La première vente aux enchères pour les algorithmes attire des offres de plus de 1000$
Voici les mérites esthétiques du code

Le , par Michael Guilloux

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Ce n'est pas la première fois que l'on a essayé d'attribuer une valeur esthétique ou artistique à la programmation. Même si on ne le dit pas à haute voix ni dans tous les coins de rue, la logique et la rigueur qui accompagnent l'écriture de code pourraient faire d'un tout petit morceau de programme, une œuvre d'art à part entière.

« Le code peut être jugé sur ses mérites esthétiques, et pas seulement sur les mérites pratiques », explique Fernando Cwilich Gil, un artiste et co-fondateur de Ruse Laboratories. Gil positionne l'algorithmie au même niveau que la peinture ou la sculpture, et la décrit comme un moyen avec lequel on peut créer quelque chose de beau et élégant.

Gil et son partenaire Benjamin Gleitzman ont organisé la première vente aux enchères pour les algorithmes. La vente a été réalisée du 18 au 27 mars en ligne sur le site d’Artsy.

Tous les profits de la vente aux enchères bénéficieront à Cooper Hewitt, un musée qui a commencé à acquérir des codes pour sa collection avec l'acquisition de l'application musicale iPad, développée par Bloom Studio Inc., ainsi que le code source sous-jacent, qui a été librement libéré dans le cadre des initiatives open source du musée.

Il est difficile de définir l'esthétique d'un algorithme, mais les organisateurs de la vente pensent que les codes peuvent incarner une certaine forme d'art que ce soit par la simplicité ou l'efficacité du code, par son message subversif ou son impact universel. Sur cette base, ils ont sélectionné sept morceaux de codes qu'ils croient être les plus percutants et les plus élégants jamais créés.

Pour chaque algorithme aux enchères, la vente donne droit à une gamme d'objets ou à des licences de logiciels qui lui sont associés.

Au dernier jour de la vente, certains des morceaux de code sélectionnés ont attiré des offres de plus de 1000$ pour l'immortalisation de moments importants de l'histoire de la discipline.

Une impression de Turtle Geometry, un texte de mathématiques de niveau collégial écrit par Hal Abelson, a reçu une offre de 1300 $. Turtle Geometry visait à amener les élèves à explorer les propriétés mathématiques visuellement via un langage de programmation simple appelé Logo. Le 9 décembre 2014, au cours de la Semaine de l'Informatique, le président Obama est devenu le premier président à écrire une ligne de code. Cet algorithme, moveForward (100), provient des commandes informatiques dans le langage Logo.


La vente a également enregistré la cravate bleue cobalt originale sur laquelle est inscrit l'algorithme qrpff de Keith et Marc Horowitz. Les six lignes de code Perl de Winstein et Horowitz ont efficacement fait tomber le système de brouillage d'Hollywood, la méthode que les studios ont mise au point pour s'assurer que les téléspectateurs ne puissent pas copier des films ou jouer un DVD dans un pays où il n'était pas destiné à la vente. Symbolisant la liberté d'expression, ces six lignes de code ont également attiré une offre de 1300$.


La valeur artistique de l'algorithme « Ok Cupid Compatibility Calculation » de Chris Coyne, Max Krohn, Sam Yagan, et Christian Rudder a été enchérie à 1800$. Ok Cupid est l'un des sites de rencontre les plus populaires au monde, et son algorithme d'appariement exclusif, qui permet de calculer la compatibilité entre deux personnes, a permis de changer des millions de vies. Cet algorithme a révolutionné les services d'appariement et est encore largement en usage depuis qu'il a été écrit en 2003. L'enchère donne droit à une illustration encadrée représentant l'algorithme.

Une autre œuvre d'art a été enchérie à 2250$. Il s'agit de l'algorithme Hypothetical Beats d’Anthony Ferraro, chercheur en informatique de Berkeley. C'est un méta-algorithme qui convertit d'autres algorithmes en musique. L'enchère donne droit à une licence de Hypothetical Beats.

La vente aux enchères offrait également une licence pour le code source de « Progression: Triptyque ». Il s'agit d'une série de trois algorithmes développés par Chris Maury, un programmeur au Conversant Labs qui souffre de dégénérescence maculaire de Stargardt, une maladie dégénérative de l'œil. Les trois algorithmes visent à offrir une alternative à l'affichage sur écran pour les personnes ayant des difficultés pour voir ou celles qui perdent la vue. Un premier algorithme permet de modifier la taille des caractères et le contraste de l'écran. Un autre permet de lire le contenu des articles à haute voix. Le troisième algorithme permet aux utilisateurs d'avoir la recherche vocale avec Yelp. La série d’algorithmes a été enchérie pour une valeur de 2250$.

Parmi les œuvres sélectionnées, on comptait également une copie manuscrite et signée du célèbre algorithme " Hello, world! " de Brian Kernighan, datant de 1978. " Hello, World! " est peut-être l'algorithme le plus emblématique de l'histoire de l'informatique. Kernighan a développé le code à la fin des années 70 comme un moyen pour présenter aux élèves le langage de programmation C. Mais aujourd'hui, " Hello world " va bien au-delà de C, et est devenu le programme d'introduction de presque tous les langages de programmation. L'accueil légendaire présenté aux nouveaux codeurs a été enchéri à 3000$.


Source : Wired

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Avatar de Cafeinoman
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 31/03/2015 à 10:42
On est plus ici dans la valeur historique que dans l'esthétique je trouve. Après, c'est vrai que parfois je trouve un code "élégant", le plus souvent parce qu'il résoud un problème complexe de manière simple. De la à lui accorder une valeur artistique...
Avatar de Bestel74
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 31/03/2015 à 12:40
'printf' was not declared in this scope
Avatar de Drolls
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 31/03/2015 à 12:49
C'est vrai qu'ici il s'agit plus d'histoire et de symbolique.

Personnellement je pense qu'un algorithmique peut avoir une valeur artistique, étant donné que certains peuvent les trouver "beaux". Sous quels critères cependant, c'est là une question à laquelle je ne saurai répondre

Ça me rappel un prof de math que j'avais l'an dernier, qui adorait nous raconter des histoires sur les mathématiques, et qui nous proposait des exercices "marrants" selon lui. Il était capable de plancher une demi heure sur une question, remplir deux tableaux, puis reculer, regarder son travail et nous dire en soupirant "C'est beau quand même, vous trouvez pas ?"

Et à partir du moment où l'on peut rencontrer du code mal fait, mal indenté, avec des noms de variables totalement incongrus, que l'on va décrire comme sale ou moche, pourquoi ne pas avoir son inverse ? Je prend pour exemple ce que je fais actuellement à la fac. Notre prof nous donne du code qui date de 1991, que l'on doit compléter, et utiliser comme base, l'objectif étant d'écrire un interpréteur. Au début c'est infâme, repoussant, à cause d'une indentation totalement aléatoire, de structures conditionnelles incompréhensibles, etc... Au final, après avoir réécrit le code, quand on regarde les packages sur la reconnaissance de la grammaire, on avoue tous que quand même ça en jette. En lisant le code on n'imagine pas au premier abord de ce dont il est capable, c'est en l’exécutant qu'on se rend compte qu'il est vraiment puissant, et toute la démarche mathématique qui se trouve derrière prend son sens. Pour moi et pour d'autres dans ma promo, c'est vrai qu'on trouve ça "beau".

De là à vendre des algos aux enchères il y a un pas cependant à mon avis, ça fait un peu snob de vendre du code Logo écrit par Obama
Avatar de lvr
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 31/03/2015 à 14:56
Gil positionne l'algorithmie au même niveau que la peinture ou la sculpture, et la décrit comme un moyen avec lequel on peut créer quelque chose de beau et élégant.
Sauf que l'objet de l'art n'est pas d'être beau et élégant. Parfois il peut l'être mais ce n'est pas sa vocation primaire.
Avatar de laerne
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 31/03/2015 à 18:25
Le code non plus... Je ne crois pas que Ook ait vraiment été créé par souci d'élégance.

Sinon, c'est pas clair. C'est seulement des artéfacts liés à des algorithmes qui sont vendus, non ? Ou bien une propriété intellectuelle est vendu avec l'artéfact*? Si c'est le cas, ça parrait cauchemardesque.
Avatar de InitSreen
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 31/03/2015 à 23:16
Quand j'ai lu cette actu, j'ai de suite pensé à un code C que j'avais vu. Il a été présenté à l'IOCCC de 1990, il s'agit d'une discution entre amoureux (ou futur ex plutôt) écris en C. Je pense que pour qui apprécie les vues de l'esprit et la programmation ça peut faire pensé à de l'art.

www.ioccc.org/1990/westley.c
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