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Les logiciels de santé mis en cause dans des erreurs médicales
La menace de défaillance serait réelle dans de nombreux hôpitaux estime la CRCI

Le , par Stéphane le calme

62PARTAGES

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Sur l'Hexagone, les témoignages du personnel soignant sur les dysfonctionnements des logiciels de santé ne cessent de se multiplier.

Aux Hospices civils de Lyon (Rhône), c’est Bruno Charpiat, pharmacien de l’hôpital de la Croix-Rousse (IVe), qui a décidé de prendre la parole. « Un médecin particulièrement vigilant a découvert, complètement par hasard, que les apports de chlorure de potassium qu’il avait prescrits doublaient tous les jours dans le plan de soins infirmiers ! » Le logiciel augmentait de 3 g chaque jour la dose prescrite, par erreur, ce qui aurait pu conduire à la mort du patient si personne ne s’en était rendu compte.

À Montpellier (Hérault), un jeune interne du centre hospitalier découvre des prescriptions enregistrées à son nom alors qu’il ne les a jamais rédigées, et, a contrario, affirme ne pas pouvoir effectuer ses propres prescriptions parce que le logiciel n’est pas adapté.

Le 4 mars dernier, la CRCI (Commission Régionale de Conciliation et d'Indemnisation) a publié un rapport suite au décès de Lydia Cohen survenu en novembre 2011 au centre hospitalier de Versailles à la suite d'une allergie médicamenteuse dû a une défaillance informatique d'un logiciel de prescription.


La menace est donc réelle et les conséquences peuvent être dramatiques pour les patients estime la CRCI. Marisol Touraine, Ministre de la Santé, a déclaré « Si des logiciels dysfonctionnent, ils seront évidemment retirés. Il n'est pas acceptable que la vie des patients ou l'avenir de patients soit mis en danger pour cette raison » sur Europe 1.

«Je veux rappeler que la prescription reste un acte individuel et que le logiciel d'aide à la prescription ne peut pas se substituer à la prescription personnalisée, individualisée, par le médecin.» a poursuivi la Ministre avant d'ajouter « je ne voudrais pas qu'à travers cette affaire, on jette, une fois de plus, un soupçon sur la manière dont les patients sont accueillis dans les hôpitaux où un travail très remarquable se fait.»


Yannick Motel, directeur délégué de la fédération Lesiss qui regroupe près d'une centaine de fabricants, refuse que les éditeurs logiciels soient pointés du doigt : « L’erreur zéro n’existe pas, même en informatique ! Des bogues, des dysfonctionnements, il y en aura toujours, mais attention à ne pas chercher un bouc émissaire facile. Je rappelle qu’il y a plus de 18000 morts chaque année à cause de problèmes de médicaments. » et de rappeler la grande contribution des logiciels informatiques pour sauver des vies « Aujourd’hui, plus aucun établissement de santé ne pourrait se passer de cet outil. Encore faut-il savoir s’en servir, être bien formé et bien le contrôler. »

Source : Le Parisien

Et vous ?

Quelle est votre analyse de la situation ? Serait-il plus salutaire de retourner à l'ère des vieux dossiers papiers ?

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Avatar de ymoreau
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 11/07/2013 à 11:12
Je n'ai pas une grande expérience donc ça sera de la généralisation "atrocement injuste", mais j'ai quand même la nette impression que dans tous les domaines l'informatique est faite "à l'arrache". Avec des délais tendus, des livraisons/corrections un peu "ça a l'air bon, peut être, enfin je crois". L'informatique permet tellement de choses qu'elle permet beaucoup d'erreurs.
Faire de la recette prime sans doute sur faire de la qualité pour la plupart des entreprises. Et le médical comme d'autres domaines critiques ne devraient pas tolérer ça.
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Avatar de Darkzinus
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 11/07/2013 à 10:17
Ces outils sont utiles (ne serait-ce que pour arriver à lire l'ordonnance ) mais après c'est quand même au médecin de vérifier les prescriptions ...
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Avatar de niarkyzator
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 11/07/2013 à 10:52
Il est mignon le petit Yannick Motel ! Faut voir un peu la gueule des logiciels !

Et il y a une différence entre "erreur 0" et "0 maintenance". La plupart des logiciels dans le secteur médical sont des bouses, je suis même pas sur qu'il y ait d'appel d'offre public fait pour ça. Je connais bien quelques préparateurs en pharmacie, et je compte plus le nombre de fois ou "le logiciel à encore planté on a perdu une heure aujourd'hui !". Faire un logiciel stable c'est possible, il faut juste s'en donner les moyens.
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Avatar de MiaowZedong
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/07/2013 à 10:22
Citation Envoyé par Darkzinus Voir le message
Ces outils sont utiles (ne serait-ce que pour arriver à lire l'ordonnance ) mais après c'est quand même au médecin de vérifier les prescriptions ...
La passage cité indique que le logiciel n'empêche pas le medecin de faire une erreur, ce n'est pas un "dysfonctionnement" du logiciel. À se demander comment on faisait avant l'informatique; les dossiers papiers avaient des alertes magiques?
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Avatar de CHbox
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 11/07/2013 à 10:47
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

Quelle est votre analyse de la situation ? Serait-il plus salutaire de retourner à l'ère des vieux dossiers papiers ?
Ce serait comme conseiller de recommencer à marcher car il y a des accidents de voiture, l'outil informatique aide l'homme, il ne se substitue pas à ce dernier (dans le cas présent en tout cas), si les injections étaient gérées de manière automatisées alors là il faudrait mettre le hola, mais dans le cas décrit ici ce sont des logiciels de gestion et d'assistance, les bugs doivent être corrigés et il faut rappeler aux médecins que leur vigilance reste nécessaire, c'est en quelque sorte un binôme qui augmente l'efficacité de chacun.
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Avatar de docdu92
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 14/07/2013 à 19:47
Point de vue d'un médecin prescripteur pratiquant !
La discussion prestataire/ client est problématique :
le payeur est décideur (directeur) et ne s'inscrit pas dans la même logique que les soignants+ administrés+administratifs utilisateurs et "bénéficiaires".
Le déficit de communication est patent, les dysfonctionnements actuels "papiers" sont légion.
Par exemple : les compte rendus ne sont pas signés par leur auteur, des secrétaires signent des ordonnances, des médecins en formation aussi, les factures (séjours en clinique) à la sécurité sociales portent majoritairement des signatures manuscrites "de médecins" qui n'ont pas touché du doigt ce papier, ... .
Pas facile de s'y retrouver lorsque l'on consulte les documents et circuits papier !!!
La conception des fonctions est souvent mauvaise.
Par exemple :traiter "prescription" en écartant analyse, avis, dispensation, gestion pharmaceutique et aussi administration alors que les efforts liés à la certification récente ont portés sur le non recopiage d'information est rétrograde !
L'informaticien ne connait pas (il croit parfois les connaître) les métiers dans le domaine de la santé ! Il faut que l'équipe de conception s'enrichisse des compétences nécessaires et le budgète !
Le cadre réglementaire est défaillant :
Considérer que la DB "médicaments" est incontournable est vicieux -au sens illogique- car elle même comporte des erreurs; le responsable doit rester le clinicien, le pilote, le pharmacien le garde fou !
Enfin pour ce premier message,
L'utilisateur, même médecin, a souvent plein de défauts, oui mais a t'il une documentation à jour de l'outil ? Hélas souvent non !
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Avatar de andry.aime
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 11/07/2013 à 11:01
Citation Envoyé par Albert Einstein
« Je crains le jour que la technologie surpassera nos échanges humains. Le monde aura une génération d'idiots »
Enfin, c'est arrivé .
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Avatar de erwanlb
Inactif https://www.developpez.com
Le 11/07/2013 à 16:00
Citation Envoyé par ymoreau Voir le message
Encore une fois s'il faut vérifier tout ce que génère le programme, le programme n'a aucun intérêt. Mais ici l'article ne parle pas de médecin qui ne vérifie pas sa prescription (et j'espère qu'aucun médecin ne fait générer ce genre de choses automatiquement "bêtement" comme tu dis).
En l'occurrence c'est le logiciel qui fabrique/altère des données.
Donc au moindre problème le médecin n'a aucune responsabilité ?

Si il coupe la mauvaise jambe....ah ben désolé c'est l'monsieur là bas au fond qui m'a dit que c'était celle là...je l'ai cru moi...

Et en l’occurrence rien n'est clairement défini dans tout ça...qu'on me fasse pas croire que jamais personne n'a entendu le fameux "mais si j'ai cliqué là et j'ai mis tel chiffre...je te le jure !!! C'est l'ordinateur qui s'est trompé, pas moi !"
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Avatar de vampirella
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 12/07/2013 à 10:49
Citation Envoyé par niarkyzator Voir le message
Et il y a une différence entre "erreur 0" et "0 maintenance". La plupart des logiciels dans le secteur médical sont des bouses, je suis même pas sur qu'il y ait d'appel d'offre public fait pour ça.
Permets-moi de te contredire : tout logiciel médical d'un hôpital public (à part ceux développé en interne, et cela devient de plus en plus rare ces bestioles) passe par un appel d'offre.

On peut découper un logiciel destiné à l'hôpital en trois caractéristiques : rapidité de déploiement, stabilité, prix. Le problème du le secteur public aujourd'hui se trouve dans le manque de financement (soi-dit en passant, accéléré depuis Sarkozy qui a fortement privilégié les cliniques privées, m'enfin ...).
Si le prix de vente se trouve trop faible, il y aura forcément des coupes quelque part : soit un déploiement moins rapide, soit une stabilité moindre. Et comme un déploiement rapide est un critère plus facile à vérifier / s'engager lors d'un appel d'offre ...

Citation Envoyé par loufab
Si le log ne vérifie pas les allergies c'est qu'il est mal foutu.
Un logiciel de prescription ne vérifiant pas les contre-indications d'allergie ou d'interactions médicamenteuse est presque invendable aujourd'hui. Le souci se trouve plutôt dans la connaissance de l'allergie de cette personne : il n'y a pas forcément de lien fait entre ce logiciel de prescription et le dossier patient qui contient cette information.
D'où la responsabilité du médecin de toujours vérifier les informations, mais aussi la responsabilité de l'informatique de faciliter au mieux son travail (sinon autant revenir au papier n'est-ce pas ?).

Citation Envoyé par erwanlb Voir le message

Citation Envoyé par _aem
Envoyé par aem_ Voir le message
à savoir...
dans certains CHU (dont celui de montpellier), il y a obligation de ne se servir -que- de ce logiciel à présent, et plus des dossiers comme avant.
Là c'est pas un problème de logiciel mais un problème d'organisation...

Et les médecins sont réputés pour être de sacrés emmerdeurs quand il s'agit de l'informatique...il faut qu'ils claquent des doigts et que ça fonctionne de suite sinon ça les saoule dans la seconde qui suit...

Même les réunions, d'informations, formations ou pour prendre part à la conception d'un logiciel ça les saoule...autant les infirmier(e)s, etc sont plutôt "cools" et apportent leur expérience autant les médecins, chirurgiens, etc sont une vraie plaie...
Pour compléter l'information concernant le CHU de Montpellier : le directeur avait décidé de déployer le dossier patient dans tous les services en un minimum de temps. Si les utilisateurs connaissent mal le logiciel, en plus d'être passif, voire aggressif envers tout nouveau changement, au point d'espérer que ça va planter pour prouver sarcastiquement : "vous voyez ? j'avais raison" ...
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Avatar de Etre_Libre
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 11/07/2013 à 10:52
Pour les Hospices civils de Lyon (Rhône), je confirme les erreurs...

Ma compagne y travaille pour le moment, et parfois des prescriptions supprimées par le médecin apparaîssent quand même, et le lendemain elles n'y sont plus.
Sympa pour "prouver" l'erreur après coup.

Elle doit donc souvent être très vigilante et connaître encore mieux ses patients, car ça a l'air de déconner tout de même.
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