Droit à l'oubli : Google travaille sur un outil automatisé pour les internautes
Qui souhaiteront disparaître de ses résultats de recherche

Le , par Hinault Romaric, Responsable .NET
Google travaille sur un outil en ligne qui sera mis à la disposition des internautes qui souhaitent avoir recours au droit à l’oubli. L’information a été dévoilée par un commissaire allemand à la protection des données

Google va utiliser cet outil suite à la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) autorisant les internautes européens à demander au moteur de recherche de ne plus afficher dans ses résultats des liens vers des sites tiers, contenant des informations personnelles les concernant.

S’appuyant sur la directive de 1995 sur la protection des données personnelles, la CJUE avait conclu que l’exploitant d’un moteur de recherche exerçant sur le territoire européen, de par le fait qu’il est responsable du traitement des données personnelles contenues dans les pages qu’il indexe, doit se plier aux directives du droit européen en matière de gestion, de protection et de suppression des données personnelles.

La décision avait été qualifiée de décevante pour les moteurs de recherche et les internautes par Google. Son président exécutif Eric Schmidt avait critiqué vertement la décision de l’Europe, qualifiant celle-ci de « déséquilibrée ».

En dehors de Google, cette décision de justice qui a donné lieu à une controverse, dispose de plusieurs détracteurs, notamment le fondateur de Wikipedia Jimmy Wales : « il s’agit de la plus importante décision de la censure d’internet que je n’ai jamais vu », a déclaré celui-ci.

En plus, le « droit à l’oubli » a déjà ouvert la porte à quelques dérives. À peine l’arrêté de la CJUE publié, Google a été inondé par des requêtes de demande de droit à l’oubli, dont les demandes d’un pédophile, un ex-politicien désireux de voir des articles sur des comportements passés disparaître, un médecin ayant fait l’objet de commentaires négatifs en ligne et une entreprise qui a réclamé la suppression d’un lien vers des avis négatifs des consommateurs.

Dans son rapport publié lundi 19 mai 2014, la CNIL a noté que les plaintes relatives au droit à l’oubli représentent le tiers des requêtes reçues en 2013. « Les gens ne veulent pas renoncer à leur vie en ligne, mais veulent la maîtriser, selon leurs propres arbitrages », a expliqué Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la CNIL.

Pour gérer le flot de demandes des internautes, Google devrait bientôt proposer un système automatisé, qui comprendra une sorte de mécanisme d’authentification pour éliminer les demandes de « takedown » non autorisées. Il faut noter que la gestion du droit à l’oubli représente un véritable casse-tête pour le géant de la recherche.

« L'arrêt a des implications importantes pour la manière dont nous gérons des demandes de retrait » d'informations dans les résultats de recherche, a indiqué un porte-parole de Google. « C'est compliqué sur un plan logistique – ne serait-ce qu'à cause des nombreuses langues impliquées et du besoin d'un examen attentif. »

Source : ItPortal


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Avatar de el_slapper el_slapper - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 20/05/2014 à 10:58
Oui, comment s'assurer que je ne cherche pas à effacer le profil internet positif du principal concurrent à mon job de rêve?

C'est facile de cracher sur Google, mais mettre en place tout celà ne se fera pas en claquant des doigts, juste par le triomphe de la volonté.
Avatar de Uranne-jimmy Uranne-jimmy - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 20/05/2014 à 12:38
Visiblement il y a une volonté sur le net de séparer le privée du public de façon bien démarqué. Le soucis c'est que "publier" sur internet revient automatiquement à rendre public le contenu ...

C'est tendu tout de même, dans cette situation, on voit qu'autant des personnalités public (politicien et médecin, entreprise) veulent camoufler leurs points négatifs, mais pas uniquement, des détraqués aux bord de l’illégal et de l'immoral aussi. J'avais pensé dire "il suffit d'interdire le système aux système public, le réserver au privé" Mais ça ne suffit pas, il faut aussi filtré les causes du retrait de contenu, et là les mailles du filets ne seront jamais assez serrées.

Finalement ce que je pense de ce droit à l'oublie change au fil de mes réflexion, plus ça va et plus je passe de "ba oui c'est légitime" à "t'as qu'à gérer correctement ce que tu balances si ça te déplaît autant d'avoir des traces malsaines sur le net".
Avatar de mrqs2crbs mrqs2crbs - Membre averti https://www.developpez.com
le 21/05/2014 à 0:19
voila une nouvelle qui fleure bon le "negative SEO" (oui, oui, c'est vrai, c'est une technique qui n'existe pas et en plus qui est interdite -sic-).

et qu'est-ce qui se passe si mon père, ou mon boss, expriment sur le net des idées un chouïa pas comme il faut.
j'ai le droit de leur claquer le beignet, sous prétexte que ... là j'avoue, j'ai pas bien compris la raison.
ET PAF déréférencés les grandes gueules, les escrocs, les manipulateurs, les liberticides, ...
non seulement, on renvoie tout ce beau monde dans l'ombre (ben oui, faut pas sortir un poisson hors de l'eau, c'est cruel!), mais en plus, et c'est la cerise sur cette énorme tarte à la crème, ce sont les internautes eux même qui font le ménage.

les américains (que pourtant je ne porte pas vraiment dans mon coeur) ont tout compris avec leur "premier amendement".

le coup du droit à l'oublie, plus le coup des DRM, ben j'ai vachement l'impression qu'en loucedé on est en train de me transformer mon ordi en télévision (c'est propre, ça fait pas de vague et faut passer à la caisse)

dormez bien bonnes gens, tout il est beau, tout va bien sur le net
Avatar de vladimir1118 vladimir1118 - Candidat au Club https://www.developpez.com
le 21/05/2014 à 0:59
Pour ceux qui sont contre cette loi, on dirait qu'un moteur de recherche se doit d'être le garant de notre justice à travers l'information qu'il diffuse. Comment faisait-on avant Google pour se protéger des gens au passé sulfureux ?
Il faut quand même garder à l'esprit qu'il s'agit d'une compagnie privé et que l'information qu'ils choisissent de diffuser n'est pas neutre. De façon plus générale, internet n'est pas non plus l'ultime vérité. Il y a aussi des erreurs, des mensonges et des calomnies.
Tant que nous ne sommes pas concernés, c'est très bien d'être contre le droit à l'oubli, mais quid si quelqu'un écrit un article anonymement sur un sombre forum ouzbek en vous accusant de tous les vices ? Pour ma part, je serais heureux de pouvoir faire supprimer l'article.
Maintenant, je reconnais que c'est très difficile à appliquer. Comment Google peut savoir par exemple si l'article parle de moi au d'un d'homonyme ?
Avatar de mrqs2crbs mrqs2crbs - Membre averti https://www.developpez.com
le 21/05/2014 à 10:15
@ vladimir1118,

c'est vrai, t'as raison, pour certaines situations bien particulières, c'est surement utile de pouvoir faire valoir ce droit (à l'oubli),

ce que je dis, c'est que la diffamation est déjà légiférée, et l'état garanti (parait-il) une justice impartiale et équitable.
qu'en sera-t-il quand chacun pourra prétendre faire justice soi-même.
et puis surtout faut garder à l'esprit, que dès qu'un "outil", une "technique" nouvelle sont mis en place, ils sont toujours au final détournés au profit des plus malins.
(cette décision de la CJUE a été portée par une équipe de technocrates européens, qui sont, de par le jeu politique à ce niveau, continuellement soumis aux pressions des lobby. c'est là que mes alarmes personnelles se mettent en branle : cette décision n'est pas que motivée par ce truc du "droit à l'oubli", il y forcément aussi une tentative soit de gêner Google, soit de créer une porte d'entrée pour manipuler efficacement le référencement)

c'est ça le sujet de ma facherie: j'ai toujours l'impression (peut-être à tort) que la réelle motivation de ce type de décision politique, est très éloignée de l'explication démagogique que l'on nous propose, mais que plus prosaïquement c'est encore la même rengaine : comment nos dirigeants vont-il faire pour reprendre la main sur internet.

cordialement.
@+
Avatar de lvr lvr - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 21/05/2014 à 14:24
Il faut pouvoir un organe indépendant et officiel (une agence européenne, la court de justice européenne, ... ?) qui tranche si oui ou non les demandes sont recevables et qui les faits s'appliquer à tous les outils de recherche, Google, Bing, DuckDuckGo et ....
Tout autre forme ne se pas garante d'équité entre les personnes et les moteurs de recherche.
Avatar de Zirak Zirak - Inactif https://www.developpez.com
le 21/05/2014 à 17:01
Citation Envoyé par mrqs2crbs Voir le message
@ vladimir1118,

c'est vrai, t'as raison, pour certaines situations bien particulières, c'est surement utile de pouvoir faire valoir ce droit (à l'oubli),

ce que je dis, c'est que la diffamation est déjà légiférée, et l'état garanti (parait-il) une justice impartiale et équitable.
qu'en sera-t-il quand chacun pourra prétendre faire justice soi-même.
et puis surtout faut garder à l'esprit, que dès qu'un "outil", une "technique" nouvelle sont mis en place, ils sont toujours au final détournés au profit des plus malins.
(cette décision de la CJUE a été portée par une équipe de technocrates européens, qui sont, de par le jeu politique à ce niveau, continuellement soumis aux pressions des lobby. c'est là que mes alarmes personnelles se mettent en branle : cette décision n'est pas que motivée par ce truc du "droit à l'oubli", il y forcément aussi une tentative soit de gêner Google, soit de créer une porte d'entrée pour manipuler efficacement le référencement)

c'est ça le sujet de ma facherie: j'ai toujours l'impression (peut-être à tort) que la réelle motivation de ce type de décision politique, est très éloignée de l'explication démagogique que l'on nous propose, mais que plus prosaïquement c'est encore la même rengaine : comment nos dirigeants vont-il faire pour reprendre la main sur internet.

cordialement.
@+

Oui enfin, chaque internaute pourra déposer une demande qui sera étudiée, ils ne vont pas tout virer directement à la moindre demande, donc non, je ne pense pas que tu pourras virer des informations qui ne te concernes pas toi personnellement, mais seulement avec preuve de qui tu es.

Après moi ce que je me demande c'est sous quelle forme seront les demandes ? Car un simple "Bonjour je m'appelle Robert Dupont, je ne veux plus apparaitre dans vos résultats", c'est trop light et puis bon des Robert Dupont, y'e na pleins, comment gérer les homonymes ? Et si après il faut s'amuser à linker toute les pages à enlever, cela peut vite devenir rébarbatif et décourageant...
Avatar de la.lune la.lune - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 21/05/2014 à 20:15
C'est simple de pointer le doigt sur Google et le prendre pour responsable de tout ça, que de déposer une plainte demandant aux sites tiers de supprimer les données qui concernent leurs vie privés.
Si par exemple la justice sait dire à Google de ne pas indexer les résultats sur le net de ce que certains disent à propos de Hollande alors elle devrait savoir que ça devrait commencer par les sites qui publient ces contenus. Si la loi donne droit à ceux qui publient et critiquent les autres alors pourquoi nous empêcher de lire ces contenus.

Je connais un site X qui dit de mal sur moi, c'est sur le net, donc public, mais je viens dire à Google de ne pas indexer le site X. Si selon la loi Google fait un crime, pourquoi je viens à Google mais que le site X a droit de publier en public ses informations? Mais c'est absurde. Pourquoi la loi ne statue pas que la publication de l'information privé même est un crime donc au lieu d'avoir le courage de chercher le site et signaler à Google il faut plutôt demander à ce que le contenu soit supprimé sur le site.

Ils ne vont pas le faire tout simplement parce que les gens vont dire que c'est un frein à la liberté d'expression. Alors on va leur dire : Donc ce n'est pas un enfreint à la liberté d'expression si on désindexe le contenu dont la loi statu de légal et qu'il mérite d'être rendu public?

Supposons le cas des contenus statués sans discussion qu'ils ne méritent pas d'être publiés sur le net, pourquoi la justice à oublier vraiment par où commencer?

Ils vont dire mais "non... au fait c'est simple de demander à Google et lui forcer à désindexer le contenu que de faire une procédure judiciaire pour que le contenu soit supprimé du site " moi si j'étais Google j'allais accepter de désindexer si la justice statue que le contenu ne mérite pas d'être publié en public, alors il faudra commencer par le site qui a publier l'info et dans ce cas déjà ça ne sert à dire l'indexation d'un lien mort.

La question sur le droit d'oublie est très pertinente car il faudra tout précisé sinon même les sites qui font l'éloge ou la campagne d'une personne risquent d'être désindexés. Ce qu'ont voit qui n'a pas forcement de sens s'il faut à chaque fois choisir le lien à désindexer, donc une personne populaire est mal barré, il faudra une personne qui ne fera que ça dans sa vie : choisir le lien à désindexer

Tous ces absurdités et incohérences on voit des juges qui ne pigent rien en informatique et qui ne comprennent pas ce qu'ils disent .
Avatar de marsupial marsupial - Membre émérite https://www.developpez.com
le 21/05/2014 à 22:31
Avatar de Zirak Zirak - Inactif https://www.developpez.com
le 22/05/2014 à 16:56
Citation Envoyé par la.lune Voir le message
Je connais un site X qui dit de mal sur moi, c'est sur le net, donc public, mais je viens dire à Google de ne pas indexer le site X. Si selon la loi Google fait un crime, pourquoi je viens à Google mais que le site X a droit de publier en public ses informations? Mais c'est absurde. Pourquoi la loi ne statue pas que la publication de l'information privé même est un crime donc au lieu d'avoir le courage de chercher le site et signaler à Google il faut plutôt demander à ce que le contenu soit supprimé sur le site.
C'est pour cela que si tu avais bien lu, ils ont bien précisé que si les informations à "oublier" avaient une utilité publique alors elles ne seraient pas supprimées, il s'agit vraiment des informations personnelles dont on parle.

Si on reprend l'exemple du médecin pédophile ou je ne sais quoi de l'article, les liens qui évoquent cela ne sont pas dans l'illégalité, et ce n'est pas une information privée (y'a bien du y avoir un article de journal retrouvable dans les archives si il y a eu condamnation), et cela est considéré "d'utilité publique" de savoir que le docteur machin a/avait des tendances pédophiles, car même si il fait cela "en privé" , il a été reconnu publiquement coupable d'un délit, et le fait d'évoquer cette condamnation, ce n'est pas de la diffamation, donc pas illégal, donc sa demande de droit à l'oubli sera/devrait être refusée.

Après si (exemple imaginaire) en tapant ton nom, google te link un de tes messages à l'époque où, en jeune insousciant, tu trainais sur le forum "je me bourre la gueule le soir en insultant mon patron", bah ça, tu pourras demander le droit à l'oubli, car ce n'est pas d'utilité publique (sauf peut-être pour ton patron ).
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