Droit à l'oubli : Google compte signaler les demandes de suppression aux internautes
Lorsque leurs résultats de recherche ont été affectés

Le , par Hinault Romaric, Responsable .NET
Suite à un arrêté de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) Google avait lancé il y a quelques jours un formulaire pour permettre aux internautes européens d’avoir recours au droit à l’oubli. Le géant de la recherche compte signaler cette forme « de censure » des informations qu’elle affiche, au cas où le droit à l’oubli aurait été appliqué aux résultats qui sont affichés à un internaute.

Pour rappel, le CJUE avait statué que l’exploitant d’un moteur de recherche exerçant sur le territoire européen, de par le fait qu’il est responsable du traitement des données personnelles contenues dans les pages qu’il indexe, doit se plier aux directives du droit européen en matière de gestion, de protection et de suppression des données personnelles. Cette décision faisait suite à une plainte d’un internaute en Espagne, qui souhaitait mettre fin au référencement d’articles qui évoquent ses dettes, sous prétexte qu’avec le temps, ces informations sont devenues obsolètes.

Désormais, il est possible pour chaque internaute européen de demander à Google d’arrêter d’indexer des pages qui contiennent des informations sensibles le concernant, tant que ces informations ne représentent pas un intérêt public. Une nouvelle option sur laquelle les internautes européens se sont rapidement rués. La semaine dernière, Google avait déjà reçu près de 41 000 demandes de suppression.

La firme avait annoncé que les demandes seront analysées individuellement. Au cas où Google répondrait favorablement à une requête et procéderait à la suppression des données référencées, la société aurait cependant l’intention d’afficher un drapeau pour signaler que le contenu a été censuré à l’utilisateur ayant effectué une recherche, dont les résultats contiennent des éléments qui ont été supprimés suite au droit à l’oubli.

D’après le quotidien The Guardian à l’origine de cette information, Google publiera une courte notification comme il le fait actuellement lorsqu’un contenu a été retiré de ses résultats à la suite d’une requête DMCA. Le message suivant pourrait être affiché à l’utilisateur : « En réponse à une plainte, nous avons retiré xx résultats sur cette page ».

Il faut noter que le droit à l’oubli étant une directive européenne, Google va l’appliquer uniquement en Europe et affichera les informations supprimées dans les résultats des recherches effectuées dans le reste du monde.

Source : The Guardian


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Avatar de Zirak Zirak - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 10/06/2014 à 11:27
Que Google souhaitent afficher un drapeau d'avertissement, je ne sais pas si cela valait une news

Par contre je serais curieux de savoir combien de demande ont été traitées sur les 41 000 et en combien de temps en moyenne...
Avatar de nirgal76 nirgal76 - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 10/06/2014 à 12:08
Citation Envoyé par thierry.pericard Voir le message
Hello,

Très bonne réponse de Google, et adaptée semble t il aux diverses situations. Ne reste plus aux différents demandeurs qu'à penser aussi à des réseaux comme Facebook par exemple.

Là ça veut dire qu'un recruteur étranger pourra quand même voir toute votre "expression" sur le web. Ce n'est pas exactement ce que l'on attend d'un "droit à l'oubli"

Cordialement

De toute façon, google ne retire que la référence, la page avec la photo ou tu vomis dans le caniveau est toujours en ligne et donc peut être vue, et à l'aide de n'importe quel autre moteur de recherche qui ne subit pas les pressions de l'Europe. En plus, si google affiche l'info comme quoi il y a eu censure, tu le sais et hop, tu fais la même recherche depuis google US ou depuis un autre moteur et tu as ton infos. donc ça ne sert finalement à rien, (comme la plupart des choses qui viennent de l'Europe).
Avatar de Aiekick Aiekick - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 10/06/2014 à 18:44
Citation Envoyé par Hinault Romaric Voir le message
Il faut noter que le droit à l’oubli étant une directive européenne, Google va l’appliquer uniquement en Europe et affichera les informations supprimées dans les résultats des recherches effectuées dans le reste du monde.
Droit à l'oubli geographique donc !
Pas supression mais filtrage !

Bravo gogole
Avatar de Aiekick Aiekick - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 10/06/2014 à 18:49
je viens d'avoir une idée qu'elle est bonne.

je vais deposer un copyright sur ma vie privée, comme ca je pourrai faire une requete DMCA
c'est plus rapide au traitement non ?
Avatar de Hinault Romaric Hinault Romaric - Responsable .NET https://www.developpez.com
le 13/06/2014 à 11:51
Droit à l’oubli : Microsoft travaille également sur un moyen pour demander la suppression des données sensibles
sur son moteur Bing

Suite à la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) autorisant les internautes européens à avoir recours au droit à l’oubli, les projecteurs se sont tournés vers Google, de par sa part de marché importante dans le domaine de la recherche en ligne, alors que tous les acteurs de la recherche en ligne en Europe sont concernés par cette mesure.

Tout comme Google qui a mis à la disposition des internautes un moyen pour effectuer des requêtes pour mettre fin à l’indexation des sites tiers vers des contenus privés les concernant, Microsoft travaille également sur un moyen pour permettre aux utilisateurs de Bing d’avoir recours à cette mesure.

« Nous travaillons actuellement sur une procédure spéciale pour des résidents de l’Union européenne qui demandent à bloquer des résultats de recherche sur Bing suite à des requêtes sur leur nom », peut-on lire sur le moteur de recherche.




Le traitement des requêtes cause de sérieux problèmes aux moteurs de recherche, d’autant plus qu’ils doivent décider si l’information visée n’est pas d’un intérêt pour la vie public. Microsoft se veut prudent dans sa démarche afin de pouvoir fournir une solution équitable. « L’élaboration d’un système équitable nous prendra un certain temps. Nous allons fournir des informations supplémentaires sur le sujet bientôt », explique la firme.

Il faut noter que le droit à l’oubli ne s’applique que sur le territoire européen et Google, pour sa part, a décidé de supprimer les informations uniquement en Europe. Elles resteront donc visibles pour le reste du monde.

Source : Microsoft
Avatar de Traroth2 Traroth2 - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 18/06/2014 à 16:45
Héhé, ils sont vexés parce que personne ne leur a rien demandé, chez Microsoft !
Avatar de eric.c eric.c - Membre actif https://www.developpez.com
le 20/06/2014 à 7:43
En gros, avec le droit à l'oubli sur les moteurs de recherche on arrache la page du sommaire mais on laisse le chapitre litigieux. Ça me parait moyen au niveau efficacité. Du style on met fin à la canicule en interdisant les thermomètres
Avatar de Adapas Adapas - Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
le 20/06/2014 à 10:37
Personnellement, si j'ai applaudi l'initiative de Google et de l'Europe en premier lieu, je dois reconnaitre qu'il y a pas mal de failles dans ce système de formulaire et de procédure. Si je pense que l'on a le droit de protéger sa vie privée sur le net et pouvoir éviter toute dérive et diffamation, la proposition de Google reste toutefois assez limitée. S'il suffit de passer par le site us notamment. Ce qui m'a tout de même interpellé, c'est que derrière les informations lues dans les articles comme celui-ci qui explique en quoi consiste le droit à l'oubli par Google et qui traite de l'ambiguité entre le droit à l'oubli numérique et le droit à l'information (sans oublier la liberté d'expression), il y a tous les dessous, en ce qui concerne l'existance même des pages, le fait que Google soit juge et partie, le fait qu'il ne soit obligé de supprimer ces données sur réclamation qu'en Europe et que ça ne se fera sans doute pas sur le continent américain...Bref ça fait pas mal réfléchir sur les limites connues des deux côtés, tant pour Google en tant que tel et l'Europe. Il y a un effet poudre aux yeux indéniable. Je me demande vraiment si les "experts consultants" qui vont constituer le comité chargé d'évaluer les demandes et de rapporter au public toute information qui est de son intérêt seront à la hauteur pour crédibiliser l'initiative de l'Europe. Ensuite il faudrait que ça soit étendu à tous les moteurs de recherche, c'est sûr et c'est bien que Microsoft s'y mette même si ça serait biend 'aller encore plus loin. Bref, en gros, c'est du filtrage comme le disent d'autres mais je trouve qu'il y a un sentiment de progrès, de prise de conscience... efficacité réelle.
Avatar de Hinault Romaric Hinault Romaric - Responsable .NET https://www.developpez.com
le 27/06/2014 à 16:30
Droit à l’oubli : Google commence à supprimer dans ses résultats de recherche
les informations sensibles sur les internautes européens

Google aurait commencé à supprimer dans les résultats de son moteur de recherche, certaines informations des utilisateurs en Europe, dans le cadre du droit à l’oubli.

Un porte-parole de la firme aurait révélé cette information au Wall Street Journal. Cette opération de désindexation d’informations sensibles sur les internautes européens se fait suite à une décision de justice de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE).

Celle-ci avait statué que l’exploitant d’un moteur de recherche exerçant sur le territoire européen, de par le fait qu’il est responsable du traitement des données personnelles contenues dans les pages qu’il indexe, doit se plier aux directives du droit européen en matière de gestion, de protection et de suppression des données personnelles.


Pour se conformer à cette décision, Google avait mis sur pied un formulaire pour permettre aux internautes de faire des requêtes afin de bénéficier du droit à l’oubli. En l’espace de quelques jours, la firme avait été inondée de demandes de droit à l’oubli. Selon le Wall Street Journal, la société aurait reçu en 4 jours 41 000 demandes.

Cependant, pour « trouver un juste équilibre entre la protection de la vie privée des individus et le droit du public à accéder à des informations et à les diffuser », la firme avait décidé de traiter chaque demande individuellement. Il lui revient donc d’apprécier la pertinence d’une requête. Un aspect qui avait été critiqué par plusieurs organismes de protection des consommateurs.

De plus, la suppression de l’information ciblée n’est effectuée qu’en Europe. Celle-ci reste visible pour les recherches effectuées dans le reste du monde.

Également impacté par cette mesure, Microsoft travaille aussi sur un moyen pour gérer le recours au droit à l’oubli sur son site Bing.

Source : WSJ
Avatar de Hinault Romaric Hinault Romaric - Responsable .NET https://www.developpez.com
le 03/07/2014 à 23:49
Droit à l'oubli : Google a reçu 70 000 demandes en un mois
le retrait des informations suscite des craintes de censure

Google a indiqué, aujourd'hui 3 juillet 2014 à l'AFP, avoir reçu 70 000 demandes de droit à l'oubli depuis le 30 mai, date à laquelle le moteur de recherche avait lancé son formulaire qui permet aux internautes d'avoir recours à cette mesure pour faire supprimer des résultats de recherche des informations sensibles sur eux.

Après un pic de plus de 12 000 demandes le jour du lancement de son formulaire, Google affirme recevoir actuellement en moyenne 1 000 requêtes par jour.

En ce qui concerne la répartition géographique, le plus grand nombre de demandes provient de la France (14 086 requêtes), suivie par l'Allemagne (12 678), le Royaume-Uni (8 497), l'Espagne (6 176) et l'Italie (5 934).

Le moteur de recherche a affirmé que les actions à mener devraient porter sur 267 550 liens. Une fois de plus, la France est le pays pour lequel les demandes sont les plus nombreuses (48 000), devant l’Allemagne (47 000), le Royaume-Uni (34 600), l’Espagne (21 500) et l’Italie (23 300).

Google note que chaque demande sera traitée de façon individuelle pour tenter de « trouver un juste équilibre entre la protection de la vie privée des individus et le droit du public à accéder à ces informations et à les diffuser. » La firme se réserve également le droit de rejeter une demande si elle présente un intérêt public.

Certains demandeurs ont déjà vu les informations incriminées être supprimées par le moteur de recherche. Il faut noter que la suppression ne concerne que l'Europe et que les informations restent visibles dans le reste du monde. Google, en plus d'afficher une courte notification sur les résultats qui ont été affectés, a informé les médias sur le fait que certains de leurs articles ne sont plus référencés.

Les médias anglo-saxons qui ont été les premiers à recevoir les notifications de Google, font état d'une forme de censure qui vient nuire à la « liberté de la presse». Le Guardian affirme avoir été alerté pour six de ses articles, tandis qu'un article de la BBC a eu droit au même sort, ainsi qu'un article du Daily Mail.

Il s'agit notamment d'articles sur Stan O'Neal, ancien patron de la banque Merill Lynch, responsable de pertes colossales, ou encore ceux sur un ancien arbitre écossais qui avait reconnu avoir menti pour justifier un penalty.

Le traitement des premières demandes par Google a enflé la polémique, et relancé les inquiétudes sur les dérives de cette mesure. Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia, a affirmé sur twitter que « censurer Google, c'est censurer la presse ».

Sources : AFP, The Guardian
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