Les cabinets d’analyse à l’instar d’IDC s’accordent à montrer que les dispositifs mobiles sont de plus en plus vendus de par le monde. Un signe peut-être pour les développeurs qui ne l’ont pas encore fait de songer à penser au mobile. D’ailleurs, certaines structures qui délivrent des services essayent de s’adapter aux réalités du marché en proposant désormais à leurs clients des solutions mobiles. Cependant, s’il fallait qu’un développeur se lance dans l’aventure, il aurait sans doute besoin de savoir par exemple les réalités que vivent les éditeurs, obtenir des recommandations sur des outils pour faire son choix ou même récolter des avis pour savoir vers quel écosystème se tourner en premier. C’est dans ce contexte que nous nous sommes entretenus avec Nicolas Sorel, Président Directeur Général du Studio de jeux Magma Mobile, qui a une certaine expérience dans le domaine du développement pour mobile et a rencontré du succès sur plusieurs plateformes mobiles, notamment Windows Phone et Android. Son histoire et ses conseils inspireront peut-être certains.
Developpez.com : que pouvez-vous nous dire sur Magma Mobile ?
Nicolas Sorel : en octobre 2008, Google m’a présenté Android et à partir de là j’ai attendu l’arrivée d’Android sur le marché. En 2009 mon compère et moi avons commencé à taquiner le SDK, fait des formations vidéo, écrit un livre et de fil en aiguille nous avons monté une société qui s’appelle Magma Mobile et fait des prestations pour des clients et à côté nous avions des jeux vidéo. Nous avons commencé l’aventure à trois, par la suite nous avons embauché deux développeurs, en 2011 nous avons pris des locaux, en 2012 nous avons débuté l’aventure également sur iPhone. Depuis octobre 2013, j’ai commencé à migrer petit à petit tous les jeux sur Windows Phone et là nous en sommes à 24 sur la plateforme.
Developpez.com : après avoir débuté sur Android, qu’est-ce qui vous a motivé dans le développement d’applications et jeux sur les plateformes Windows Phone ?
Nicolas Sorel : je dis souvent qu’il y a des opportunistes et ceux qui savent saisir les opportunités, j’aime nous situer dans la dernière catégorie. D’un côté les chiffres de Windows Phone qui fait de mieux en mieux, de l’autre nous avions une techno qui nous permettait d’amener les applications sur cette plateforme, un ensemble d’éléments qui font que nous sommes là au bon moment alors nous avons fait ce qu’il faut. D’ailleurs les chiffres ne nous donnent pas tort puisque nous avons atteint les 5 millions de téléchargement en six mois sur la plateforme, ce qui est quand même plus que correct. C’est donc surtout une question de timing, un peu comme sur Android puisque quand nous avons commencé la plateforme n’était pas répandue en France. Mon choix en a donc surpris plus d’un, surtout qu’à cette époque je faisais énormément de choses avec Microsoft en tant que MVP .NET. Mais, avec 300 millions de téléchargements sur Android, je ne pense pas que nous nous sommes trompés. Pour moi si on veut aller sur Windows Phone c’est maintenant, après ce sera trop tard et avant c’était probablement un peu trop tôt. Aujourd’hui tout est réuni pour que ça puisse marcher sur Windows Phone.
Developpez.com : quelle a été la plus grosse difficulté technique que vous ayez rencontré lorsque vous vous êtes intéressé à cette plateforme ?
Nicolas Sorel : la difficulté n’était pas vraiment d’ordre technique, c’est surtout le confort qu’il y a au niveau du tableau de bord qui est à améliorer. Parce que nous traduisons nos jeux dans 20 langues et il y a franchement beaucoup de boulot pour faciliter nos publications sur la vitrine. Je remarque quand même que les processus de validation se sont assouplis. Je dirais donc que ça s’améliore, ce n’est pas encore parfait mais ils y travaillent. Au niveau technique nous n’avons pas eu de réels soucis.
Developpez.com : après avoir développé pour Android, iOS et Windows Phone, quels sont les outils de développement qui vous ont le plus séduit ? Lesquels ont été faciles à prendre en main ?
Nicolas Sorel : pour les jeux principalement nous utilisons Unity, ça permet de ne pas avoir à redévelopper entièrement le jeu pour chaque plateforme. C’est ce qu’on avait fait avec iPhone au début, on redéveloppait complètement le jeu ; les graphismes on les avait déjà mais il fallait refaire toute la mécanique, tous les niveaux et etc. Avec un outil comme Unity nous pouvons rester concentrés juste sur les parties nécessaires pour que ça fonctionne bien sur la plateforme.

Nicolas Sorel, Directeur Général de Magma Mobile
Developpez.com : puisque vous développez pour plusieurs plateformes, avez-vous déjà eu à évaluer l’option d’utiliser HTML5 pour créer des jeux mobiles ? Pourquoi ?
Nicolas Sorel : l’évaluation a été très rapide et la réponse a été « non ». HTML5 c’est très bien pour pouvoir faire un tas de chose sur de nombreuses plateformes via les navigateurs mais autant les plateformes sont déjà bien fragmentées, autant avec les navigateurs on risque de se retrouver sur une fragmentation par OS. Aujourd’hui il n’y a rien de mieux que du natif pour faire un jeu. Pour une application je pense qu’HTML5 permet d’aller vite, il est moins contraignant. Mais un jeu vidéo nécessite pas mal de paramètres à prendre en considération. Par contre j’ai bon espoir dans le WebGL et ça serait intéressant pour des versions ordinateurs des jeux. En définitive j’ai plus d’espoir dans...
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