarque s'explique tout à fait par un manque de connaissance, et ne pas savoir n'est pas un crime. Donc j'ai mis moins un quand même, mais ma réponse à son commentaire serait en revanche : OK, mais avant de réagir à nouveau, renseigne-toi davantage sur le sujet.
2  0 
Avatar de Gilles34200
Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 13/05/2015 à 22:38
Citation Envoyé par JayGr Voir le message
Vrai. Encore une fois on s'étonne de choses qui finalement existent depuis longtemps. Personnellement je ne trouve pas ça si grave. Je n'ai rien à cacher en particulier.
Réfléchi un peu plus longtemps que 3 secondes la dessus et repasse sur le topic.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 18/05/2015 à 18:08
Citation Envoyé par JayGr Voir le message
Voilà exactement ce que je disais plus haut (enfin j'ai pas dit que j'y connaissais rien ). Mais si tu penses que l'auto-censure, le "recoupage" de données et la manipulation de l'utilisateur n'existent pas déjà tu te mets le doigt dans l’œil jusqu'au coude.
Ça je le sais. Que ça existe ou pas n'est pas la question. Le fait est qu'aujourd'hui on a les connaissances suffisantes pour savoir que ça a un impact insidieux sur la liberté, qui est un point fondamental de notre constitution. Autrement dit, s'il faut choisir entre les deux, la liberté passe avant. La sécurité ne fait pas partie de notre constitution. La sureté oui, mais ce n'est pas la même chose : http://www.vie-publique.fr/decouvert...te-surete.html
La sûreté protège les individus contre les arrestations et les emprisonnements arbitraires
autrement dit on se protège de l'arbitraire de la police, soit du ministère de l'intérieur et donc par extension du gouvernement. Toute personne arrêtée devant alors passer devant un juge pour que celui-ci valide ou non la culpabilité et décide de la peine.

La sécurité doit être, certes, préservée par la police, et la loi renseignement va dans ce sens. Mais là où elle va trop loin, c'est qu'elle met en place une surveillance inconnue du citoyen, c'est à dire qui ne permet à personne de savoir s'il est surveillé ou pas, incitant l'ensemble de la population à se croire potentiellement surveillée (réaction de défense naturelle) ce qui diminue inconsciemment notre capacité à agir comme un individu libre à cause du doute engendré : si on fait une bêtise, et qu'on nous le signale avant de se faire arrêter, on peut de bonne foi corriger le tir, mais là on peut se retrouver dans le collimateur sans même le savoir, parce que la surveillance est secrète. D'office, on va choisir le comportement le moins risqué, qui est le comportement mouton : ne fait rien qui sorte du cadre bien établit des habitudes du citoyen moyen. C'est l'individualité de chacun qui est mis sur l'échafaud. D'ailleurs on le comprends bien quand le gouvernement parle de cibler des comportements déviants : faire différemment ne veut pas dire faire mal.

Si on applique un contrôle sur la chose, alors ce contrôle doit permettre de préserver nos libertés fondamentales, mais ce n'est pas le cas ici à cause de cet effet inconscient. C'est en cela que l'argument "je n'ai rien à me reprocher" perd de sa saveur : si consciemment ce n'est pas le cas, le fait est que tu n'en sais rien pour tes actes inconscients.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 19/05/2015 à 15:47
Citation Envoyé par JayGr Voir le message
Disons que j'ai l'impression que tu vois ça comme une surveillance par la peur qui diminue nos libertés fondamentales. Je le conçois. Maintenant la question que je me pose est la suivante : N'est-ce pas un bien pour un mal ?

Ma façon de voir les choses en fait, qui est plutôt devenu une réflexion après t'avoir lu, c'est que finalement si l'on ne fait pas ça, que fait-on ?
Puisque aujourd'hui la sécurité physique et moral de nos concitoyens passe par le numérique (et donc le téléphone pour faire le parallèle avec l'article quand même...) qui est omniprésent. C'est là que ta façon de voir les choses me pose problème.
C'est qu'en voulant à tout prix défendre la liberté à son extrême on finit par la mettre en danger. N'oublions pas que sans sécurité, et je parle bien de sécurité et pas de sûreté, il n'y a pas de liberté. Se sentir en danger est-il réellement plus intéressant que se sentir surveiller ?
J'aime à penser que tous les esclaves ne sont pas des révolutionnaires en puissance, ni que tous les maîtres sont des sadiques : il se peut tout à fait qu'il y en ait qui préfèrent leur situation d'esclave parce qu'ils estiment que leur maître est plus apte à décider pour eux. Et je n'ai rien contre ça. En revanche, il serait extrême de l'imposer. Aujourd'hui, l'esclavage est (en théorie) aboli, mais chacun peut se contraindre au travers de contrats de façon à déléguer les responsabilités (le patron décide ce qui doit être fait et les employés ne sont que des exécutants). Je ne m'étend pas sur le sujet, sinon on risque d'en revenir à l'esclavage par le travail, le revenu de base, etc., et c'est pas le sujet. L'important ici étant de noter qu'on est passé d'une imposition à un choix, au moins jusqu'à un certain degré (on peut faire mieux, mais ça me semble quand même mieux qu'avant). L'extrême dans l'autre sens est tout aussi critiquable : être libre implique d'assumer ses actions, mais il serait extrême de dire que telle personne doit être emprisonnée en partant du principe qu'elle a forcément agit de manière consciente et volontaire sur l'unique raison qu'elle est libre. On sait aujourd'hui que tout ne s'effectue pas de manière consciente : une conséquence imprévue, un état (e.g. ébriété) qui fait perdre le contrôle de soi, une maladie mentale qui décroît les capacités de jugement, etc. Ici aussi, on est passé d'une généralisation abusive à une application personnalisée.

Par conséquent, quand tu parles de "défendre la liberté à son extrême", je ne peux qu'être d'accord avec toi par principe : le trop est l'ennemi du bien. Aller dans l'extrême n'est jamais réellement profitable, quel qu'il soit. Or c'est précisément ce que fait cette loi, mais dans l'autre sens : on ne cherche plus à personnaliser, mais à généraliser. La critique ne va pas sur la surveillance en elle-même, mais sur son côté généralisé. On ne cherche pas à identifier des terroristes (1 champs d'application de cette loi, il y en a 7), mais à identifier des comportements dits "déviants", ce qui veut dire des comportements qui sortent du lot (toute minorité est déviante par définition). En bref, si tu n'es pas un mouton, tu es placé d'office dans les gens à potentiellement surveiller, peu importe la raison. Ensuite, c'est aux services de renseignement de décider si ta déviance est "intéressante" ou pas, mais là c'est de l'ordre du secret défense.

Un autre point est que seuls les algos -et leurs propriétaires, donc le gouvernement- auront l'info nécessaire pour savoir qu'est-ce qui est déviant. Pour savoir cela, il faut avoir l'information sur l'ensemble (ou au moins la majorité) de façon à pouvoir comparer, impossible donc pour les citoyens (et par extension l'Assemblée Nationale qui fait office de contre-pouvoir au gouvernement) de savoir qui serait potentiellement surveillé ni pourquoi. Certes j'exagère, il y a la CNCTR, mais celle-ci n'est là qu'à titre consultatif. Elle ne peut bloquer aucune décision et, si elle estime que ça va trop loin elle ne peut que passer par le Conseil d'État. Autant dire que ça n'a de contrôleur que le nom. Toute boulette ne sera corrigée que a posteriori, une fois que le mal sera fait, et à la condition que celle-ci soit vue.

Autrement dit, je suis d'accord avec ce que tu dis du point de vue qu'il ne faille pas aller à l'extrême, mais là où je met le doigt c'est que c'est précisément ce qu'on reproche, mais dans l'autre sens : la loi renseignement va trop loin.

Enfin, quand tu dis que "sans sécurité, et je parle bien de sécurité et pas de sûreté, il n'y a pas de liberté", il va falloir que tu développes. Mais là je te renvois à ce post de Maître Eolas qui traite fort bien le sujet : http://www.maitre-eolas.fr/post/2015...sons-la-notice

Citation Envoyé par JayGr Voir le message
Je ne défend pas l'un ou l'autre... J'essaie simplement de comprendre et de me positionner. Et disons qu'en retournant les points de vues dans tous les sens je comprends les deux.

=> Alors où est le juste milieu pour toi ? Pour vous ?
Ça on pourrait en discuter longtemps, mais ce n'est pas ici que LA réponse se trouvera. Ce genre de chose est à voir en débat publique, avec des discussions riches où chacun échange ses points de vue et où les avis se forgent progressivement avant d'aboutir à un consensus. Et non comme l'a fait le gouvernement : en faisant une loi dans son coin pendant 2 ans puis en passant par une procédure accélérée pour la faire voter. Ce point là a aussi été critiqué à maintes reprises, y compris au sein même de l'Assemblée Nationale pendant la discussion des amendements.

Citation Envoyé par JayGr Voir le message
C'est un petit peu vrai et un petit faux en même temps non ?
Finalement pour trouver ceux qu'ils ont trouvés il fallait bien faire une surveillance de masse.
Après peut-être qu'on se concentre trop sur ça. Et qu'on devrait maintenant investir dans de l'humain plutôt que dans des outils.
Non, la surveillance de masse n'est en rien nécessaire, bien au contraire. Les auteurs des derniers attentats en France étaient déjà connus et surveillés depuis belle lurette. Ce qui a manqué, c'est l'efficacité, et non l'information. La surveillance généralisée n'apporte que plus d'information, et non plus d'efficacité. Il faut ensuite mettre les moyens derrière pour que l'information soit traité efficacement, et c'est là que le bas blesse : la NSA n'a, à ce qu'il paraît, pas déjoué un seul attentat grâce à sa surveillance de masse, qui a donné énormément de faux positifs et donc surchargé ses services. Et c'est ce à quoi on s'attend avec cette loi renseignement.

Et c'est là qu'être contre ce projet de loi prend tout son sens : si l'expérience nous montre que ce n'est pas efficace, alors que c'est précisément d'efficacité dont on a besoin, pourquoi donc devrait on permettre l'instauration d'une telle loi alors que celle-ci peut avoir des effets pervers sur notre société ? On peut être dans le tout sécuritaire, mais il faut quand même rester pragmatique. On ne se met pas des contraintes s'il n'y a pas d'avantages derrière.
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Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 07/05/2015 à 3:53
Ça c'est une source à fournir à nos sénateurs.
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Avatar de TiranusKBX
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 07/05/2015 à 7:15
pour la loi renseignement tu à plus de chance de la voir capoter au conseil constitutionnel qu'au sénat
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Avatar de Hizin
Modérateur https://www.developpez.com
Le 07/05/2015 à 9:48
La reconnaissance de la parole est déjà utilisée a des fins de secrétariat pour les comptes-rendus. Vous mettez une dizaine de personne autour de la table, un bon micro, vous donnez ensuite quelques heures au logiciel pour interpréter le tout et vous avez les minutes de la réunion, avec reconnaissance automatique du locuteur (ainsi que son nom s'il a été donné dans la réunion) avec un taux de correspondances légèrement supérieur à 80% (la dernière fois que je me suis renseigné).
Si c'est déjà ça pour le grand public, on peut imaginer que ça va un poil plus loin pour le militaire.
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Avatar de Julien Bodin
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 07/05/2015 à 11:45
Super ! A quand une version commerciale ?
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