Antitrust : l'UE devrait « revoir quelques termes » de l'accord sur la concurrence proposé par Google
D'après un rapport

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Plus tôt cette année, le long conflit opposant Google à ses concurrents en Europe semblait proche de son terme ; le commissaire à la concurrence, Joaquin Almunia, aurait jugé « bien meilleures » les concessions et propositions faites par le numéro un de la recherche. Pour lui, ces propositions allaient probablement permettre de conclure un accord à l’amiable contrairement aux deux propositions antérieures de Google qui visaient notamment à revaloriser les entreprises concurrentes dans les résultats de son moteur de recherche.

Bruxelles semblait donc satisfait et n’attendait plus que le retour des plaignants avant de procéder à un quelconque accord après cette « proposition améliorée d’engagements ».

Une semaine plus tard, Google rendait accessible au public les propositions d’accord. Comme Google se voyait principalement reprocher de mettre en avant ses services au détriment de la concurrence, il s'est engagé à garantir que « lorsqu'elle promeut ses propres services de recherche spécialisés sur sa page web (par exemple pour des produits, des hôtels, des restaurants, etc.), les services de trois concurrents, sélectionnés au moyen d'une méthode objective, apparaissent de manière clairement visible pour les utilisateurs et selon une présentation comparable à celle utilisée pour ses propres services »

Kent Walker, Vice-Président et avocat général de Google, a avancé « qu’après trois rounds de négociations et de concessions importantes, nous sommes heureux d’avoir atteint un accord avec la Commission Européenne qui aborde les problèmes de concurrence ». Peut-être avait-il crié victoire trop vite.

Tout d’abord des concurrents de Google ne se sont pas montrés satisfaits. « Nous sommes très déçus », réagissait le groupe Allegro, société de commerce électronique en Europe de l'Est, « la solution proposée par Google n'assure pas d'égalité de traitement » entre les acteurs d'internet. En plus la liste des plaignants vient même s’agrandir puisque Yelp a officiellement rejoint leurs rangs il y a quelques semaines.

En outre, selon le WSJ qui cite des sources proches de l’affaire, la Commission européenne compte « revoir quelques termes » de l'accord sur la concurrence proposé par Google, notamment en raison des désaccords au sein même de la Commission. Le calendrier initial qui prévoyait un vote final sur l’accord en septembre est susceptible de ne pas trouver une décision avant le départ de Joaquin Almunia qui quittera son poste en novembre.

Source : WSJ

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse

Avatar de imikado imikado - Rédacteur https://www.developpez.com
le 23/07/2014 à 23:39
J'ai du mal à comprendre cet acharnement sur Google:

On est quand même face à un site internet qui se fait reprocher son succès et à qui l'on demande de permettre sur son propre site une place pour ses concurrents ??

Je ne me souviens pas d'affaire de la sorte à l'époque où altavista, lycos and co régnaient en maître ...
Avatar de imikado imikado - Rédacteur https://www.developpez.com
le 23/07/2014 à 23:42
Citation Envoyé par Matthieu Vergne Voir le message
Ils ont déjà dû le faire pour leur navigateur, ils ont donc déjà été "puni", un peu aux autres maintenant {^_^}. Le prochain sera sûrement Apple. Et quand ils auront fait le tour on recommencera du début, dire d'entretenir ce pseudo-sentiment de "mais oui pour nous aussi c'est important".
Je parle pas ici du navigateur (qui ne leur apporte pas directement de l'argent) mais bien de l'OS
D'un coté (google) les gens sont à un clic (gratuit) de voir la concurrence
De l'autre (windows), ils doivent soit se tourner vers des produits plus chers ou moins bien fini, soit renvoyer l'ordinateur au constructeur
Et pourtant c'est sur le premier qu'on s'acharne...

Note: j'ai l'impression ces derniers temps que de plus en plus d'administrations/gouvernement cherchent à s'éloigner de Microsoft (Gendarmerie, Munich, Chine, Russie et maintenant le Royaume-Un avec l'ODF)
Avatar de fredinkan fredinkan - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 24/07/2014 à 8:51
Citation Envoyé par imikado Voir le message
l'époque où altavista, lycos and co régnaient en maître ...
Tout est dit : Tu en as cité 2, mais à cette époque là, il y avait aussi yahoo et quelques autres... C'est toute la différence, ce n'était pas juste "un seul ultramajoritaire"
Avatar de imikado imikado - Rédacteur https://www.developpez.com
le 24/07/2014 à 10:13
Citation Envoyé par fredinkan Voir le message
Tout est dit : Tu en as cité 2, mais à cette époque là, il y avait aussi yahoo et quelques autres... C'est toute la différence, ce n'était pas juste "un seul ultramajoritaire"
1. mais aujourd'hui il n'est pas le seul: yahoo, bing, duck duck go...
2. on choisi d'utiliser Google, on ne peux pas lui reprocher son succès auprès des internautes !

Si ça continue, on va faire de même pour Allocine, Wikipedia, PagesJaunes ...
Avatar de zaventem zaventem - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 24/07/2014 à 10:36
Citation Envoyé par imikado Voir le message
Je parle pas ici du navigateur (qui ne leur apporte pas directement de l'argent) mais bien de l'OS
D'un coté (google) les gens sont à un clic (gratuit) de voir la concurrence
De l'autre (windows), ils doivent soit se tourner vers des produits plus chers ou moins bien fini, soit renvoyer l'ordinateur au constructeur
Et pourtant c'est sur le premier qu'on s'acharne...
Au contraire, c'est exactement la même chose.
On a reproché à Microsoft de profiter de son quasi monopole sur les OS avec Windows pour inciter les gens à utiliser Internet Explorer plutôt qu'un autre navigateur sans qu'il y ait un lien vraiment établi entre l'un et l'autre.
Aujourd'hui, on reproche à Google d'utiliser son quasi monopole sur les moteurs de recherche pour diriger les gens vers ses services de ventes, réservation d’hôtel, d'avions, etc. au détriment de ses concurrents sans qu'il y ait un lien vraiment établi entre l'un et l'autre.
Avatar de Saverok Saverok - Expert éminent https://www.developpez.com
le 24/07/2014 à 11:44
Citation Envoyé par imikado Voir le message
J'ai du mal à comprendre cet acharnement sur Google:

On est quand même face à un site internet qui se fait reprocher son succès et à qui l'on demande de permettre sur son propre site une place pour ses concurrents ??

Je ne me souviens pas d'affaire de la sorte à l'époque où altavista, lycos and co régnaient en maître ...
L'activité de Google s'est diversifiée du seul moteur de recherche
L'UE ne reproche pas à Google de ne pas faire de place à Bing, DDG et autres moteurs de recherches mais de se servir de son moteur de recherche en position dominante pour promouvoir ses autres services autres détriment de la concurrence sur ces mêmes services

C'était la même chose avec Microsoft et IE
On a reproché à Microsoft d'utiliser son Windows en position dominante pour mettre en avant IE face à Firefox et consort

EDIT : j'ai répondu un peu vite sans lire le msg de zaventem qui dit la même chose et mieux que moi
Avatar de imikado imikado - Rédacteur https://www.developpez.com
le 24/07/2014 à 15:30
Ok je comprends mieux, ce n'est pas le moteur de recherche qui est remis en cause, mais le fait de profiter de son succès pour promouvoir les autres produits

Mais on reste dans un cas différent:
Windows, on l'a en achetant un ordinateur automatiquement (il faut soit assembler, soit acheter le sien chez un revendeur différent avec pour résultat un produit moins bien fini...):donc on a vraiment une solution "en position dominante"
Alors que pour Google, c'est l'utilisateur qui choisi, il peut facilement changer de crèmerie en un clic

C'est là la grosse différence: le choix à porté de clic, et non celui à porté de porte monnaie
Avatar de Lyons Lyons - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 26/07/2014 à 22:27
Je reste pas convaincu par les arguments mis en avant dans cette lutte contre Google.
Personne n'oblige les pauvres citoyens européens à utiliser Google (le moteur de recherche) et quand bien même c'était le cas, Google fait ce qu'il veut de son produit. Si Google décidait demain de ne répertorié plus que ses propres services, rien ne leur en empêcherait légalement (certes ça ne profiterait ni à Google ni aux utilisateurs mais c'est exactement le même problème poussé à l’extrême). Exiger la même visibilité que les services de Google sur leur propre moteur de recherche me parait même plutôt gonflé de la part d'autres entreprises "On veut la même qualité de service que vous, par contre on vous laisse payer les millions de frais de fonctionnement". Sans tomber dans une situation ridicule où la première page de résultat serait composée exclusivement de services Google, je ne trouve vraiment pas aberrant que les services de Google soient légèrement mis en valeur (De toute manière il n'est pas dans l'intérêt de Google de tomber dans cette situation extrême, qui risquerait de rendre les utilisateurs mécontents.)
Avatar de Matthieu Vergne Matthieu Vergne - Expert éminent https://www.developpez.com
le 26/07/2014 à 23:15
Tout est dans cette interprétation du "légèrement". Chacun a sa propre vision de où la limite se situe.
Avatar de Hinault Romaric Hinault Romaric - Responsable .NET https://www.developpez.com
le 24/09/2014 à 10:21
Antitrust : Google pourrait se voir infliger une sanction de 6 milliards de dollars
La firme doit faire une dernière série de propositions

Google a une dernière chance d'éviter une sanction dans le cadre de l’enquête antitrust dont elle fait l’objet en Europe. Une quatrième et dernière série de propositions à la Commission européenne est attendue de la société.

À l’occasion d’un échange avec le Parlement européen, Joaquín Almunia, commissaire à la concurrence de l’Union européenne, a assuré que Google n’aura pas droit à une cinquième série de propositions. En cas d’échec des négociations, la Commission européenne ouvrira une procédure dite de « statement of objection », qui pourrait aboutir à une amende représentant 10 % du chiffre d’affaires global de la société, soit environ 6 milliards de dollars. Un montant très au-dessus des sanctions de 2 milliards de dollars qui avaient été infligées à Microsoft.

Google détient une part de marché de prés de 90 % en Europe dans le secteur de la recherche en ligne. La firme est accusée d’avoir abusé de cette position dominante pour favoriser ses produits, ainsi que ceux de ses partenaires, au sein de son moteur de recherche, au détriment de la concurrence.

Google avait fait plusieurs propositions afin de régler cette affaire, dont la troisième avait été accueillie favorablement par Joaquin Almunia. Pour lui, ces propositions allaient probablement permettre de conclure un accord à l’amiable, contrairement aux deux propositions antérieures de Google, qui visaient notamment à revaloriser les entreprises concurrentes dans les résultats de son moteur de recherche.

En raison de plusieurs désaccords au sein même de la commission et sous la pression des États membres qui veulent plus de concessions de la part de Google, Joaquin Almunia a finalement changé de position, sommant Google de faire de nouvelles propositions.

Joaquin Almunia a tenu à réaffirmer son impartialité dans cette affaire, suite aux critiques des membres de l’UE, sur une possible prise de position d’Almunia en faveur de Google. « Microsoft a fait l’objet d’une enquête pendant 16 ans, soit quatre fois le temps qu’aura pris l’enquête pour Google, et il y a plus de problèmes avec Google qu’il n’y en avait avec Microsoft », précise-t-il.

Cette affaire est suivie de près par les États membres de l’UE. L’Allemagne est allée jusqu’à demander davantage de transparence sur les algorithmes du moteur Google. Ce qui revient littéralement à ouvrir les algorithmes aux autorités.

Source : The Guardian
Contacter le responsable de la rubrique Accueil