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Pénurie d'informaticiens en France : réalité ou diversion ?

Le , par icexplorer

30PARTAGES

21  0 
Bonjour,

J'ouvre cette discussion afin de débattre sur la soi-disant pénurie d'informaticiens en France (sûrement aussi valable pour d'autres pays européens) et de faire en même temps le parallèle avec l'âge moyen des informaticiens.

Tout d'abord en ce qui me concerne : je suis développeur J2EE en SSII, j'ai un bac+3 et bientôt 32 ans. Je suis actuellement l'un des plus "vieux" du service. J'occupe aussi des fonctions de chef de projet remplaçant, mais qui avouons-le ne me plaisent pas (et ça se ressent).

Je suis jaloux du système américain : là-bas un développeur peut faire carrière toute sa vie, alors qu'ici je ne pourrai bientôt plus car au-delà d'un certain âge je serai plus ou moins considéré comme un raté (corrigez-moi si je me trompe). Quelles solutions sont envisageables si je ne souhaite pas vivre à l'étranger ? La plus évidente serait de me mettre à mon compte. Mais si j'ai envie d'avoir une certaine sécurité d'emploi ? Si je ne suis pas forcément supercompétent, mais que mon métier me plaît malgré tout : http://www.commitstrip.com/fr/2014/0...coders-mood-2/ ?

J'entends depuis longtemps qu'une pénurie nationale est en cours concernant les informaticiens. Cela me gêne lorsque j'entends cette affirmation. En effet, cette dernière est incomplète selon moi. L'affirmation correcte serait : "une pénurie nationale concernant les JEUNES informaticiens". A cela on pourrait ajouter "et pas trop diplômés histoire de pas trop les payer".

J'exagère ? Pourtant, les SSII sont en train de jeter leur dévolu sur les profils BTS.
Bien entendu, le recrutement des BAC PRO et des BTS est forcément bénéfique pour l'entreprise. Cela fait de la main d'œuvre qualifiée pour pas trop cher.

A ce propos la question suivante peut se poser : le recrutement en masse est bien beau, mais que va devenir tout ce monde d'ici quelques années lorsque le besoin ne sera plus aussi élevé ?
Est-ce que l'histoire des mines (cf. années 70-80) va se répéter, avec tout ce qui va avec (chômage...) ?

A l'heure des rapports gouvernementaux qui veulent valoriser les talents des développeurs français (rapport Krim : http://www.redressement-productif.go...ut-pour-france), nos chers dirigeants ne passent-ils pas à côté de l'essentiel ?

Ne sont-ils pas au courant qu'il y a tant de développeurs qui sont déjà là, qui aiment ce qu'ils font et qui souhaiteraient continuer à évoluer dans cette direction ? Mais que les entreprises n'en veulent pas ou plus, non pas parce qu'ils ne sont pas compétents, mais parce qu'ils sont "has-been" ?

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Avatar de gangsoleil
Modérateur https://www.developpez.com
Le 22/09/2014 à 14:50
Souvent, il y a un vrai problème au niveau du recrutement.

Je ne parle même pas des entrerprises qui cherchent un mouton noir à 5 pattes pour le prix d'une souris, mais d'un recrutement "normal" dans une équipe technique "normale" :

Le chef d'équipe se bat avec sa hiérarchie pendant des mois pour avoir l'ouverture d'un poste. Une fois que c'est fait, un profil est défini par le chef d'équipe, qui doit respecter le processus de recrutement de l'entreprise, et là...

Les RH peuvent imposer de passer par des SSII, ou bien de passer d'abord l'annonce en interene, puis si pas de réponse pendant 1 mois, ouverture à l'extérieur, ...

Après, il y a bien sur le salaire, ou le tarif journalier de la SSII, qui va limiter : impossible d'embaucher une personne de 10 ans d'expérience avec une limite supérieure à 30 ou 35 Keuro.

etc...

Mais d'où cela vient-il ? Du fait que le développement est un centre de coût. Alors oui, certes, il parait que les développeurs sont nécessaires, et que ce sont eux qui produisent le logiciel, qui est vendu par les commerciaux (centre de profit) et les marketeux (qui ne sont pas une source de coût, car ils savent se vendre et aussi car ils ont une bonne visibilité client).

C'est moche à dire, mais oui, pour moi, le développeur est un peu comme ce pauvre rachid sur l'image (en bien mieux payé bien sur) :

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Avatar de steflinux
Membre actif https://www.developpez.com
Le 24/09/2014 à 11:40
Je suis navré de constater que cette farce théâtrale, ce hoax de la pénurie d'informaticiens soit toujours sur le devant de la scène fin 2014.
Il y a un très bon article qui le démystifie dans Forbes USA ce mois-ci :
http://www.forbes.com/sites/johntamny/2014/09/14/dont-believe-president-obamas-hype-about-an-engineer-shortage/
Et oui, aux States non plus, il n'y a pas de pénurie en informatique, sciences ou ingénierie. Surprenant, non ?
Je suis admiratif que le staff d'un journal économique ultra-libéral dise la vérité. Ceci me paraît impensable dans la presse économique française,
guère embarassée par la pratique de la vérité.

D'autre part, les faits sont têtus :
- L'informatique est le secteur n°1 en France en ce qui concerne la discrimination par l'âge : la moyenne d'âge du secteur est de 30 ans (et cela inclut les fonctionnaires et autres spécialistes mainframe),
la réalité sur des compétences comme Java ou .Net en SSII privée est probablement, globalement, encore pire. Il n'y aucun secteur qui s'approche de près ou de loin, à ma connaissance, de ce chiffre ahurissant, même le secteur
de la restauration, victime de cliché, est près des quarante ans.
- La multiplication du nombre d'informaticiens ces quinze dernières années est réelle : entre x2 selon les SSII, et x2-x8 selon les autres sources. 1 jeune français sur 17 est ingénieur (!) (tranche 24-29 ans, je crois, et cela n'inclut pas les facs, les IUT, les BTS, etc.). Faut-il qu'un jeune sur deux soit ingénieur, pour que la musique, façon disque rayé, de la propagande s'arrête enfin ? Je ne suis pas certain qu'il soit pertinent pour le budget de l'Etat et des familles d'avoir une grande école de spatio-informatique de 10 000 étudiants à Callac - bientôt chaque village de France et de Navarre aura son école d'ingénieur ! On rappelera que s'il y a une seule pénurie, c'est bien celle de jobs, en particulier en région.
- Comparé à l'Allemagne, l'écosystème numérique français présente de gros dysfonctionnements : partenariats miteux entre sociétés, paiements des factures difficiles et trop souvent en retard, entourloupes, malfaisance, cynisme, salaires tout juste correct, le harcèlement bien trop présent, etc. Résoudre ces problèmes me paraît prioritaire, plutôt que de plumer les jeunes de leur vie.
- Les salaires stagnent depuis 20 ans ! Ce qui est rare est cher, paraît-il...
- Il n'y aurait probablement pas un tel remplissage du tribunal des Prud'hommes de Boulogne-Billancourt s'il y avait une pénurie.
- Ceux qui ont travaillé dans les années 90 savent très bien à quoi ressemble une pénurie de compétences. Hors, rien de similaire en France depuis... 2001...

Je suis choqué de constater que certains jeunes dépensent des fortunes pour entreprendre des études d'informatique dans des écoles privées :
Cinq ans à 20 000 euros par an en moyenne (8000 euros en frais d'inscription et 12000 euros de frais de vie annuel - estimation moyenne française pour les étudiants ! -), cela fait 100 000 euros au total.
Je doute que cet argent revienne dans leur caisse un jour, vu la discrimination à l'âge qui sévit dans le secteur : diplômé à 24 ans, et à 35 ans : poubelle. C'est affreux,
en tant que citoyen, je m'y oppose totalement.

D'autre part, faire passer une partie des échecs industriels sur le dos du manque de compétences est trop facile (eh oui, qui est aussi gagnant à ce jeu-là ?)
Et faire croire au bon peuple à coups de propagande qu'il y a des eldorados, aussi : personnelement, à part certaines professions médicales, je ne vois pas.
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Avatar de LeSmurf
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 24/09/2014 à 4:02
Quand j'entends l'expression "pénurie d'informaticiens", je me projette 12 ans en arrière, en 2002/2004 quand la bulle de l'IT et des télécoms a explosé.

Je venais de terminer mes études et je n'arrivais pas à décrocher de travail. Je croisais régulièrement d’anciens étudiants d'écoles d'ingé, IUT, BTS qui écumaient aussi les salons de recrutement. J'entendais des histoires effrayantes d'anciens du marché de l'info qui m'expliquaient que "là c'est la crise, tout est bouché". Je suis tombé sur les statistiques des demandeurs d'emploi en IT dans la région de Rennes, la courbe montait comme les pentes de l'Everest. Plus tard, j'ai appris que le nombre de chômeurs en IT a été multiplié par deux en deux ou trois ans, si je me souviens bien.

Je me rappelle encore du salon de recrutement du CNIT à la Défense en 2002 : la surface des exposants a été divisée par deux "à cause de la crise", tandis que le nombre de candidats avait explosé. Pour chaque stand, il fallait faire la queue pendant 20 ou 30 minutes, on pouvait voir les candidats précédents passer devant le recruteur un par un.

Je me souviens plus particulièrement de deux stands :

- la Poste : le recruteur, d'age mûr et portant la moustache, semblait trouver très comique la plupart des candidats et des CVs qui passaient devant lui. il les déposait en deux groupe : un gros tas, qui finirait probablement à la broyeuse, et un tas très fin, les CVs qui ont retenu son attention. L'entretien avec ce monsieur fut assez burlesque : il a parcouru mon CV très rapidement et m'interpelle sur le mot "Pascal" : "vous faites du Pascal? AHAHAHAHAHAHA!!!". Je répond que nous avons un peut abordé le Pascal en algo, mais que par la suite nous sommes passé au Java et au... Il m’interrompt : "du Pascal, AHAHAHAHAHA!!!". J'essaye de réorienter la discussion sur mes stages et autres projets d'études (pas en pascal), mais il revient une fois de plus sur le Pascal, avant de me remercier. L'entretien est terminé, je sais déjà dans quel tas finira mon CV.

- le stand d'une SSII dont j'ai oublié le nom : pareil, on fait la queue pendant au moins 20 minutes. Je franchis le premier filtre des recruteuses "junior" qui m'orientent vers le senior, assis dans un bureau derrière elles. Profil la cinquantaine, il me demande de m’asseoir et parcours mon CV quelques secondes. Son téléphone sonne, il décroche et se met à discuter pendant que j'attends sagement. Au bout d'une minute, il me lance un regard et me congédie d'un geste de la main tout en poursuivant sa discussion. Pas de "au revoir", rien. je me lève et je m'éloigne.

Je m'assoie pour me reposer et j’entame la discussion avec mon voisin qui m'explique sortir de Télécom Paris, que le marché est sinistré et qu'il cumule les refus. Bonjour l'ambiance.

Le bonus : la visite chez l'Assistante Sociale pour toucher le RMI : "Vous êtes dans l'informatique?? Mon pauvre Monsieur, je vois des gens comme vous tous les jours!!".

Pourquoi je raconte tout ça? Parce ce que dans le même temps, la TV et la presse nous abreuvaient du discours sur la fameuse "pénurie des informaticiens". Les entreprises, parait-il, ne trouvent pas de candidats, il fallait former plus de monde, etc etc. De mémoire, j'ai toujours entendu ce discours sur la "pénurie des informaticiens", alors même que ma SSII était remplie de consultants en intercontrat auxquels aucune mission n'était proposée.

Maintenant, j'associe automatiquement l'expression "pénurie d'informaticiens" à "mensonge", "arnaque", "communication", "pipo"
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Avatar de pcaboche
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 26/09/2014 à 9:40
Citation Envoyé par kiprok Voir le message
Je n'arrive pas trop à visualiser la pénurie sur le graphique...
Non mais en fait, il faut comprendre "il y a pénurie de petits jeunes qui vont accepter de travailler pour 1500 EUR brut par mois".

Parce que les jeunes de maintenant, ils ont vu leurs grands frères faire 5 ans d'études pour finir chez Mc Do ou en SSII à 1500 EUR brut; et ils se disent : "c'est bon, j'vais pas me casser le cul pour finir larbin ou pute de luxe".

Et les gens expérimentés au chômage, ils se disent : "c'est bon, je vais pas déménager à Paris pour maintenir des applis Cobol vieilles de 30 ans pour à peine plus que le SMIC dans une companie d'assurances qui génère des milliards. Autant rester à la maison pour s'occuper des gamins".
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Avatar de azias
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 01/10/2014 à 0:44
Il y a eu un reportage là dessus dans le 20h de TF1 sur ce sujet il y a quelques jours et ça m'a enragé aussi. Les journalistes s'acharnent à dire qu'on manque d’informaticiens en France sauf qu'en réalité il y en a plein au chômage. Dans ce reportage, entièrement fait dans une SSII, on voyait une responsable de recrutement nous expliquer qu'ils avaient tellement de mal à trouver qu'ils proposaient directement au minimum un salaire de 3000€ mensuel (bien sûr... combien d'entre nous touchent plus de 3000€ mensuel ???) et que ce n'était pas aux candidats de séduire la boîte mais à eux de séduire les candidats (vous avez déjà eu l'impression de subir un processus de recrutement aussi idyllique ??).

Je ne cite volontairement le nom de cette SSII, dans laquelle je n'ai jamais travaillé personnellement mais dont j'ai beaucoup entendu parlé, toujours en mal!

IL est fort dommage que les journalistes de TF1 se soient fait manipuler à ce oint et aient pris tous les bobards qu'on leur a raconté au sérieux. Ils auraient pu un minimum faire une contre enquête pour vérifier ce qu'on leur a dit. Malheureusement, quel que soit le domaine, quand on tombe sur un sujet au 20h sur lequel il se trouve qu'on s'y connait un peu on se rend compte que beaucoup d’âneries sont dites. Ça laisse rêveur sur tous les autres sujet sur lesquels ont n'y connait rien.

Bref, le vrai problème ce n'est pas qu'il manquerait d'informaticiens (quoi qu'il faille s'en doute en former de plus en plus pour faire face à la croissance de l'économie numérique en général), mais que les SSII représentent peut-être 70-80% du marché de l'emploi dans ce secteur alors qu'il n'y a pas (loin de là) 70-80% de informaticiens qui ont envie de travailler dans ce genre de contexte professionnel, même si ça convient à certains.

Les SSII ont du mal a trouver des candidats mais ont surtout encore plus du mal à conserver leurs salariés qui se barrent dès qu'ils peuvent.

Je peux d'ailleurs citer un contre exemple d'actualité, concernant une autre SSII: Atos qui est en ce moment en train de fermer tout un service à Grenoble et ne propose pas aux salariés (informaticiens) de réelles possibilité de rester dans l'entreprise. Ce n'est pas vraiment ce que j'appelle avoir du mal à trouver des compétences quand on se débarrassent aussi facilement de celles qu'on a déjà en interne.

Pour conclure, je pense qu'on ne manque pas spécialement d’informaticiens (sinon les salaires exploseraient, réellement, ce qui est loin d'être le cas), il faut en former de plus en plus bien sûr et à tous les niveaux du BTS jusqu'au doctorat, en parcours "universitaires" et en alternance, mais je pense surtout qu'on manque de gros éditeurs ne produisant pas qu'un seul produit et qui sachent développer des produits spécifiques pour des clients (du "forfait" et soient capables de former, motiver et faire évoluer leurs salariés. Bref, on a beaucoup de boîtes qui cherchent soient à se faire racheter le plus vite et au meilleur prix possible et qui font du monoproduit, soit des boîtes qui cherchent uniquement à faire du "service" plutôt que du "forfait" ou réellement du développement de produits à forte valeur ajoutée: en gros, on attend toujours le Microsoft français... eux n'ont absolument aucun mal à recruter. Mais ça c'est peut-être aussi à nous de la créer cette boîte, tous ces géants n'ont pas été créés par des financiers à la base!

Je trouve aussi que les boîtes dans l’informatique sont beaucoup trop concentrées sur certaines zones géographiques pas forcément si attractives que ça (région parisienne notamment, alors que 54% des Franciliens veulent quitter l'île de France, c'est même 69% chez les 25-34 ans dans un sondage de 2012), ça n'aide pas à trouver des candidats.

Les boîtes qui ont du mal à recruter feraient peut-être bien de se poser les bonnes questions pour comprendre pourquoi elles ont du mal à recruter, car beaucoup d'entreprise ont plus de candidats que de postes à pourvoir!
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Avatar de pcaboche
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 01/10/2014 à 6:15
Citation Envoyé par olreak Voir le message
IL est fort dommage que les journalistes de TF1 se soient fait manipuler à ce point et aient pris tous les bobards qu'on leur a raconté au sérieux.
T'as pas encore compris que TF1 c'est juste un outil de propagande à la solde du MEDEF et de l'UMP ? La méthode la plus efficace de contrôler la population, c'est de leur faire croire qu'il vivent dans une société libre et qu'ils sont aptes à penser par eux-mêmes.

Il est totalement illusoire d'imaginer les journalistes de TF1 comme des journalistes indépendants : ce sont juste de bons petits soldats qui suivent une ligne éditoriale et prêchent la bonne parole dictée par ceux qui tirent les ficelles.

Et la ligne éditoriale, c'est : "il faut vendre du rêve, dire que les entreprises s'arrachent les informaticiens à prix d'or afin qu'on ait toujours plus de main d'oeuvre disponible".

Citation Envoyé par olreak Voir le message
...mais que les SSII représentent peut-être 70-80% du marché de l'emploi dans ce secteur alors qu'il n'y a pas (loin de là) 70-80% de informaticiens qui ont envie de travailler dans ce genre de contexte professionnel, même si ça convient à certains.
Il n'y a pas de mal à travailler dans une SSII.

Le vrai problème, c'est qu'elles essayent de se faire passer pour ce qu'elles ne sont pas ("chez nous, on prend soin des nos consultants et on s'arrange toujours pour leur retrouver une mission et leur garantir un épanouissment tant professionel que personnel..."). Je préfère l'approche beaucoup plus directe et libérale ("c'est une mission chez tel client, ça paye tant, je prends telle commission au passage, c'est pour une durée de N mois, éventuellement renouvelable mais c'est loin d'être garanti. Ça te convient ?").

C'est le gros problème des SSII : elles essayent de prendre les gens pour des cons alors qu'elles s'adressent à des ingénieurs qui ont de multiples capacités. Elles seraient plus à leur place à essayer de vendre des aspirateurs au premier plouc qui passe.
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Avatar de Mr_Exal
Membre expert https://www.developpez.com
Le 24/09/2014 à 11:28
Citation Envoyé par vohufr Voir le message
On est entièrement d'accords. Mais du coup, tu admets bien que l'expérience se fait dans la boite qui devrait t'employer, pas dans la boite dans laquelle tu as travaillé avant.

Donc au niveau du recrutement, c'est plus l'habilité d'adaptation, la motivation, l'ouverture d'esprit du postulant qu'il faut regarder... et ce, bien plus que les langages ou framework inscrits sur le CV
La plupart des boîtes veulent :

- Un gars pas cher

- Qui fait 10 boulots

- Qui a 25 ans d'expérience sur toutes les technos même celles qui existent depuis 2 ans

- Docile

- Qui ai pris connaissance de l'environnement 6 mois avant de rentrer dans sa boîte

- Qui effectue ce qu'on lui demande le lendemain pour la veille.
11  0 
Avatar de NSKis
En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
Le 24/09/2014 à 11:49
Beaucoup de blabla pour une situation très simple:

1. Si il y avait pénurie d'informaticiens, vos salaires prendraient l'assenceur!!! Ce n'est pas le cas donc... Aucune pénurie!!!

2. Les statistiques reposent sur des sources d'informations fausses:
- Les annonces proposant des postes (1 poste réel se transformant à plusieurs dizaines d'annonces de SSII du style "nous cherchons pour l'un de nos clients..."
- Les annonces "dans le vide" des SSII dans le but d'étoffer leur collection de CV et d'avoir des info sur les entreprises où le candidat a travaillé
- L'interrogation des responsables de SSII qui ont tout avantage à laisser croire à la pénurie, cela leur permet de se montrer indipensable auprès du client final

3. Il existe néanmoins une pénurie: Tous le monde recherche des gamins de 20 ans aux prétentions de salaire d'un roumain (salaire moyen entre 200 et 500 euro/mois) ou d'un polonais (salaire moyen: 700 à 900 euro/mois) mais ayant les compétences techniques cumulées de 5 developpeurs senior.
11  0 
Avatar de gangsoleil
Modérateur https://www.developpez.com
Le 24/09/2014 à 15:41
Beaucoup ici pratiquent avec assiduité le sport national qu'est le fait de taper sur le système français. Chez nos amis anglophones, ça s'appelle le french bashing, et le nombre d'articles complètement faux qui sortent dans des journaux anglophones plus ou moins sérieux est assez édifiant.

Les États-Unis ne sont pas si rose que ça, regardez l'article de Forbes précédemment cité : Obama souhaite former 1 million d'ingénieurs en plus, et Lockheed Martins dit que sans ce million d'ingé en plus, ils vont perdre...

Ça vous rappelle quelque-chose, un discours que vous avez déjà entendu pas loin, en France peut-être ?

Mais non, continuez de dire que la France c'est pourri, qu'ailleurs c'est forcément beaucoup mieux, etc...

Alcatel-Lucent, propriétaire de Bell Labs, ça vous dit quelque chose ? Capgemini peut-être aussi ? Y'a pas de R&D en France, mais la France participe a hauteur de 24% dans l'ESA (Agence Spatiale Européenne)...

Les SSII, vous croyez que c'est un soucis franco-français ? Alors comment ça se fait que les plus grosses soient des multi-nationales présentes dans des dizaines de pays ? Vous croyez vraiment que c'est que pour le marché français ?

Alors arretez de raler 2 secondes sur la France, le problème est bien plus global que ça. Merci de votre attention.
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Avatar de emmanuelbertrand
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 01/09/2015 à 22:57
Bien que cette discussion date un peu et étant le responsable de cette société, je me sens un peu interpellé. Je me permets de redonner mon avis sur le sujet et pointer les problèmes.
Oublions l'éternel opposition patron-salarié, oublions le problème de charge trop élevé ou pas. Le problème n'est absolument pas dans cette direction.
En progression constante nous recherchons régulièrement des développeurs. Un fait : nous avons de sérieuses difficultés pour trouver notre bonheur.
Patron certes, mais pas forcement con. Afin de palier à cette difficulté, nous avons bien essayé plusieurs stratégie !!! Des salaires plus importants, rechercher des ingénieurs, des débutants, des expérimentes, des autodidactes, formation pour adultes, licences ...
En changeant les ingrédients du poste à pourvoir (salaire compris), nous constatons que les propositions restent éparses ...
Bouillonnant de projets, les sociétés Cksquare, M-innov sont freinées et toussotent régulièrement à cause du recrutement.
Cet article était donc un vrai coup de gueule contre une réalité. Contrairement à certains avis, La région Auvergne est dotée de nombreuses écoles informatiques, (IUT, IUP, Ecole d'ingénieurs ...) et c'est une région très agréable à vivre avec de vrais atouts (qualité cout ...). Il ne me semble pas que la région soit l'explication du problème.
Je crois tout simplement qu'il s'agit d'un problème de formations, les outils proposés aux sociétés pour former eux-même, l'efficacité de pole emploi, la destruction des formations pour adulte, la captation des ingénieurs par les multinationales, le niveau des candidats et leur motivation.
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