Facebook a mené une expérience psychologique sur 700 000 utilisateurs
Pour étudier la contagion émotionnelle

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
pour étudier la contagion émotionnelle

Facebook a mené une expérimentation pour déterminer comment les émotions auxquelles les utilisateurs sont confrontés influent sur leur humeur. Ainsi, pendant la semaine du 11 au 18 janvier, le réseau social, de concert avec des scientifiques des universités de Californie et de Cornell, a modifié l’algorithme du site. Dès lors, dans un échantillon de 700 000 personnes, certains étaient exposés à des messages plutôt positifs, d'autres à des statuts à connotations négatives, et un dernier groupe à des messages neutres.

Au total, 3 millions de messages ont été analysés, soit 122 millions de mots, parmi lesquels 4 millions (3,6 %) étaient positifs et 1,8 million (1,6 %) négatifs. Un article publié le 17 juin dernier dans la revue scientifique américaine de l’Académie nationale des sciences (PNAS) en a publié les résultats.


« Les états émotionnels sont communicatifs et peuvent se transmettre par un phénomène de contagion, conduisant les autres personnes à ressentir les mêmes émotions sans en être conscientes. », explique le rapport. D’ailleurs il précise que « cette étude révèle également que, contrairement à des conclusions précédentes, les interactions en chair et en os et les signaux non-verbaux ne sont pas nécessaires à la contagion émotionnelle, et que l’observation des expériences positives de tiers constitue en elle-même une expérience positive ».

En clair, il apparaît que lire des statuts « heureux » nous met de bonne humeur, tandis que savoir nos contacts déprimés nous rend triste ou maussade. De plus, recevoir un flux d'actualité neutre nous conduit à moins écrire sur Facebook. Ainsi, si on savait déjà qu’une interaction directe entre deux utilisateurs peut influencer la nature de leurs prochains posts, il s’avère que l’interaction indirecte qu’est la lecture peut elle aussi avoir des conséquences sur l’humeur.

D’autres recherches se sont déjà intéressées à ce phénomène. Cependant, même si les conclusions de Facebook sont intéressantes, la méthode employée par le réseau social lui est vivement reprochée. Les internautes crient à la manipulation mentale et se scandalisent de son caractère confidentiel. D’autres, plus radicaux, encouragent les autres à quitter Facebook.


Facebook, quant à lui, s’abrite derrière une clause de « Politique d’utilisation des données », qui dit : « nous pouvons utiliser les informations que nous recevons à votre sujet pour des opérations internes, dont le dépannage, l'analyse des données, les tests, la recherche et l'amélioration des services ».

Adam D. I. Kramer, en charge de l’étude chez Facebook, a tenté de rassurer les internautes : « je peux comprendre pourquoi certains s'inquiètent. Mes coauteurs et moi-même sommes vraiment désolés de la manière dont l'étude décrit la recherche et l'anxiété qu'elle a causée ». Puis il ajoute : « nous avons réalisé cette étude car nous nous préoccupons de l'impact émotionnel de Facebook sur ses membres », explique-t-il. « Nous voulions vérifier la véracité de l'idée reçue que lire des statuts positifs d'amis entraînait une certaine mélancolie, un sentiment de mal-être chez le lecteur. »

Et il continue : « nous faisons des recherches pour améliorer nos services (...) et une grande partie consiste à comprendre comment les gens répondent à différents contenus positifs ou négatifs. Nous examinons soigneusement les recherches que nous faisons et avons un processus interne d'examen très strict. »

Alors, vous voilà rassuré(e) ?

Sources : communiqué Facebook, rapport de l'étude (au format PDF)

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ? Vous sentez-vous affecté(e) émotionnellement par la lecture d'un post ?


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Avatar de TheChovix TheChovix - Membre habitué https://www.developpez.com
le 01/07/2014 à 11:21
Enfin un site qui ne présente pas cette actualité comme une manipulation mentale ou un plan secret de Facebook pour nous contrôler tous.

Bien que les intentions soient louables et l'expérience assez intéressante, c'est pourtant assez gênant de savoir que, poussées à l'extrême, ces expériences pourraient contrôler notre manière de penser.

Toutefois, il est vrai que lire certains post nous font plus ou moins évoluer émotionnellement, au même titre que toutes les autres interactions de notre quotidien.
On peut bien sur être gêné par la forme de cette expérience, mais le fond semble intéressant.
De toute façon, notre libre arbitre n'est pas altéré puisque nous avons toujours le choix d'arrêter de lire les statuts de nos contacts et/ou de supprimer notre compte Facebook.
Avatar de Uranne-jimmy Uranne-jimmy - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 01/07/2014 à 13:52
En tant que scientifique, je comprends la démarche de Facebook, en tant que cible de l'étude, je digère un peu moins bien l'idée. Au final, mon côté scientifique prend le dessus, je ne ragerais pas la dessus car pour moi la recherche mérite un certain nombre de chose qui sont considéré comme non éthiquement correct (et je trouve l'activisme éthique comme un frein à l'évolution).
Cependant : en science, en biologie, pour mon domaine, on est rémunéré quand on sert de cobaye, on choisi d'être cobaye. C'est le seul point qui pourrait me chagriner sur la manière.

Sur les fins par contre : On est aux frontières de la législation, ce que fera facebook des résultats de cette études pourrait devenir inquiétant si on est adepte de la théorie du complot, on parle ici de manipuler les émotions, les humeurs. A cette échelle là on poursuit allègrement ce que fait la publicité depuis des années, première forme de rémunération du net, mais à un point qui peut devenir très très mauvais, à mon avis ...
Avatar de martopioche martopioche - Membre averti https://www.developpez.com
le 01/07/2014 à 14:46
Citation Envoyé par Uranne-jimmy  Voir le message
En tant que scientifique, je comprends la démarche de Facebook, en tant que cible de l'étude, je digère un peu moins bien l'idée.


C'est exactement ça

Ce qui est intéressant également est la réaction face à cette publication, bien sûr, tout le monde pense immédiatement aux dérives. Mais d'un coté, on sait déjà très bien que l'on peut influencer quelqu'un par certaines conditions, le marketing exploite déjà certaines connaissances ou expérimente. Bien sûr, le cas Facebook est un cas concret qui peut être plus inquiétant qu'inciter à acheter de la barbak périmée. Par contre, pour Facebook, ce type d'expérimentation est fondamental. Le contenu de Facebook est à intérêt très disparate, ils doivent donc avoir des moyens de mettre en avant du contenu d'intérêt et leur définition est qui provoque de l'engagement. Bref, le pire dans l'histoire, c'est que ce résultat va surtout influencer ceux qui publient sur Facebook (marketing, CM...).

L'autre point intéressant, c'est que cette étude révèle finalement que la plupart des utilisateurs de Facebook n'en ont, comme attendu, qu'un usage basique et ne vont pas plus loin que le news feed...
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 03/07/2014 à 16:39
Facebook présente à nouveau ses excuses pour son étude sur la contagion émotionnelle,
l'entreprise affirme « prendre au sérieux la question de la vie privée »

Pendant la semaine du 11 au 18 janvier 2012, Facebook avait mené une expérimentation sur un échantillon de 700 000 de ses abonnés pour déterminer comment les émotions auxquelles les utilisateurs sont confrontés influent sur leur humeur.

Le réseau social en a publié les résultats dans un article paru le 17 juin dernier dans une revue scientifique américaine de l’Académie nationale des sciences (PNAS). « Les états émotionnels sont communicatifs et peuvent se transmettre par un phénomène de contagion, conduisant les autres personnes à ressentir les mêmes émotions sans en être conscientes. », expliquait le rapport en donnant des détails sur la procédure qui a été suivie pour pouvoir observer les résultats. En clair, les utilisateurs ciblés commençaient à utiliser davantage de mots négatifs ou positifs en fonction des contenus auxquels ils avaient été « exposés ». C’est pourquoi le rapport a précisé que « cette étude révèle également que, contrairement à des conclusions précédentes, les interactions en chair et en os et les signaux non-verbaux ne sont pas nécessaires à la contagion émotionnelle, et que l’observation des expériences positives de tiers constitue en elle-même une expérience positive ».

Le hic ? L’univers test n’était en aucun cas informé de l’opération. Raison pour laquelle, peu de temps après que les premiers articles de presse ont relaté les conclusions de l’article, le public n’a pas manqué de manifester sa colère en se laissant aller à la critique parfois extrême.

Dans un premier temps Facebook s’est réfugié derrière une clause de sa « Politique d’utilisation des données », qui lui réserve le droit d’utiliser les informations obtenues de ses abonnés pour effectuer des tests, recherches et améliorations de ses services. Puis l’un des chargés de l’étude s’est excusé dans un billet blog, tout en tentant d’expliquer au public la raison pour laquelle l’étude avait été faite, afin de le rassurer.

Cette fois-ci, c’est au tour de Sheryl Sandberg, Directrice des Opérations de Facebook qui a profité de sa visite en Inde pour revenir dessus alors qu’elle intervenait à la chambre de commerce et d’industrie de New Delhi. Le but principal de son voyage était de rencontrer les petites entreprises qui font de la publicité sur le réseau social. Facebook entreprend de travailler avec les annonceurs pour lancer des campagnes plus adaptées aux marchés locaux.

Sheryl Sandberg, Directrice des Opérations de Facebook

« Comme le font des entreprises de recherche en permanence, nous testons différents produits, mais voilà comment ça s’est passé : la communication a été mauvaise (…) et pour cette communication, nous nous excusons. Nous n’avons jamais cherché à vous déranger. », a-t-elle expliqué.

Répondant aux critiques qui parlaient de manipulations des émotions, elle a affirmé que ce n’était pas vraiment le cas : « c’était une expérience qui consistait à montrer aux gens des choses différentes pour observer ce qui se produit. ». Elle a rappelé par la suite que « ce qui compte réellement c’est que nous prenons vraiment au sérieux la question de la vie privée des gens et nous continueront ainsi tout en offrant aux gens le contrôle et une grande expérience. ».

Source : WSJ

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
Avatar de Omote Omote - Membre actif https://www.developpez.com
le 03/07/2014 à 18:00
Je propose que l'on envoi pendant une semaine des courriels négatifs aux employés de Facebook et des personnes responsables de l'étude, pour voir si leur comportement sur la manipulation des masses change en fonction des insultes et des menaces. Tout en respectant autant que possible la « Politique d’utilisation des données ».
Avatar de Saverok Saverok - Expert éminent https://www.developpez.com
le 04/07/2014 à 9:53
Le vrai problème est que les "conditions générales d'utilisation des données" sont un vrai bordel
c'est du charabia juridique que personne ne comprend
c'est imbuvable à lire et très long
ça change tout le temps
en plus, chaque site à sa version et ses spécificités
du coup, personne ne s'y retrouve et c'est exactement l'effet recherché

Je pense que les CNIL de chaque pays doivent établir des règles strictes imposées aux services actifs dans leur juridiction.
Ainsi, 1 seule CGU par pays, commune à tous les sites, sous contrôle de la CNIL

Mais bon, faut pas rêver
Avatar de Robert0675 Robert0675 - Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
le 04/07/2014 à 11:01
A chaque fois c'est le même refrain, "oups on ne savait pas que ça vous dérangerait d'utiliser vos données personnelles sans vous le demander". On respecte la vie privée c'est promis
Avatar de tontonnux tontonnux - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 04/07/2014 à 11:29
Le problème ici n'est pas du tout la question de la manipulation des données (ils font ce qu'ils veulent à partir du moment où ça reste conforme à leurs CGU).
La question est de savoir si on peut effectivement parler de manipulation des émotions des utilisateurs.

Au delà du caractère effrayant de cette perspective, la recherche scientifique c'est quelque chose de très encadré avec des protocoles à respecter. Donc se cacher derrière cette dénomination ne doit pas permettre à Facebook de faire absolument ce qu'il veut dans les conditions qu'il veut.

Ce qui me gène c'est que la position actuelle de Facebook, c'est "on a merdé dans la comm". Ils se posent pas la question du côté éthique de leur manipulation. Et ça peut faire craindre le pire pour l'avenir.

Oui Facebook peut manipuler l'humeur de ces utilisateurs. Donc oui, Facebook peut amener ses utilisateurs à adopter un certain comportement dans le but de servir ses intérêts.
Pour le moment, on ne pense qu'à un acte d'achat poussé, mais rien n'empêche de voir plus loin.
Avatar de TheChovix TheChovix - Membre habitué https://www.developpez.com
le 04/07/2014 à 14:24
Citation Envoyé par Saverok  Voir le message
Le vrai problème est que les "conditions générales d'utilisation des données" sont un vrai bordel
c'est du charabia juridique que personne ne comprend
c'est imbuvable à lire et très long
ça change tout le temps
en plus, chaque site à sa version et ses spécificités
du coup, personne ne s'y retrouve et c'est exactement l'effet recherché

Je pense que les CNIL de chaque pays doivent établir des règles strictes imposées aux services actifs dans leur juridiction.
Ainsi, 1 seule CGU par pays, commune à tous les sites, sous contrôle de la CNIL

Mais bon, faut pas rêver

Oui c'est vrai, et l'expression "Qui ne dit mot, consent." est parfaitement applicable dans ce cas précis. Car il nous est proposé de lire ces conditions avant une inscription ou une installation de logiciel.
Qui prendra le temps nécessaire pour comprendre ses conditions texte ? (Avec compétence juridique ou non)
À mon sens, personne, sauf quelques irréductibles qui voudront tout savoir de la manière dont est manipulée leur données sur Facebook et des représentants juridiques.

Et c'est justement parce qu'elles sont compliquées comme tu l'as dis, quelles ne seront pas lues et comprises.
Toutefois, je ne suis pas tout à fait d'accord quand tu dis qu'il faudrait revoir les textes pour qu'ils soient plus simples tout en les rendant plus strictes.
Cela me paraît impossible de réaliser un texte suffisamment clair et strict à la fois. Et puis je ne pense pas qu'elles seraient plus lues pour autant, tout en sachant que lorsqu'on s'inscrit sur un site, le temps passé sur le formulaire est prévu pour être le plus court possible. C'est prouvé, la majorité des gens veulent utiliser un service le plus rapidement possible, sans être bloqué par des relectures ou des prises de tête.

Concernant le vrai sujet, à savoir l'étude qui a été réalisée, il ne faut pas se voiler la face, cela ne doit pas être la première fois qu'ils font des études de ce genre.
Il existe forcément un danger à être soumis à ce genre de règle de manipulation émotionnelle et là où la plupart verront bien qu'il faut se déconnecter et sortir un peu, d'autres se laisseront prendre. Alors oui c'est une étude intéressante, oui ça devrait nous faire réfléchir à notre façon d'utiliser le réseau social et à ne pas s'enfermer dans le système (il y a beaucoup de vidéos et d'articles à ce sujet en ce moment), mais Facebook ne devrait pas pouvoir faire ce genre de choses.
C'est un sujet qui reste toutefois complexe à étudier dans le sens où on a accepter d'emblée que Facebook utilise nos données personnelles.
Avatar de Saverok Saverok - Expert éminent https://www.developpez.com
le 04/07/2014 à 16:17
Citation Envoyé par TheChovix  Voir le message
Oui c'est vrai, et l'expression "Qui ne dit mot, consent." est parfaitement applicable dans ce cas précis. Car il nous est proposé de lire ces conditions avant une inscription ou une installation de logiciel.
Qui prendra le temps nécessaire pour comprendre ses conditions texte ? (Avec compétence juridique ou non)
À mon sens, personne, sauf quelques irréductibles qui voudront tout savoir de la manière dont est manipulée leur données sur Facebook et des représentants juridiques.

Et c'est justement parce qu'elles sont compliquées comme tu l'as dis, quelles ne seront pas lues et comprises.
Toutefois, je ne suis pas tout à fait d'accord quand tu dis qu'il faudrait revoir les textes pour qu'ils soient plus simples tout en les rendant plus strictes.
Cela me paraît impossible de réaliser un texte suffisamment clair et strict à la fois. Et puis je ne pense pas qu'elles seraient plus lues pour autant, tout en sachant que lorsqu'on s'inscrit sur un site, le temps passé sur le formulaire est prévu pour être le plus court possible. C'est prouvé, la majorité des gens veulent utiliser un service le plus rapidement possible, sans être bloqué par des relectures ou des prises de tête.

L'idée que je défends est d'uniformiser les CGU des données privées
Les données médicales répondent à un CDC très strict : on ne peut pas les stocker n'importe où, les consulter n'importe comment et par n'importe qui
Je propose qu'il en soit de même pour les données clients : établir une certification commune pour encadrer la collecte, le stockage, la consultation et les manipulations de ces données
En clair : Avoir une politique commune des données privées

Je trouve totalement aberrant que chaque site soit en mesure de faire ce qu'il veut
Dès que FB a envie de faire quelque chose avec les données personnelles, FB change ses CGU et les clients n'ont qu'à accepter ou partir
C'est un peu le far west tout ça
Il est temps de mettre de l'ordre dans tout ça

Note :
Ce que je dis s'applique autant à FB, qu'à Google, Microsoft, tous les sites ecommerce, etc, etc
A partir du moment où un site demande à remplir un formulaire avec les coordonnées, ils tombent sous la coupe de cette nouvelle norme

mais bon, je suis réaliste... ce n'est qu'une utopie
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